Gregoire Barbey

08/03/2012

La « journée internationale de la femme », une belle arnaque

 

Aujourd'hui, c'est la « journée internationale de la femme ».

Déjà la formulation est révélatrice d'une idéologie symbolique spécifique, selon laquelle « la femme » est une fin en soi, une détermination biologique, une inscription génétique définie et un genre rationnel auquel nulle ne peut se détacher. Il s'agit dès lors d'un différentialisme qui conditionne les individus à se cantonner, comme c'est le cas depuis des siècles sinon plus, à des comportements représentatifs de leur sexe. C'est une conception pour le moins manichéenne de la pluralité des êtres humains. Il y a plus de cinquante ans, Simone de Beauvoir prononça une phrase qui, encore à notre époque, fait office de prophétie : « on ne naît pas femme, on le devient ». Combien d'esprits simples ont dû buter sur cette affirmation ! Et pourtant, la logique est imparable.

La différencialisation imposée de facto comme étant une expression de la Loi de la Nature, et ce dès la naissance, ne tient pas compte de la versatilité des caractères humains. Au contraire, cette attitude enferme l'expression de la diversification humaine en deux schèmes antagonistes, comme s'il suffisait d'un terme, naturalisant un genre donné, pour comprendre et percevoir les spécificités d'un être humain. Ainsi la phrase de Simone de Beauvoir prend tout son sens, et permet de penser l'importance non-négligeable des constructions sociales, et l'impact sur le développement psychique et physique que peuvent avoir l'intériorisation de codes sociaux et de croyances métaphysiques.

Ces enfermements dogmatiques ne prennent guère en considération un fait qui est pourtant connu.

De nombreuses femmes, et de nombreux hommes ne se retrouvent pas dans la fatalité de leur « genre » et décident alors d'en changer, soit par une lourde intervention chirurgicale, soit par travestissement. Que conclure de ce malaise répandu ? Que la nature fait mal son travail ? Ou que l'essentialisme qui catégorise les « hommes » et les « femmes » selon l'aspect visuel de leur sexe n'est pas suffisamment diversifié pour rendre compte de la pluralité des personnalités et donc de permettre aux individus une liberté de développement psychique et physique qui leur est propre ?

Il faut également considérer les hermaphrodites, probablement perçus comme des « erreurs » biologiques, et qui pourtant font partie intégrante des êtres humains. Dans ce cas de figure, les parents sont généralement amenés à définir le « sexe » de leur enfant, pour qu'il puisse se sentir en adéquation avec ses semblables. Dès lors, il est irréfutable que le genre se construit socialement.

Pourquoi alors les croyances humaines sont-elles aussi strictes ?

Citons les propos d'Edgar Morin relevés dans son ouvrage « Introduction à la pensée complexe », sur l'actuel paradigme idéologique : « L'ancienne pathologie de la pensée donnait une vie indépendante aux mythes et aux dieux qu'elle créait. La pathologie moderne de l'esprit est dans l'hyper-simplification qui rend aveugle à la complexité du réel. La pathologie de l'idée est dans l'idéalisme, où l'idée occulte la réalité qu'elle a mission de traduire et se prend pour la seule réelle. La maladie de la théorie est dans le doctrinarisme et le dogmatisme, qui enferment la théorie sur elle-même et la pétrifient. La pathologie de la raison est la rationalisation qui enferme le réel dans un système d'idée cohérent mais partiel et unilatéral, et qui ne sait ni qu'une partie du réel est irrationalisable, ni que la rationalité a pour mission de dialoguer avec l'irrationalité. »

Cet extrait permet de justifier ma réflexion sur la formation des genres. Le rationalisme et l'universalisme (voir également Immanuel Wallerstein à ce sujet) sont des conceptions idéologiques relativement récentes. Elles permettent, dans le cadre politique actuel, de simplifier à outrance des problèmes d'une rare complexité. Il n'est pas rare de nos jours d'entendre des politiciens user du même champ lexical restreint tout au long d'un discours pour se faire entendre du plus grand nombre, en dépit de la réelle ampleur de la problématique débattue. Cette « hyper-simplification » a des conséquences souvent désastreuses, et rempli des fonctions néfastes pour la compréhension des schémas non-manichéens.

La « journée de la femme » n'est donc pas une victoire, ni un avancement des mentalités, mais la juste continuité de la mainmise idéologique sur le concept des genres, rappelant aux femmes, et indirectement aux hommes, qu'elles ne sont que « ça » et rien d'autre, et que la fatalité biologique ne leur permettra jamais de s'extraire des carcans sociaux desquels elles sont prisonnières depuis des centaines d'années.

Il ne faut donc pas se réjouir pour la cause féministe, mais plutôt se tenir prêt à continuer la lutte, car elle est loin d'être terminée. En ce sens, le XXIe siècle devrait être intronisé « siècle des femmes » pour rappeler à l'ensemble de l'humanité qu'il y a des batailles qui ne se remportent pas en quelques manifestations et petites victoires.

Le combat est macro-social, et englobe donc l'ensemble des êtres humains. L'égalité professée n'est pas une preuve en elle-même, il faut encore qu'elle soit appliquée.

Tout comme les êtres humains ne sont pas égaux en droits face à la Justice, les femmes et les hommes ne le sont pas face à la diversification de leurs caractères.

Femmes et hommes de tous les pays et de toutes les cultures, unissez-vous !

 

Grégoire Barbey

 

 

 

01/03/2012

Internet, la nouvelle Agora

 

En vitesse.


Je remarque que la politique ignore, ou feint d'ignorer, l'essor impressionnant que prend l'internet.

C'est pourtant, selon moi, une erreur fondamentale. D'autant plus dans un pays qui se réclame démocratique. Le web 2.0, c'est structurellement la nouvelle Agora, les citoyens et les citoyennes s'y retrouvent, interconnectés, pour débattre de tous les sujets de la vie quotidienne. Non seulement, le potentiel politique de la toile ne fait aucun doute, mais de surcroît, cela offrirait aux politiciens une proximité encore jamais égalée avec la Vox Populi.

 

Pourquoi ne pas, par exemple, organiser régulièrement des débats, internet fait finalement très bien office de place publique. Le politique a tout intérêt de se mêler à la masse, de prendre la température auprès de ses semblables, et d'accorder une véritable importance à leurs opinions, qui divergent énormément selon les individus.

La polis selon Aristote, c'est la vie de la Cité. Tout est affaire de politique. Être à l'écoute des attentes de ses concitoyen-ne-s, n'est-ce pas le devoir de toute personne investie dans la politique ?

Les récents événements genevois qui ont déferlé la chronique impactent l'opinion publique. Il est déconseillé dans un système tel que le nôtre de fermer les yeux sur l'avis majoritaire. Je mentionnais dans un précédent article l'importance de la révocation, qu'il faudrait selon moi implémenter au sein des outils démocratique. Génération web, cela implique nécessairement de nouvelles mécaniques, notamment la vitesse phénoménale à laquelle transitent les informations. Cacher des non-dits devient beaucoup plus difficile pour toute organisation, qu'elle soit privée ou étatique. Il suffit de constater le projet de loi ACTA, sur lequel j'ai rédigé un article pour le site de Gauche Anticapitaliste*, qui démontre l'inquiétude des élites gouvernantes à l'égard de l'internet. C'est un formidable outil de propagation, où la transparence y est presque imposée.

La politique doit être connectée aux citoyen-ne-s. Prendre en compte le web est donc nécessaire.

Je le répète, c'est la nouvelle Agora. Ne passons pas à côté d'une telle opportunité !

 

Grégoire Barbey

 

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=5884

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18/02/2012

Sur la norme

 

La norme est une construction sociale fondamentale dans nos sociétés. Par construction sociale, j'entends l'élaboration de critères artificiels qui ne sont pas intrinsèquement distinguables entre les individus. Il s'agit foncièrement d'un concept. Mais pas des moindres car il constitue la base sur laquelle se fonde toute la structure sociale, tant sur le plan de la segmentation des forces de travail que de la répartition des tâches au sein des différents groupes humains.

Son fonctionnement est relativement pervers. La norme s'introduit de façon insidieuse dans les schémas comportementaux et psychiques des membres d'une société distincte. Dès l'enfance, l'individu prend connaissance des repères entre la normalité et l'anormalité. Il y a ainsi deux catégories dichotomiques où sont catalogués les différents personnalités : il y a les personnes dites « normales » et celles dites « marginales ».

Dès lors, pour se faire intégrer correctement au sein de la société, il est évidemment préférable de se situer dans la première catégorie. C'est même essentiel. Ceux qui ne s'intègrent pas totalement, voire pas du tout sont ainsi qualifiés de marginaux. Le terme en lui-même est péjoratif. Malheureusement, la norme est restreinte. Elle conditionne les individus à des comportements types, à se conformer à une pensée « unique », et à craindre ceux qui n'adoptent pas cette normalité.

De nombreuses institutions participent à façonner l'idéologie normative, ce qui contraint les acteurs humains à rentrer dans le moule par nécessité. Certaines études scientifiques (subventionnées généralement par des fonds privés) apportent des « arguments d'autorité » en institutionnalisant des découvertes qui prouvent qu'il y a bien des normes au sein de l'humanité. Ce qui rentre dans la norme, c'est, bien sûr, tout ce qui va dans l'intérêt du système. Avoir un travail, payer ses factures, mâcher, et remâcher, puis avaler toute la doctrine des médias et du pouvoir en place.

Ainsi, ceux qui sont conformés deviennent des agents répressifs face aux éléments « perturbateurs » qui sortent du cadre normatif. Ils n'hésiteront pas à faire la morale à un proche si celui-ci s'écarte du « droit chemin ». Les personnes marginalisées finissent par culpabiliser sous la pression énorme qui est effectuée par l'ensemble de la société. C'est la meilleure façon pour que le système perdure : à défaut d'avoir des yeux partout pour contrer les éventuelles rébellions, formater les individus permet d'avoir un contrôle garanti sur une grande partie de la population, qui jouera, conditionnée par ces règles strictes, le rôle de la police « citoyenne » en tentant de ramener à la raison les dissidents.

Ce qui est dommageable, c'est que la norme détruit la diversité des êtres humains. Adopter une ligne de conduite pour être intégré dans la société a des répercussions sur l'attitude des acteurs de ce système. Ils finissent par se ressembler, toute proportion gardée, comme deux gouttes d'eau.

Tout ça constitue l'une des composantes du « contrôle des esprits », qui a remplacé la matraque, comme le fait très pertinemment remarquer Noam Chomsky, utilisée dans les systèmes antérieurs à la démocratie.

Il est impératif de bien saisir l'utilité et l'extrême nécessité pour la survie du système d'employer ce mode de fonctionnement. Il permet une cohésion des individus sur les valeurs démocratiques, tout en conservant un réel contrôle sur les masses de manière totalement invisible. Sans cela, il ne pourrait survivre. Les gens seraient trop disparates, et ne rentreraient pas dans la ligne directrice qui permet à ce système de se maintenir en vie. Toute l'idéologie de celui-ci repose sur le contrôle des masses.

La norme est le premier et le principal fondement de l'édifice capitaliste. Il me faudra revenir sur cette question, car cette courte analyse ne déblaie que peu d'éléments pertinents. Mais cela offre toutefois une vision différente des habitudes consensuelles.

 

Grégoire Barbey

00:46 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : norme, réflexion, société, système, capitalisme, marginal, contrôle des esprits |  Facebook | | | |

02/02/2012

Réflexion sur la non-violence : la résistance

 

Résister, oui, mais pas n'importe comment !

Pour ma part, il est impératif de respecter une éthique précise, et celle-ci trouve son terreau dans la non-violence. J'ai souvent entendu des discours grandiloquents qui tentaient de me faire adhérer à l'idée que la brutalité, c'est la nature de l'être humain. Bien essayé, cependant pour ma part, je ne suis pas sûr que l'être humain soit réduit à un quelconque « état de nature », duquel il serait incapable de s'extraire. Je suis même persuadé du contraire, pour être franc. Considérer qu'il existe un prototype humain dont il est impossible de s'émanciper me semble être une pensée saugrenue. Je ne comprends pas très bien la portée d'une telle conclusion, sinon de justifier toutes les pires atrocités qui soient.

S'il fallait absolument étiqueter une « nature humaine », je la définirais comme étant versatile, impropre à la stagnation et par essence en constante évolution. C'est cette qualité unique qui a permis à l'être humain d'évoluer sur le plan intellectuel. L'adaptation est, à tout point de vue, son meilleur outil.

Les comportements varient d'un individu à un autre. La violence n'est ni une fatalité, ni une nécessité. Par le passé, j'ai déjà tenté d'apporter quelques éléments de réponse dans une entreprise visant à déconstruire la violence. L'essai s'intitule « questionnement sur la violence ».

J'aimerais compléter celui-ci par un petit traité de résistance non-violente. Je me suis toujours considéré comme étant quelqu'un de pacifique. Cependant, ce terme n'est pas assez fort, et même, il est flou. Être pacifique ne signifie pas adopter une attitude de cloisonnement à l'égard de soi-même, et de tous comportements violents. Or, mon désir est très exactement de ne jamais recourir à la violence. C'est pourquoi j'adopte cela sous la dénomination de « non-violence ».

Il est important d'en définir les contours.

Mon implication dans ce rapport non-violent s'étend jusque dans mon assiette. J'ai décidé de ne plus consommer de viande pour des raisons évidentes. Premièrement, afin d'être en accord avec ma prétention d'égalitarisme envers les êtres humains et les animaux, et deuxièmement, pour ne plus consommer de la nourriture issue de la brutalité.

Dans ma conception de la non-violence, concéder à consommer de la nourriture qui implique la mise à mort d'un être vivant sensible, quel qu'il soit, c'est-à-dire un animal ou un humain, est une forme, même passive, de violence. Le fait de tuer relève évidemment d'un acte violent. Je n'emploierai pas le terme de cruauté, car il serait malavisé d'en faire l'usage dans un cas comme celui-ci.

Cette volonté de ne pas accepter la violence, sous ses formes les plus habituelles, part d'un constat personnel : si dans mon comportement, j'ai recours à la violence, comment pourrais-je souhaiter ne pas en être victime ?

Concernant ce qui nous intéresse, à savoir la résistance, j'applique l'attitude non-violente comme étant un point d'ancrage de toute forme de contestation, de protestation et d'opposition. Je pars du principe qu'un mouvement, quel qu'il soit, se doit de ne céder à la violence sous aucun prétexte, sous peine d'en être victime également. Même face à une agression quelconque, la violence ne doit jamais être une réponse. Elle ne saurait être favorable à quiconque. En fait, la violence engendre la violence. Une phrase d'Albert Einstein me semble très appropriée pour défendre mes propos : « on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré ».

Résister à l'oppression peut s'avérer coûteux en utilisant le cours à la violence. L'oppresseur peut, à tout moment, empirer la situation de ceux qui s'opposent à lui. La résistance non-violente permet à la fois de faire passer un message, d'agir et de ne pas s'attirer les foudres de l'oppresseur. Bien sûr, ce dernier peut utiliser la brutalité à sa guise. Combattre le feu par le feu ne le fera sûrement pas déposer les armes. Les conséquences peuvent parfois être catastrophiques. Dans un pays comme le nôtre, en Suisse, appliquer cet impératif de non-violence est probablement beaucoup plus facile qu'ailleurs, dans des nations où règne la dictature et la violence en permanence.

Il serait difficile pour moi de dogmatiser la non-violence. Personnellement, je n'ai envie d'utiliser la violence en aucune façon, mais l'imposer comme nécessaire relève peut-être d'un fantasme.

Je n'ai pas encore d'avis définitif à ce propos. Je crois malgré tout qu'adopter un comportement non-violent apporte beaucoup de bien-être pour celui qui s'investit. Cela permet aussi de se sentir libéré d'un joug qui ne nous correspond pas forcément. L'essentiel est d'agir tout en ne faisant pas aux autres ce que nous n'aimerions pas qu'ils nous fassent.

Être cohérent avec soi-même.

22:44 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : non-violence, réflexion, pensée, résistance, protestation, contestation |  Facebook | | | |

27/01/2012

Dénoncer la prêtrise psychanalytique, un devoir essentiel pour la cause féministe

« La psychanalyse, comme discours coruscant envers toutes les croyances, et d’essayer de pouvoir faire vivre l’humanité sans qu’elle croit à des lubies trop importantes, ça fait partie de son effort. »

Éric Laurent, psychanalyste ECF, propos recueillis dans le film « Le mur ».

 

Voilà une affirmation qui peut laisser quelque peu pantois celui qui connait un tant soit peu les fondements du dogme psychanalytique. La prêtrise qui maintient cette discipline occulte sciemment que la psychanalyse elle-même est une croyance ! Et pas des moindres. Basée sur des paradigmes arbitraires, elle s’est néanmoins imposée comme une référence dans le traitement clinique des êtres humains souffrant de problèmes psychiques. Remercions tout d’abord le géniteur de cette matière obscurantiste, le célèbre Sigmund Freud. Celui-ci, toute sa vie durant, a mené une guerre envers le monde pour faire reconnaître la discipline dont il se vantait tous les mérites d’en être le créateur. Ou plutôt, dans sa formulation, celui qui l’a découverte, puisqu’évidemment, tout cela existait déjà dans l’inconscient humain, sans que personne n’ait, avant lui, eu le génie d’explorer ces pistes. La vie de Freud est très sombre. Son dévouement envers la psychanalyse fut total, persuadé d’avoir mis au jour une discipline qui révolutionnerait le monde de la pensée humaine. Mais elle constituait avant toute chose un exutoire face à ses propres troubles personnels. Sa méthode est en tout point semblable à celle des philosophes, lui qui pourtant se réclamait haut et fort antiphilosophe.

En quoi est-elle similaire ? Eh bien, malgré lui, Freud a tenté d’universaliser ses conclusions personnelles à l’ensemble des êtres humains. C’est exactement ce qu’ont fait, avant lui, Descartes, Kant et tous les autres.

La psychanalyse est une matière profondément phallocratique, reposant sur des fondements patriarcaux scandaleux. L’homosexualité était aux yeux du père de cette « science » obscure, une déviance psychotique. Tout tourne autour de la domination masculine.

Freud pensait que la femme vit son premier traumatisme du fait qu’elle ne possède pas de phallus, symbole de toute-puissance revêtit par l’homme. Il était catégorique à ce sujet : la femme désire le pénis de l’homme, elle le jalouse, même.

En découle toute une théorisation selon laquelle le mâle humain incarne la symbolique première de l’inconscient universel, nécessaire au développement de l’enfant. Ceci est bien évidemment un sophisme, et constitue de surcroît une affirmation arbitraire. Freud argumente la justesse de ses interprétations de la psyché humaine d’après ses connaissances cliniques, et son expérimentation pratique des méthodes qu’il a mises au point sur divers-e-s patient-e-s. C’est là que le bât blesse.

Les « découvertes » freudiennes reposent sur des manipulations dialectiques, pas toujours de haut vol d’ailleurs, et des pensées magiques, propres à toute croyance qui se respecte.

Parce que Freud désirait ardemment sa mère comme objet sexuel, toute l’humanité est ainsi affublée de cette pathologie infantile. Le complexe d’Œdipe, qui d’ailleurs est entré dans le langage courant, n’est avant toute chose rien d’autre que le problème personnel de celui qui vantait les mérites de cette « importante découverte pour l’avenir de l’humanité ».

Rendons à César ce qui appartient à César, dit l’adage. Pour parachever son œuvre, Freud détermine un paradigme essentiel, qui d’ailleurs aujourd’hui encore protège son intégrité : toutes celles et ceux qui veulent exercer la psychanalyse doivent eux aussi en être sujet. Principe fondamental de ce dogme. Mais alors, qui a psychanalysé le premier psychanalyste, à savoir Freud ?

Vous l’aurez deviné, nul autre que lui-même !

Il n’en cessera d’ailleurs d’en faire l’éloge tout au long de sa carrière. Son auto-analyse constitue probablement l’une de ses plus grandes fiertés, avec celle d’être l’instigateur de sa discipline, dont il revendiquait la totalité des paradigmes. Puisque je faisais un parallèle à la philosophie et la méthode freudienne, nous retrouvons bon nombre de ses « découvertes » dans l’ensemble de l’œuvre de Nietzsche. Notre clinicien affirmait pourtant ne l’avoir jamais lu, quand bien même il s’était acheté tous ses livres… À n’en pas douter, un brave homme rempli d’une bonne foi à toute épreuve !

Enfin, l’important ici est de constater la portée scientifique quasiment inexistante (pour ne pas dire entièrement).

À ce propos, soyez sûr que les adeptes de la secte psychanalytique m’attaqueront sur mon inexpérience en ce domaine. Parce que si vous n’avez pas une carte de membre tamponnée par l’un des gourous de cette discipline, vous n’avez aucun droit à vous exprimer à son encontre.

Avec une politique aussi cléricale, ne soyons pas étonnés que ceux qui la pratiquent aient une telle propension au sectarisme.

Néanmoins, je ne cherche pas à généraliser l’ensemble des praticiens de cette discipline, quand bien même je serais tenté de le faire. Ce n’est pas le but de mon propos. Je cherche simplement à démontrer l’inconsistance des théories psychanalytiques, leurs tendances mal assumées à prolonger la pensée patriarcale et leur inefficacité clinique.

 

Le féminisme contre la pensée phallocratique colportée par les enseignements psychanalytiques

Alors qu’aujourd’hui, de plus en plus nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui s’engagent dans la lutte féministe, la psychanalyse continue, de son côté, d’exprimer des positions honteusement patriarcales, comme c’est le cas pour le conglomérat des psychanalystes français, actuellement en guerre contre la réalisatrice du film « Le Mur », dont j’ai tiré l’amorce de mon article. Ce documentaire1, je le recommande d’ailleurs à chacune et chacun de mes lectrices-lecteurs.

Les patriciens qui ont participé à la mise en forme de ce film se sont rendus compte qu’une fois le montage effectué, la cohérence de leurs propos était balayée, laissant place à un visage totalement démasqué, celui de la psychanalyse. Son côté patriarcal est implacablement mis à nu, si magistralement d’ailleurs qu’après le visionnement du documentaire, la nausée nous submerge. En tout cas pour ma part.

Il y a des phrases qui valent leur pesant de cacahuètes d’ailleurs, comme celle-ci, exprimée par une psychanalyste : « l’inceste paternelle, ça ne fait pas tellement de dégâts. Ça rend les filles un peu débiles. Mais l’inceste maternelle, ça fait de la psychose. »

De tels propos, émanant qui plus est d’une femme, m’ont scotché sur ma chaise de spectateur.

Comment peut-on arriver à un point où la maternité, et plus généralement, l’image de la femme, se trouve dépréciée avec autant d’acharnement ?

Pour ma part, je pense qu’il est dès lors impératif pour le mouvement féministe de lutter contre les axiomatiques réducteurs et machistes de la psychanalyse, car ils contribuent très clairement à corrompre les esprits avec des principes patriarcaux.

Ce n’est sûrement pas parce qu’un enfant est autiste que sa mère est coupable, d’autant plus que cela ne se justifierait pas avec la pensée magique qu’induisent ces cliniciens, selon laquelle un enfant autiste serait la victime d’un désir trop fort de la mère pour le phallus de l’homme. Rejeter incidemment tous les maux de la psyché humaine sur la femme est un outrage très grave à son encontre.

Tenir de tels propos devrait relever d’une atteinte à la « nature humaine », comme ce fut le cas pour l’artiste Damien Saez qui avait fait faire une affiche dénonçant la marchandisation du corps féminin pour la promotion de son album « J’accuse », celle-ci ayant été condamnée par l’association des publicitaires français…

D’ailleurs, en parlant de « nature humaine », selon-moi, là où la psychanalyse fait encore une erreur fondamentale, c’est de croire que l’être humain est une mécanique psychique immuable, et qu’elle ne saurait évoluer. Je considère ce paradigme comme éminemment mensonger et incohérent. Au contraire même, la transformation psychique de l’être humain est en constante évolution, et change au fil des générations, autant qu’individuellement. Considérer l’être humain comme Descartes considérait les animaux, c’est-à-dire des machines soumises à des comportements inaltérables et instinctifs relève de l’ineptie et de la mauvaise foi intellectuelle la plus complète !

Des généticiens ont même mis en exergue la capacité de certains de nos gènes à se modifier selon les stimuli environnementaux, ce qui démontre bel et bien l’incroyable versatilité de l’être humain dans sa faculté d’adaptation aux divers milieux auxquels il peut être confronté.

La femme n’est pas plus coupable qu’un homme de l’état de son enfant, sauf cas exceptionnels, qui ne sont d’ailleurs aucunement liés à une quelconque prédestination de genre.

Il me semble de prime importance dans le domaine de la pensée par rapport à notre condition humaine de nous extraire de ces carcans réducteurs qui tentent d’asseoir la domination d’un genre sur un autre, tout aussi bien que d’une race sur une autre et d’une espèce sur une autre.

Ce sont des visions de l’esprit, inculquées à travers des prismes qui restreignent une perception globale des tenants et aboutissants de l’évolution psychique des femmes et des hommes.

C’est quand même atterrant d’observer que cette lutte des genres persiste sous la forme d’une discipline à prétention scientifique, cherchant à enfermer la femme (et l’homme aussi, d’ailleurs) dans des rôles spécifiques, sans espoir d’en sortir durablement. Comme si nous n’étions rien de plus qu’un ordinateur, dont les réactions sont liées à ses composantes, et à rien d’autres.

C’est nier que l’être humain n’est pas déterminé qu’intérieurement. Comme je tentais de le démontrer dans deux de mes articles précédents, sur le déterminisme et la liberté restreinte, nous sommes aussi, pour ne pas dire fondamentalement, conditionnés par le milieu environnemental, et que selon certaines situations, nos réactions seront tout-à-fait différentes.

Je suis convaincu qu’il y a des recherches bien plus intéressantes à faire que de vaines tentatives d’aliéner l’humanité à des symboliques univoques et indélébiles. Un autre exemple : le langage.

Chaque langue est unique, et témoigne d’une fabrication de la pensée propre à chaque peuple. Il est d’ailleurs possible pour celles et ceux que cela intéressent de lire les ouvrages linguistiques du professeur Noam Chomsky, dont les théories sur le sujet s’avèrent très intéressantes.

La théorie de l’inconscient universel, qui serait donc exactement similaire pour chaque individu (comprenez déjà le truisme), pensée par Freud, inculque l’idée que la symbolique humaine est quelque chose de métaphysique, d’impalpable, et pourtant commune à chacune et chacun d’entre nous.

C’est difficile de soutenir une telle théorie, d’autant plus qu’elle est la porte ouverte à toutes les dérives totalitaires des praticiens de cette discipline.

Je persiste et signe donc, pour conclure, que la lutte féministe se doit de combattre les bonshommes de paille, fervents adorateurs de la secte psychanalytique.

Il est impératif de ne pas laisser passer de telles théories, d’autant plus lorsqu’elles se réclament de la science, car elles contribuent à maintenir la femme en esclavage, et à alimenter l’imaginaire masculin de fantasmes dominateurs.

Femmes et hommes du monde, ne vous laissez pas manipuler par la pensée magique !

 

 

1Disponible en accès libre sur : http://www.autistessansfrontieres.com/lemur-site-officiel...

Attention cependant, la polémique liée au film est si importante que la désactivation sur ce site n’est pas improbable. Je suis donc navré si vous ne pouvez y accéder lors de votre lecture.

23/01/2012

Crise financière... et idéologique !

23 janvier 2012. Aujourd’hui, les médias ne parlent plus que d’une chose : la crise économique. Récession, inflation, paupérisation, assainissement, misère, menace de la Zone Euro, tensions entre les pays dominants et émergents, bref, il y a de quoi faire en la matière.

Mais nous n’entendons pas parler d’un autre constat pouvant être fait à l’orée de cette nouvelle année : la crise idéologique.

Consultez vos mass media : allumez votre télévision, ouvrez votre journal préféré, écoutez la radio. Les discours sont potentiellement les mêmes, alors que nous n’avons jamais connu dans toute l’Histoire de l’humanité un si grand mélange socio-culturel. C’en est alarmant. Nous parlerons ici « d’uniformisation des esprits ». « Pensez comme nous, ou nous vous rejetterons ! » paraît être le nouvel adage de notre société de consommation. Les moyens de communication et de partage des idées ont évolué à une vitesse fulgurante, personne ne dira le contraire. Mais très sincèrement, où est la communication, celle qui vient du cœur ? La conscience de l’autre disparaît peu à peu face à la nécessité préfabriquée de notre système : la loi du plus fort, ou comment écraser l’autre pour se hisser au sommet de la pyramide hiérarchique.

Cette loi, impérieuse et faussée, relève tout simplement d’un paradigme, ou pour reprendre un terme sociologique, d’ailleurs cher à feu Bourdieu, constitue l’habitus de notre société. Pourtant, s’en extraire est tout à fait faisable. Sans trop m’avancer, pour un bonheur individuel, je pense même que s’en éloigner est de prime importance. L’autre, c’est nous, et nous, ce sont les autres.

« L’enfer, c’est les autres » s’exclamait Sartre dans huit clos. Pour ma part, je pense inversement. L’enfer, c’est soi-même. Je m’explique : nous nous enfermons toujours plus dans des pensées toutes faites, des idéologies qui ne nous appartiennent pas, vivons dans des certitudes qui ne sont pas empiriques, et arborons des slogans prémâchés. Et ce comportement nous pousse bien souvent à accepter tacitement et passivement des attitudes que nous n’oserions jamais tolérer consciemment.

Et les mass media font office de sacrosaint commandement au cas où les bons soldats du néolibéralisme, appelons-le capitalisme du XXIe siècle, se questionneraient sur le bon fondement des leçons apprises en récitant gaiement. Adopter un modèle de pensée différent du courant communément admis et respecté manu militari est un péril social. Les préjugés vont bon train, et chacun d’entre nous pouvons nous glisser dans la peau d’un policier de la bien-pensance, gardien-esclave de la ligne de conduite à adopter.

Pensez-vous vraiment que l’existence humaine se résume à des paradigmes sociétaux ? Nos coutumes, nos traditions, nos habitudes peuvent être aussi néfastes que salvatrices. Répéter mécaniquement des faits et gestes, des façons de réfléchir peut sembler normal et propre à l’espèce humaine. Pourtant, bien souvent, il en va tout autrement. Je pense que l'humanité n’est pas un acquis de naissance, c’est un but à atteindre, une perfection, ou pour réutiliser le terme du philosophe suisse Alexandre Jollien, une construction de soi. Je ne suis pas de ceux qui vous diront qu’il y a une façon de penser meilleure que d’autres, je ne vous chanterai pas les louanges d’un modèle unique, Ô non ! Je vous répéterai plutôt mille et une fois : pensez ! pensez ! bon sang mais pensez par vous-mêmes ! Nous ne sommes pas des assistés intellectuels, nous avons le droit d’user de notre matière grise pour créer, pour répandre joie et bonne humeur, pour nous révolter, pour acquiescer s’il le faut. J’irai plus loin encore : il s’agit d’un devoir.

J’aimerais prendre un exemple qui me tient à cœur : l’excellent ouvrage de Jean Ziegler : « Destruction massive », qui fait un état des lieux concernant la faim dans le monde.

Ce livre est une perle, non parce qu’il traite d’un sujet agréable, tout au contraire, mais bien parce qu’il recèle des informations triées sur l’ongle et témoigne une expérience empirique sur la question. Le lire, c’est déjà un pas en avant, même si la pensée qui s’y trouve appartient à quelqu’un d’autre. Je ne vous dirai jamais de vous affranchir entièrement de l’apport intellectuel que nos ancêtres et nos contemporains nous apportent. Je vous encourage même à vous y référer, et à y puiser un maximum d’informations. Soyons sceptiques, n’acquiesçons pas sans preuve.

Le travail de monsieur Ziegler est phénoménal. Après avoir lu toutes ses conclusions et ses témoignages, force est de constater que nous sommes toutes et tous responsables, individuellement et globalement, à cette appauvrissement d’une catégorie de la population terrestre.

Ce bouquin est un appel à la révolte et à l’indignation. Son auteur cherche à nous ouvrir les yeux, et nous faire sortir des habituelles perceptions manichéennes de la « réalité » que nous renvoient les mass media, les élites et autres. Gandhi disait très justement « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Mon adage personnel s’en rapproche beaucoup : la révolution commence par soi-même. Pour cela, il faut accepter qu’il n’y ait pas que du noir et du blanc, bien au contraire, et que le système est composé de multiples nuances de gris. Il faut accepter notre part de responsabilité, même passive, même tacite, face à cette réalité. Certaines sciences humaines, comme la psychologie, tentent de nous déresponsabiliser face à nos mauvaises habitudes, ou nos comportements abusifs. En jargon psychiatrique, cela s’appelle « pathologie », tiré du Grec ancien, signifiant « étude des passions ». Je ne compte pas rentrer dans le domaine de la critique de ce domaine, je tente seulement d’extraire des faits qui peuvent conduire à une déresponsabilisation comportementale. La « pathologie », très souvent reprise à tort comme un synonyme de « maladie », existe probablement bel et bien, mais à mon sens ce n’est pas un témoin d’une fatalité naturelle, indissociable à notre existence, plutôt un symptôme de multiples paradigmes sociétaux. Je ne suis évidemment pas sociologue, je puis me tromper et je l’admettrai sans rechigner. Mes analyses n’engagent que moi, je tiens à le préciser.

Ce qui me semble important ici, c’est de dénoncer les déviances que de tels paradigmes peuvent engendrer. Il existe des pseudo-scientifiques qui prennent parti pour certaines paraphilies, en affirmant qu’il s’agit notamment d’un comportement strictement « naturel » et « saint » pour l’appareil reproductif de notre espèce. Comprenez la dangerosité d’une telle manipulation de la pensée. Il ne faut en aucun cas se soumettre à un quelconque argument d’autorité, c’est-à-dire émanant d’une institution reconnue, qu’elle soit scientifique ou étatique, d’autant plus si notre intuition nous porte à croire qu’il n’est pas fondé.

Je repense à une phrase de Friedrich Nietzsche : « si vous ne pouvez être des saints de la connaissance, soyez en au moins les guerriers ».

C’est évidemment imagé, pour ma part, les saints font référence à ceux qui se réclament scientifiques, ou de toute autre fonction autoritaire. Être le guerrier de la connaissance, dans cette interprétation, revient à encourager chacun d’entre nous à veiller à ce que la connaissance soit utilisée à des fins propices, qu’elle ne soit pas travestie par des manipulateurs qui font leur foin au détriment d’enseignements et de constats pourtant importants.

Je vous enjoins donc à prendre les armes idéologiques et à vous servir, à utiliser votre pensée pour bâtir de nouvelles fondations !

La crise idéologique, comme je l’appelle, je la constate dans divers comportements. Actuellement, la propension qu’ont les gens à se rattacher à une pensée forte, très souvent extrémiste, en ces temps de crise, croît de façon inquiétante. Ces périodes difficiles pour la masse se traduit trop souvent dans une exacerbation du sentiment d’appartenance à sa nation, et dévie malheureusement en xénophobie, islamophobie (actuellement très en vogue, il s’agit de l’ennemi idéologique numéro un sur la liste des combats de la sacrosainte pensée occidentaliste), homophobie, racisme, fascisme, et j’en passe et des meilleurs. Tout cela relève d’une pensée politique spécifique, avec des intérêts financiers conséquents.

L’économie périclite, et cela induit une peur omniprésente dans l’esprit des gens. La terreur du lendemain grandit continuellement, et fait parfois prendre des décisions hâtives à bon nombre de personnes.

Je n’ai pas la science infuse, mais je fuis cela comme la peste. Mon conseil, c’est de rester attentif et de ne surtout pas se précipiter. Recouper les informations, se renseigner, calculer si nécessaire les données qui nous sont fournies, bref, faire un véritable travail d’archéologue pour extraire le bon du mauvais. C’est dans ces moments-là que les propagandistes peuvent développer au mieux leurs armes de destruction massive, invisibles, et pourtant si dangereuses.

Il ne faut pas croire que notre système est le meilleur possible. D’ailleurs, ne pas croire non plus que c’est le pire (bien qu’il nous est possible de le penser), plutôt reconnaître que tout changement est bon à prendre, car la vie est un mouvement perpétuel. Je pense que l’être humain est perfectible et ne doit jamais se reposer sur ses lauriers. C’est une erreur qui pourrait s’avérer fatale.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Certains discours peuvent sembler remplis d’humanité et cacher en réalité un venin mortel…

Cette crise idéologique, s’il en est, doit être combattue. Non par la violence, je m’y oppose catégoriquement, mais par la foi en la capacité humaine de se perfectionner, d’aller toujours vers l’avant, quand bien même certains contempteurs de la vie souhaiteraient nous rendre la pensée cynique et acerbe. Croyez en ce qui vous fait plaisir : soyez animistes, bouddhistes, musulmans, juifs ou chrétiens, théistes ou athées, que sais-je, sans jamais oublier qu’il n’y a pas de pensée unique, que les normes ne sont pas une fatalité ni une Vérité irrémédiable.

Prenez conscience que nos habitudes et tout ce qui s’en suit sont intimement liées à des paradigmes/habitus sociétaux. Un enchevêtrement de conditionnements qui, superposés l’un à l’autre, forment des comportements spécifiques, toujours différents selon les individus. Ne vous laissez pas abuser par des bienpensants qui vous diront que ceux qui ne réfléchissent pas de telle façon sont des réactionnaires, des parvenus ou des marginaux. C’est une atteinte à vos droits fondamentaux. Ce ne sont en tout cas pas des hommes médiatisés, journalistes ou rédacteurs de magazine qui détiennent la connaissance suprême. Il n’y en a pas.

Mon objectif avec ce texte est de vous aider à vous libérer des dogmes qui se réclament de la pensée unique.

Je ne suis pas un saint de la connaissance, je me reconnais d’ailleurs davantage dans le rôle du guerrier, mon but est noble.

Pour ma part, je pense que nous devons nous rattacher à certaines habitudes que nous avons perdues. Considérer les autres avec un regard bienveillant, accepter de partager, de donner sans compter, de rendre service, d’être à l’écoute, de sauver si possibilité se montre, d’être humain, en somme !

Je suis confiant, contrairement à beaucoup de mes contemporains, malheureusement, dans la capacité évolutive de l’humanité. Il n’y a pas de fatalité, et tant qu’il y aura de la vie, les changements se produiront inévitablement.

Je n’ai pas de religion à proprement parler, cependant j’ai foi en l’être humain, et son meilleur outil face aux ténèbres : la pensée.

C’est important d’avoir des valeurs, quand bien même cette façon d’être semble révolue. Il y a encore plus impératif : la versatilité de nos idées et idéaux. Aucun concept n’est éternel, jusqu’à preuve du contraire.

Alors, mes ami-e-s, mes sœurs et mes frères, soyez votre propre instrument dans l’évolution de notre communauté humaine.

 

18:05 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : crise, politique, philosophie, idéologie, idée, pensée, réflexion, humanité |  Facebook | | | |

12/01/2012

L'éloge d'Alexandre Jollien

Alexandre Jollien est un écrivain et un philosophe suisse, né en 1975.

À sa naissance, un évènement tragique survient : Alexandre s’étrangle avec son cordon ombilical, laissant quelques séquelles motrices. Les dix-sept premières années de sa vie, il les passe dans un institut spécialisé. Loin de s’y résoudre, il puise durant ces années une force et un courage à toute épreuve, développant un goût prononcé pour la philosophie qu’il décidera d’étudier au sortir de l’institut.

Sa première œuvre, la plus marquante à mes yeux, est l’Éloge de la Faiblesse, parue aux éditions Cerf en 1999. En effet, dans cet ouvrage, l’auteur nous conte son combat quotidien et en particulier son expérience au sein de l’institut, nous dépeignant avec beaucoup de douceur le portrait de ses camarades, mais aussi de ses éducateurs. Le livre se présente sous la forme d’un discours avec le très estimé Socrate.

Reprenant à son compte le schéma des discours qui firent la renommée de Platon, Alexandre nous montre par combien sa capacité d’analyse, son intelligence et son humanité sont vives. Loin d’être une autobiographie égocentrée, son ouvrage est une invitation à rentrer dans un monde sciemment mis de côté par la société de « l’anormalité », au sens premier du terme. Dès les premières pages, force est de constater que sa motivation est admirable. À travers une centaine de pages, il nous fait plonger toujours plus loin au cœur de la vie d’un homme, qualifié à tort de « pas comme les autres », et qui nous montre, avec une modestie à toute épreuve, que sa différence ne réside non pas dans son handicap physique mais bel et bien dans son intelligence et sa bonté merveilleuses.

Pour ma part, son ouvrage fut ma première rencontre philosophique, et je la tiens pour infiniment précieuse parce qu’elle m’a ému et donné goût à cette sage discipline.

Plus récemment encore, j’ai lu son dernier né, intitulé le Philosophe nu, qui est agencé sous la forme d’un journal où l’auteur se met métaphoriquement à nu. Il traite plus spécifiquement des passions, et encore plus précisément de celles dont est victime Alexandre dans son quotidien. Non pas ! Que dis-je, cela pourrait être généralisé, car effectivement nous sommes tous sujets à l’expression de nos passions. Il s’efforce donc, car se dévêtir ainsi demande courage et détermination, de nous communiquer avec réflexion et recul ses expériences quotidiennes, et les difficultés auxquelles il est constamment confronté. Il nous révèle la part vulnérable qui fait partie de tout un chacun, avec une éloquence qui force le respect et nous émeut sans cesse. Personnellement, cette œuvre m’a autant, si ce n’est plus encore, ébranlé dans mes fondements. Par ses mots, Alexandre a témoigné à l’être que je suis, tourmenté également, qu’il y a d’autres personnes qui livrent le même combat, et qui font montre d’une volonté immense.

Sa perception de l’existence nous traduit l’esprit d’un homme courageux, et sincère. À chaque page, je m’émerveillais de la proximité que nous partagions dans nos vies respectives. Déjà que je lui vouais une certaine affection de par la motivation qu’il m’a donné, à son insu, de me plonger corps et âme dans la philosophie, ce livre a terminé de me convaincre quant à l’incroyable personnalité dont est tout entier composé monsieur Jollien.

À la suite de cette lecture, aussi ému que je puisse l’être, je me suis décidé à le contacter par e-mail.

Pensant jeter un pavé dans la mare sans m’attendre à une quelconque réponse, le contraire me fut offert. Aussi, je fus émerveillé et honoré de trouver un jour dans ma boîte de réception un message envoyé par Alexandre en personne. Et plus encore à la lecture des quelques phrases qu’il m’a destiné, et par l’infinie bonté dont recèle décidément tout son être. Il m’a fait part de sa compassion pour le parcours qui a été, et qui est le mien, et m’a gentiment proposé qu’un jour nous nous rencontrions.

Le lecteur ne s’étonnera pas si je l’exempts de traduire toute l’émotion qui s’empara de moi à cette formidable invitation.

Entre temps, j’ai appris qu’il donnait une conférence dans ma ville, Genève, et me suis permis de le recontacter afin de lui demander s’il lui était possible de m’obtenir une place gratuitement, car mes moyens financiers étant très, très restreints, il ne m’aurait pas été possible d’y assister autrement que par cette possibilité.

Moi, qui me disais qu’il n’y avait pas de raison particulière pour qu’il me réponde puisqu’il devait recevoir des dizaines voire des centaines de messages quotidiennement, je fus encore plus surpris lorsqu’il me répondit une fois encore et par l’affirmative. À n’en pas douter, et ce malgré la célébrité qui désormais est la sienne, Alexandre est resté et restera le même, c’est-à-dire un homme de grand cœur et avenant pour son prochain dès que l’occasion lui en est donnée.

En cela, je ne puis que lui témoigner mon éternelle gratitude et ma reconnaissance la plus sincère.

Le soir de la conférence, Alexandre m’a remis en personne le billet pour pénétrer dans le théâtre en tant que spectateur. À n’en pas douter, cette rencontre, bien que très brève – l’espace de quelques instants – a fini d’achever mon admiration à son égard. Lorsque je l’ai vu, je me suis dirigé vers lui, tout penaud comme je le suis d’aventure dans une telle situation, et me suis présenté à lui. Il était bien sûr accompagné, ce qui n’a pas manqué de me gêner plus encore ! Moi, l’éternel timide qui manque de confiance en soi… Et pourtant, en lui serrant la main et en croisant son regard, j’ai senti sur moi des yeux d’une infinité bonté, et un cœur grand comme ça. Non pas que je veuille dépeindre d’Alexandre une image idolâtre, mais les faits sont là, et moi qui suis particulièrement sensible de nature, je n’ai pas manqué de lire sur son visage ce que je supposais déjà à la lecture de ses livres et à l’écoute de ses interviews dont je m’étais par ailleurs régalé avant d’assister enfin à l’une de ses conférences.

Alexandre était donc accompagné de Matthieu Ricard pour discourir sur le thème de l’altruisme. Une salle de théâtre presque pleine, soit environ sept-cents personnes selon mon estimation, à l’écoute de ces deux penseurs, l’un moine bouddhiste, l’autre philosophe. Une fois de plus, Alexandre me surprit encore. Dans ses paroles, pleines de sincérité et de bonté, s’exprimait également un humour émouvant, remplit d’une joie de vivre qui m’a littéralement scotché sur mon siège de spectateur.

Finalement, je suis reparti de cette conférence avec la certitude qu’Alexandre est un homme d’une très grande valeur, et qu’il mérite la réussite qui est sienne.

J’espère vivement le revoir, et plus encore de le rencontrer personnellement, pour apprendre à le connaître et disputer de philosophie en sa compagnie !

Si le lecteur, par cette courte et peu représentative éloge de la richesse qui compose l’être d’Alexandre Jollien, n’est pas convaincu qu’il lui faille acquérir l’un de ses ouvrages pour nourrir son esprit de sa bonté et de sa beauté intérieure, alors je suis un bien mauvais écrivain, et je ne saurais mieux dire que « mea culpa ».

02:29 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : alexandre jollien, philosophie, bonheur, sensibilité, philosophe, littérature |  Facebook | | | |

10/01/2012

Questionnement sur la violence

Qu’est-ce qui nous rend si violent ?

Je constate avec effarement que les mots « civilisé », « respect » et « tolérance » n’ont aucun sens dans nos sociétés. La civilisation suppose que l’être humain mette de côté ses instincts et ses pulsions pour vivre en communauté. Est-ce vraiment le cas ?

Non. L’industrie médiatique, d’une part, met tout en œuvre pour cultiver nos fantasmes et nos instincts. D’autre part, les actes dont nous nous rendons coupable envers nos semblables et les autres espèces témoignent d’une incapacité à se détacher d’une violence primaire. Les avancées scientifiques permettent de réaliser à quel point l’intelligence humaine est complexe.

De tous temps, l’être humain a voulu s’émanciper du reste du vivant, cherchant toujours une différence qui le placerait au-dessus des autres. Il a inventé des termes spécifiques pour contrôler ces différences. Entre autre « espèce » et « race ». Comme si, indubitablement, il lui fallait se situer en dehors de ce tout. Un besoin viscéral qui de nos jours a encore une importance non dissimulée.

Partir des divergences pour établir un chaînon du règne animal, voici une bien étrange attitude.

Ne faudrait-il pas d’abord faire l’inventaire de nos ressemblances, nos similitudes, pour mieux nous situer dans cet ensemble dont nous faisons, que nous le voulions ou non, partie intégrante ?

 

L’humanisme, terreau de la violence.

Ce comportement a eu pour but de nous établir sur un trône qui nous arroge le droit de disposer du reste de notre planète, et plus récemment, de conquérir l’Univers, puisque pour l’instant nous sommes les seuls représentants d’une forme de vie intellectuellement très évoluée.

Les autres, qualifiés d’espèces, sont donc devenus intrinsèquement liés à nous. L’humanisme a contribué à cette représentation anthropocentriste du monde. Mais ce courant de pensée philosophique est né malade, gravement. Atteint d’une forme de virus parasitaire que j’appellerai « violence ».

Dès lors, il s’est propagé à une vitesse vertigineuse, et a asservi nos semblables qui étaient affublés du terme de « sauvage » afin d’instaurer à nouveau une différence justifiant notre droit de disposer d’eux… Le colonialisme et l’expansion territoriale ont très vite trouvés des alliés de choix. La religion et la philosophie, toutes deux anthropocentristes, se sont pour une fois entendues sur un même sujet. L’asservissement allait de pair avec cette manière de percevoir l’humanité comme détentrice de tous pouvoirs.

La violence était véhiculée par le biais de cette perception. Puisque nous pouvions différencier les animaux entre eux et surtout d’avec nous-mêmes, il était également possible de le faire dans notre propre espèce. De là, les races ont pris une nouvelle identité. Les sauvages, c’est-à-dire les êtres humains que nous avons rencontré au gré des voyages des colons et de leurs découvertes, étaient donc indubitablement différents de nous, puisque leurs civilisations et leurs coutumes apparaissaient comme « primaires ». Pourquoi ne pas en faire des esclaves ?

Aussitôt dit, aussitôt fait. D’ailleurs, avant même les races, le sexisme a toujours existé au sens de l’humanité, du moins dans nos sociétés récentes. Les femmes n’ont jamais eu les mêmes droits et traitements que leurs semblables hommes. Aujourd’hui, l’esclavagisme et le sexisme tendent à disparaître, bien que dans certains cas, nous pouvons aisément les rattacher à des comportements humains, quand bien même nous pourrions longuement débattre de l’aliénation au travail, comme nouvelle forme d’esclavagisme. Ceci est un fait.

 

La violence dans nos assiettes, le paradoxe de l’ère industrielle ou les animaux esclaves.

L’humanisme, aujourd’hui, a apposé sa marque sur de nombreuses questions morales et juridiques.

Il justifie que les animaux, à savoir tous les êtres vivants sensibles en dehors de l’homme, soient à la disposition de l’humanité afin de répondre à ses besoins. Dès lors que nous naissons de ce côté-ci de la vie, l’élite de l’existence terrestre finalement, nous avons tous les droits sur les animaux. Dans une certaine mesure, puisque l’hypocrisie sociale tend à donner des droits juridiques à ces mêmes animaux pendant que d’autres naîtront, seront élevés et mourront dans des conditions innommables.

À partir de là, quelle est la limite entre les animaux sauvages, de bétails et les animaux domestiques ? Il n’y en a aucune, du moins moralement et philosophiquement. Scientifiquement, encore moins. Pourtant cela suffit à permettre des massacres et des génocides à grande échelle, sans que quiconque ne s’en indigne, nonobstant d’irréductibles défenseurs de la « cause animale », évidemment marginalisés.

« L'abattage des animaux pour fournir de la viande représente plus de 1090 animaux par seconde soit 60 milliards d'animaux tués chaque année représentant 280 milliards de kilos (vs. 44 milliards en 1950) » selon la FAO.

Pouvons-nous décemment tolérer une telle ignominie dans le seul but de remplir nos assiettes de chairs tendres et savoureuses ? Pendant que d’autres êtres humains meurent de faim dans le reste du monde qui plus est, alors que les ressources économisées pour l’élevage et l’abattage de ces pauvres bêtes permettraient de nourrir la population mondiale sans même dépenser un centime de plus ?

Voilà un exemple de violence d’une envergure phénoménale, et qui est acceptée tacitement par la majorité des êtres humains. N’y a-t-il pas matière à s’offusquer ?

Et à relier d’autres formes de violence, qui plus est ?

L’homme craint la mort, parce qu’il en a conscience. Pourtant, le voici chaque jour responsable, même passivement et indirectement, de dizaines de milliers de morts ! Si ce n’est des millions. Je nomme cette forme de mort « la sublimation sous cellophane », parce qu’il s’agit de la rendre (la mort) appétissante et agréable à regarder. Que dire de cette contradiction fondamentale, sinon qu’elle dépasse l’entendement ?

L’élevage, ce n’est de loin pas, comme l’ont clamé longtemps durant les producteurs, un conte de fée pour enfants. À l’heure actuelle, le bétail a subi de nombreuses crises, notamment il y a quelques années la maladie de Creutzfeldt-Jakob, plus communément appelée la « vache folle ».

Elle aurait été transmise par des bovins atteints de l’ « encéphalopathie spongiforme bovine », apparue en 1985, elle est directement liée à l’alimentation des animaux : la politique inhumaine du profit a poussé des producteurs à recycler les déchets d’abattoir. Vous l’aurez sans doute remarqué, la plupart du bétail consommé est issu de mammifères herbivores, et de volailles. Ce sont les farines de viande et d’os animales. Ce que nous ne voudrions pas même mangé, nous le donnons à ces pauvres bêtes pour économiser un maximum.

Imaginez seulement les centaines de milliers d’animaux innocents qui ont été abattus froidement lors de cette crise alimentaire.

D’autres tactiques économiques sont à l’œuvre dans l’élevage et le gavage. Certains animaux bénéficient de traitements spécifiques, comme par exemple les truies, qui sont modifiées afin de pouvoir enfanter plus souvent, entre autres abominations.

Cette forme de violence, indubitablement, termine directement dans nos assiettes, l’air de rien, sublimé par de belles cellophanes et quelques indications rassurantes. La transparence pour les consommateurs,

Violence, violence et encore violence ! Toujours violence. Dans nos pensées, dans nos coutumes, dans nos habitudes et nos automatismes. Elle se cache en chacun d’entre nous.

Les médias en font leur gagne-pain, ils la transmettent, l’habillent et la délivrent en toutes circonstances.

Manger devient alors un acte qui ne permet pas la remise en question, puisqu’il est nécessaire. Et c’est bien là que le bât blesse.

Il faut être capable de se représenter mentalement toute l’ampleur de cette question, et ce n’est pas chose aisée, car il importe de s’émanciper des carcans conditionnés par nos us et coutumes. Une tradition, même alimentaire, est sujette aux lois éthiques qui régissent nos comportements, c’est-à-dire que nous pouvons nous y pencher et suggérer qu’il faille changer drastiquement nos habitudes fondamentales.

En 60 ans, nous avons augmenté le massacre des animaux avec un ratio multiplicatif de 7 !

Paradoxalement, nos découvertes en éthologie et dans les autres disciplines qui étudient les animaux n’ont fait qu’avancer, rendant ces êtres plus près de nous qu’ils ne l’ont jamais été. Je ne rentrerai pas davantage dans le sujet et n’accorderai pas de place à l’expérimentation et le divertissement, responsables également d’atrocités envers les animaux, mais ayez malgré tout à l’esprit que cette violence ne s’arrête pas à nos assiettes…

 

La violence est-elle un bien commun ?

Ma question, aujourd’hui, est la suivante : la violence que nous perpétrons à l’égard de nos semblables, qui sont dotés au moins des mêmes capacités cognitives que nous (toute proportion gardée), et peuvent ressentir la douleur, la tristesse, la peur et le stress, ne pourrions-nous pas lui imputer la responsabilité d’une dégénérescence de la violence, qui ne s’arrête malheureusement pas aux frontières des animaux non-humains et des animaux humains ?

Il y a d’autres sujets à aborder dans cette thématique, j’en suis conscient. Je considèrerai les médias comme autant de facteurs déterminants dans la contamination globale de la violence au sein de nos habitudes. Mais pour l’heure, je m’arrêterai aux constatations susmentionnées, il y a déjà énormément de travail, et c’est probablement la situation la plus urgente à traiter, car ce que nous sommes capables d’infliger à des êtres doués de sensibilité semblable à celle de l’être humain, nous pouvons indubitablement la reproduire sur notre prochain.

Je conclurai cette mise en exergue d’une problématique d’importance par une citation de Romain Rolland, lauréat du prix Nobel de littérature en 1915 :

« La cruauté envers les animaux et même déjà l’indifférence envers leur souffrance est à mon avis l’un des péchés les plus lourds de l’humanité. Il est la base de la perversité humaine. Si l’homme crée tant de souffrance, quel droit a-t-il de se plaindre de ses propres souffrances ? »

11:42 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : air du temps, réflexion, violence, questionnement |  Facebook | | | |