Gregoire Barbey

15/11/2013

Une main de fer dans un gant de velours

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Henry Rappaz. La publication du député ayant créé
la polémique ces derniers jours sur les réseaux sociaux.


Ces dernières semaines ont été marquées par un regain de défiance envers la tolérance. Des élus ont tenu des propos tout bonnement inqualifiables. Il y a d’abord eu Denis Menoud invitant ses collègues du Conseil municipal à rendre leur passeport suisse s’ils n’étaient pas satisfaits de leur naturalisation. Puis Henry Rappaz qui a affirmé son soutien au journal de la droite française très radicale Minute en illustrant son propos par l’image d’un singe habillée en être humain. Cette photo traîne sur les réseaux sociaux et est généralement accompagnée d’un portrait de la ministre de la Justice Christiane Taubira.

 

Ces dérapages ne sont pas anodins et doivent être ardemment dénoncés. D’autres cas n’ont pas été relayés par la presse. J’ai notamment lu sur le profil d’une candidate MCG au Grand Conseil – Marie Laure Dupont – le partage d’une photo présentant une femme en burqa avec comme légende: l’islamophobie n’est pas un crime, mais un acte de légitime défiance. Je cite de mémoire. Plus récemment encore, la députée MCG Danièle-Christine Magnin partageait sur son profil Facebook un article de blog intitulé: «La Norvège tape du poing sur la table: pas de mosquée» avec comme description écrite par l’intéressée «bravo la Norvège». Plus loin, elle commente: «Heureusement, ils ont la base légale pour agir ainsi».

 

Il serait toutefois malhonnête de laisser penser qu’il n’y a pas d’autres partis qui ont des membres proférant des propos aussi limites. J’ai vu à plusieurs reprises récemment des phrases concernant la religion de Mauro Poggia. Comme si cet aspect de sa vie privée avait un quelconque rapport avec son action politique. Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais vu ni entendu le futur conseiller d’Etat émettre des idées politiques qui impliquaient sa confession. La République dans laquelle nous vivons est laïque, ce qui signifie qu’il faut laisser la religion aux affaires privées. Les différentes allusions vues par-ci par-là à propos de la religion de Mauro Poggia n’ont évidemment rien à faire dans le débat politique. C’est hors sujet.

 

Dès lors, j’en viens à l’action concrète: en cette période trouble (toute crise s’accompagne d’un malaise identitaire, l’Histoire m’en est témoin), il convient de ne pas accepter de tels dérapages. La Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a bien fait de déposer une plainte pénale contre Henry Rappaz et le MCG. Qu’importe si les plaintes devaient aboutir sur une fin de non-recevoir. Ce dont je doute. Il faut condamner avec intransigeance toute forme de velléités discriminatoires, et redoubler de sévérité avec les élus du peuple. L’intolérance est contraire à nos valeurs et est également une attitude antirépublicaine. Les institutions doivent sanctionner ce type de comportements et se porter garant du respect qui sied à toute société. Les propos de ces élus n’ont strictement rien à faire en politique. Ayons contre ces gens une main de fer dans un gant de velours. L’élégance le commande.

 

Grégoire Barbey

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09/11/2013

L'expérience Blocher: paradoxe d'un homme

Chronique, 09.11.13

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Jean-Stéphane Bron & Christoph Blocher. L'œuvre ne surprend aucunement. Ce n'est
pas là qu'il faut en saisir l'originalité et la réussite. Elles se situent dans le non-verbal.

 

L'expérience Blocher est un film intéressant. Je me demande si c'est le portrait d'un tribun ou le tableau du malaise d'un pays. Une nation qui s'imagine si petite et si fragile face au concert des grandes puissances internationales. Certes, on y voit Christoph Blocher dans toute sa splendeur. Beau parleur, orateur de talent et grand lecteur de l'Art d'avoir toujours raison d'Arthur Schopenhauer.

 

Mais c'est avant tout le porte-parole d'une catégorie de la population suisse. Celle qui se sent impuissante devant la mondialisation. Qui rejette l'immigration. C'est son droit. Et Jean-Stéphane Bron nous transmet dans son œuvre tout ce qui accompagne la vie d'un homme politique. Il y a d'un côté la mise en scène, de l'autre l'authenticité. A chacun de faire la part des choses. Les doutes, les rires, les certitudes et les moments de gloire. Les échecs aussi.

 

La solitude de l'humain face à son destin. C'est ça, L'expérience Blocher. Oui, on y voit un tribun sous un jour plutôt favorable. Le réalisateur se défend dès le début du film de ne pas être en accord avec les idées de l'homme dont il tire le portrait. Soit. Cette justification n'a pas lieu d'être à mon sens et tout l'intérêt de ce film n'est pas dans les commentaires de l'auteur ou dans les paroles de Christoph Blocher. Il se situe largement dans les images, qui sont, elles, muettes. Mais qui nous parlent, toujours.

 

L'expérience Blocher, ce n'est pas une surprise. On ne doit pas l'appréhender comme un portrait qui va nous révéler des informations inconnues jusqu'ici sur le personnage. On le connait trop bien pour l'imaginer se faire avoir par Jean-Stéphane Bron. Cette œuvre est plutôt une photographie d'une époque. D'un moment charnière. Le monde change, et Christoph Blocher porte en lui tout ce qui symbolise ce changement.

 

Comme l'auteur le dit très bien dans son film, le politicien a le corps d'un agriculteur et l'esprit d'un dirigeant d'entreprises. CEO d'EMS-Chemie, il a largement bénéficié de l'ouverture des frontières, du marché unique. Ses acquisitions, restructurations/démantèlements puis cessions de groupes ne portent pas la marque de fabrication de la Suisse. Cela provient d'une culture différente. Anglo-saxonne. Et ça, c'est le paradoxe Blocher, plus que l'expérience.

 

Le scandale de la subvention fédérale pour ce film n'a pas lieu d'être. J'ai lu de nombreuses critiques. D'un côté comme de l'autre. Aucune ne m'est apparue en visionnant le résultat final. Ce n'est ni l'encensement de Christoph Blocher, ni son assassinat cinématographique. Le produit se rapproche de la réalité. Et ce n'est pas tant la part d'ombre du personnage qu'il fallait saisir. Celle-ci se cache. Non, il valait mieux démontrer toute l'antithèse des différents aspects du tribun. Et sur ce point, Jean-Stéphane Bron a réalisé un sans-faute. Chapeau à lui.

 

Grégoire Barbey

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Politique: la presse doit s'investir davantage

Chronique, 09.11.13

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Grand Conseil. Les comptes rendus des sessions parlementaires devraient être plus
complets. Ils ne traitent actuellement plus que des sujets véritablement capitaux.*

 

Dans la presse actuelle, il y a quelque chose qui me manque. Ce sont les comptes rendus des sessions parlementaires. Une page, chaque mois, pour détailler un peu la teneur des débats. Pas uniquement sur les sujets capitaux (comme cela se fait depuis quelques années). Parce que la politique, ce n'est pas seulement les urgences, ni les débats polarisants qui traînent en longueur. La politique se joue principalement dans l'hémicycle. C'est ici, dans ce lieu relativement petit, que s'affrontent les différentes forces en présence. Au sein de cette enceinte, la dialectique s'éveille. Les arguments défilent. Les alliances se forment. L'avenir du canton y est joué.

 

Cet endroit est par essence le lieu où tout se décide. Il faut y être pour relater les faits. Passer à la buvette, aux pas perdus, discuter avec les députés. Ecouter, toujours. Le journaliste qui couvre les séances plénières se doit d’avoir l’oreille attentive. On comprend parfois, entre deux verres de blanc avec des élus du peuple, la stratégie qui se cache derrière une majorité de circonstance. Ce n’est pas uniquement les votes qui comptent. Il y a inévitablement, derrière les chiffres immuables, des discussions. Des pourparlers. Le citoyen qui lit son journal ne doit-il pas être tenu au courant des enjeux concernant son avenir?

 

Oui, la politique peut être a priori ennuyante. Relater des débats sans y mettre un peu de saveur – c’est-à-dire en y rajoutant quelques hypothèses, parfois farfelues, souvent proches de la réalité –, ça n’en vaut évidemment pas la peine. Le journaliste, lorsqu’il réalise un compte rendu, doit oser s’engager. Prendre des risques, se tromper. Tâtonner aussi. Au fond, c’est lui qui est sur place, qui prend la température. Selon les discussions qu’il a entendues, les confidences qui lui ont été faites, il peut dénouer une situation étonnamment complexe. Ce que l’électeur veut savoir, c’est si les personnes pour qui il a voté respectent leurs engagements.

 

Et c’est compréhensible. Un élu est mandaté par le peuple. Il doit lui rendre des comptes. Et le journaliste, par son omniprésence au sein du milieu politique, peut et doit servir d’intermédiaire entre les députés et les citoyens. Il ne faut pas laisser les arrangements dans l’ombre. Il appartient aux médias d’être suffisamment culottés pour donner de la matière à leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Qu’importe le support. Qu’il soit fait de papier, radiophonique, audiovisuel ou sur le web, les médias doivent donner les clefs de lecture des décisions politiques à ceux qui les lisent, les regardent ou les écoutent.

 

Au sujet de la politique, il reste beaucoup à faire. Et la presse, face à ce constat, a de nombreuses opportunités qui restent encore inexploitées. Pourtant, qu’est-ce que la politique peut être passionnante si celle-ci est bien expliquée. A condition de raconter une histoire. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais pour cela, il faut oser. Ne pas se fier aux recettes du passé. Ce n’est pas la matière qui manque. C’est le courage. L’envie de proposer du neuf, de le faire avec conviction et passion. Quand on rédige sur un sujet qui nous plaît, le lecteur le ressent. Tout est possible. Osons, donc.

 

Grégoire Barbey

 

* Crédit photo: Demir Sönmez – Vous pouvez découvrir ses photos sur son blog (si ce n'est pas déjà fait) en cliquant ici.

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02/11/2013

La R'vue: place à la génération suivante!

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La R'vue. Il y a dans cette dernière édition un message fort dès les premiers instants du
spectacle: place aux jeunes. Cette ambition est clairement assumée et mérite d'être saluée.


J'ai assisté hier soir à la R'vue, et j'ai beaucoup aimé cette édition. Bien sûr, j'entends également les habituelles contrariétés: «ce n'est plus comme avant», «je préférais les dernières éditions», etc.



Quoi qu'on fasse, on ne peut pas plaire à tout le monde, et c'est justement l'intérêt. Mais au-delà des différences, des évolutions, des changements, si l'on regarde véritablement le contenu, c'est excellent. Evidemment, tous les sketchs ne m'ont pas plus. Justement parce qu'il y en a pour tous les goûts. Mais quand même, les «faiseurs de chier le monde», l'entrée avec les enfants qui figureront au Conseil d'Etat en 2028, c'est excellent!

 


Et c'est peut-être quelque chose qu'on a oublié à Genève: il faut préparer la relève. Pierre Maudet en est l'exemple. François Longchamp également, pur produit de Guy-Olivier Segond. Les Radicaux ont toujours su former la génération suivante. Mais qui le fait encore vraiment aujourd'hui? J'ai plutôt l'impression que c'est le contraire. Beaucoup de jeunes se démarquent, tentent de faire leur place. Et l'arrière-garde les en empêche.



Et justement, ce petit sketch, très agréable à regarder au demeurant, fait prendre conscience aux Genevois de cette réalité. Oui, 2013, c'est bien. Mais la vie continue après. Il y en aura d'autres. Il faudra faire émerger des leaders. Des gens de conviction, de charisme, de possibilités. De ceux qui mènent la barque et qui conduisent le canton d'un pas sûr. Ce sketch nous rappelle à toutes et à tous qu'il y a un après. Que nous ne sommes pas éternels et qu'en politique, tout se renouvèle.



En mettant cette réalité de côté, quel en sera le résultat? Veut-on vraiment des candidats qui se présentent «faute de mieux»? Je ne crois pas. Et c'est bel et bien sur cet aspect-là de la vie politique qu'il faut se pencher. Les jeunes sont l'avenir. Ils sont déjà là. Dans quelques années, je serai le vieux con d'un jeune qui, je l'espère, viendra me chercher des poux en me mettant les yeux bien en face des trous pour me faire descendre de mes grands chevaux. Il sera le futur et je ne serai que son passé. A la rigueur aurais-je le privilège de demeurer quelques temps son présent. Et encore.



Cette jeunesse, dont je fais aujourd'hui partie, il faut la valoriser. La R'vue, en faisant jouer des enfants en début de spectacle, tente cet ambitieux pari. C'est ambitieux parce que les jeunes sont fougueux. Mais ça paie, parce qu'en leur octroyant la place qu'ils méritent, ils le rendent bien. Genève doit penser à son futur, et ne pas avoir en matière de relève politique ce qu'elle fait pour ses grands dossiers: prendre la solution qui s'impose lorsque la situation est à l'extrême urgence. Sinon, bonjour les dégâts.



Enfin de compte, merci à Philippe Cohen pour ce spectacle. Qu'on aime ou non, il y a du travail. Du contenu. De nombreux clins d'œil à l'actualité. Et je trouve cela fabuleux. Tout ce dynamisme, c'est finalement ce qui manque à Genève. Donc oui, merci à M. Cohen et à toute son équipe de nous véhiculer, l'histoire de quelques heures, l'image d'un canton moins froid et empêtré dans ses problèmes politiques. Bon sang ce que ça fait du bien!



Grégoire Barbey

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14/10/2013

Les maladresses de Mauro Poggia

Chronique, 14.10.13

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Mauro Poggia. Le candidat du MCG a présenté les excuses de son parti dans la presse dominicale. Pendant que son secrétaire général employait à la télé les mots de Maurras sur le régime de Vichy.

 

Mauro Poggia présentait hier ses excuses aux frontaliers qui auraient pu se sentir heurtés par les slogans du Mouvement citoyen genevois (MCG) dans Le Matin Dimanche. Et ce au nom de son parti. Eric Stauffer a de son côté qualifié de maladresse la communication de son colistier. Je pense qu’effectivement, la tentative de l’avocat pour se distancer des affiches ordurières de sa formation politique était malvenue. Cela fait quatre ans qu’il est au MCG et il n’a jamais donné l’impression d’être gêné d’une quelconque façon par cette communication excessive. Jouer, à quelques semaines du deuxième tour à l’élection au Conseil d’Etat, au sentimental pour s’attirer des voix extérieures est un jeu dangereux et témoigne d’une certaine faiblesse de la part de Mauro Poggia.

 

Quand le soir même où ses propos sont sortis dans la presse, le secrétaire général du MCG François Baertschi qualifie de «divine surprise» l’éventuelle élection d’Eric Stauffer et de Mauro Poggia sur le Grand Genève à Chaud, il y a comme un malaise dans l’air. Oui, cette formulation (divine surprise) a été utilisée par Maurras pour s’émerveiller face au régime de Vichy. Est-ce un véritable hasard de la part d’un ancien journaliste de la trempe de François Baertschi? Les doutes sont permis. Alors quand Mauro Poggia tente de prendre de la distance vis-à-vis de son parti pour sembler plus consensuel, les apparences ne sauraient tromper. On ne peut pas du jour au lendemain se donner une image d’homme modéré quand on a sciemment toléré cette communication outrageuse pendant tant d’années.

 

Comme en témoignent les commentaires sur les articles de la Tribune de Genève, la réaction des gens face à ce retournement de veste n’est pas positive. Evidemment, une partie des électeurs ayant voté par ras-le-bol contre les frontaliers se sentent trahis. On les a manipulés émotionnellement pendant des mois et on vient ensuite calmer les esprits. C’est trop facile. A tel point que Mauro Poggia a laissé un commentaire pour s’expliquer. Aveu de faiblesse qui démontre qu’il a perdu le contrôle des événements. Si l’avocat a perdu une occasion de se taire, c’est peut-être cette erreur qui lui coûtera son élection le 10 novembre prochain. Et Eric Stauffer doit s’en réjouir, parce qu’il obtiendra peut-être des voix qu’il n’aurait pas eu autrement.

 

Grégoire Barbey

12:39 Publié dans Air du temps, Elections du 10 novembre, Politique | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook | | | |

12/10/2013

Le MCG doit devenir une force de proposition

Chronique, 12.10.13

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Delphine Perrella. Elle a montré – comme d'autres membres du MCG – que son parti
pouvait apporter des idées. Mais il faudra lutter contre tant qu'il ne se sera pas transformé.

 

Je me suis profondément interrogé depuis les résultats des élections de dimanche dernier. Faut-il continuer à s'opposer au MCG lorsqu'il réalise un score aussi important? J'ai longuement réfléchi. J'ai ressassé ces derniers mois, ces dernières années. Et l'attitude des élus de ce parti pendant ce laps de temps. Et ma réponse m'est apparue clairement, avec le recul: oui, il faut donner toute notre énergie pour lutter contre la ligne politique du MCG. Si je lui reconnais volontiers la qualité de mettre le doigt où ça fait mal, je lui en veux par contre, dans son ensemble, de mettre à mal les institutions de notre Canton. De cracher dans la soupe, alors qu'il s'en nourrit tout autant.



Ce dont Genève a besoin, véritablement, c'est d'une cohésion renforcée entre les différents acteurs de notre région. Notre république n'est pas bananière, comme le MCG – et marginalement l'UDC – tente de nous le faire croire. S'il y a des dysfonctionnements à Genève, ceux-ci ne sont pas irrémédiables. Ce n'est pas en insultant nos institutions qu'un changement durable s'installera. Ce n'est qu'en travaillant ensemble, partis gouvernementaux et partis d'opposition, qu'il sera possible de régler les problèmes majeurs que connait notre Canton.


S'opposer est nécessaire. Tout ne peut être fait dans l'impunité totale. Il convient de dénoncer, de ne pas laisser le pouvoir nous échapper des mains, à nous peuple genevois. Mais l'opposition n'est pas une fin en soi: à trop heurter les institutions, comment proposer des options viables à l'opinion publique? Comment travailler main dans la main pour redresser un canton en proie aux difficultés conjoncturelles? Ce n'est tout simplement pas possible. Ce qu'il faut, au-delà de la délation, de l'opposition constante et de l'injure faite à nos institutions, c'est une force de proposition. Des idées. Et je ne dis pas que le MCG n'en a pas, loin de là.


Des membres, comme Delphine Perrella ou Ronald Zacharias, ont prouvé qu'ils pouvaient apporter des projets intéressants et pouvant contribuer à améliorer le quotidien des Genevois. C'est là-dessus qu'il faut maintenant se concentrer. Et tant que le MCG n'aura pas effectuer sa mue, passant de l'opposition institutionnelle à l'opposition politique, deux notions que je distingue particulièrement, il conviendra de lutter contre son discours. Tant que le MCG n'aura pas, de son propre chef, changé son fusil d'épaule pour devenir l'un des bâtisseurs de ce canton – et donc être amené à perdurer au sein de l'hémicycle –, les partis traditionnels devront eux-mêmes s'opposer à sa ligne.



Non par la parole. Mais par les actes. Il est essentiel de démontrer à la population qu'il n'est pas tout de verser dans le verbiage politique: il faut prouver. Agir. Et force est de constater qu'à l'heure actuelle, les partis gouvernementaux n'ont pas encore subi l'électrochoc suffisant pour les ramener à la réalité. Ils ont fait Genève, ils doivent continuer à veiller sur notre république. Mais pour cela, il est impératif de s'investir. Et de ne pas prêter le flanc aux critiques acerbes d'un mouvement qui fait son beurre électoral sur l'opposition et l'injure aux institutions.



Quand bien même je reste convaincu qu'un jour, les partis du centre pourront travailler avec le MCG, j'invite chacun à prendre ses responsabilités et à réfléchir à ce qu'il pourrait faire pour s'améliorer et redonner confiance au peuple genevois qui, malheureusement, semble lassé de cette politique qui dure depuis trop longtemps. Autant le MCG doit être combattu dans sa forme actuelle, autant le message qu'il délivre à travers le vote-sanction des électeurs doit être entendu par la classe politique. Ce n'est que comme ça que nous arriverons, tous ensemble, à conserver un canton de qualité, et à œuvrer pour le bien du plus grand nombre.



Grégoire Barbey

17:01 Publié dans Air du temps, Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

La gauche genevoise face à un grand défi

Chronique, 12.10.13

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Adrien Faure. L'analyse du co-président de la Jeunesse socialiste dimanche dernier ne
manquait pas d'arguments. Mais la gauche doit impérativement rester au gouvernement.

 

La gauche à Genève est-elle sur une pente déclinante? Les résultats du 6 octobre le laissent à penser. Bien que les socialistes ont maintenu leur représentation au Grand Conseil et légèrement progressé en termes de voix, la députation verte a presque rétréci de moitié. Si Ensemble à gauche a fait son grand retour au Parlement, sa force électorale a notoirement reculé, passant d'à peu près 14 sièges il y a 8 ans à 9 sièges aujourd'hui. Des questions doivent se poser dans les états-majors de la gauche pour palier à cette baisse qui, quand bien même la communication socialiste se veut enthousiaste, paraît durable. Les résultats genevois des votations fédérales du 22 septembre laissaient présager une proportion d'un tiers des voix pour la gauche, ce qui s'est traduit par les faits dimanche dernier.



Que se passe-t-il à gauche pour que l'électorat se fragmente ainsi? Le discours de la gauche gouvernementale, à savoir les socialistes et les verts, ne s'est pas toujours rejoint. D'une part, les socialistes ont souvent voté avec le MCG sur les questions sociales, alors que les verts étaient davantage tentés par le centre-droit (PDC-PLR). Cet éclatement idéologique a-t-il pesé sur les résultats des écologistes? C'est possible, mais reste difficile à dire avec certitude. Certains commentateurs y voient une sanction envers la politique de Michèle Künzler.



D'autre part, les socialistes ont majoritairement concentré leurs forces sur des projets de loi va-t-en-guerre contre les hauts revenus, sans nécessairement proposer des solutions réfléchies et concertées pour améliorer le sort des classes défavorisées. Devenu un parti plutôt conservateur, la politique socialiste à Genève est majoritairement dédiée à la protection de privilèges sociaux acquis au fil des dernières décennies. C'est dans la fonction publique, peut-être, que le parti trouve encore un véritable écho. En-dehors, le message ne semble pas porté vers l'électorat historique de la formation de centre-gauche.



La gauche pourrait bien perdre un à deux sièges au gouvernement le 10 novembre. Si les appareils de partis de la gauche traditionnelle n'appellent pas leur base à une importante mobilisation dans les urnes, les résultats pourraient s'avérer hautement défavorable aux socialistes comme aux verts. Du côté de l'Entente et de l'alliance MCG-UDC, les appels à voter ont déjà débuté. Si l'élection au Conseil d'Etat recueille habituellement davantage de participation que l'élection au Grand Conseil, cela ne doit pas conforter les partis de gauche et considérer cette constante comme un oreiller de paresse.



Un gouvernement monocolore, ou à très large majorité de droite (six sur sept, par exemple) ne profiterait probablement pas à l'élaboration de projets concertés et tournés vers l'amélioration des conditions de vie des Genevoises et des Genevois. La gauche, si elle veut continuer à jouer sa partition au sein de l'Exécutif cantonal – et il le faut! –, doit impérativement se remettre en question et élaborer une stratégie différente. Si les enjeux en 2013 ne sont plus les mêmes qu'il y a vingt ans, il convient néanmoins de réfléchir à des solutions qui touchent l'électorat qui s'est toujours senti concerné par les socialistes et plus globalement la gauche.



Certains préconisent, comme Adrien Faure qui a fait une excellente prestation sur Leman Bleu dimanche 6 octobre, le retour à l'opposition, et donc la sortie du gouvernement pour la gauche. Si cette alternative peut paraître séduisante à première vue – le co-président de la Jeunesse socialiste ne manquait pas d'arguments pour la rendre crédible –, elle n'en est pas moins dangereuse. En offrant un boulevard à la droite, et plus particulièrement sa composante souverainiste, la gauche prendrait un risque que son électorat n'accepterait jamais: offrir aux sirènes de l'angoisse les rennes du Canton.



C'est donc un véritable dilemme qui s'impose à la gauche. Sa présence au Conseil d'Etat est nécessaire, car le système politique en Suisse est basé sur la collégialité et le consensus. Laisser en-dehors du gouvernement les représentants d'un tiers des votants ne manquerait pas d'avoir des conséquences sur le long terme (il en va de même pour ceux qui votent à l'extrême opposé). Alors oui, d'ici 10 au novembre, tout reste à faire pour la gauche, qui doit colmater les brèches et récupérer sa base pour la mobiliser et lui offrir au moins deux sièges à l'Exécutif cantonal. Espérons que les caciques des partis de gauche sauront prendre les bonnes décisions. Car sinon, c'est bel et bien un retour de vingt ans en arrière que nous pourrions vivre. Pour le meilleur. Et surtout pour le pire.



Grégoire barbey

14:21 Publié dans Air du temps, Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

19/09/2013

Débat malheureux mais nécessaire

Chronique, 19.09.13

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Peine de mort. La guillotine était majoritairement utilisée en Suisse pour les condamnés
à mort. Abolie une première fois en 1874, elle a été réintroduite en 1879 par voie de référendum.

 

Il y a très exactement 32 ans et un jour, le 18 septembre 1981, l’Assemblée nationale en France votait l’abolition de la peine de mort sous l’impulsion du garde des Sceaux Robert Badinter. En Suisse, la peine de mort a été abolie une première fois en 1874, puis réintroduite à la suite d’un référendum en 1879, accepté avec 52,5% des voix. Finalement, le peuple adopte un nouveau code pénal en 1938 (entré en vigueur en 1942) qui comprend notamment l’abolition de la peine capitale pour les crimes de droit commun. Subsistera jusqu’en 1992 la peine de mort dans les tribunaux militaires. Durant la Seconde guerre mondiale, 17 membres de l’armée suisse ont été fusillés pour trahison.

 

En 1979, une initiative parlementaire propose de réintroduire la peine capitale pour l’assassinat et la prise d’otages. Le Conseil national la rejette par 131 voix contre 3. En 1985, une initiative populaire pour réintroduire la peine de mort pour les trafiquants de drogue ne réunit pas les signatures requises pour être validée et soumise à votation. En 2010 enfin, une nouvelle initiative populaire proposant de rétablir la peine capitale dans certains cas précis est retirée quelques jours après avoir été validée par la Chancellerie fédérale. On le voit, cette thématique refait ponctuellement surface au sein de la population en Suisse.

 

Elle revient généralement en réaction à un tragique événement. Le meurtre d’Adeline ne fait malheureusement pas exception à cette règle. La peine de mort est présentée aujourd’hui comme la seule solution pour mettre fin à la récidive. Jean-Luc Addor, député valaisan et membre de l’UDC, disait d’ailleurs sur Infrarouge qu’un mort ne peut pas récidiver. Bravo à lui pour cette démonstration logique de haut vol. René Descartes et Emmanuel Kant doivent se retourner dans leur tombe respective… Enfin, les arguments manquent souvent de portée pratique pour justifier une telle réintroduction dans nos dispositions pénales.

 

La justice est faite par des Hommes, elle est donc faillible. Le problème d’un mort, c’est qu’il est… mort. Un retour en arrière est donc tout simplement impossible. Considérer qu’une manière expéditive est forcément la meilleure solution est une drôle de conception de la justice et de son présupposé, l’Etat de droit. De surcroît, octroyer à l’Etat le droit de vie ou de mort est une façon singulière de considérer la liberté. Sachant qu’aucune corrélation directe n’a jamais été établie entre la courbe de la criminalité et la peine de mort comme effet dissuasif, parler de prévention est malhonnête… Je considère néanmoins qu’il est positif de relancer le débat sur le sujet. Et j’accepterai d’en débattre aussi souvent qu’il le faudra, parce que je suis convaincu qu’une telle mesure est totalement contraire à l’intérêt général. Ainsi, je me réjouis de croiser le fer avec celles et ceux qui pensent que c’est une bonne solution. Pour autant qu’ils aient des arguments…

 

Grégoire Barbey

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15/09/2013

Douloureuse faillite d'un système et d'un idéal

Chronique, 15.09.13

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Horreur. Nous sommes tous témoins de la faillite d'un système. A la fois pénal et idéal.
Il convient aujourd'hui de prendre suffisamment de recul pour tirer les conclusions de ce drame.

 

Une tragédie, quelle qu’elle soit, est par nature toujours de trop. Il n’y a pas à tergiverser là-dessus. Le meurtre de cette éducatrice est abominable et inexcusable. Cet événement d’une rare tristesse met en avant certaines faiblesses du droit pénal suisse, régit sur le plan fédéral, et de la justice pénale. Oui, qu’un violeur multirécidiviste puisse se retrouver en liberté quelques années après sa condamnation est tout bonnement inacceptable. Qu’il lui soit permis en plus de sortir en n’étant encadré que d’une femme, c’est tout simplement incompréhensible. L’horreur a soudainement traversé le cœur d’une famille et de centaines de milliers de Suisses unis dans la douleur. Nous sommes tous frappés par un sentiment d’impuissance et d’injustice. Oui, la société et son système ont failli.

 

Peut-être ont-ils pêché par trop de confiance dans l’être humain. Peut-être avons-nous tous le désir, pour certains inavouable, de croire qu’il y a au fond de chacun de nous la possibilité de nous améliorer. D’expier nos fautes et de retourner sur le droit chemin. Celui qui ne nuit pas à la communauté, qui respecte les lois et l’intégrité des citoyennes et citoyens. C’est cet idéal, en partie issu de notre culture judéo-chrétienne, qui nous conduit parfois à l’extrême opposé de nos objectifs. La société porte aujourd’hui le fardeau d’un échec, une terrible erreur que nul n’a souhaité et qui, cruelle fatalité, s’est malgré tout produite. Qui a fauté? Est-ce vraiment la bonne question? Nous portons tous notre part de responsabilité. Nous sommes des humanistes.

 

Par cette grande idée de l’être humain, nous avons permis à une âme égarée, dévorée et malade de perpétrer plusieurs crimes. Des viols et enfin un meurtre. Comment ne pas ressentir à la fois colère et culpabilité? Tous, nous faisons partie intégrante de ce système. Nous votons les lois qui régissent notre communauté. Nous élisons nos représentants chargés de les appliquer. Oui, c’est la triste faillite d’un système volontariste et idéaliste. Le droit pénal et la justice ont échoué. Non par excès de confiance, mais par amour de l’Homme. Je ne crois pas qu’il faille précipiter les mesures à prendre pour corriger cette anomalie. Nous devons déjà commencer par nous recueillir. Toute une population se trouve aujourd’hui réunie dans un même deuil. Nous pleurons une femme et nous déplorons notre système.

 

Comme toutes mes concitoyennes et concitoyens, j’ai mal au cœur. La nausée me traverse et l’incompréhension me submerge. L’impuissance est un sentiment profondément désagréable. J’ai mal qu’une personne paie de sa vie pour mettre le doigt sur la faille de notre droit pénal et notre justice. Mais l’heure n’est pas à la démesure. Il est temps de panser cette plaie et de réfléchir raisonnablement aux conclusions à tirer de ce crime sordide. Je suis tombé par hasard sur une page Facebook appelant à rétablir la peine de mort en Suisse. Près de 10'000 adhérents. Je comprends ce sentiment de colère. Je ne le comprends que trop bien pour être honnête. Est-ce pourtant la bonne solution? Notre société doit-elle reculer d’un pas parce qu’il y a dans l’âme humaine une barbarie qu’il nous est difficile de cerner? Est-il souhaitable de pratiquer nous-mêmes, en mandatant l’Etat, ce que nous condamnons auprès des individus?

 

Donner le droit à la justice de décider de la vie et de la mort des administrés, c’est tenir soi-même un peu le fil de l’épée qui tranche une existence. C’est se salir les mains tout en reprochant cela aux criminels. La justice pénale doit être plus ferme. Les peines doivent être allongées, c’est certain. Et les évaluations devront probablement être revues. En tant que société, nous devons peser le pour et le contre. Certains criminels sont peut-être mieux isolés loin des autres pour la sécurité de tous. Peut-être faut-il effectivement sacrifier un peu de notre idéal, de nos croyances séculaires, pour protéger le plus grand nombre. C’est un geste que j’accepterais, parce qu’il convient de mesurer le prix de chaque décision. Risquer la vie des citoyens, je ne puis l’admettre. Mais autoriser le crime d’Etat légitimé, je ne puis m’y résoudre. Comme pour vous, cette situation m’est insoutenable. J’aimerais pouvoir proposer une solution parfaite, pour régler tout ce problème qui se pose depuis les prémices des sociétés.

 

Je n’ai malheureusement pas la science infuse, ni Dieu pour me chuchoter à l’oreille. J’ai cependant une conviction: certains boulons de notre édifice sociétal doivent être remplacés par d’autres. Il y a un mécanisme qui a failli, et nous savons visiblement lequel. Tous, citoyens et politiques, concertons-nous pour y remédier. J’accepte qu’il y ait des gens favorables au rétablissement de la peine de mort. Mais je ne partage pas leur solution. Elle ne m’apparaît pas suffisamment sévère, et elle octroie un pouvoir trop important pour une justice faite par les hommes, ceux-là même qui faillissent. Oui, une peine de privation de liberté longue, de plusieurs décennies, voire à vie: voilà une véritable sentence. C’est aussi une mesure qui protège la communauté. La répression n’est pas une fin en soi. Il faut également penser à la protection des individus. Punir proportionnellement, certes, mais le faire en ayant à l’idée qu’il faut avant tout réduire les risques de récidive. Et peut-être est-il temps de songer à un internement à vie de certains types de criminels. Parce qu’il y a malheureusement des idéaux qui se heurtent violemment à la réalité. Et que le prix à payer est bien trop élevé.

 

Grégoire Barbey

23:14 Publié dans Air du temps, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook | | | |

11/09/2013

La salive vraiment acide de Claudio Marques

Chronique, 11.09.13

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PDC. Le président des Jeunes démocrate-chrétiens Claudio Marques a taclé ses colistiers
sur son profil Facebook parce qu'ils ont eu l'outrecuidance de s'octroyer une affiche en couleur.

 

Les tensions internes au sein du Parti démocrate-chrétien (PDC) à Genève débordent sur les réseaux sociaux. Le président des Jeunes démocrate-chrétiens (JDC) Claudio Marques a lâché son fiel à l’encontre des candidats figurant sur l’affiche du chirurgien Philippe Morel. En effet, ceux-ci sont au nombre de sept et sont en couleur. Crime de lèse-majesté lorsqu’on pense que la charte graphique du PDC en est restée au début du XXe siècle, c’est-à-dire en noir et blanc. Voilà donc, surgissant des ombres épaisses du néant, le chevalier Marques, armé de sa morale et de son mépris pour ceux qui veulent être élus. Et il attaque: certains membres du parti se sont fait incendier par le délirant président des JDC.

 

Ne me demandez pas comment je le sais: Dieu me priverait de sa grâce. Mais c’est un fait: certains au sein du PDC n’apprécient pas qu’il y ait des membres suffisamment ambitieux pour se mettre en avant. Faut-il, comme les autres, rester tapi dans le vide abyssal auquel ceux qui ne se montrent pas nous ont habitués? C’est un choix. Philippe Morel et ceux qui l’accompagnent sur cette affiche en ont fait un autre. Et c’est tout à leur honneur. Qu’il y ait des personnalités agacées par cette mise en scène, je le comprends. Que cet agacement s’étende sur les réseaux sociaux et se transforme en croisade contre ceux qui agissent, cela m’est par contre tout à fait insupportable.

 

Que le templier Marques range sa lame dans son fourreau et lave son linge sale en famille. Après tout, ce n’est pas une stratégie très réfléchie que de répandre sa colère sur les réseaux sociaux. Si Claudio Marques ne veut pas faire cavalier seul, nul ne lui en tiendra rigueur. Que d’autres veulent s’investir pleinement pour leur (ré)élection, il n’y a pas à tergiverser. Et puis ce cher chevalier drapé d’un bonnet blanc ne se plaint pas lorsqu’il apparait également sur une affiche de campagne avec six autres personnes, dont les deux candidats au Conseil d’Etat, Luc Barthassat et Serge Dal Busco. Chacun a le droit de se montrer, de tenter de convaincre les électrices et les électeurs. C’est le défi d’une campagne.

 

Mais qu’un président des JDC se permette de tacler publiquement les membres de son propre parti, alors qu’il exerce une fonction honorable, voilà une attitude bien vile et lâche. Président des JDC, son rôle serait plutôt de prendre contact avec les principaux intéressés, et d’en discuter calmement. Perdre le contrôle de soi-même pour s’illustrer à travers Facebook d’une jalousie mal dissimulée, voilà une erreur politique des plus flagrantes. L’unité du PDC a souvent été remise en cause – et même à travers mon blog –, et l’un de ceux qui devraient préserver une certaine image du parti finit par exposer sans pudeur les dissensions internes qui règnent dans la formation. Un peu dommage, et un coup dans l’eau. L’assemblée des délégués qui aura lieu demain soir risque d’être houleuse. Et si la croisade continue, comptez sur moi pour vous en informer.

 

Grégoire Barbey

14:03 Publié dans Air du temps, Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |