Gregoire Barbey

19/10/2013

L'Etat au service de sa Sainteté Pierre Maudet

Chronique, 19.10.13

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Pierre Maudet. Le conseiller d'Etat en charge de la Sécurité multiplie les effets de manche
pour asseoir son autorité sur l'ensemble de ses adversaires politiques. Sans distinction.

 

L’Etat de Genève devient une véritable machine à renseignements. Pierre Maudet, le conseiller d’Etat en charge de la Sécurité, multiplie les enquêtes administratives, les audits internes, et verrouille la communication au sein de son département. L’une des caractéristiques que le candidat sortant au gouvernement met en avant pour sa campagne, c’est son «sens de l’Etat». Pierre Maudet, fils du radicalisme, voit de bon œil une administration publique toute puissante, capable d’épier les moindres faits et gestes des adversaires d’une certaine caste, celle des dirigeants politiques aux commandes de l’Etat. Tout ce qui peut nuire à l’image du benjamin du Conseil d’Etat est impitoyablement attaqué.

 

Thierry Cerutti fait maintenant l’objet d’une «intention d’enquête administrative à son encontre». L’information, révélée par l’Agence Decaprod, démontre clairement la ligne stricte de Pierre Maudet. Il est notamment reproché au député-gendarme MCG d’avoir parlé en tant que policier sur Leman Bleu. Hasard du calendrier, l’interview de Thierry Cerutti est survenue un jour après le débat opposant le ministre de la Sécurité à Eric Stauffer. Ce dernier avait mentionné l’existence d’articles de presse mettant en cause Pierre Maudet et qui restaient bloqués dans la rédaction d’un journal*.

 

Pierre Maudet ne peut accepter qu’il y ait le moindre détail qui lui échappe. Son désir de tout contrôler vire clairement à l’obsession, et plus le temps passe, plus le ministre démontre qu’il ira toujours plus loin. Le limogeage régulier de hauts fonctionnaires pour ne pas remettre en question son autorité politique, les messages internes qui demandent de ne pas communiquer sur certains sujets, les tentatives de deal avec les journalistes pour ne pas parler de certains chiffres ou détails, tout y passe.

 

Dernièrement encore, à une réunion où les représentants de la presse étaient conviés pour donner leur impression par rapport à la communication du Département de la Sécurité (DS), Pierre Maudet a bien fait comprendre qu’il voulait être maître de la situation. Absolument rien ne doit lui échapper, et l’Etat-Maudet se transforme en une véritable prison. Le domaine pénitentiaire, habituellement réservé aux seuls délinquants, s’étend à l’ensemble des potentiels éléments perturbateurs de l’hégémonie Maudet.com. Impossible de s’opposer à son autorité: si vous n’êtes pas avec lui, c’est que vous êtes contre lui.

 

A trop vouloir empêcher les informations de sortir, Pierre Maudet finira par se tirer lui-même une balle dans le pied. Tous les ministres font des erreurs, c’est humain. Mais Pierre Maudet a le souci des détails. Il veut être irréprochable. Or, plus il tente de contrôler les opinions, les métiers des autres, les discussions, plus il irrite des gens autour de lui. A tel point qu’il finira par être davantage détesté par ses pairs, même en faisant de l’excellent travail, alors qu’il pourrait tout simplement s’octroyer le bénéfice de l’erreur. Plus il repousse l’échéance, et plus les dommages seront lourds lorsqu’une faille éclatera dans sa gestion politique. Il peut bien avoir une haute opinion de ses talents indéniables de communicateur, il finira inévitablement par commettre un impair qui lui causera du tort.

 

Si la population, moins initiée aux arcanes du pouvoir, peut être plus facilement manipulée par des effets d’annonce, ou lorsque Pierre Maudet change ses fusibles d’épaule, ceux qui côtoient ce milieu de près – politiciens et journalistes – ne sont pas dupes. On connait tous les méthodes employées par le ministre de la Sécurité. Ce sont des techniques vieilles de plusieurs siècles. Elles ont fait leurs preuves et il les utilise avec brio, sans aucun doute. Mais en verrouillant absolument tout, il oppresse bien des egos. Et ceux-ci sont à l’affût, attendant dans l’ombre, prêts à frapper dès que l’occasion se présentera. A ce moment-là, Pierre Maudet aura eu beau se protéger par mille et un subterfuges, il sera bien obligé d’affronter ses propres limites. Souhaitons-lui que le réveil ne soit pas trop douloureux.

 

Grégoire Barbey

 

*Nom connu de l’auteur

01:50 Publié dans Elections du 10 novembre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | | | |

12/10/2013

Le MCG doit devenir une force de proposition

Chronique, 12.10.13

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Delphine Perrella. Elle a montré – comme d'autres membres du MCG – que son parti
pouvait apporter des idées. Mais il faudra lutter contre tant qu'il ne se sera pas transformé.

 

Je me suis profondément interrogé depuis les résultats des élections de dimanche dernier. Faut-il continuer à s'opposer au MCG lorsqu'il réalise un score aussi important? J'ai longuement réfléchi. J'ai ressassé ces derniers mois, ces dernières années. Et l'attitude des élus de ce parti pendant ce laps de temps. Et ma réponse m'est apparue clairement, avec le recul: oui, il faut donner toute notre énergie pour lutter contre la ligne politique du MCG. Si je lui reconnais volontiers la qualité de mettre le doigt où ça fait mal, je lui en veux par contre, dans son ensemble, de mettre à mal les institutions de notre Canton. De cracher dans la soupe, alors qu'il s'en nourrit tout autant.



Ce dont Genève a besoin, véritablement, c'est d'une cohésion renforcée entre les différents acteurs de notre région. Notre république n'est pas bananière, comme le MCG – et marginalement l'UDC – tente de nous le faire croire. S'il y a des dysfonctionnements à Genève, ceux-ci ne sont pas irrémédiables. Ce n'est pas en insultant nos institutions qu'un changement durable s'installera. Ce n'est qu'en travaillant ensemble, partis gouvernementaux et partis d'opposition, qu'il sera possible de régler les problèmes majeurs que connait notre Canton.


S'opposer est nécessaire. Tout ne peut être fait dans l'impunité totale. Il convient de dénoncer, de ne pas laisser le pouvoir nous échapper des mains, à nous peuple genevois. Mais l'opposition n'est pas une fin en soi: à trop heurter les institutions, comment proposer des options viables à l'opinion publique? Comment travailler main dans la main pour redresser un canton en proie aux difficultés conjoncturelles? Ce n'est tout simplement pas possible. Ce qu'il faut, au-delà de la délation, de l'opposition constante et de l'injure faite à nos institutions, c'est une force de proposition. Des idées. Et je ne dis pas que le MCG n'en a pas, loin de là.


Des membres, comme Delphine Perrella ou Ronald Zacharias, ont prouvé qu'ils pouvaient apporter des projets intéressants et pouvant contribuer à améliorer le quotidien des Genevois. C'est là-dessus qu'il faut maintenant se concentrer. Et tant que le MCG n'aura pas effectuer sa mue, passant de l'opposition institutionnelle à l'opposition politique, deux notions que je distingue particulièrement, il conviendra de lutter contre son discours. Tant que le MCG n'aura pas, de son propre chef, changé son fusil d'épaule pour devenir l'un des bâtisseurs de ce canton – et donc être amené à perdurer au sein de l'hémicycle –, les partis traditionnels devront eux-mêmes s'opposer à sa ligne.



Non par la parole. Mais par les actes. Il est essentiel de démontrer à la population qu'il n'est pas tout de verser dans le verbiage politique: il faut prouver. Agir. Et force est de constater qu'à l'heure actuelle, les partis gouvernementaux n'ont pas encore subi l'électrochoc suffisant pour les ramener à la réalité. Ils ont fait Genève, ils doivent continuer à veiller sur notre république. Mais pour cela, il est impératif de s'investir. Et de ne pas prêter le flanc aux critiques acerbes d'un mouvement qui fait son beurre électoral sur l'opposition et l'injure aux institutions.



Quand bien même je reste convaincu qu'un jour, les partis du centre pourront travailler avec le MCG, j'invite chacun à prendre ses responsabilités et à réfléchir à ce qu'il pourrait faire pour s'améliorer et redonner confiance au peuple genevois qui, malheureusement, semble lassé de cette politique qui dure depuis trop longtemps. Autant le MCG doit être combattu dans sa forme actuelle, autant le message qu'il délivre à travers le vote-sanction des électeurs doit être entendu par la classe politique. Ce n'est que comme ça que nous arriverons, tous ensemble, à conserver un canton de qualité, et à œuvrer pour le bien du plus grand nombre.



Grégoire Barbey

17:01 Publié dans Air du temps, Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

La gauche genevoise face à un grand défi

Chronique, 12.10.13

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Adrien Faure. L'analyse du co-président de la Jeunesse socialiste dimanche dernier ne
manquait pas d'arguments. Mais la gauche doit impérativement rester au gouvernement.

 

La gauche à Genève est-elle sur une pente déclinante? Les résultats du 6 octobre le laissent à penser. Bien que les socialistes ont maintenu leur représentation au Grand Conseil et légèrement progressé en termes de voix, la députation verte a presque rétréci de moitié. Si Ensemble à gauche a fait son grand retour au Parlement, sa force électorale a notoirement reculé, passant d'à peu près 14 sièges il y a 8 ans à 9 sièges aujourd'hui. Des questions doivent se poser dans les états-majors de la gauche pour palier à cette baisse qui, quand bien même la communication socialiste se veut enthousiaste, paraît durable. Les résultats genevois des votations fédérales du 22 septembre laissaient présager une proportion d'un tiers des voix pour la gauche, ce qui s'est traduit par les faits dimanche dernier.



Que se passe-t-il à gauche pour que l'électorat se fragmente ainsi? Le discours de la gauche gouvernementale, à savoir les socialistes et les verts, ne s'est pas toujours rejoint. D'une part, les socialistes ont souvent voté avec le MCG sur les questions sociales, alors que les verts étaient davantage tentés par le centre-droit (PDC-PLR). Cet éclatement idéologique a-t-il pesé sur les résultats des écologistes? C'est possible, mais reste difficile à dire avec certitude. Certains commentateurs y voient une sanction envers la politique de Michèle Künzler.



D'autre part, les socialistes ont majoritairement concentré leurs forces sur des projets de loi va-t-en-guerre contre les hauts revenus, sans nécessairement proposer des solutions réfléchies et concertées pour améliorer le sort des classes défavorisées. Devenu un parti plutôt conservateur, la politique socialiste à Genève est majoritairement dédiée à la protection de privilèges sociaux acquis au fil des dernières décennies. C'est dans la fonction publique, peut-être, que le parti trouve encore un véritable écho. En-dehors, le message ne semble pas porté vers l'électorat historique de la formation de centre-gauche.



La gauche pourrait bien perdre un à deux sièges au gouvernement le 10 novembre. Si les appareils de partis de la gauche traditionnelle n'appellent pas leur base à une importante mobilisation dans les urnes, les résultats pourraient s'avérer hautement défavorable aux socialistes comme aux verts. Du côté de l'Entente et de l'alliance MCG-UDC, les appels à voter ont déjà débuté. Si l'élection au Conseil d'Etat recueille habituellement davantage de participation que l'élection au Grand Conseil, cela ne doit pas conforter les partis de gauche et considérer cette constante comme un oreiller de paresse.



Un gouvernement monocolore, ou à très large majorité de droite (six sur sept, par exemple) ne profiterait probablement pas à l'élaboration de projets concertés et tournés vers l'amélioration des conditions de vie des Genevoises et des Genevois. La gauche, si elle veut continuer à jouer sa partition au sein de l'Exécutif cantonal – et il le faut! –, doit impérativement se remettre en question et élaborer une stratégie différente. Si les enjeux en 2013 ne sont plus les mêmes qu'il y a vingt ans, il convient néanmoins de réfléchir à des solutions qui touchent l'électorat qui s'est toujours senti concerné par les socialistes et plus globalement la gauche.



Certains préconisent, comme Adrien Faure qui a fait une excellente prestation sur Leman Bleu dimanche 6 octobre, le retour à l'opposition, et donc la sortie du gouvernement pour la gauche. Si cette alternative peut paraître séduisante à première vue – le co-président de la Jeunesse socialiste ne manquait pas d'arguments pour la rendre crédible –, elle n'en est pas moins dangereuse. En offrant un boulevard à la droite, et plus particulièrement sa composante souverainiste, la gauche prendrait un risque que son électorat n'accepterait jamais: offrir aux sirènes de l'angoisse les rennes du Canton.



C'est donc un véritable dilemme qui s'impose à la gauche. Sa présence au Conseil d'Etat est nécessaire, car le système politique en Suisse est basé sur la collégialité et le consensus. Laisser en-dehors du gouvernement les représentants d'un tiers des votants ne manquerait pas d'avoir des conséquences sur le long terme (il en va de même pour ceux qui votent à l'extrême opposé). Alors oui, d'ici 10 au novembre, tout reste à faire pour la gauche, qui doit colmater les brèches et récupérer sa base pour la mobiliser et lui offrir au moins deux sièges à l'Exécutif cantonal. Espérons que les caciques des partis de gauche sauront prendre les bonnes décisions. Car sinon, c'est bel et bien un retour de vingt ans en arrière que nous pourrions vivre. Pour le meilleur. Et surtout pour le pire.



Grégoire barbey

14:21 Publié dans Air du temps, Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

11/10/2013

Cour des comptes: l'absence d'indépendance

Chronique, 11.10.13

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François Longchamp. Le ministre en charge de l'Urbanisme a joué un rôle plutôt flou
dans le scandale de la Cour des comptes. Qui est censée être indépendante de l'Etat.

 

Le déménagement en catimini de la Cour des comptes, révélé par l’Agence Decaprod, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Je n’ai pourtant pas lu à l’heure actuelle une véritable analyse des événements dans les médias. La Cour des comptes a effectivement doublé son loyer, laissant courir le précédent dont le bail ne peut être encore résilié cette année. Le premier réflexe en apprenant l’information est évidemment l’indignation. Comment ne pas être estomaqué d’une aussi peu scrupuleuse gestion des deniers publics? Oui, mais à bien y regarder, des questions se posent. La réaction de François Longchamp, conseiller d’Etat en charge du Département de l’urbanisme, ne s’est pas faite attendre. Le lendemain, le ministre faisait part de son étonnement qu’un organe puisse se comporter ainsi alors qu’il «donne des leçons à la Terre entière».

 

Il n’aura pas échappé à l’observateur aguerri que cette théâtralisation n’est pas anodine. Tout d’abord, qui a orchestré la fuite? Selon Frédéric Hohl, président de la Commission des finances – que j’ai contacté après avoir reçu l’information –, la confidentialité du courrier de la Cour des comptes annonçant le déménagement de son service à la rue du Rhône a duré moins de deux heures. Ce que nous savons, c’est que l’Etat n’a proposé qu’une option à la Cour des comptes, qui l’a jugée insatisfaisante. Le président de cette dernière, François Paychère, en a expliqué les raisons sur le plateau de l’émission Genève à Chaud: les locaux proposés manquaient de discrétion pour la réception de ceux qui viennent dénoncer d’éventuelles mauvaises gestions de services de l’Etat. La possibilité d’archiver correctement et confidentiellement les documents de la Cour n’était pas garantie.

 

Plusieurs éléments me font grimacer: la Cour des comptes est censée être un organe indépendant de l’Etat. Le Bureau du Grand Conseil en est l’autorité de surveillance. Que l’Etat intervienne délibérément, par le biais de François Longchamp – directement concerné puisque son département devait aiguiller la Cour et lui proposer des locaux admissibles –, pour exiger d’un organe indépendant de l’Etat qu’il réintègre ses locaux séance tenante (ou que François Paychère le paie de sa poche) est proprement discutable. Il est évident que l’attitude de la Cour des comptes était cavalière. Signer un contrat de bail est, selon les deux avis de droit obtenus par la Commission des finances, impossible pour l’organe. Pourquoi donc la Cour des comptes doit-elle s’embarrasser de la signature de l’Etat pour disposer des locaux dont elle a besoin? Le seul élément auquel elle devrait être soumise, c’est le budget de fonctionnement lui étant alloué. A partir de là, l’Etat ne devrait même pas avoir son mot à dire.

 

Cette ingérence de François Longchamp pose donc la question suivante: était-ce délibéré de pousser la Cour des comptes à déménager d’elle-même pour ensuite monter le scandale en épingle? Les plus naïfs répondront bien évidemment non. Mais vous comprendrez que je ne partage pas cette grille de lecture. En agissant ainsi, le chef du Département de l’urbanisme décrédibilise les magistrats actuels. Il n’aura d’ailleurs pas fallu longtemps au Mouvement citoyen genevois (MCG) pour demander leur révocation immédiate. Quand une porte s’ouvre, le MCG aime s’assurer qu’elle soit bien enfoncée. Je ne démordrai pas que cette affaire n’est pas une dérive institutionnelle mais politique. Nous ne connaissons pas encore les tenants et aboutissants de l’affaire. Subsiste néanmoins de mon côté une grande réserve quant à la responsabilité de François Longchamp dans cette mascarade.

 

Plutôt que de demander la tête des magistrats, nos politiciens devraient plutôt s’interroger sur la logique de la Cour des comptes en tant qu’organe indépendant de l’Etat si ce dernier peut interférer dans ses décisions existentielles. A mon sens, la démonstration de François Longchamp est beaucoup plus grave que ne l’est la signature d’un bail à loyer lorsque les services du conseiller d’Etat n’ont (volontairement ou non) pas menés à bien leur rôle. Si l’on peut bien sûr considérer l’attitude la Cour des comptes comme inadéquate, on peut également se demander pourquoi François Paychère n’a pas saisi la presse pour faire part de ce blocage. En procédant ainsi, la situation aurait probablement été inverse. Pour l’heure, c’est François Longchamp qui mène le bal, et si personne ne creuse véritablement l’affaire, les questions posées plus haut ne trouveront jamais de réponse. Et ce serait bien dommage que la Cour des comptes soit ainsi inféodée à l’Etat, quand sa mission lui commande justement d’en être indépendante.

 

Grégoire Barbey

16:06 Publié dans Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | | |

21/09/2013

La très probable stratégie de Pierre Maudet

Chronique, 21.09.13

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Pierre Maudet. Le ministre de la Sécurité a bien des chances d'être désigné président du
Conseil d'Etat pour la nouvelle législature. Petit tour d'horizon d'une stratégie vraisemblable.

 

Les candidats Antonio Hodgers, Thierry Apothéloz et Serge Dal Busco ont cette semaine leur portrait dans L’Hebdo. Ils peuvent être potentiellement élus le 10 novembre, à la fin du second tour pour l’élection au Conseil d’Etat. Hormis cet argument éditorial, ils ont aussi tous trois un ami commun. Je n’irai pas par quatre chemins: il s’agit de Pierre Maudet. Beaucoup d’appelés mais peu d’élus pour le gouvernement. Pourquoi mentionner leur affinité avec le chef du Département de la sécurité? Pour une simple et bonne raison: il y a derrière une stratégie.

 

Tout d’abord, il faut éliminer Luc Barthassat au second tour. Il représente un danger potentiel, à la fois en termes de popularité, et dans une moindre mesure s’agissant de sa capacité à tenir tête à Pierre Maudet. Cette exécution est a priori prévue pour l’assemblée des délégués démocrate-chrétiens qui se tiendra le 7 octobre. Comment l’écarter? Je ne le sais pas encore. J’ai néanmoins une certitude. Depuis le début, le conseiller national dérange. Il suffit de voir que l’appareil de parti du PLR soutient corps et âme Serge Dal Busco, tout en se gardant bien d’en faire autant pour son colistier.

 

Si les trois candidats mentionnés sont élus, à savoir Antonio Hodgers, Serge Dal Busco et Thierry Apothéloz, Pierre Maudet aura une majorité (quatre sur sept) de conseillers d’Etat qui voteront en sa faveur pour la présidence du gouvernement. La nouvelle constitution prévoit en effet la création d’un Département présidentiel, lequel sera dirigé par la même personne durant toute la durée de la législature. Le texte ne précise cependant pas si la désignation du président se fait à la majorité absolue de ses membres ou si une majorité relative suffit. Quoi qu’il en soit, c’est François Longchamp qui est pressenti pour occuper ce poste durant la période 2013-2018.

 

Toutefois, Pierre Maudet ferait d’une pierre deux coups en réussissant à être élu président du Conseil d’Etat. Il tuerait à la fois le père, François Longchamp, et obtiendrait un poste qui lui octroierait une légitimité accrue pour son objectif de toujours: être élu au Conseil fédéral. On se souvient en 2003 l’élection de Micheline Calmy-Rey. Elle avait occupé le Département genevois des finances jusqu’en 2002. De tous temps, les Finances ont toujours été un tremplin pour atteindre un but plus élevé. L’exemple le plus frappant est Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Il était alors ministre des Finances de la République française.

 

Mais les finances, ce n’est pas vraiment la tasse de thé de Pierre Maudet. La présidence du Conseil d’Etat, par contre, offre à notre ministre de la Sécurité tous les atouts pour faire de lui l’homme providentiel qui en 2018 pourra peut-être déjà (on ne peut que spéculer à ce stade) lui valoir une élection au Conseil fédéral. Certains me rétorqueront que c’est trop vite. Mais pas tant que ça. A ce moment-là, Pierre Maudet aura 40 ans. Ce n’est pas trop jeune pour être élu au gouvernement fédéral. D’autres y sont arrivés avant. Citons Ruth Metzler, élue à 35 ans, Jakob Stämpfli à 34 ans et Numa Droz à 31 ans. Rien n’arrive jamais trop tôt pour Pierre Maudet.

 

Subsiste néanmoins l’inconnue concernant Luc Barthassat. Nul doute qu’il aura le 6 octobre suffisamment de voix pour passer le cap du second tour, et probablement figurera-t-il devant Serge Dal Busco. Comment donc le PDC, et dans l’ombre le PLR, pourra justifier le retrait d’une locomotive comme Luc Barthassat au profit d’un suiveur? La question se pose et je n’ai malheureusement aucune réponse à fournir. Mais gardons les yeux ouverts, car ce second tour sera jonché de peaux de banane pour certains candidats. La campagne est tranquille actuellement. Le calme avant la tempête.

 

Grégoire Barbey

12:22 Publié dans Elections du 10 novembre, Elections du 6 octobre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | | | |

20/09/2013

L'honneur de participer à la communauté

Chronique, 20.09.13

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Genève. N'oubliez pas d'accomplir votre devoir le 6 octobre et participez à cette grande
aventure qu'est la démocratie. Ensemble, nous pouvons faire avancer notre société. Agissez!


Chers amis genevois, chères amies genevoises,

Comme vous le savez, il reste deux semaines avant les élections cantonales. Le 6 octobre, vos voix compteront. Contrairement aux autres, je ne vais pas vous dire pour qui voter. C'est à vous et à vous seuls d'en décider. Faites-le en votre âme et conscience. Mais de grâce, votez! Si vous ne le faites pas, comment pourrez-vous vous plaindre de la situation? Comment pourrez-vous vous sentir acteur de notre société? N'est-ce pas justement par l'acte de donner sa voix pour tel ou tel candidat qu'un citoyen accomplit à la fois son devoir et veille à ses intérêts?



Voter, ce n'est pas simplement glisser par dépit une enveloppe dans l'urne ou dans la boîte aux lettres la plus proche de chez vous. C'est faire un choix, et ce n'est pas n'importe lequel: la décision que vous prendrez pourra influencer le contexte politique de Genève pendant toute une législature, soit 5 ans selon la nouvelle constitution. Ne renoncez pas à exercer votre droit et votre devoir par ras-le-bol. C'est le meilleur moyen de laisser la place à ceux que vous ne voulez pas voir. Voter, c'est décider qui des citoyens qui se présentent à ces élections sera habilité à représenter vos intérêts. C'est aussi mandater ces personnes pour respecter votre identité, et vos besoins.



La démocratie est un contrat passé entre le peuple et ses représentants. Si vous ne le paraphez pas, comment pouvez-vous être lié contractuellement? Votez donc, mes amis, mes amies. Il s'agit d'un moment crucial, car à chaque nouvelle législature, les cartes peuvent être redistribuées, les majorités peuvent évoluer, voire changer drastiquement. Encore une fois, je ne vous dirai pas pour qui voter. De mon côté, mes choix sont faits. Et qu'importe si ma voix compte pour beurre au final. J'aurai accompli mon devoir, et à défaut de voir élire celles et ceux pour qui j'ai voté, j'aurai la satisfaction de n'être pas resté passif face à mes responsabilités de citoyen.



Alors mes chers amis et mes chères amies, vous qui me lisez, si vous êtes en âge de voter, ne passez pas à côté de cette chance. En regard de bien d'autres pays à travers le monde, vous êtes privilégiés. Par respect pour celles et ceux qui ne peuvent choisir, faites-le. Agissez en véritables acteurs de votre société, et ne laissez pas les autres décider à votre place. Prouvez qu'en Suisse, nous méritons ce luxe dont nous sommes bénéficiaires. Si vous le faites, alors j'aurai accompli bien plus que mon devoir. Peu m'importe quel sera votre choix, pour autant que vous prenez la responsabilité d'en faire. Rien ne me ferait plus plaisir que de voir cette année grimper le taux de participation. Réalisez mon souhait, et protégez vos intérêts.



Le 6 octobre, je vous sais gré de voter, pour votre bien et celui de vos proches et enfants!


Grégoire Barbey

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17/09/2013

Sébastien Desfayes: la doctrine social-libérale

Interview, 17.09.13

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Sébastien Desfayes. L'avocat et juge suppléant au Tribunal civil s'est lancé dans la course
au Grand Conseil sur la liste PDC. Il est vice-président de la section Ville de Genève.

 

Sébastien Desfayes est avocat et associé de l'Etude Perréard de Boccard. Il assume également la fonction de juge suppléant au Tribunal civil de Genève. A 42 ans, il a décidé de prendre part aux élections au Grand Conseil sur la liste du Parti démocrate-chrétien (PDC). Très actif, il gère également la communication pour la campagne de son parti et occupe la fonction de vice-président de la section Ville de Genève. A l'occasion de sa candidature, il a accepté d'en dire un peu plus sur son engagement et sa personnalité. Entretien.

 

Pourquoi le PDC?
Vous devriez reformuler la question: pourquoi pas le PDC? S'il existe un parti dans lequel tout le monde doit se reconnaître, c'est bien celui-là. Les résultats des votations démontrent, tant sur le plan cantonal que fédéral, que 80% des Suisses approuvent les propositions soutenues par le PDC. Par ailleurs, j'avais 20 ans quand Jean-Philippe Maitre était conseiller d'Etat. C'était une personne que j'admirais. Il m'a vraiment donné envie de m'engager en politique et d'être un démocrate-chrétien. Je me reconnaissais et je me reconnais toujours dans ses idées.


Mais qu'est-ce qui vous attire précisément au PDC?
Ce qui m’attire, c'est sa doctrine sociale-libérale qui prend en compte les nécessités économiques, tout en prenant soin de ne pas creuser les inégalités; mieux, de les réduire sans pour autant tomber dans une société égalitariste. Le PDC défend l'intérêt général. Et contrairement à ce que l'on pense, la plupart des partis ne le font pas: certains ne défendent pas le bien commun: beaucoup de partis sont en effet excluants, que ça soit par xénophobie, ou encore par la défense d'intérêts particuliers. Le PDC n'est pas le parti d'un dogme ou de lobbies. C'est un parti qui cherche à défendre les intérêts du plus grand nombre. C’est ce qui fait sa spécificité.



Quand vous dites que le PDC «cherche» à défendre les intérêts du plus grand nombre, c'est qu'il n'y arrive pas toujours?
C'est un parti charnière dans l'échiquier politique suisse et genevois. Il tente de rassembler les partis sur certains projets et il y parvient très souvent. Mais il est vrai qu'en raison de la polarisation croissante de la vie politique suisse, qui est soit dit en passant regrettable, il est de plus en plus difficile de créer le consensus sur des projets qui répondent pourtant à l'intérêt général. C'est malheureusement une vérité.



Qu'est-ce qui vous a amené à vous engager politiquement?
Plutôt que d’être une marionnette, je préfère être un acteur. On entend trop de gens qui se plaignent de la politique sans qu'ils ne prennent la moindre mesure pour remédier aux problèmes qu'ils invoquent. Moi je préfère directement tenter, à un échelon local, d'influer sur le cours des choses. C'est précisément pour cette raison que je me suis porté candidat au Grand Conseil.



Vous êtes avocat, comme beaucoup d'autres. Ne pensez-vous pas qu'il y en a trop en politique? Ne faudrait-il pas une représentativité plus large des corps de métier et des différentes sensibilités?
S’agissant de votre seconde question, oui c'est un fait: le Grand Conseil devrait être représentatif de la société en général, et refléter sa diversité, aussi sur un plan socio-professionnel. En revanche je remarque et déplore que les avocats sont beaucoup moins représentés aujourd'hui au Grand Conseil qu'ils ne l'étaient il y a de cela à peine trente ans. C'est bien dommage parce que les avocats maîtrisent les lois et sont au contact direct de la population et des entreprises. De ce fait, Ils connaissant bien les préoccupations et les besoins de l'ensemble de la société, ce qui est capital quand il s’agit de proposer des projets législatifs pertinents. 


Est-ce qu'il y a un sujet qui vous tient particulièrement à coeur?
La défense du tissu économique genevois, ce qui inclut les grandes entreprises comme les petites et moyennes. On ne peut pas opposer les PME aux multinationales. Les unes dépendent directement des autres. Ces cinq prochaines années seront capitales pour les entreprises du Canton. Par exemple, l'abolition des régimes fiscaux spéciaux nécessitera une refonte totale de la fiscalité genevoise des entreprises. C'est la mère de toutes les batailles. Car tout dépend à Genève de la vigueur de l'économie. L'Etat dépense beaucoup d'argent, il faut bien qu'il ait des ressources. C'est tout le principe du social-libéralisme que j'évoquais au début de notre entretien. 


Qu'est-ce qui vous différencie des autres candidats?
Les 475 candidats sont tous différents. C'est donc difficile pour moi de dire ce qui me différencie d'eux. Mais je pourrais vous parler volontiers de mes qualités: je pense être une personne courageuse: le courage est une vertu que l'on ne retrouve pas à chaque coin de rue. J'ai aussi une véritable passion pour la politique, mais sans qu'elle ne constitue pour moi un gagne-pain ou une raison d'être.


Et votre raison d'être, quelle est-elle?
Essayer dans la mesure du possible d'être heureux et de faire en sorte que les gens autour de moi le soient.

Qui ne serait pas d'accord avec vous sur ce sujet?
Tout le monde serait en accord avec moi à ce propos. Reste à savoir si c'est toujours appliqué dans les actes.

 

Interview: Grégoire Barbey

11:25 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Journalisme, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

11/09/2013

La salive vraiment acide de Claudio Marques

Chronique, 11.09.13

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PDC. Le président des Jeunes démocrate-chrétiens Claudio Marques a taclé ses colistiers
sur son profil Facebook parce qu'ils ont eu l'outrecuidance de s'octroyer une affiche en couleur.

 

Les tensions internes au sein du Parti démocrate-chrétien (PDC) à Genève débordent sur les réseaux sociaux. Le président des Jeunes démocrate-chrétiens (JDC) Claudio Marques a lâché son fiel à l’encontre des candidats figurant sur l’affiche du chirurgien Philippe Morel. En effet, ceux-ci sont au nombre de sept et sont en couleur. Crime de lèse-majesté lorsqu’on pense que la charte graphique du PDC en est restée au début du XXe siècle, c’est-à-dire en noir et blanc. Voilà donc, surgissant des ombres épaisses du néant, le chevalier Marques, armé de sa morale et de son mépris pour ceux qui veulent être élus. Et il attaque: certains membres du parti se sont fait incendier par le délirant président des JDC.

 

Ne me demandez pas comment je le sais: Dieu me priverait de sa grâce. Mais c’est un fait: certains au sein du PDC n’apprécient pas qu’il y ait des membres suffisamment ambitieux pour se mettre en avant. Faut-il, comme les autres, rester tapi dans le vide abyssal auquel ceux qui ne se montrent pas nous ont habitués? C’est un choix. Philippe Morel et ceux qui l’accompagnent sur cette affiche en ont fait un autre. Et c’est tout à leur honneur. Qu’il y ait des personnalités agacées par cette mise en scène, je le comprends. Que cet agacement s’étende sur les réseaux sociaux et se transforme en croisade contre ceux qui agissent, cela m’est par contre tout à fait insupportable.

 

Que le templier Marques range sa lame dans son fourreau et lave son linge sale en famille. Après tout, ce n’est pas une stratégie très réfléchie que de répandre sa colère sur les réseaux sociaux. Si Claudio Marques ne veut pas faire cavalier seul, nul ne lui en tiendra rigueur. Que d’autres veulent s’investir pleinement pour leur (ré)élection, il n’y a pas à tergiverser. Et puis ce cher chevalier drapé d’un bonnet blanc ne se plaint pas lorsqu’il apparait également sur une affiche de campagne avec six autres personnes, dont les deux candidats au Conseil d’Etat, Luc Barthassat et Serge Dal Busco. Chacun a le droit de se montrer, de tenter de convaincre les électrices et les électeurs. C’est le défi d’une campagne.

 

Mais qu’un président des JDC se permette de tacler publiquement les membres de son propre parti, alors qu’il exerce une fonction honorable, voilà une attitude bien vile et lâche. Président des JDC, son rôle serait plutôt de prendre contact avec les principaux intéressés, et d’en discuter calmement. Perdre le contrôle de soi-même pour s’illustrer à travers Facebook d’une jalousie mal dissimulée, voilà une erreur politique des plus flagrantes. L’unité du PDC a souvent été remise en cause – et même à travers mon blog –, et l’un de ceux qui devraient préserver une certaine image du parti finit par exposer sans pudeur les dissensions internes qui règnent dans la formation. Un peu dommage, et un coup dans l’eau. L’assemblée des délégués qui aura lieu demain soir risque d’être houleuse. Et si la croisade continue, comptez sur moi pour vous en informer.

 

Grégoire Barbey

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04/09/2013

RTS: entre discrimination et subjectivité

Chronique, 04.09.13

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Radio Télévision Suisse. Le débat organisé par la chaîne de télévision entre les candidats
au Conseil d'Etat sera parfaitement discriminatoires envers ceux qui n'occupent pas de fonctions.

 

La RTS organise un grand débat entre les candidats au Conseil d'Etat le lundi 23 septembre. La confrontation durera 70 minutes et s'articulera autour de 4 thèmes. Un débat pour découvrir les candidats moins visibles? Pas tout à fait. La RTS prévoit, dans son mail envoyé aux présidents des partis et dont j'ai obtenu copie, que seuls les candidats appartenant aux partis représentés au Grand Conseil pourront être au centre du débat. Soit 6 candidats. La place pourra être intervertie selon les thématiques au bon vouloir des candidats.

Les autres, ceux qui ne font pas partie du Grand Conseil – crime de lèse-majesté – seront disséminés dans le public et n'auront droit qu'à une intervention durant toute la soirée. Déjà l'année dernière avais-je fait remarquer une importante discrimination envers les petits candidats lors du débat pour la partielle au Conseil d'Etat, remportée par Pierre Maudet. J'ai de la peine à saisir comment les têtes pensantes de la Télévision suisse romande ont pu fomenter un tel déroulement. Ce qui est sûr, c'est qu'à nouveau, la RTS discrimine les petits candidats plutôt que de les mettre en avant, ce qui serait son rôle en tant que média. C'est véritablement regrettable et une solution plus intéressante aurait pu être trouvée pour offrir à chacun le droit de s'exprimer au même niveau.

 

Grégoire Barbey

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03/09/2013

Les Verts ont plagié la cravate de Brélaz

Chronique 03.09.13

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Les Verts. La section genevoise s'est servie du concept des yeux verts du chat présent
sur la cravate du syndic de Lausanne Daniel Brélaz. Le chat affirme qu'ils ne l'ont pas averti.

 

Les campagnes visuelles des partis politiques à Genève ont fait beaucoup de bruit. Notamment celle des socialistes, accusée d’être la copie d’une publicité de la marque automobile Mercedes. Pourtant, les Verts ont également plagié un concept déjà existant (voir ci-dessus): les yeux verts du chat sur la cravate du syndic de Lausanne, Daniel Brélaz! Contacté, le chat sur la cravate se dit «indigné» et se réserve le droit d’engager des poursuites contre la section genevoise des Verts. «C’est tout simplement scandaleux. Depuis des années que j’exerce le rôle de chat de cravate, personne n’avait eu l’outrecuidance de nous copier», a-t-il confié, visiblement sur les nerfs.

 

Daniel Brélaz n’a pas souhaité commenter l’affaire. Et la présidence des Verts n’était pas joignable ce mardi matin. Peut-être s’agit-il d’un plagiat par négligence (formule consacrée aujourd’hui par la conseillère d’Etat neuchâteloise Monika Maire-Hefti). Quoi qu’il arrive, des suites seront probablement données pour faire la lumière sur cette étrange coïncidence!

 

Grégoire Barbey

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