Gregoire Barbey

24/05/2017

Les TPG doivent se rapprocher des Genevois

TPG, Genève, Luc Barthassat, transports publics genevois, politique,

Les Genevois ont à nouveau refusé dimanche une augmentation des tarifs des transports publics. La hausse des recettes aurait dû permettre d'étoffer l'offre. Si je n'ai pas immédiatement réagi à ce résultat, c'est pour prendre le temps d'observer le discours des victorieux et des perdants au lendemain de la votation.
 
Bref, les Transports publics genevois (TPG) et le Conseil d'Etat ont échoué à défendre leur vision. Nombreuses sont les analyses qui pointent la satisfaction des usagers pour justifier ce résultat. Selon cette logique, on pourrait interpréter ce camouflet comme le signal que les Genevois sont globalement satisfaits de l'offre actuelle.
 
Espérons que cette appréciation inique de cette votation soit ironique... Je pense pour ma part que le problème est plutôt à chercher dans la relation qu'entretiennent les Genevois avec les TPG. Ces derniers ne font pas beaucoup d'efforts pour se faire apprécier de la population, c'est le moins que l'on puisse dire.
 
Pour l'heure, l'essentiel de la classe politique prend le problème à l'envers, exigeant des Genevois qu'ils acceptent d'augmenter les tarifs de leurs transports publics pour améliorer l'offre. Mais quelle est l'image de marque des TPG dans tout ça? S'y intéresse-t-on vraiment?
 
Il y a sans doute une part importante du corps électoral genevois qui a voté non par défiance envers les TPG. A vrai dire, on peut les comprendre: que font-ils, si ce n'est assurer le service minimal? Voit-on, à la gare, des employés des TPG aiguiller les arrivants pour se repérer dans la jungle des lignes de bus et de tram? Nombreuses sont les villes où cela existe.
 
Quels liens les TPG entretiennent-ils avec les Genevois? Quand il s'agit de répression, la régie autonome n'a aucun problème à mobiliser des contrôleurs dont la manière d'intervenir dans les transports semble parfois un peu... excessive? Mais que font les TPG pour se rapprocher des Genevois? Pratiquement rien.
 
Il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour voir à quel point l'image de marque est importante: les Transports lausannois (TL) pourraient bien inspirer les stratèges des TPG. Une fois, une femme a été obligée d'accoucher dans une station de la ligne du métro lausannois: les TL ont offert à son enfant un abonnement à vie.
 
Une communication simple, peu coûteuse et qui a été largement relayée dans la presse. Les réactions étaient largement positives. Voilà une entreprise qui sait gérer son image. Encore faut-il s'intéresser à ce qui se fait ailleurs, car la communication positive des TL ne s'arrêtent pas à cet exemple.
 
Le but de mon propos, c'est de mettre le doigt sur la relation ambigüe entre les Genevois et les TPG. Pour que la population accepte de payer davantage, il faudrait peut-être commencer par l'essentiel: s'intéresser à l'image qu'ils ont de l'offre actuelle. Qu'est-ce que la régie peut améliorer?
 
On pourrait tout à fait envisager que le directeur des TPG organise une opération où il prend les transports plusieurs fois un matin et interroge les gens sur leur expérience. Le conseiller d'Etat Luc Barthassat pourrait tout-à-fait le faire également. Bref, rapprocher les Genevois de cette régie qui ne leur donne pas vraiment l'impression de s'intéresser à leur confort.
 
Ce n'est en tout cas pas en réduisant l'offre de 2% après le rejet de la hausse des tarifs que les TPG trouveront grâce dans le cœur des Genevois. A ce niveau, le Conseil d'Etat a marqué un autogoal. Mais pour changer la situation, peut-être encore faut-il accepter de sortir de sa tour d'ivoire et de s'intéresser... aux Genevois!
 
Grégoire Barbey

16:14 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tpg, genève, luc barthassat, transports publics genevois, politique |  Facebook | | | |

Commentaires

Le peuple genevois devrait aussi parfois sortir de chez lui et oublier son côté râleur sur tout et n'importe quoi, l'important étant de dire que c'est nul alors que tout compte fait tout va pas trop mal.

- les bus/tram circulent jusqu'à 2h du matin vendredi et samedi, minuit-minuit trente avec les TL

- un tram 12 toutes les 3-4 minutes, un métro m1 toutes les 10 minutes avec les TL

- tous les trams et bus ont été changés ou adaptés pour supprimer les marches pour monter dedans à l'avant pour les poussettes et personnes à mobilité réduite

- un seul billet pour tout Genève contre des billets par zones pour Lausanne et environs

- des prix les plus bas des grandes villes suisses

- des billets par sms, une appli avec les attentes en temps réel et les alertes travaux/bouchons/accidents

- pas de supplément pour les Noctambus

- les nouveaux trams et trolleys avec la clim'

Certes, "on" peut toujours mieux faire, mais faut arrêter aussi de voir en les TPG le diable et le mauvais élève des compagnies de transports publics de Suisse

Écrit par : Philippe CALAME | 24/05/2017

Il y a un raz-le-bol de la part des genevois, c'est clair. Entre les grèves, le service moyen, la vitesse d'escargot et l'aimabilité de certains chauffeurs, cela se comprend. Elle n'est pas loin l'époque où on pouvait encore demander son chemin au chauffeur TPG, aujourd'hui la réponse est presque toujours la même "désolé je ne connais pas la rue X".

En effet, les TPG ont du travail à faire pour redorer leur image.

Écrit par : Marko | 24/05/2017

Pour l'instant avec 3 nouvelles voies de trams, qui vont aller du centre de Genève jusque loin en France voisine les tpg se rapprochent plutôt des frontaliers!

Écrit par : dominique degoumois | 27/05/2017

Bonjour,

Enfin une analyse que nos politicars devrait avoir.
On demande un effort aux genevois mais les retraités tpg ont des abonnements gratuits alors que le citoyen retraité lambda paye lui.

Je confirme les contrôleurs embarquent à je ne sais combien et se comportent dés fois comme des Shérif et oublient la plus élémentaires courtoisie.

Trop de syndicaliste dans une entité sclérosé par les syndicats et les petites baronie et petits chefs

Meilleure solution privatiser le tout et appliquer les conventions du secteur qui sont moins royales que celle qui ont

Pour moi ce sera toujours non aux augmentations tant qu'ils n'auront pas d'autre attitudes

Une seule question pourquoi on maintient des lignes express depuis la frontière qui n'étaient soit disant possible qu'avec la hausse et maintenant qu'elle a été refusée on punit uniquement Carouge.

On se demande pour qui travaille notre conseil d'état pour les Genevois ou pour nos chers amis frontaliers et par qui a été élu Mr Barthasat.

En tout cas pour moi la prochaine élection je ne voterai pas pour ce monsieur qui punit les genevois et prévélégie systématiquement les transports rapide depuis la frontière.

Écrit par : bruno | 29/05/2017

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