Gregoire Barbey

02/02/2017

La sainte absolution du gouvernement

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Fantastique Conseil d’Etat qui peut d’un coup de baguette magique blanchir ses membres lorsque leurs interventions font l’objet d’un recours! Au diable donc la nécessaire impartialité permettant de juger pareille situation. Non, ni Serge Dal Busco, ni Pierre Maudet n’ont eu recours à une communication excessive s’agissant de la votation fédérale sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Ainsi en a décidé… le collège dont ils sont membres!

La lettre du ministre des Finances jointe à la déclaration d’impôts, sorte de diatribe en faveur de la votation, n’était-elle pas exagérée et sujette à perturber le débat nécessaire à toute votation? Pas pour le Conseil d’Etat, estimant que cette communication reste «dans les limites admissibles». Le gouvernement juge également conforme au droit les interventions des deux conseillers d’Etat dans un tout-ménage d’Economiesuisse favorable à l’objet du scrutin.

La situation serait presque cocasse si l’affaire n’était pas aussi lourde de conséquences pour l’image du gouvernement. Comment accorder une quelconque crédibilité à l’arrêté d’un Conseil d’Etat qui s’exonère lui-même des faits qui lui sont reprochés? Une décision contraire aurait forcément nuit au bon déroulement de la votation, et donc à l’intérêt du Conseil d’Etat qui souhaite un résultat favorable dans les urnes. Loin de moi l’idée de donner forcément raison aux critiques des deux citoyens qui ont formé ce recours.

Mais quand même! Ne serait-il pas plus logique qu’un tel litige soit tranché, à tout hasard, par le Tribunal administratif cantonal? L’image d’un gouvernement qui s’absout lui-même n’est sans doute pas le meilleur moyen pour écarter les critiques qui lui ont été faites. Bien sûr, les deux recourants peuvent saisir le Tribunal fédéral s’ils ne se satisfont pas de cet arrêté. Cela n’enlève toutefois rien à l’étrange sensation que l’on peut avoir à la lecture des arguments d’un Conseil d’Etat qui se blanchit… tout seul.

Grégoire Barbey

19:07 Publié dans Air du temps, Finances, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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