Gregoire Barbey

03/06/2017

L'ego trip d'Alexandre de Senarclens

Senarc.PNG

Le président du Parti libéral-radical genevois Alexandre de Senarclens se maintiendra dans ses fonctions s’il est désigné candidat au Conseil d’Etat par les siens. C’est ce qu’il a déclaré hier soir à Jérémy Seydoux dans l’émission Geneva Show de Leman Bleu. «Cela a déjà été fait dans l’histoire du parti», a-t-il argumenté pour justifier sa volonté de cumuler la casquette de président de parti et de candidat au gouvernement.

C’est évidemment un bien maigre argument. Avocat de profession, Alexandre de Senarclens se rêve visiblement juge et partie. Pourquoi donc rester président? Cela a plusieurs avantages. D’abord, c’est une façon de truster de la visibilité médiatique, puisqu’il sera forcément l’interlocuteur privilégié de la presse lors de la campagne pour toutes les questions liées à son parti. D’autre part, cela lui permet de garder la main sur la stratégie électorale, puisqu’il pourra trancher certaines décisions en sa qualité de président.

Alexandre de Senarclens semble être en plein ego trip, au détriment des intérêts de son parti. Encore inconnu il y a cinq ans, il est entré à la députation en tant que septième vienne-ensuite, et a été élu président du PLR à la surprise générale il y a deux ans. Il est le digne représentant d’une certaine vieille garde libérale, laquelle a d’ailleurs précipité la mort clinique du Parti libéral en son temps. Tout un programme. Il peut bien déclarer à la télévision les «grandes ambitions légitimes» de son parti pour les prochaines élections, aucune stratégie claire ne se dégage pour l’heure.

Le Parti libéral-radical a perdu un siège au Conseil d’Etat il y a quatre ans, et il se verrait bien le récupérer l’an prochain. Mais pour cela, il faudrait annoncer la couleur. De quel conseiller d’Etat actuel le PLR veut-il le siège? Nul ne le sait vraiment. Or, c’est peut-être par-là que devrait commencer la réflexion d’Alexandre de Senarclens, puisqu’il préside le PLR. Sera-t-il vraiment la bonne personne pour décrocher un troisième siège? Le doute est largement permis.

Bien sûr, au sein du PLR, l’attitude du président agace, mais les langues peinent à se délier publiquement. Et plutôt que de crever l’abcès en amont, les libéraux-radicaux feront ce qu’ils font toujours: se tracer parmi sur la liste. Une perspective qui semble indépassable en l’absence d’un véritable débat à l’interne du parti.

Alexandre de Senarclens n’est toutefois pas encore désigné, et peut-être que ses collègues de parti n’adhéreront pas à son scénario de candidat omnipotent. Dans le cas contraire, les libéraux-radicaux devront sans doute commencer à faire le deuil de leur troisième siège au Conseil d'Etat.

Grégoire Barbey

07:53 Publié dans Elections cantonales 2018, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Écrire un commentaire