Gregoire Barbey

12/04/2014

Service obligatoire orienté éducation civique

Texte aussi disponible sur Politeia.ch.

«Nous devons inciter davantage de jeunes à embrasser une carrière politique», affirme Pierre Maudet dans L’Hebdo du 10 avril. Sur ce constat, difficile d’être en désaccord. Le conseiller d’Etat PLR est d’ailleurs issu du Parti radical, dont la capacité à former la relève a toujours été l’un des points forts à Genève. Une véritable machine de guerre. Qu’on soit en accord avec les idées de ce parti ou non, il faut lui reconnaître cet atout. François Longchamp en est un excellent exemple.

Là où les divergences apparaissent, c’est au niveau de la solution à appliquer pour intéresser les jeunes à la politique. Lui veut créer une filière universitaire, ou du moins proposer des formations ciblées à des jeunes envisageant une carrière politique. L’université représente environ 20% de la population. Dans le même entretien à L’Hebdo, le conseiller d’Etat reconnait que le système suisse permet à «tout un chacun de prétendre aux fonctions les plus élevées». En voulant privilégier une formation universitaire pour faciliter la relève politique, Pierre Maudet veut créer des élites politiques.

En Suisse, ces élites sont rares. Il existe bien sûr quelques technocrates qui n’ont jamais rien fait d’autre qu’exercer des fonctions politiques. Cette absence d’élites a des avantages et des inconvénients, car un certain nombre d’élus traitent de sujets qu’ils ne maîtrisent pas forcément. On peut y voir là un danger pour le fonctionnement des institutions. C’est aussi une aubaine qui permet de poser des questions qui pourraient paraître a priori stupides et qui pourtant mettent souvent le doigt sur des nœuds gordiens qu’on ne perçoit plus quand on est dans le système.

Si l’objectif de Pierre Maudet est d’intéresser les jeunes à la politique, il y a mille et une façons de le faire sans instaurer un élitisme très peu compatible avec le modèle institutionnel suisse. Lui qui veut trouver des alternatives à l’armée, pourquoi ne pas envisager une infrastructure qui va dans ce sens? Des résidents non naturalisés pourraient par exemple, plutôt que de faire l’armée puisqu’ils n’ont pas la nationalité, suivre des cours d’éducation civique. On peut leur expliquer précisément le système suisse. Ses exceptions. Ses avantages. Ses grandeurs et ses faiblesses. Cela permettrait de les y intéresser en connaissance de cause. Ne pas comprendre le fonctionnement de la politique ne favorise pas l’intérêt…

On peut également intégrer les femmes dans ce raisonnement: ouvrir l’obligation de servir (à comprendre dans un sens plus large que l’armée) à toutes et à tous. La Suisse connait aujourd’hui un véritable retard dans l’exercice de fonctions exécutives par des femmes, que ça soit dans le public ou dans le privé. Une obligation de servir qui proposerait non pas une armée pour les femmes mais une formation basée sur la connaissance du système institutionnel, avec aussi des cours de management, des mises en situation, pourquoi pas? Il ne s’agirait pas uniquement des universitaires. Cela coûterait certes de l’argent à la Confédération, mais les retombées économiques à long terme seraient évidentes.

Pour les jeunes hommes, on peut envisager l’intégration d’une filière civique dans l’obligation de servir. Le faire de manière intelligente et concertée avec ces mêmes jeunes. Pierre Maudet a la fibre politique depuis sa plus tendre enfance. Ce n’est pas le cas de tous. Et il a raison de chercher une solution pour infléchir l’abstentionnisme croissant chez les moins âgés. Il a raison aussi de dire que les jeunes ont l’impression que la politique est réservée à des plus de 50 ans: le Grand Conseil 2014-2018 l’illustre à merveille. Un véritable EMS! Mais si plus de jeunes s’engageaient, cette réalité évoluerait. Il faut donc chercher un nouveau modèle intégratif pour intéresser les jeunes à la chose publique. Mais sans promouvoir un système exclusif où seuls ceux qui fréquentent l’université peuvent espérer une formation viable. La politique n’est pas seulement affaire de CV. C’est surtout un engagement personnel pour la communauté.

Grégoire Barbey

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25/03/2014

Des citoyens soutiennent le Père Glôzu

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VILLE DE GENÈVE – Le mythique Café de l’Hôtel-de-Ville arrive en fin de bail. Jean-Yves Glauser, plus connu sous le nom de Père Glôzu, loue les locaux à la Ville depuis vingt-neuf ans. Mais son bail prendra fin au 31 décembre de cette année. La Municipalité veut en profiter pour rénover le restaurant. Ce qui signifie la fermeture (provisoire?) de l’enseigne actuelle. Une perspective qui ne semble pas être du goût de tous. Un groupe Facebook a en effet été créé, exigeant le maintien du Café de l’Hôtel-de-Ville. Près de 600 membres ont déjà rejoint la cause.

Vous souhaitez en savoir davantage? Consultez l'article entier en vous rendant directement sur mon nouveau site internet! Cliquez ici.

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08/03/2014

Naxoo: étrange dit l'ange, étrâne dit l'âne?

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Pierre Maudet. Le conseiller d'Etat était en charge de Naxoo lorsqu'il était magistrat
de la Ville de Genève. Sandrine Salerno a repris le dossier.
(Crédit photo: Haykel Ezzeddine)

 

J'ai commencé à m'intéresser en profondeur au dossier Naxoo, après l'aboutissement du référendum le 9 février dernier refusant la vente à UPC Cablecom. J'ai découvert des détails intéressants, notamment d'anciens administrateurs ou dirigeants qui travaillent maintenant au Département de la sécurité et de l'économie (DSE) dont Pierre Maudet est en charge. Je pense par exemple à Eric Favre, qui était membre du conseil, et a été nommé au 1er juin 2013 directeur des systèmes d'information et de communication à l'Etat de Genève!

 

Je m'étonne par ailleurs qu'il n'y ait rien eu dans la presse à propos de Sandrine Salerno: celle-ci ayant échoué à convaincre les citoyens de la Ville de Genève du bienfondé de sa démarche, il serait normal que le dossier lui soit retiré. Il ne s'agit pas de dire si elle a bien fait ou non son travail, mais elle est maintenant dans une situation où ses décisions seront prises dans une panique tout à fait compréhensible.Il en va de même pour l'actuel conseil d'administration, dont les membres, pour la plupart issus des partis politiques, ont échoué dans leur stratégie. Ils doivent être remplacés, et l'actuel président également!

 

En creusant un peu le dossier, j'ai aussi eu vent d'une soirée arrosée offerte par l'une des parties prenantes de la cession de Naxoo. J'y reviendrai lors d'une prochaine publication. A ce sujet, le MCG, qui était contre la vente (Daniel Sormanni était probablement le conseiller municipal le mieux renseigné sur le dossier) a retourné sa veste promptement. J'ai, semble-t-il, un élément de réponse pouvant justifier ce retrait soudain et le dévoilerai lorsque j'en aurai confirmation.

 

Quant à la demande de la commission des finances de la ville, à savoir que Naxoo explique sa nouvelle stratégie, j'ai un peu de la peine à saisir. Est-ce que Swisscom pourra bénéficier d'un apéritif avant la prise de note concernant le développement de son concurrent? C'est intéressant comme démarche. On voudrait couler Naxoo qu'on ne s'y prendrait pas mieux. D'ailleurs, ceux qui ont échoué devant le peuple pourraient alors dire que leur stratégie était la bonne et qu'elle aurait au moins préservé quelques emplois.

 

Une question demeure quant au transfert des fichiers clients. Habituellement, c'est une transaction chiffrée en millions (dans le cadre d'une entreprise comme Naxoo). Mais ici, le transfert desdits fichiers (81'000 prises si mes souvenirs sont bons) était une condition pour débuter la transaction. J'ai calculé, grosso modo, ce qu'aurait coûté la vente à un prix normal de ces fichiers clients. On dépasse les 10 millions. Or ici, il n'a pas été question d'en négocier un prix, visiblement. Par ailleurs, selon mes sources, Naxoo posséderait près de 30 millions de francs en liquidités...

 

La Ville de Genève a pourtant demandé 57 millions de francs pour Naxoo à UPC Cablecom. Vu la rentabilité et l'EBITDA de l'entreprise, je pense qu'il aurait été possible de valoriser davantage Naxoo. Cette interprétation ne tient pour l'instant qu'à moi, mais je vais continuer mes recherches et serai prochainement en mesure de donner davantage d'informations sur cet étrange dossier. Car oui, qu'on veuille ou non nous le cacher, de nombreuses zones d'ombre subsistent. Par exemple l'ancien président du conseil, Michel Mattacchini, serait parti vivre à l'île Maurice... Bref, j'y reviendrai sans tarder.

 

Grégoire Barbey

 

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23/01/2014

L'antiféministe J. Goetelen se trompe de cible

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Anja Wyden Guelpa. La chancelière d'Etat fait l'objet d'un
blog de John Goetelen. L'accusant de discriminer les hommes.


«Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même.» Cette citation de Friedrich Nietzsche, tirée de son livre Ainsi parlait Zarathoustra, illustre bien mon confrère blogueur John Goetelen. J’ai pour lui beaucoup de respect car il a dans son combat une véritable cohérence, de celle qu’on ne retrouve pas partout, surtout en politique. Mais en attaquant de front la chancelière d’Etat, Mme Anja Wyden Guelpa, ce cher John rate sa cible. Raillant la chancelière pour un texte qu’il trouve opportunément féministe, le blogueur l’accuse de favoriser l’apartheid des sexes. Anja Wyden Guelpa, elle, ne fait dans la brochure incriminée qu’établir des faits: les femmes votent moins que les hommes à Genève.



Et la Chancellerie à Genève tente de réduire les inégalités de vote entre les différentes générations et les sexes. Ce n’est pas nouveau, et c’est un travail à la fois difficile et légitime dans une démocratie. Car chacun doit pouvoir s’exprimer. Preuve en est la création, l’année dernière, du concours Cinecivic: adressé essentiellement aux jeunes entre 15 et 25 ans, la Chancellerie a mis au point une incitation pour promouvoir le vote et les droits politiques envers la catégorie qui participe le moins dans notre canton. La Chancellerie insinue-t-elle pour autant que les plus âgés ne doivent pas voter? Bien sûr que non. C’est pourtant le pas que franchit allègrement John Goetelen en accusant la chancelière d’Etat de lever son poing bien haut en faveur d’une lutte féministe qui écarterait de facto les hommes.



C’est tout simplement faux. Anja Wyden Guelpa aurait sans aucun doute rédigé le même texte si la proportion des hommes votants était moins élevée que leur force électorale. Pourquoi? C’est tout simple. La démocratie fonctionne a priori mieux si chaque personne ayant le droit de vote exprime son avis dans les urnes. Les rapports de force sont ainsi «naturels», si je puis dire, et correspondent à la réalité des intérêts particuliers, convergeant ainsi avec l’intérêt général. Les femmes, depuis près de 40 ans maintenant, ont le droit de vote en Suisse. Elles doivent donc, dans leur intérêt, user de ce droit. Réduire ce simple constat à une lutte féministe abusive, comme le sous-entend John Goetelen, relève de la malhonnêteté intellectuelle la plus crasse.



Bien évidemment, quand on focalise son attention sur un mal en particulier, que l’auteur nomme d’ailleurs «le Mal féministe», on a tendance à voir ce mal partout. Même lorsqu’il n’est pas présent. Et c’est justement ce que fait M. Goetelen dans son dernier blog. Mais comme il l’a fait à l’époque avec Michèle Künzler et Isabel Rochat, attaquer les femmes de pouvoir semble lui être une pratique familière. C’est bien dommage, car en agissant ainsi, le blogueur le plus lu de la Tribune de Genève décrédibilise son combat, qui est de dénoncer les dérives du féminisme. Comme dans toute idéologie, il y a des adeptes de l’excès. Et les autres. Je ne crois pas que l’on puisse accuser Mme la chancelière d’Etat de figurer dans la première catégorie.



Grégoire Barbey

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20/01/2014

L'irresponsabilité financière n'a pas de parti

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© Copyright: François Schenk

L'endettement public est un cercle vicieux qui ne semble pas être véritablement pris
en considération par les responsables politiques à Genève. Et ce à gauche comme à droite.

 

L'irresponsabilité financière à Genève est autant imputable à la gauche qu'à la droite. En règle générale, la gauche veut augmenter les recettes pour dépenser davantage, pensant ainsi améliorer les prestations et aider les plus démunis. Mais jamais elle n'envisage de rembourser la dette. Alors que cette même gauche attaque sans cesse le principe des créances, elle préfère continuer à payer des intérêts chaque année (qui sont tout ça de moins d'argent disponible pour les prestations publiques).

 

De son côté, la droite exige toujours des budgets à l'équilibre et une réduction des dépenses. Or, les dépenses non-réalisées qui sont économisées servent généralement à des investissements, qui sont certes essentiels, mais qui finissent par grever d'autant les budgets futurs par une augmentation de l'endettement du Canton. De plus, vouloir des budgets équilibrés avec des intérêts qui progressent chaque année, c'est accepter le risque qu'il y ait au final une mauvaise surprise en fin d'année et que les estimations de rentrée fiscale, pour des raisons bassement conjoncturelles, ne sont pas à la hauteur des attentes. A ce moment-là, si sur le papier, le budget paraissait équilibré, le bilan peut accuser un déficit.

 

A Genève, la dette devient réellement une urgence, et si nos responsables actuels s'en soucient si peu, c'est probablement parce qu'ils ne seront pas aux manettes de la République lorsqu'il s'agira d'en rembourser chaque denier. A titre personnel, le principe de l'endettement public ne me dérange pas, pour autant qu'il soit contrôlé et compris comme une nécessité selon certains facteurs et non comme un oreiller de paresse sur lequel s'appuyer lors des débats budgétaires.

 

La dette, si elle progresse de façon incontrôlée, est une atteinte à l'intégrité des générations futures. C'est aussi une preuve d'irresponsabilités des dirigeants qui prennent le risque de payer des intérêts toujours croissants, grevant d'autant les revenus disponibles pour le fonctionnement de l'Etat. Si en plus de tout cela, les ministres des Finances n'informent pas le Parlement lorsque la Banque nationale suisse accuse une dévaluation importante de son or et que son bilan clôturera sur une perte sèche telle qu'aucun dividende ne pourra être versé aux Cantons actionnaires, il est difficile de voir la situation s'améliorer. 

 

Il faut pourtant convenir qu'avec une dette qui devrait atteindre 13 milliards de francs en 2014, pour un budget d'un peu plus de 8 milliards, Genève peut difficilement considérer son contexte financier comme propice au développement des prochaines générations. Et c'est justement là tout le problème. L'endettement public, comme nous le démontrent nos voisins européens, est un cercle vicieux dont il n'est pas aisé de s'extraire. J’ai récemment discuté avec des députés de cette question. La plupart m’ont dit la même chose: commencer à rembourser la dette n’est pas possible pour les cinq prochaines années. La faute à des investissements nécessaires.

 

Oui, certaines infrastructures méritent d’être retapées et d’autres d’être créées. Mais à ce rythme-là, comment sortirons-nous de cette spirale infernale? Notre Canton aura toujours besoin d’investissements pour développer convenablement ses prestations. Personne ne remet ça en question. Par contre, fuir le problème en allant de l’avant, ce n’est pas une solution acceptable. Le président du Conseil d’Etat, François Longchamp, a axé sa campagne et son discours sur la jeunesse, en particulier concernant les besoins en matière de logements.

 

Ce n’est pas le seul point essentiel pour le bien-être des générations futures. Une dette publique trop importante est un poids, un fardeau qui pèse sur la tête de chaque citoyen. Espérons que ce gouvernement prendra les mesures qui s’imposent pour ralentir la progression de l’endettement public à Genève, et même, si possible, en réduire le niveau. C’est une simple question de salubrité publique. Et de respect de la part des aînés envers les jeunes, car prochainement, ces derniers seront aux commandes. Avec la tâche de réparer (ou non) les choix de celles et ceux qui les ont précédés. Pensons-y.

 

Grégoire Barbey

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18/01/2014

Démocratie et démographie: qui domine qui?

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Nos démocraties vieillissantes entrent aujourd’hui dans une nouvelle phase de leur existence: pour des raisons multiples, la population peine à se renouveler en Europe (à part la France qui fait figure d’exception en la matière). Ces dernières décennies, les innovations dans le secteur de la santé et l’acquisition d’une compréhension beaucoup plus large du fonctionnement humain a permis d’allonger de façon conséquente l’espérance de vie des citoyens occidentaux. Ces deux facteurs, l’allongement de la durée de vie et la baisse du taux de fécondité, créent une situation à laquelle nos systèmes politiques n’ont pas été préparés. Au Japon, la population (environ 127 millions d’habitants) recule de près d’un million d’individus par année, soit l’équivalent de quatre bombes d’Hiroshima par an. Ce contexte dure déjà depuis 2005, et selon les estimations, la population japonaise aura diminué de 37 millions d’habitants en 2050, soit une baisse de 35% en 45 ans.

 

En Suisse, le taux de fécondité est estimé à 1,4 enfant par femme. Il est établi qu’une population ne se renouvelle pas en-dessous d’un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme. La France se situe quant à elle aux alentours de 2,05, mais fait figure d’exception en Europe. Notre pays verrait sa population décroître si l’immigration ne corrigeait pas cette carence en natalité. Dans certains pays, les décès sont supérieurs aux naissances. Nous n’en sommes heureusement pas encore là en Suisse. Toutefois, cette réalité pose des questions qui sont à mon sens légitimes et pourtant trop peu traitées. D’autant plus qu’aujourd’hui, les perspectives de l’évolution démographique en Occident (selon l’OCDE) ne vont pas aller en s’améliorant. Or, la Suisse est basée sur un système politique (la démocratie semi-directe) qui donne à chacun des citoyens (qui ont la nationalité et l’âge de voter) une voix à faire valoir dans les urnes.

 

Cette capacité d’exprimer son opinion à travers son vote est évidemment très précieuse. Chacun doit, dans la mesure du possible, s’intéresser à ce qu’il se passe en Suisse et voter lorsqu’il s’agit de le faire. Dans les faits cependant, la situation n’est pas aussi idéale: les moins de 30 ans votent beaucoup moins et s’intéressent encore peu aux instances politiques et aux choix qui sont faits. Certes, ils sont nombreux à participer. Mais face aux plus âgés, ceux qui ont plus de 50 ans, la proportion des moins de 30 ans est largement sous-représentée dans les urnes. Cette faible représentation des jeunes générations a des conséquences. Les intérêts de ma génération, qui a entre 18 et 30 ans aujourd’hui, ne sont pas les mêmes que ceux d’une génération qui a maintenant atteint l’âge de la retraite. Quelle différence? Les uns sont actifs, et ont donc besoin de revenus suffisants pour subsister et constituer, si possible, un patrimoine pour fonder une famille (par exemple) ou pour créer une entreprise. La part de la population qui a plus de 60 ans a des besoins différents.

 

Ayant pour la plupart acquis un patrimoine plus ou moins important selon les cas individuels, leurs intérêts sont bien sûr de ne pas le dilapider trop rapidement afin que ces personnes puissent vivre correctement leur retraite et, dans la mesure du possible, donner ce qu’il reste à leurs enfants. De ce point de vue-là, un jeune ne votera pas nécessairement de la même manière qu’une personne sensiblement plus âgée pour de simples raisons de situation personnelle. Les actifs aiment à voir leurs revenus progresser (et ont donc généralement besoin d’une inflation stable qui permette de générer des crédits remboursables sans trop de difficulté). Les rentiers, de leur côté, préfèrent que leur patrimoine demeure le plus longtemps possible. Pour cela, leurs placements doivent être rentables. Ce qui nécessite, dans l’idéal, une moindre inflation. Sans entrer dans des considérations plus techniques encore, il convient d’émettre un constat, qui inévitablement suscite des questions: les intérêts des jeunes actifs diffèrent clairement des retraités.

 

Partant de cette réalité, et sachant que les jeunes actifs sont beaucoup moins représentés dans les urnes que leurs aînés retraités, des questions se posent d’elles-mêmes, sans pour autant trouver de réponses adéquates. Si les jeunes ne votent pas ou très peu, comment la politique de notre pays, et de chaque canton, peut-elle être influencée dans l’intérêt de cette catégorie d’âge? Et dans quel but nos représentants politiques doivent s’attacher aux intérêts des plus jeunes quand leur électorat est composé d’une classe d’âge supérieure? En somme, si les intérêts des plus nombreux à voter se situe dans le maintien d’un patrimoine rentable, quand les actifs ont besoin au contraire d’une situation financière qui leur permette d’investir et générer des crédits remboursables sans trop de contraintes, n’est-ce pas un déséquilibre total entre générations?

 

La plupart des crédits n’étant pas indexés sur l’inflation, si celle-ci progresse raisonnablement sur la durée, les jeunes actifs sont en mesure de rembourser leurs créances avec moins d’argent (puisque la somme à rembourser – avec intérêts – demeure la même et que l’argent, avec une inflation stable, vaut moins). Mais pour les rentiers, ceux qui possèdent une bonne part des créances (via des biens mobiliers et/ou immobiliers), cela revient à être payé en monnaie «de singe». Il est plus intéressant pour eux que la monnaie garde une valeur équivalente plusieurs années plus tard, cela rentabilise leurs actifs et génère évidemment des plus-values appréciables. Bien sûr, tout ce qui précède ne constitue qu’un exemple (probablement le plus parlant) des divergences d’intérêts entre génération. Il ne s’agit pas ici de dénoncer les personnes à la retraite ou rentières, car comme tout individu sensé, elles agissent en adéquation avec leurs intérêts. L’objectif est plutôt de démontrer la corrélation entre la démocratie et la démographie.

 

Des questions se posent donc. Est-ce que ce différentiel entre jeunes actifs et retraités constitue les limites de notre système, ou peut-on, par des politiques volontaristes, inciter les plus jeunes à prendre conscience qu’ils doivent aujourd’hui décider pour demain, qu’ils sont tenus de se poser eux-mêmes les questions que leurs parents se sont posées à leur âge? Je n’ai pas, pour l’heure, de réponse appropriée. Il importe néanmoins d’en parler car un tel débat, dans un pays comme le nôtre, a toute sa place et des solutions doivent être trouvées. Il faut bien comprendre que ce problème est réel et a des conséquences sur nos modes de vie. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, les gens héritent plus tard (vers 50 ans en moyenne, quand la vie active est presque achevée). Les jeunes, à l’époque de nos aînés, pouvaient espérer sur un petit pécule pour démarrer dans la vie. Aujourd’hui, ma génération, et celle qui me précède, doit s’endetter pour investir dans des biens de première nécessité (immobiliers notamment). Tout cela a des conséquences. Que ça soit économique, ou simplement démocratique. Osons en parler.

 

Grégoire Barbey

20:31 Publié dans Air du temps, Economie, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

05/01/2014

Logements: quand les politiciens s'en mêlent

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Immobilier. Le marché genevois est continuellement bloqué. Des citoyens excédés ont créé
une page pour signaler les logements vacants au cas où ceux-ci seraient abusivement non reloués.

 

La page Facebook créée pour dénoncer la pénurie de logements à Genève à travers le signalement des appartements vacants depuis un certain temps fait recette: plus de 1100 membres en quelques jours. Si l'initiative est légitime et compréhensible – le taux de vacance s'est établi à 0,36% pour 2013 dans le canton –, certains politiciens ont déjà investi le groupe pour défendre leurs propres intérêts. D'autres, plus raisonnables, tentent d'établir les faits. S'il est tout à fait louable de tenter de trouver des réponses à des questions qui se posent depuis très longtemps, la démarche de quelques membres ressemble davantage à une croisade qu'à une véritable volonté de régler les défaillances du marché.

 

A titre personnel, je soutiens l'objectif premier de ce groupe de citoyens excédés. Mais ceux qui veulent utiliser ce «collectif» pour mener à bien leurs propres intérêts politiques n'ont rien à y faire. Accabler les propriétaires de tous les maux n'est pas la réponse souhaitée par les Genevoises et les Genevois. Ce qu'ils veulent, c'est une amélioration des conditions du marché. Ces politiciens qui instrumentalisent sans gêne un ras-le-bol citoyen feraient mieux de se poser pour eux-mêmes la question: ont-ils fait tout ce qu'ils pouvaient pour inverser la tendance? La réponse est évidemment non.

 

Non, car s'il y a dérive de la part de certains propriétaires, ils ne sont pas seuls responsables de cette situation catastrophique. La construction de logements est pratiquement impossible pour les communes. La faute à une fiscalité sur le lieu de travail, notamment, plutôt que sur le lieu de résidence. Pourquoi? Parce qu'il y a des communes qui créent beaucoup d'emplois et obtiennent donc davantage de recettes fiscales, leur permettant d'investir plus largement pour des infrastructures attractives et bénéfiques à ceux qui viennent y travailler. Quant aux communes avec peu d’emplois, elles n’obtiennent pas de fonds suffisants pour améliorer leur sort, quand bien même la péréquation financière intercommunale est censée atténuer ce désavantage.

 

On peut bien évidemment approfondir le sujet, chercher les coupables, les vouer à l’anathème. Est-ce que cela changera les choses? C’est fort peu probable. Il est bien plus efficace de cerner les causes et d’en annihiler autant que faire se peut les effets négatifs. Dénoncer les propriétaires, c’est un discours politique. Or cette page vise plutôt à signaler un problème, lui donner une importance médiatique, et tenter d’obtenir des soutiens de tous les milieux. Qu’il y ait des politiciens qui se jettent sur ce groupe tels des charognards n’est guère surprenant. Il convient toutefois de leur rappeler qu’ils ne sont pas non plus tout blanc (ni tout noir) dans la situation inextricable dénoncée par cette page.

 

Grégoire Barbey

14:11 Publié dans Air du temps, Economie, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

12/12/2013

Facebook et les nouveaux conseillers d'Etat

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Conseil d'Etat. La quasi-totalité du collège est présent sur Facebook. Seul le MCG Mauro
Poggia demeure absent. La nouvelle législature va modifier les habitudes de communication.


Les réseaux sociaux ont été très exploités lors de l'élection au Conseil d’Etat. La plupart des candidats y ont mené une campagne active (hormis François Longchamp et Mauro Poggia) lors du second tour. Les résultats tombés, on s’imaginait volontiers les nouveaux élus prendre de la distance avec Facebook. Ce n’est pourtant pas le cas, à l’image de Luc Barthassat et Serge Dal Busco, tous deux PDC, qui ont conservé les mêmes habitudes. Les deux nouveaux ministres démocrates-chrétiens continuent à communiquer ponctuellement sur la plateforme virtuelle. D’autres ont changé leur rapport au réseau social. C’est le cas d’Antonio Hodgers qui continue de poster des publications avec une certaine distance rédactionnelle. Là où l’on a connu l’ancien conseiller national vert se répandre volontiers en longs débats, son habit de conseiller d’Etat semble lui commander retenue et neutralité.

 

La page de la socialiste Anne Emery-Torracinta reste quant à elle relativement peu active. Sa campagne virtuelle n’a d’ailleurs pas été l’une des plus marquantes, bien qu’elle ait au moins fait acte de présence, contrairement à son collègue Mauro Poggia qui lui s’est essayé à Twitter sans grande conviction. Demeurent Pierre Maudet et François Longchamp. Le premier se montre relativement actif, publiant sur sa page dédiée des publications en lien avec ses actions politiques. Il utilise également son propre site internet pour véhiculer de rares prises de position. Le second, maintenant président du Conseil d’Etat, a confié à ses amis avoir créé un compte que pour ne pas voir quelqu’un d’autre subtiliser son identité. Son profil est donc totalement inactif, à part quelques petites apparitions expresses agrémentées d’un commentaire concis.

 

Quand bien même certains élus ont réévalué leur rapport aux réseaux sociaux, la présence de la quasi-totalité du collège (à l’exception du MCG Mauro Poggia) est une première. La précédente législature était moins généreuse en matière d’activité virtuelle: Michèle Künzler et Pierre Maudet ont été longtemps les seuls à posséder un compte Facebook. Jusqu’à la campagne, où Isabel Rochat et François Longchamp s’y sont mis eux aussi. Du coup, il sera d’autant plus intéressant de regarder l’évolution des habitudes des ministres sur leur compte respectif. Vont-ils communiquer différemment, quitter le réseau durant la législature, ou adopter une ligne directrice dans leur façon d’interagir sur le web? Nul ne peut encore le dire. Mais il est certain qu’il s’agit-là d’une nouvelle façon de voir et d’approcher le pouvoir. Sa présence personnelle sur le net est une étape importante et significative des changements induits par l’omniprésence d’internet dans nos vies. A suivre!

 

Grégoire Barbey

22:58 Publié dans Genève, Politique, Post-élection du 10 novembre, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | | | |

11/12/2013

St.-Pierre: dans la continuité et la prudence

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François Longchamp. Le président du Conseil d'Etat a prononcé hier le traditionnel
discours de Saint-Pierre lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement.

 

Le discours de Saint-Pierre prononcé hier par François Longchamp, président du Conseil d’Etat, lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement était excellent: axé sur la région franco-valdo-genevoise, l’exécutif a marqué son désir de continuer la construction d’un bassin lié par-delà les frontières juridico-politiques. Toutefois, pas de grandes surprises dans la déclamation du doyen du Conseil d’Etat. C’est un discours marquant une certaine continuité. Dès les premiers instants d’ailleurs, François Longchamp le confirme. Il convient de mettre en œuvre ce qui a été entamé par les prédécesseurs du nouveau gouvernement.

 

Le discours était empreint d’un évident consensus. Chaque membre y a apporté ses idées, ses convictions. Notamment la préférence locale pour la fonction publique, que mon confrère Pascal Décaillet s’est empressé de relever sur son profil Facebook. Chacun y verra la patte de l’ineffable Mauro Poggia. Mais le terme «cantonal» (vocabulaire propre au MCG) a été substitué au profit de l’aspect local. Et dans la bouche de François Longchamp, ces mots ne résonnent pas comme une préférence faite aux résidents genevois. Lui voit plus grand, plus loin. Lorsqu’il le dit, il entend la région franco-valdo-genevoise. C’est ça, dans son esprit, ce qui est local. Je le rejoins volontiers sur ce point.  

 

Au-delà des phrases marquantes («Genève a choisi la Suisse», «Genève, ce n’est pas rien», etc.), le nouveau gouvernement s’est montré plus général dans son traditionnel discours. Peut-être l’erreur du précédent collège, qui en voulant être trop précis, a payé le prix d’un bilan inférieur aux attentes qu’il a lui-même créées lors de son entrée en fonction. On reconnait ici la prudence habituelle de Messieurs Maudet et Longchamp. A noter toutefois un engagement du Conseil d’Etat très important: défendre le taux d’imposition unique des entreprises à 13%. En effet, comme je le répète depuis plusieurs mois, l’abolition prochaine des régimes fiscaux spéciaux des sociétés est un enjeu crucial pour cette législature. Serge Dal Busco, ministre des Finances, a la lourde tâche de fixer un cap pour l’avenir des recettes fiscales de Genève.

 

Mais je ne me fais guère de souci: l’ancien maire de Bernex est un homme intelligent et surtout malin. Je l’ai vu, lors de l’apéritif offert par l’Etat, rencontrer Pascal Broulis, son homologue vaudois. Les deux conseillers d’Etat vont devoir travailler main dans la main pour défendre les intérêts de leur canton respectif. Bien d’autres thèmes ont été évoqués, et je ne vais pas faire ici l’énumération de chacun d’entre eux. Je reste pour ma part assez sceptique – même si j’ai beaucoup aimé la forme du discours – sur le manque d’engagement du nouveau Conseil d’Etat. Certes, ils annoncent la couleur. On demeure cependant déçu de ne pas voir une volonté d’aller plus loin encore. De se montrer plus volontariste. On mettra ça sur le compte d’un facteur technique important: cinq des sept ministres du gouvernement sont nouveaux. Il est peut-être plus malin de ne pas les griller dès leurs premiers instants d’exercice du pouvoir exécutif cantonal. Je patienterai donc, et ne manquerai pas de revenir, au fil de la législature, sur les points qui m’auront chiffonné ou au contraire réjouit. Je souhaite à chaque membre de ce Conseil d’Etat un franc succès et beaucoup de courage, car il va leur en falloir. Bon vent!

 

Grégoire Barbey

12:00 Publié dans Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

22/11/2013

Femmes en politique: Genève a de quoi pâlir

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Anne Emery-Torracinta. Il ne reste plus qu'à espérer qu'on n'assistera pas une fois
de plus à un déferlement de critiques envers la seule femme présente au Conseil d'Etat.


On peut pleinement déplorer qu’il n’y ait pas suffisamment de femmes à des postes à responsabilité. En politique comme dans le secteur privé. A Genève tout particulièrement. Cette année, une seule femme a été élue au Conseil d’Etat pour la législature à venir. Beaucoup s’en sont plaints et à raison. C’est un scandale pur et simple. Mais n’est-ce pas logique? Honnêtement, quand on voit ce qu’ont subi les deux conseillères d’Etat Michèle Künzler et Isabel Rochat en termes de lynchage médiatique et populaire, difficile d’avoir envie d’aspirer à des responsabilités aussi importantes. Sans parler de la chancelière d’Etat Anja Wyden, injustement raillée pour ses erreurs. Certes, elle a commis quelques impairs. Et Robert Hensler, lui non? Parlons-en! J’ai été personnellement stupéfait de cet acharnement systématique contre ces femmes.

 

Pourquoi donc les prendre en grippe avec autant de virulence? J’ai vu mon confrère Pascal Décaillet les démonter une à une dans les pages de GHI. J’ai entendu des propos honteux de la part de politiciens sur le rôle des femmes en politique. Oui, être une femme et porter d’importantes responsabilités n’est pas aisé. Cela implique un cuir plus dur encore. Parce qu’aujourd’hui, Genève, plaque tournante des organisations non-gouvernementales, de valeurs humanistes, n’a toujours pas compris l’importance des femmes à des postes clés. A titre personnel je suis opposé aux quotas. Non pas idéologiquement, car cela ne me dérange pas. Mais je vois déjà le tableau: en cas d’erreur de casting, on prendra la gent féminine en otage. On dira que 40% c’est bien trop. Que les femmes n’ont pas les mêmes capacités que les hommes.

 

Et l’on rentrera inévitablement dans des discours hormonaux. Le bas de l’échelle. Rien d’intéressant. Nothing to say. Mais il faut tout de même le dire. Isabel Rochat, Michèle Künzler et Anja Wyden. Ces trois femmes sont les victimes du conservatisme qui règne encore en matière d’égalité des sexes. Pourquoi les hommes seraient mieux disposés à assumer des postes de dirigeants? Je ne vois pour ma part aucune raison évidente. J’ai un profond respect pour les femmes qui s’engagent. Pour Anne Emery-Torracinta, qui va affronter seule six hommes au quotidien au Conseil d’Etat. Et devra faire face aux inévitables attaques de mes confrères. Ainsi que de politiciens peu délicats. Rien que ça pour ça, elle a tout mon soutien. Genève, capitale internationale des droits de l’homme? Sur le papier, c’est joli. Ça fait bon chic bon genre. Les bobos du XXIe siècle.

 

Il paraît que c’est vendeur. Mais franchement, soyons honnêtes. On n’est même pas capable d’avoir un minimum de respect voire d’admiration pour toutes ces femmes qui osent affronter ces vieux ringards. Ceux-là même qui préfèrent nettement dénigrer un magistrat quand c’est une femme. C’est tellement plus facile. Quand, dans un courrier des lecteurs de la Tribune de Genève, on lisait de Mme Künzler qu’elle allait sûrement finir par empoisonner toute sa famille en faisant la cuisine, comment peut-on encore croire au progressisme? J’ai plutôt l’impression qu’on régresse. Tous ces propos infamants, ces comportements outrageux. Cela m’atterre au plus haut point. Je ne puis qu’inviter les femmes qui veulent s’engager à ne pas hésiter. A se serrer les coudes entre elles. A affronter ces vieux cons – permettez-moi le terme – et à leur montrer qu’ils n’ont pas le monopole des compétences. Je témoigne ici tout mon soutien à Anne Emery-Torracinta pour cette législature. Et j’espère du fond du cœur qu’Anja Wyden sera reconduite en tant que chancelière d’Etat. Tout ça est juste une question de bon sens. Et d’un minimum d’ouverture d’esprit.

 

Grégoire Barbey

00:16 Publié dans Air du temps, Genève, Politique, Post-élection du 10 novembre | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | | | |