Gregoire Barbey

16/02/2017

Le double discours de Ringier Axel Springer

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On s’en doutait un peu, mais l’annonce n’en est pas moins douloureuse, révoltante. Ringier Axel Springer Suisse a décidé de licencier 36 employés au sein des rédactions du Temps et de feu L’Hebdo. Cette nouvelle laisse quand même un goût amer dans la bouche. N’est-ce pas ce même éditeur qui avait affirmé, fin janvier, en annonçant la mort du magazine d’opinions que les économies réalisées permettraient de renforcer Le Temps?

Ce double discours est scandaleux, parce qu’il ne donne aucune visibilité aux employés du quotidien romand. Au contraire. Comment peuvent-ils espérer qu’il s’agit de la dernière saignée (la quatrième depuis 2009…!) à laquelle ils devront faire face? Le signal envoyé par Ringier Axel Springer est catastrophique. Renforcer un journal à notre époque passe donc inévitablement par des licenciements. C’est la défaite du langage, des mots travestis par la communication d’entreprise. Quelle honte.

Michel Danthe, président de la Société des rédacteurs et du personnel du quotidien, a très bien résumé la situation au micro de la RTS aujourd’hui: «C’est un peu comme dans Lucky Luke: on pend d’abord, on juge après». Cette situation ne peut pas être satisfaisante, parce qu’elle va à l’encontre du discours officiel communiqué par Ringier, même si celui-ci avait prévenu que Le Temps ferait sans doute face à des licenciements. C’est impensable d’imaginer qu’il n’y a pas d’autres alternatives que la suppression pure et simple de postes. C'est impensable de voir que Ringier peut parler de renforcer un journal en coupant dans les effectifs. Triste époque!

On s’en doutait un peu. Mais les éditeurs nous prennent vraiment pour des cons.

Grégoire Barbey

14:46 Publié dans Air du temps, Journalisme | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook | | | |

Commentaires

"licencier 36 employés au sein des rédactions du Temps et de feu L’Hebdo. "

Mais ils sont combien dans ces rédactions ??? Ca fait des années qu'on arrête pas d'en virer et chaque fois, il y en a encore !!! Ca pousse tout seul ??? Ils entrent pendant la nuit et ils se cachent dans les coins ou quoi ???

Écrit par : Octave-Isidore | 16/02/2017

La politique européiste et internationaliste soutenue par la rédaction du Temps envoie des dizaines de milliers de travailleurs dans les poubelles de l'Histoire. En Suisse, vous êtes un senior dès 45 ans, un vieux inutilisable dès 50. Le lecteur-type, voire éditorialiste parfois, du Temps, c'est Carlo Poncet, qui déclare urbi et orbi dans l'Hebdo que l'agriculture suisse est une putain décatie. Cela a tellement bien marché que les agriculteurs ont un taux de suicide assez nettement supérieur à la moyenne suisse. Raison pour laquelle je vous fais part de l'immense satisfaction que je ressens quand je sais que les charmants journalistes si merveilleux de l'Hebdo sont à la rue, et je me réjouis de savoir que 36 du Temps vont suivre.
Vous prêchez la guerre, vous récoltez la guerre. Qu'imaginiez-vous donc ?

Écrit par : Géo | 16/02/2017

Dans peu de temps, on peut parier que des journalistes français seront engagées au Temps. Ils seront moins chers et plus dociles. Quant aux journalistes licenciés ils ne retrouveront plus de travail dans leur profession, car leurs prétentions ne correspondront pas au marché. Le réveil sera douloureux.
Tous ces journalistes ayant perdu leur travail peuvent dire un grand merci aux putes pseudo journalistes Pilet, Jeanneret et Consorts qui eux n'ont pas trop de soucis à se faire car ils ont bien servi le système ploutocratique européen. Pour les autres, bienvenu au club des ......

Écrit par : Boccard | 16/02/2017

Des les 3 commentaires ci-dessus, 2 sont injurieux et un fait de douteux sous-entendus. Je ne suis pas journaliste (seulement abonné au Temps, dont je ne partage pas le credo politique mais qui contient tant d'articles qui nourrissent ma réflexion !) mais je voudrais rappeler que 36 personnes, ce ne sont pas forcément des emplois à plein temps ni tous des journalistes (il y a sans doute des secrétaires, des administratifs, etc.). Ah oui, je suis aussi un "sénior" de 55 ans qui a connu 3 fois (!) le chômage ...

En fait, vous vous réjouissez de l'appauvrissement de la presse !?! Est-ce de l'aveuglement de votre part, ou le rejet de ceux qui ne pensent pas comme vous ?

Écrit par : Philippe Audergon | 16/02/2017

Au prochain commentaire Geo va nous parler de l'Afrique, vu que c'est le seul sujet qu'il maitrise plus ou moins et encore, on peut se demander, si être revenu encore plus raciste d'Afrique constitue vraiment une plus value, même pour lui….

Pour le reste, sur les médias comme sur tout les autres sujets, c'est la rengaine habituelle de la fachosphère qui se plait aujourd'hui a passer toutes ses rancunes et autres frustrations d'hier sur ses boucs émissaires habituels; élites, médias, bobos, bisounours, gauchistes, humanistes, journalistes, etc. etc.

Tout cela sans surprise, sans tallent, sans aucune proposition, sans rien de nouveau à l'horizon, si ce n'est un sinistre avenir prédit par ceux qui osent enfin assumer leur xénophobie aussi bête que méchante....

Écrit par : Vincent | 17/02/2017

Un seul "l" à talent, Vincent...
Un commentaire désagréable de votre part vaut toutes les médailles, donc merci.

Écrit par : Géo | 17/02/2017

Geo, on partage au moins cela; on se réjouit mutuellement de nous déplaire sauf que moi je ne passe pas tout mon temps à casser bêtement tout ceux qui ne pensent pas comme moi et ce d'autant plus que, contrairement à vous, je ne détiens aucune vérité.

Mais bon, il est vrai, pauvre de vous, que vous n'avez visiblement rien d'autre à faire....

Sur ce, étant clairement hors sujet, désolé Grégoire, je vous laisse vous défouler tout seul... comme d'hab.

Écrit par : Vincent | 17/02/2017

Fallait entendre Jacques Pilet hier soir au JT, questionné par Rochebin.
Il a donné le sentiment que grossomodo, il n'en avait rien à foutre de ses bébés.

Vous savez sur quoi il fantasme ?

Il ne l'a pas dit, mais... ça se lisait sur son visage:

Aux éditions romandes du "Monde" du "Huffington Post" et de "Mediapart" !!!!

Écrit par : petard | 17/02/2017

Il est vrai que les positions exagérément pro-UE de l'Hebdo, approuvant aveuglément la libre circulation et faisant fi des conséquences - et elle furent nombreuses et douloureuses dans bien des secteurs - pour maints travailleurs de ce pays ont donné trop souvent l'impression que ce monde de la presse-là était d

Écrit par : uranus2011 | 17/02/2017

Quel double discours? celui de la presse d'Axel Springer est simple, resté le même que lorsque j'étais pigiste pour l'un de ses hebdos à Berlin.
Mais quelle prétention ces journalistes, se vouloir désirés à écrire mal, des articles peu fouillés, sur des sujets copié-collés visiblement pro-Europe, facilement accusateurs des suisses xénophobes à chaque votation

aucun intérêt à soutenir des salariés de l'information si peu dotés de déontologie journalistique, et pas vraiment éduqués sur sol confédéral
- 36 licenciements? je leur rappelle les restucturations à la pelle de leur clientèle des banques, assurances & multis, je leur rappelle nos licenciements par packs de plusieurs centaines de salariés à la fois, et en séries, qui ne les ont jamais intéressés
Bonne restructuration à ces 36, qui ont vécu d'un bon salaire pendant une bonne période de leurs vies de salariés pas trop diplômés vu leur manque de professionnalisme.

Écrit par : divergente | 17/02/2017

"à casser bêtement tout ceux qui ne pensent pas comme moi "
PDR!
Merci Vincent, le rire est bon pour la santé.
Vous bien sûr vous cassez intelligemment ceux qui ne pensent pas comme vous. Quel talent!
"je ne détiens aucune vérité."
Sauf celle qui vous permet d'insulter les "populistes".
Vincent le perdreau de l'année...

Sur le sujet:
Cela signifie que ces torchons propagandistes sont de moins en moins lus. Tant mieux. Cela démontre que les gens ne se laissent plus facilement berner.

Écrit par : Charles | 17/02/2017

Il y a la présente dérive médiatique appelée ou qui se voit imposer un formatage soit une "orientation" de l'opinion publique au détriment de son information.
Pour la presse papier, il s'agissait d'en tourner les pages les unes après les autres.
Avec Internet on choisit directement le ou les sujets qui nous intéressent ce à toute vitesse

un simple "clic"! en une époque d'incessant "toujours plus vite" la quantité d'accumulation l'emportant sur la qualité, la réflexion, le choix.

Priorité au n'importe quoi touchant de plein fouet les strates sociétales moyennes.

Écrit par : MB | 17/02/2017

Une chose est certaine Grégoire, si les médias traditionnels sont de plus en plus insultés par la fachosphère, celle-ci a, de son côté, envahi le monde virtuel en général et ces blogues en particulier.

Il est vrai que jusqu'à maintenant en dehors des "Observateurs.ch" et de la « Weltwoche », l'extrême droite populiste, nationaliste, xénophobe et belliqueuse a toujours eu beaucoup de peine à se faire entendre. On se demande bien pourquoi, ils sont pourtant, comme on peut le constater ci-dessus, tellement pertinents, sages, pondérés et...constructifs.

Allez sur ce, je sors... vraiment !

Bon week-end !

Écrit par : Vincent | 17/02/2017

Et s'ils baissaient leurs salaires pharaoniques au lieu de licencier?

Écrit par : Patoucha | 17/02/2017

«leurs salaires pharaoniques »

À leur corps défendant, cette critique est à côté de la plaque. Les journalistes gagnent moins que les flics et les instituteurs des écoles primaires (genevoises par ex.).

Donc, si c'est pour l'argent, les licenciés devraient trouver aisément un travail dans l'éducation ou la police.

Écrit par : petard | 17/02/2017

«les médias traditionnels sont de plus en plus insultés par la fachosphère, celle-ci a, de son côté, envahi le monde virtuel en général et ces blogues »

ADDENFFION FA BIQUE ! faut bien fe bouffer le né avant de live...

Écrit par : petard | 17/02/2017

Sans connaître les montants des salaires des journalistes, et des journalistes indépendants... il arrive que l'on se dise que s'ils gagnaient aussi mal que certains d'entre nous leurs articles par le fait plus "musclés* deviendraient propres à réveiller ou stimuler en nous la légitime revendication pour des salaires permettant ou assurant à chacun non survie ou sous vie mais vie. En France voisine les emplois à durée déterminée ou non su service du patronat créant le sentiment d'insécurité à perpétuité visant certains, qu'en dire, qu'en penser: quoi faire lorsqu' une personne débutant un nouvel emploi le matin sans savoir jusqu'à quand mais ayant donné le meilleur et travaillé impeccablement apprend en fin de journée que son contrat prend fin avec "rien à répliquer puisque c'est la loi"!?

La démarche de Marianne officiellement décrite avec appel au soutien de ses lecteurs et abonnés... démarche de préservation, de qualité et d'indépendance du journal est non seulement à apprécier mais à suivre.

Écrit par : MB | 18/02/2017

@petard

Vous lancez un pétard mouillé car je parlais des grands patrons:

"Et s'ils baissaient leurs salaires pharaoniques AU LIEU DE LICENCIER?

C'est enregistré le pas "à côté de la plaque"!?

Lire est une chose mais comprendre en est une autre!
Cette phrase de mon cru a été plagiée ces derniers temps! Plus de précisions à mon prochain passage :)

Écrit par : Patoucha | 19/02/2017

« un pétard mouillé car je parlais des grands patrons »

On peut comprendre la phrase dans les deux sens...

Mais, à partir du moment où la critique ici, est davantage orientée vers les journaliste, plutôt qu'envers les éditeurs, il m'était évident que votre remarque était dirigée contre les journalistes.

Écrit par : petard | 19/02/2017

Un petit saut pour l'incompréhensible pétarade .....qui voudra bien me dire depuis quand ce sont les journalistes qui licencient?

Merci au soleil de me rappeler

Écrit par : Patoucha | 19/02/2017

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