Gregoire Barbey

28/08/2013

Petit arrangement entre amis au Grand Conseil

A chaud, 28.08.13

1353085728.jpg

Bertrand Buchs. Le député démocrate-chrétien est l'un des rares à s'être opposé
à l'augmentation des émoluments du Grand Conseil. Il proposait 10% au lieu de 25%.

 

Le Bureau du Grand Conseil a accepté une hausse de 25% des émoluments des députés. Depuis plusieurs mois, des parlementaires m’avaient parlé de ce projet. La raison principale, c’est la refiscalisation de leurs jetons de présence en 2014. A l’heure où l’on a coupé dans le budget de l’Etat pour réduire le déficit et proposer des comptes à l’équilibre, la classe politique s’octroie des privilèges sur le dos des contribuables. Si je comprends bien qu’un engagement politique est chronophage et représente un investissement sur le plan personnel et salarial, il n’empêche qu’il y a quelques règles à respecter. Quand on taille dans les dépenses publiques (j’y étais favorable), on montre l’exemple. Et l’on n’en profite pas pour s’offrir des montants plus élevés à la vue de tous.

 

Cette attitude est tout simplement inadmissible. Quelques semaines avant les élections, c’est véritablement donner l’impression aux citoyens qu’on les prend pour des cons. Des vaches à lait dont on supprime volontiers certaines prestations par souci idéologique lors de la présentation du budget. Mais derrière, on fait tout le contraire, alors qu’on représente les autorités publiques, et qu’il conviendrait de se montrer irréprochable. Et surtout solidaires, bon sang! Seuls les démocrate-chrétiens, et notamment Bertrand Buchs, ont eu la décence de s’opposer à une telle hausse. Ce dernier proposait 10%. Est-ce que les citoyens voient souvent leurs revenus bondir de 25% dans leur vie? Même indexés sur l’inflation, leurs salaires ne progressent jamais autant.

 

Je pensais voir quelques députés PLR s’offusquer d’une telle décision. Ils ont activement participé à la baisse des prestations pour alléger le budget. Par cohérence politique, le parti aurait pu prendre position contre cette augmentation. Et proposer, comme le PDC, qu’elle soit revue à la baisse. Mesdames et Messieurs les politiques, jouer à ce jeu-là à l’approche des élections cantonales, c’est se tirer une balle dans le pied. C’est donner un fort mauvais signal aux citoyens qui, pour la plupart, se saignent aux quatre veines pour nourrir leur famille. Et baisser les prestations qu’ils paient avec leurs impôts tout en augmentant les montants touchés par les députés, c’est une schizophrénie qui ne manquera pas d’en énerver plus d’un. Agir ainsi en pleine période électorale, c’est donner des arguments aux partis non-gouvernementaux. Et du même coup, prendre le risque de ne jamais voir ses émoluments augmentés, faute d’être élu le 6 octobre. Il n’y a pas de quoi féliciter la députation.

 

Grégoire Barbey

12:49 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

24/08/2013

Double-visage et allure de suppositoire

Chronique, 24.08.13

1422209_pic_970x641.jpg

 Parti socialiste. Les affiches pour les candidats au Conseil d'Etat cachent deux visages
et ont la forme d'un suppositoire. Volontairement ou non. Le message est donc ambigu.


La campagne publicitaire du Parti socialiste à Genève fait parler d’elle depuis quelques jours dans les médias. D’abord la Tribune de Genève, puis la RTS. La chaîne de télévision du service public parle d’ailleurs de plagiat, puisqu’une campagne très proche a été menée par Mercedes en 2012. Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse véritablement d’une copie conforme. Probablement un hasard. Et puis qu’importe, l’essentiel est le message. Et justement, parlons-en. Les photos sont intéressantes (voir ci-dessus), et leur choix n’est peut-être pas anodin. En y regardant bien, deux visages apparaissent.

 

Serait-ce un message subliminal à l’attention des électeurs et des électrices? Faut-il comprendre par cet habile montage qu’il y a derrière l’apparence des candidats socialistes au Conseil d’Etat une autre face qui n’est pas montrée publiquement? La question se pose. En outre, la forme des visages rappelle également quelque chose de singulier: un suppositoire! Toujours un hasard? Soit les socialistes sont des gaffeurs hors pair – ce qui ne peut être totalement exclu –, soit ils ont un talent certain pour les métaphores politiques. En tout état de cause, le message à interpréter est clair: en votant pour les socialistes, le citoyen ne sait pas ce qui l’attend, puisqu’il y a, dans l’ombre, un aspect volontairement caché aux regards trop insistants. De l’ombre à la lumière, les socialistes feront face à leur destin le 6 octobre prochain. D’ici-là, nous pouvons nous délecter d’une campagne pour le moins particulière!

 

Grégoire Barbey

17:08 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | | | |

16/08/2013

Les candidats doivent se profiler davantage

Chronique, 16.08.13

poggia_0.jpg

Mauro Poggia. Force est de constater que le parti de l'avocat genevois bat beaucoup
le terrain et se montre très offensif dans sa campagne. Sera-t-il élu au Conseil d'Etat?

 

Genève aborde les élections avec une certaine pudeur. Eté oblige, la politique est beaucoup moins présente à la fois dans les médias et dans la tête des citoyens, plutôt occupés à s’aérer l’esprit. Pourtant, il n’en reste pas moins que la date fatidique se rapproche à grands pas. Nous sommes déjà mi-août, et les élections se tiennent le 6 octobre. Dans moins de deux mois donc, les candidats sauront s’ils ont été plébiscités par le Peuple. Fin août, les véritables festivités devraient débuter et les partis vont probablement lancer leurs machines de guerre électorales.

 

Un constat néanmoins, l’invraisemblable présence continuelle du MCG. Tous mes lecteurs savent Ô combien je ne me sens pas proche de ce parti. Il faut néanmoins lui concéder en toute bonne foi cet engagement sur le terrain qui, malheureusement pour les partis gouvernementaux, séduit bon nombre de citoyens qui se sentent de facto valorisés et écoutés. Un bon point donc pour cette formation politique qui n’a pas profité de l’été pour cesser ses activités. Et un danger pour les partis traditionnels qui, eux, n’ont pas souhaité s’afficher de façon ostentatoire.

 

Ce qui manque toutefois à cette campagne, ce sont de véritables projets. Je lis de-ci de-là quelques esquisses bien timides. Surtout de la communication lissée et rompue. Mais rien de concret. Est-ce qu’il y a beaucoup de candidats qui ont proposé des projets de loi pour lesquels ils vont s’engager durant la législature? Très peu. Et il faut une fois de plus remarquer qu’un de ceux-là est un MCG, l’avocat Ronald Zacharias, qui a présenté dans la Tribune de Genève son idée. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut faire comme le Mouvement citoyen genevois. Au contraire. Seulement, les candidats doivent oser s’engager. Prendre des risques. Quitte à décevoir. Quitte à ne pas rentrer dans le politiquement correct.

 

La politique c’est ça: se mettre à découvert, recevoir des balles, et se relever plus fort encore. Pour l’heure, je ne vois guère cette attitude. J’espère que cet état d’esprit va gagner en visibilité d’ici au 6 octobre, car Genève est dans un blocage politique pour le moins inquiétant, et il serait temps de prendre des décisions qui vont dans le bon sens. De mon côté, je continuerai à suivre de très près tous les événements qui se produiront d’ici aux élections et ne manquerai pas de revenir régulièrement sur ceux qui m’auront marqué ou nécessiteront quelques précisions. Ma grande inconnue étant au Conseil d’Etat: est-ce que Mauro Poggia réussira à obtenir un siège au gouvernement? Comme je l’ai précédemment dit, je pense que cela est possible. Et cela risque d’en surprendre plus d’un.

 

Grégoire Barbey

16:56 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

15/08/2013

La communication trop élitiste et lisse du PLR

Chronique, 15.08.13

379743_10151576597539792_1137261067_n.jpg

 Laurent Naville. La présidence du PLR lui a reproché
ses critiques envers Pierre Maudet sur Facebook.


Le positionnement du Parti libéral-radical (PLR) manque cruellement de visibilité au sein de la population. S’il est évident qu’il conquiert une partie importante des voix de la droite économique, il n’en reste pas moins largement relégué derrière l’UDC en ce qui concerne les thèmes sécuritaires et sociaux. Le parti ne pèche pas par manque de propositions en la matière. Mais plutôt par absence d’une communication claire et vulgarisée qui se destine à l’ensemble de la population et non pas à une certaine strate de celle-ci. En Suisse occidentale, les sections des cantons du Valais et de Neuchâtel en ont fait les frais: la récente fusion des Libéraux et des Radicaux a créé un flou important dans l’esprit des électeurs. Dans certaines régions, cela s’explique par des oppositions idéologiques beaucoup plus marquées.

 

Tel est le cas particulier de Genève, où les Libéraux étaient majoritaires face aux Radicaux. D’un point de vue des idées, leurs différences étaient et sont de taille: là où les Radicaux veulent un «Etat fort, ni plus, ni moins» pour paraphraser François Longchamp, les Libéraux nourrissent une vision d’une administration publique svelte, permettant aux initiatives privées d’évoluer sans une contrainte réglementaire trop envahissante. Evidemment, lorsque deux partis fusionnent et ne semblent pourtant pas partager certains points essentiels (alors qu’ils se retrouvent foncièrement en accord sur la plupart des sujets), la base est prise entre deux feux. La communication du PLR à Genève tente de minimiser ces tensions internes. Il s’agirait plutôt de les laisser s'exprimer pleinement pour mieux les combattre.

 

C’est qu’à Genève, la tension est spécifique. Les Radicaux étaient minoritaires au gouvernement. Et soudainement, par un coup politique magistral digne d’un roman, en pleine législature, ils récupèrent la majorité. Certains essaient de dire qu’aujourd’hui, Radicaux et Libéraux sont réunis au sein du même parti. Mais lorsque les langues se délient, beaucoup finissent par avouer le contraire. Parce qu’on n’efface pas plus d’un siècle d’Histoire en claquant des doigts, et en communiquant que «tout le monde il est beau tout le monde il est gentil». Bien sûr que non. La politique, c’est autre chose. C’est la confrontation des idées. C’est l’opposition. Les alliances et les stratégies qui laissent parfois une partie de ses pairs sur le carreau. La tension est palpable, et les élections cantonales à Genève n’arrangent rien.

 

La proposition d’installer des caméras de vidéosurveillance par Pierre Maudet a agacé certains Libéraux. Pas tous, soyons précis. Mais il n’en reste pas moins qu’un nombre, même restreint, a tendance à voir d’un mauvais œil cette mesure. Certains l’expriment, comme le Jeune Libéral-Radical (JLR) Laurent Naville, sur les réseaux sociaux. Moins rompu à la communication et aux pressions internes, son désarroi face à une politique qu’il juge «antilibérale» l’a poussé à donner son avis publiquement. Mais dans le parti de Pierre Maudet, ça ne se passe pas comme ça. Surtout si l’on est candidat. Laurent Naville a donc fini par retirer sa publication, qui n’a pourtant pas échappé à l’œil avisé de Marc Moulin, confrère émérite du Temps. En janvier, j’avais fait état en dernière page de L’Agefi du document que les candidats Libéraux-Radicaux au Grand Conseil devaient parapher et respecter.

 

Il s’agissait notamment de ne pas s’exprimer dans les médias sans en avoir référé au secrétariat du parti, pour ensuite faire l’objet d’une éventuelle approbation par le groupe ou la présidence. Toute critique publique envers le parti ou ses colistiers était également proscrite. Le document avait finalement été abandonné, la levée de boucliers ayant suffit à remettre en question son existence et surtout sa pertinence dans un parti prônant la liberté. Toutefois, dans les faits, les prérogatives demeurent. C’est cet aspect-là, trop lisse, trop travaillé, qui va causer du tort au PLR au sein de la population. Cette dernière n’est pas dupe et sent très bien lorsqu’on tente de la manipuler. Le site du parti dédié aux élections cantonales du 6 octobre est une ode à la communication sans aspérité, au langage technocratique et dénué de sentiments. Cette forme d’expression, le peuple ne l’apprécie guère. Elle ne résonne pas dans son oreille. Il manque clairement un élément: la musique des mots. Et le goût des sonorités qui s’entrechoquent, qui s’allient et se délient. L’impression de rêver à une République plus paisible, prospère et adaptée.

 

Tout cela, le PLR semble le mettre de côté. Comme si la présidence du parti se contentait de surfer sur la vague de ses électeurs acquis à sa cause. Les autres, et ceux qui ont quitté les rangs à la suite de la fusion et pour toutes les raisons mentionnées plus haut, on s’en fiche. Ils ne comptent pas. Pourtant, ces gens pourraient faire la différence. Ils pourraient venir étoffer la force d’un parti en difficulté, même s’il reste la première formation politique du canton. Ce qui pourrait changer au terme des élections. Et à ce moment précis, il sera beaucoup trop tard pour une remise en question dont les effets ne seront visibles que 5 ans plus tard pour les échéances suivantes. A Neuchâtel et en Valais, le PLR a perdu des plumes, l’extrême droite représentée par l’Union démocratique du centre (UDC) a progressé de façon inquiétante, obtenant des sièges historiques dans les Exécutifs.

 

Le PLR à Genève doit impérativement contrer la montée des extrêmes, plus marquée avec le Mouvement citoyen genevois (MCG) qu’avec l’UDC. C’est un parti raisonnable, qui défend des positions sécuritaires répressives (qui à titre personnel ne me conviennent pas forcément, mais ce n’est pas le propos de mon billet) en accord avec le trend actuel. Au niveau du social, les Radicaux composant le parti, notamment des Pierre Maudet et des François Longchamp, ne sont pas en reste. La communication du parti nécessite une révision drastique. Qu’elle se rapproche des intérêts des citoyens. L’économie, pour la plupart des individus, est un sujet particulièrement ésotérique. C’est une thématique qui me passionne et que je défends personnellement. Mais je sais combien elle semble lointaine pour de nombreuses personnes qui luttent au quotidien pour nourrir leur famille et subvenir à ses besoins. C’est précisément-là que le PLR doit frapper. Revoir sa stratégie. Repenser son implication. Descendre de son piédestal de premier parti gouvernemental. Et se montrer plus avenant avec les préoccupations de la majorité. Ce n’est que comme ça que les Libéraux-Radicaux conserveront une avance certaine sur leurs adversaires. Et qu’ils pourront continuer à œuvrer pour Genève. Dans le cas contraire, la défaite sera cuisante. Et ce ne sera pas faute de les avoir prévenus.

 

Grégoire Barbey  

12:07 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | | | |

14/08/2013

Jeunes d'apparence mais vieux dans l'esprit

Chronique, 13.08.13

xavierpass.jpg

 Xavier Schwitzguebel. Le fondateur des Jeunes UDC dit vouloir s'engager pour limiter
la population genevoise à 500'000 habitants. Et une proportion maximale de 40% d'étrangers.


Le jeune UDC genevois Xavier Schwitzguebel a publié son nouveau site internet à l’adresse milice.ch. Si le nom de domaine en dit déjà long sur l’esprit philosophique qui anime les jeunes représentés dans ce parti, la lecture des «engagements en cas d’élection» du fondateur de la section JUDC a de quoi faire frémir. En effet, celui-ci garantit à ses électeurs (si tant est qu’il y en aura suffisamment) qu’il s’engera pour «limiter la population genevoise à 500'000 habitants» qui ne pourra contenir qu’«un maximum de 40% d’étrangers pour rester chez nous». Evidemment, l’aspirant député se garde bien d’expliciter les mesures qui nécessiteraient une telle contrainte pour la croissance démographique et l’immigration. Faudra-t-il déporter tout individu qui naîtrait au-delà de la limite autorisée? Ou créer d’importantes campagnes publicitaires pour inciter les résidents à s’expatrier en-dehors du canton?

 

Les interrogations demeureront pour l’heure. Ce qui est sûr, c’est qu’un tel programme sera difficile à concrétiser dans les faits. Déjà, on voit mal comment un député pourrait apporter de tels changements. Si la capacité de destruction du Parlement est connue, ce n’est pas pour autant que des initiatives aussi extrémistes trouveront des intéressés. D’autant plus qu’avec des propositions aussi saugrenues, un référendum verrait obligatoirement le jour. S’engager donc pour de vagues propositions idéologiques en l’absence de projets de loi concrets, dûment documentés et réalisables semble à tout point vain. Et c’est même une bien triste façon de manipuler les citoyens en leur laissant croire qu’il est possible d’intervenir à ce point au sein d’un organe qui comprend 99 autres personnes.

 

Néanmoins, les internautes qui ont visité le site dédié aux Jeunes UDC ne sont pas dupes: plus de 75% des participants au sondage proposé par la plateforme (qui demande «allez-vous soutenir les candidats JUDC?») ont voté pour la section «Non, et je ne veux pas en entendre parler». Par ailleurs, les autres candidats tiennent à peu près le même discours. Leurs objectifs ne semblent pas varier, puisqu’ils veulent tous une société beaucoup plus sécuritaire, et moins tolérante envers l’immigration. C’est clairement le discours corporate de l’UDC, et c’est en cela que ces jeunes ne se démarquent pas du tout de leurs ainés, ce qui est plutôt dommage pour une nouvelle génération qui veut s’engager en politique. C’est même le contraire, leurs idées semblent beaucoup plus radicales et encore moins fondées sur des réalités structurelles. En matière de démographie, vouloir imposer une limite est totalement aberrant. C’est une proposition malthusienne qui fait frémir. Pour le reste, le peuple tranchera au soir du 6 octobre, et nous saurons si de telles idéologies retiennent l’attention du Souverain. D’ici-là, patience!

 

Grégoire Barbey

09:22 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

30/07/2013

Les premiers pronostics pour le 6 octobre

Chronique, 30.07.13

2649.jpg

 Luc Barthassat. Le candidat PDC figurera sans aucun doute parmi
les trois premiers mieux élus au soir du premier tour.

 

Mes premiers pronostics pour l’élection au Conseil d’Etat, à quelques mois des résultats, paraîtront peut-être surprenants et seront probablement affinés à l’approche de la date butoir. Il n’empêche qu’ils n’ont aucun intérêt s’ils ne sont pas quelque peu audacieux, et les présenter en plein été, c’est probablement délicat, à l’heure où l’actualité politique est plutôt calme. Ce qui est d’autant plus intéressant. Pour commencer, les trois mieux élus seront probablement, dans le désordre, Pierre Maudet (PLR), Luc Barthassat (PDC) et François Longchamp (PLR). Au risque d’en étonner plus d’un, je pense qu’Isabel Rochat (PLR) sera réélue. Si tel ne devait pas être le cas, Serge Dal Busco (PDC) prendrait sa place. Ou un éventuel candidat surprise du PLR dont je soupçonne l’identité au soir du 6 octobre.

 

Pour les trois derniers, je pressens Thierry Apothéloz (PS), mais la lutte entre lui et Sandrine Salerno (PS) sera rude. Michèle Künzler (Les Verts) ne sera sûrement pas réélue, tant certains (dont quelques confrères) ont participé à sa décrédibilisation, et qu’elle n’a pas fait grand-chose pour la rehausser de son côté… Antonio Hodgers (Les Verts) prendra sa place si sa campagne est suffisamment active. Dans le cas contraire, les Socialistes placeront deux des leurs (cités ci-dessus). Enfin, la véritable inconnue se situe dans le dernier élu. Si le MCG, comme je l’ai toujours pensé, captive effectivement un certain nombre des voix de l’extrême gauche lors d’élection cantonale (cf. le score étonnant d’Eric Stauffer le 17 juin 2012), Mauro Poggia a des chances de se retrouver parmi les sept vainqueurs. Mais si je me trompe alors, je vois donc pour les trois derniers élus : Thierry Apothéloz, Sandrine Salerno et Antonio Hodgers.

 

Donc pour résumer simplement :

·         Pierre Maudet (PLR)

·         Luc Barthassat (PDC)

·         François Longchamp (PLR)

·         Isabel Rochat (PLR) -> ou remplacée par Serge Dal Busco (PDC)

·         Thierry Apothéloz (PS)

·         Sandrine Salerno (PS)

·         Antonio Hodgers (Les Verts) -> ou dépassé par Mauro Poggia (MCG)

 

Les rapports de force, s’ils n’évoluent pas d’ici-là pour une raison spécifique, tendent à conserver une majorité de droite au Conseil d’Etat. Un retournement de situation est peu probable, mais pas inenvisageable pour autant. Et comme la politique et l’arithmétique ne sont pas nécessairement bons amis (Pierre Maudet l’a brillamment démontré le 17 juin 2012), des surprises peuvent arriver. Notamment du côté du MCG avec Mauro Poggia. Le parti mène actuellement une campagne hyperactive, avec une présence toujours accrue, et il n’est pas impossible qu’un tel investissement paie. D’autant que le conseiller national et avocat bénéficie plutôt d’une réputation modérée en-dehors de son propre parti, ce qui pourrait lui bénéficier en termes de potentiels électeurs habituellement rebutés par les manières d’Eric Stauffer. Enfin, d’ici au 6 octobre, tout reste à jouer. Les élections seront passionnantes, et d’ici-là, suivez bien mon blog, il sera de plus en plus animé jusqu’au second tour!

 

Grégoire Barbey

 

P.S.: Cet article marque la création d'une catégorie «Elections du 6 octobre» qui permettra à mes lecteurs de retrouver directement les articles ayant un lien direct avec les échéances politiques du canton de Genève. 

15:23 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | | | |

23/07/2013

PDC: entre communication et enterrement

A chaud, 23.07.13

GCPDC.PNG

PDC. Les photos de campagne du parti sont tristes à mourir. Ils semblent résignés
à assister à leur propre enterrement aux élections cantonales du 6 octobre.

 

Le PDC a sorti aujourd’hui son site dédié aux élections cantonales du 6 octobre. Le seul point fort réside à mon sens dans leur programme, point par point, correspondant aux valeurs démocrate-chrétiennes. Sauf qu’en ayant l’audace de cliquer sur les liens proposés sur le site pour en lire davantage, c’est le néant. Communication lisse, sans aucune saveur ni couleur. A l’image des photos des candidats. Tout de noir vêtu, les aspirants députés ont pour la plupart le regard dans le vague. Est-ce de la politique ou la rubrique nécrologique du quotidien local? C’est à se demander si la présidence du parti n’a pas voulu faire les choses proprement pour assister à son propre enterrement.

 

Je ne cherche pas à descendre le PDC à tout prix. C’est un parti qui a toute ma sympathie, même si pour plusieurs raisons je ne partage pas toutes leurs valeurs. Mais de grâce, il s’agit-là de politique. D’une élection. C’est la guerre, c’est la confrontation. La victoire a un prix. Je regarde les photographies des candidats: où sont les sourires fiers, la conviction dans le regard, les yeux fixant l’objectif? Rien de tout ça. Juste le noir macabre des vêtements du deuil. Comme si, face à l’inéluctable, le PDC avait résolument fait le choix, entre communication et enterrement, de s’habiller de circonstance. Les responsables de la communication avaient promis aux membres une révolution. C'en est une. La mort selon la démocratie-chrétienne, acte un.

 

Grégoire Barbey

12:32 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

19/07/2013

La communication façon private joke du PDC

A chaud, 19.07.13

970071_117773455062843_146491122_n.jpg1002548_118142265025962_1366863016_n.jpg1013578_118005805039608_1535379268_n.jpg

Page Facebook du PDC. Le parti s'essaie à une communication plus légère.
Mais n'est-ce pas trop «private joke» pour le citoyen lambda?

 

La communication du Parti démocrate-chrétien (PDC) sur les réseaux sociaux prête à sourire… jaune. La page dédiée à la section genevoise en vue des élections cantonales du 6 octobre prochain affiche régulièrement des images caricaturales (cf. ci-dessus). A vrai dire, je ne comprends pas très bien la démarche. Faire rire les électeurs, pour autant qu’ils se rendent sur la page du PDC? Ou démontrer concrètement l’absence d’idées du parti, qui préfère donc surfer sur la polarisation plutôt que d’apporter des solutions concertées pour Genève? D’autres questions se posent. Quelle entreprise de communication a été mandatée pour réaliser ce travail? Les instances dirigeantes du parti sont-elles satisfaites? En tout cas, ça n’apporte absolument rien à la démocratie…

 

Le PDC est dans une situation particulièrement compliquée à Genève. Réussira-t-il à convaincre au moins 7% des électeurs? La question peut se poser… les récents événements qui ont déchiré la formation politique de l’intérieur ne sont pas passés inaperçus dans l’opinion publique. Il va donc falloir convaincre au-delà des caricatures et de la polarisation. Oui c’est amusant, bon enfant, et probablement que cela fait rire les personnes engagées en politique qui tombent sur ces images. Mais le citoyen lambda, qui a déjà tant de peine à glisser son bulletin dans l’urne, est-ce qu’il trouve ça vraiment pertinent? Je m’interroge. Genève a besoin d’un centre fort, sans aucun doute. Il est donc dans l’intérêt du canton que le PDC se maintienne à son niveau actuel, ou progresse. Mais pour l’heure, je ne suis pas convaincu qu’une telle stratégie de communication porte ses fruits pour la formation orange…

 

Grégoire Barbey

14:29 Publié dans Elections du 6 octobre, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |