Gregoire Barbey

03/08/2013

Les faiseurs de bien (malgré vous)

Jet d’encre, 03.08.13

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Julien Cart. Le conseiller municipal en Ville de Genève est le parfait exemple
des parangons de justice qui veulent faire le bien malgré les libertés individuelles.


Les faiseurs de bien (malgré vous) sont partout: cela peut être votre femme, votre voisin, votre meilleur ami ou votre patron. Bref, vous n’êtes pas à l’abri de l’un de ces parangons de justice, véritables incarnations du bien sur Terre. Ils n’ont aucun scrupule à renier vos libertés. Ils ont des théories, et il faut croire qu’elles sont justes, car ils se battent quotidiennement contre vos mauvaises habitudes, les faiseurs de bien (malgré vous). Vous fumez? C’est dangereux pour votre santé. Et surtout celle des autres. Alors on vous interdit de fumer dans les lieux publics fermés. Bien sûr, pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Proposons d’interdire la cigarette dans les espaces publics extérieurs également!

 

Vous ne triez pas suffisamment vos déchets? Taxons les sacs poubelles. Vous verrez, vous finirez par trier… Ces émanations de la bienpensance vous regardent avec un air hautain et scandalisé lorsque vous enfreignez les règles qui sont les leurs (mais rarement les vôtres). Les faiseurs de bien (malgré vous) ont la fâcheuse tendance à penser qu’ils ont raison et ce même s’ils sont minoritaires, ou qu’ils proposent des mesures totalisantes et totalitaires. La fin justifie les moyens. A Genève, nous en avons l’exemple parfait avec Julien Cart, conseiller municipal, qui juge nécessaire d’interdire la fumée dans les espaces publics extérieurs. Ce n’est pas son seul combat. Il veut également interdire les automobilistes et supprimer l’armée, parmi bien d’autres idées grandiloquentes.

 

Les faiseurs de bien (malgré vous) n’ont que faire de votre sentiment d’oppression. Vous vous sentez atteint dans votre liberté? Ne soyez pas égoïstes: il ne s’agit pas de vous mais du bien commun. Et vous comprendrez rapidement que vous n’avez pas voix au chapitre. Si vous n’êtes pas suffisamment illuminé pour comprendre que vos libertés s’opposent à l’intérêt général, les faiseurs de bien (malgré vous) ne vous feront aucun cadeau. Etrangement, ce sont souvent les mêmes qui plaident pour la libéralisation des drogues, arguant qu’une interdiction ne fait qu’empirer la problématique. Et soudain, on comprend que ces faiseurs de bien (malgré vous) agissent d’abord pour leur propre intérêt. Et qu’au fond, ils font exactement ce qu’ils vous reprochent. Alors une seule solution: raus!

 

Grégoire Barbey

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30/07/2013

Les premiers pronostics pour le 6 octobre

Chronique, 30.07.13

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 Luc Barthassat. Le candidat PDC figurera sans aucun doute parmi
les trois premiers mieux élus au soir du premier tour.

 

Mes premiers pronostics pour l’élection au Conseil d’Etat, à quelques mois des résultats, paraîtront peut-être surprenants et seront probablement affinés à l’approche de la date butoir. Il n’empêche qu’ils n’ont aucun intérêt s’ils ne sont pas quelque peu audacieux, et les présenter en plein été, c’est probablement délicat, à l’heure où l’actualité politique est plutôt calme. Ce qui est d’autant plus intéressant. Pour commencer, les trois mieux élus seront probablement, dans le désordre, Pierre Maudet (PLR), Luc Barthassat (PDC) et François Longchamp (PLR). Au risque d’en étonner plus d’un, je pense qu’Isabel Rochat (PLR) sera réélue. Si tel ne devait pas être le cas, Serge Dal Busco (PDC) prendrait sa place. Ou un éventuel candidat surprise du PLR dont je soupçonne l’identité au soir du 6 octobre.

 

Pour les trois derniers, je pressens Thierry Apothéloz (PS), mais la lutte entre lui et Sandrine Salerno (PS) sera rude. Michèle Künzler (Les Verts) ne sera sûrement pas réélue, tant certains (dont quelques confrères) ont participé à sa décrédibilisation, et qu’elle n’a pas fait grand-chose pour la rehausser de son côté… Antonio Hodgers (Les Verts) prendra sa place si sa campagne est suffisamment active. Dans le cas contraire, les Socialistes placeront deux des leurs (cités ci-dessus). Enfin, la véritable inconnue se situe dans le dernier élu. Si le MCG, comme je l’ai toujours pensé, captive effectivement un certain nombre des voix de l’extrême gauche lors d’élection cantonale (cf. le score étonnant d’Eric Stauffer le 17 juin 2012), Mauro Poggia a des chances de se retrouver parmi les sept vainqueurs. Mais si je me trompe alors, je vois donc pour les trois derniers élus : Thierry Apothéloz, Sandrine Salerno et Antonio Hodgers.

 

Donc pour résumer simplement :

·         Pierre Maudet (PLR)

·         Luc Barthassat (PDC)

·         François Longchamp (PLR)

·         Isabel Rochat (PLR) -> ou remplacée par Serge Dal Busco (PDC)

·         Thierry Apothéloz (PS)

·         Sandrine Salerno (PS)

·         Antonio Hodgers (Les Verts) -> ou dépassé par Mauro Poggia (MCG)

 

Les rapports de force, s’ils n’évoluent pas d’ici-là pour une raison spécifique, tendent à conserver une majorité de droite au Conseil d’Etat. Un retournement de situation est peu probable, mais pas inenvisageable pour autant. Et comme la politique et l’arithmétique ne sont pas nécessairement bons amis (Pierre Maudet l’a brillamment démontré le 17 juin 2012), des surprises peuvent arriver. Notamment du côté du MCG avec Mauro Poggia. Le parti mène actuellement une campagne hyperactive, avec une présence toujours accrue, et il n’est pas impossible qu’un tel investissement paie. D’autant que le conseiller national et avocat bénéficie plutôt d’une réputation modérée en-dehors de son propre parti, ce qui pourrait lui bénéficier en termes de potentiels électeurs habituellement rebutés par les manières d’Eric Stauffer. Enfin, d’ici au 6 octobre, tout reste à jouer. Les élections seront passionnantes, et d’ici-là, suivez bien mon blog, il sera de plus en plus animé jusqu’au second tour!

 

Grégoire Barbey

 

P.S.: Cet article marque la création d'une catégorie «Elections du 6 octobre» qui permettra à mes lecteurs de retrouver directement les articles ayant un lien direct avec les échéances politiques du canton de Genève. 

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28/07/2013

De Marcel Chombier à Stéphane Guex-Pierre

Le profil Facebook de Marcel Chombier n’est pas inconnu aux habitués de la politique genevoise sur les réseaux sociaux. Marcel Chombier est un personnage qui commente l’actualité politique en mêlant son quotidien de retraité nonagénaire vivant dans un EMS. Ayant mis au point diverses séries, dont la plus récente ayant trait à sa famille originaire des Etats-Unis et la plus célèbre «les grandes citations de l’histoire», Marcel Chombier suscite de nombreuses réactions sur ses publications. Très actif sur la toile, de nombreuses personnes s’interrogent sur son identité réelle. Le créateur de ce personnage a accepté de se dévoiler davantage. Portrait.

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 Marcel Chombier. La photo de profil du personnage
est un mélange de Stéphane Guex-Pierre et Samuel Beckett.


Stéphane Guex-Pierre arrive sur ses 51 ans. Né en août 1962, il se décrit volontiers comme un autodicate. «Je ne suis pas arrivé au bout de ma maturité» explique-t-il. «Avec des profs intéressants, il en aurait été autrement sans doute.» Metteur en scène de profession depuis 1992, il compte plus d’une trentaine de mises en scène à son actif dans la plupart des théâtres genevois. Le personnage de Marcel Chombier est né en 1987, au conservatoire d’art dramatique. «Les élèves n’avaient pas beaucoup de respect», lance Stéphane Guex-Pierre. «Ils laissaient des traces sur la cuvette des toilettes, ne rangeaient pas la vaisselle, c’était vraiment n’importe quoi.» Indigné par ce manque d’éducation, il dépose des petits mots recommandant aux élèves de veiller à bien ranger leurs affaires. Ils sont signés «Marcel Chombier, concierge du conservatoire». Marcel était le prénom préféré de Stéphane Guex-Pierre lorsqu’il était enfant. Chombier est le nom que porte une partie de sa famille en France.

 

Le personnage ressurgit en 1993 sur Couleur 3. «A cette époque, ils engageaient des gens pour les plages horaires moins écoutées. J’ai créé «La semaine de Marcel Chombier», très similaire à ce que je fais aujourd’hui sur Facebook», détaille Stéphane Guex-Pierre. «J’y ai d’ailleurs reçu des lettres d’insultes lorsque j’ai dit une fois «Ne dites pas "tous des PD à La Poste" mais dites "les téléphones sans fil".» L’émission était programmée le dimanche de 14 à 15 heures. Elle a duré une année. Et Marcel Chombier a à nouveau disparu de la circulation. Jusqu’en mai 2010, où son créateur décide d’ouvrir un compte Facebook. «Je ne vois pas bien l’intérêt d’en avoir un à mon nom. Ça ne m’intéresserait pas», déclare-t-il enthousiaste. Marcel Chombier est né officiellement le 19 juin 1920. «En fait, il n’y a pas grand-chose que je pourrais renier de lui. La plupart des choses que je dis à travers lui, je le défends aussi», confie-t-il. Sauf le côté religieux de Marcel Chombier. «Je ne suis même pas baptisé. Mais en créant Chombier, j’ai tout de suite rajouté tous les profils de Benoit XVI que je trouvais. Je ne peux donc pas dénoncer des sujets liés à religion. C’est ma seule concession dans ce rôle», plaisante Stéphane Guex-Pierre.

 

Stéphane Guex-Pierre a révélé son identité à un politicien pour la première fois lorsque Christian Lüscher a lancé un concours sur son profil Facebook. Il avait publié une photo du livre «Chambre à part» dédicacé par Liliane Maury-Pasquier et Maria Roth-Bernasconi. Il s’agissait de découvrir qui étaient les auteures de la dédicace. Ayant remporté la victoire, Marcel Chombier a dû révéler son identité pour que Christian Lüscher puisse lui envoyer son cadeau: un exemplaire du livre. «J’ai toutefois prié Christian Lüscher de garder le secret. J’avais prévu de la révéler publiquement quelques mois plus tard», explique-t-il. Et si l’avocat PLR ne tenait pas sa langue, Stéphane Guex-Pierre lui a gentiment fait comprendre qu’il ne se gênerait pas de dire que Maître Lüscher ne sait pas tenir sa langue.

 

Marcel Chombier reçoit de nombreux messages via Facebook. Notamment une assistante sexuelle de France voisine qui lui a proposé ses services «pour le soulager». «A ce moment-là j’ai regretté de ne pas être un véritable nonagénaire», dit-il en rigolant. «J’ai donc décliné l’offre. Mais c’était proposé très poliment.» Stéphane Guex-Pierre assure qu’à travers ce personnage, il a pu rencontrer de nombreuses personnes très intéressantes. Et discuter avec des politiciens dont il ne partage absolument pas les idées. «Facebook est un véritable outil démocratique, surtout en Suisse», affirme-t-il. Peu de personnes prennent vraiment mal ses publications, même lorsqu’il n’est pas toujours très tendre. Sauf lorsque Stéphane Guex-Pierre a eu le malheur de s’en prendre au Valais. «Un ami comparait le canton à la Corse», raconte-t-il. «J’en ai rajouté en signifiant mon accord. J’ai dit qu’il fallait plastifier le Valais et le laisser voguer sur la Méditerranée.» Des Valaisans l’ont menacé à la suite de ces messages. «Certains ont dit qu’ils allaient trouver le Chombier et le tuer.» Ce n’est heureusement jamais arrivé.

 

Stéphane Guex-Pierre compte exporter son concept dans les médias. Il est actuellement en discussion avec certains d’entre eux. «J’aimerais bien aussi créer une série pour la télévision», confie-t-il. Mais Marcel Chombier ne lui prend pas beaucoup de temps. «J’écris très vite. Ce qui m’a pris le plus de temps, paradoxalement, c’est ma photo de profil.» Un mélange de son propre visage et de celui de Samuel Beckett (écrivain et dramaturge irlandais). «J’ai fait comme le stagiaire du Montreux Jazz», ironise Stéphane Guex-Pierre. «J’ai tapé "vieux" sur Google et je suis tombé sur lui.» Enfin, il raconte le sourire aux lèvres une anecdote «à la fois agréable et désagréable». Invité par un couple d’amis à manger, ceux-ci lui ont parlé de ce fameux Marcel Chombier. «Tu le connais?» lui ont-ils demandé. Et Stéphane Guex-Pierre a dit non. «C’était étrange. Ils m’ont parlé de tout ce que j’avais écrit pendant deux heures. Ça m’a fait bizarre. Parfois je rigolais de bonne foi car j’avais moi-même oublié ce que j’avais écrit sur mon profil», lance-t-il amusé. Le vieux Marcel Chombier et ses flans indigestes séviront encore longtemps sur Facebook, et ils ont de beau jour devant eux.

 

Grégoire Barbey

13:54 Publié dans Air du temps, Genève, Journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

23/07/2013

PDC: entre communication et enterrement

A chaud, 23.07.13

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PDC. Les photos de campagne du parti sont tristes à mourir. Ils semblent résignés
à assister à leur propre enterrement aux élections cantonales du 6 octobre.

 

Le PDC a sorti aujourd’hui son site dédié aux élections cantonales du 6 octobre. Le seul point fort réside à mon sens dans leur programme, point par point, correspondant aux valeurs démocrate-chrétiennes. Sauf qu’en ayant l’audace de cliquer sur les liens proposés sur le site pour en lire davantage, c’est le néant. Communication lisse, sans aucune saveur ni couleur. A l’image des photos des candidats. Tout de noir vêtu, les aspirants députés ont pour la plupart le regard dans le vague. Est-ce de la politique ou la rubrique nécrologique du quotidien local? C’est à se demander si la présidence du parti n’a pas voulu faire les choses proprement pour assister à son propre enterrement.

 

Je ne cherche pas à descendre le PDC à tout prix. C’est un parti qui a toute ma sympathie, même si pour plusieurs raisons je ne partage pas toutes leurs valeurs. Mais de grâce, il s’agit-là de politique. D’une élection. C’est la guerre, c’est la confrontation. La victoire a un prix. Je regarde les photographies des candidats: où sont les sourires fiers, la conviction dans le regard, les yeux fixant l’objectif? Rien de tout ça. Juste le noir macabre des vêtements du deuil. Comme si, face à l’inéluctable, le PDC avait résolument fait le choix, entre communication et enterrement, de s’habiller de circonstance. Les responsables de la communication avaient promis aux membres une révolution. C'en est une. La mort selon la démocratie-chrétienne, acte un.

 

Grégoire Barbey

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16/07/2013

Pascal Décaillet: la messe est dite

Jet d’encre, 15.07.13

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Pascal Décaillet. Il ne fait pas bon d'afficher des avis
contraire à mon éminent confrère.

 

Pour la seconde fois en moins d’une semaine, Pascal Décaillet m’a retiré de sa liste d’amis sur Facebook. J’ai en effet eu l’outrecuidance de publier un article sur mon blog exposant sa photo, où je mentionne qu’il est l’un des chantres romands de la défense du souverainisme. Quelques jours plus tard, je poste un autre article, cette fois-ci sur Michèle Künzler, pour dénoncer les attaques qu’elle subit continuellement depuis des mois. Dans ce dernier, aucune référence à Pascal Décaillet. Il a cependant dû se sentir visé, puisqu’il a à plusieurs reprises publié des articles remettant en cause la conseillère d’Etat, allant jusqu’à demander son départ (GHI du 07.03.13). Il est évident qu’un jeune impétueux comme moi n’a pas le droit de remettre en question le verbe d’un confrère plus expérimenté.

 

Et pourtant! Je ne me permets pas de m’attaquer à son travail, duquel j’ai un profond respect et dont j’ai encore beaucoup à apprendre. Ce sont ses idées et ses méthodes que j’aime parfois à dénoncer. Comme par exemple son habitude récurrente à surfer sur la vague de l’opposition au service public. C’est ce même Pascal Décaillet qui a travaillé 17 ans à la RTS, ayant d’ailleurs fondé l’émission politique Forum. Il en va de même pour son incessant recours à l’Histoire. Certes, il est essentiel de se référer au passé pour comprendre le présent. Mais de là à ériger en modèle tout ce qui s’est produit précédemment, il y a un fossé que je ne traverserais pas.

 

On ne peut pas refaire l’Histoire politique de la Suisse. Mais rien n’empêche d’avoir des idées pour l’avenir, qui ne vont pas nécessairement dans le sens des courants du passé. C’est pourquoi je conteste avec force la vision romantique qu’il donne de la Suisse, avec son arrière pays, son «pays profond». La vision intellectuelle n’est pas dénuée de fondements non plus. Chacun a sa façon de concevoir les choses.


Les approches peuvent être différentes sans pour autant valoir des dénigrements perpétuels. Un peu comme le fait régulièrement Pascal Décaillet à l’égard du Temps, qui assume une ligne éditoriale plus mondialiste que ne l’est mon éminent confrère et qui écope de ce fait de multiples critiques de sa part. Le Temps serait trop ci, trop ça, pas assez comme ci, pas assez comme ça. Assurément, le journal n’est pas adapté à sa vision du monde. Et alors? Il faudrait qu’il y ait une seule presse, celle qui partage la vision de Pascal Décaillet? Les autres n’auraient donc pas voix au chapitre…

 

C’est ainsi qu’à trop vouloir défendre des idéaux passés, Pascal Décaillet oublie de vivre avec son temps. Rien n’est plus dommageable que de ne pas vouloir réaliser certaines réalités. Comme le fait que le processus de mondialisation ne date pas d’hier. Plutôt du VIIIe siècle, comme le démontre Gérard Chaliant dans son ouvrage Vers un nouvel ordre du monde. La globalisation est une conséquence logique de l’évolution de l’humanité, et a débuté il y a plusieurs siècles. Un long cheminement qui semble bouleversé par les avancées rapides des technologies.


Mais ça, Pascal Décaillet refuse de le voir. Et donne des leçons d’Histoire à qui s’opposerait à son interprétation. J’ai la mienne, et j’y ai autant droit que lui. D’ailleurs à ce propos, s’il fallait être en accord perpétuel pour figurer parmi ses contacts Facebook, alors il a bien fait de m’en retirer: je n’ai pas pour habitude de me taire lorsque je ne suis pas d'accord. Personne n’a le droit de m’empêcher de m’exprimer. Et surtout pas quelqu’un qui revendique la liberté d’expression et s’en sert à loisir. La messe est dite.


Grégoire Barbey

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15/07/2013

Interdire le port du voile: hypocrisie totale

Chronique, 15.07.13

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 Pierre Weiss. Le député Libéral-Radical veut faire interdire le voile à l'école.
Il ranime ainsi de vieilles querelles. Tout en poussant les musulmans au communautarisme.


Le débat sur le port du voile à l’école revient en force à Genève. La Tribune de Genève a réalisé un sondage sur son site. Quatre-vingt pourcent des sondés sont favorables à l’interdiction. Il faut dire les choses telles qu’elles sont: le principe de laïcité ici défendu est extrême. Je ne pensais pas l’écrire un jour, étant moi-même agnostique, et plutôt attaché à la laïcité du domaine public. Néanmoins, je ne tomberai pas dans le piège qui consiste à s’attaquer au voile en arguant que ce bout de tissu est plus contraire aux principes laïcs que les croix catholiques que portent de nombreux élèves sans que cela n’ait jamais choqué personne. C’est une fois de plus: «faites ce que je dis mais pas ce que je fais». Et c’est fort malheureux. Parce que si l’on était à ce point attaché à la neutralité des institutions, l’on retirerait toute suggestion au catholicisme dans nos écoles. Et sur nos institutions. Or, nous ne le ferons probablement jamais. Il s’agit d’un legs de notre Histoire. Et de nombreux Suisses ne veulent pas y renoncer.

 

C’est donc un non-débat. Lorsque Pierre Weiss dit vouloir l’interdire, c’est son problème. Cela le regarde. Il ravive pourtant des combats d’arrière-garde, de ceux que l’on pensait abandonnés depuis longtemps. Visiblement il n’en est rien. Et c’est fort regrettable. Lorsque je lis ou entends l’argument selon lequel les femmes qui portent le voile sont soumises à leur mari, cela m’étonne. C’est un jugement péremptoire. Si pour nous, Occidentaux, ce constat semble aller de soi, de quel droit pouvons interférer dans la vie privée des individus et leur imposer notre vision? Certes, c’est probablement un signe ostentatoire de soumission. Mais on ne peut pas rendre les gens heureux en leur imposant ce que nous pensons être le mieux pour eux sans leur consentement. C’est généralement une démarche vouée à l’échec, et qui poussera à un communautarisme beaucoup plus offensif de la part des minorités ainsi ségréguées.

 

Ce qui me navre le plus dans cette opposition au port du voile, c’est que ceux qui sont favorables à cette interdiction usent du principe de laïcité. Ils ne s’indignent pas lorsqu’un chrétien porte une croix pendant les cours, mais sont dérangés par le voile. Leur réaction est probablement plus symbolique que fondée sur un principe de neutralité religieuse. Celui de la culture étrangère, qui les fait se dresser sur leurs pattes arrière pour défendre leurs valeurs. En réalité, le nœud du problème se situe-là. Pour beaucoup, combattre le voile, c’est combattre l’Islam. Et donc se protéger de son accroissement en Suisse. Ce n’est cependant pas en s’attaquant à un symbole plutôt qu’un autre qu’on changera quoi que ce soit.

 

Encore une fois, à trop vouloir stigmatiser une population, on la pousse à se réunir davantage, et de ne vivre plus qu’en communauté, empêchant ainsi son intégration aux valeurs de leur pays d’accueil. L’exemple de la France est tout ce qu’il ne faut pas faire. Lutter contre l’ennemi musulman, prétextant qu’il cherche à nous envahir, c’est donner de la voix aux intégristes. En Suisse, nous n’avons aucune raison de nous plaindre des musulmans. Vivons en paix avec eux. Ils n’ont aucune raison de faire l’objet de notre mépris.

 

Grégoire Barbey

 

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14/07/2013

Du Künzler-bashing à la vacuité des idées

Chronique, 14.07.13

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Michèle Künzler. La ministre en charge du Département de l'intérieur, de la mobilité
et de l'environnement (DIME) est la cible privilégiée d'une droite aux propositions absentes.

 

La droite genevoise tire à boulets rouges sur Michèle Künzler depuis plusieurs mois. La conseillère d’Etat en charge du Département de l’intérieur, de la mobilité et de l’environnement donnait aujourd’hui une interview dans Le Matin Dimanche, ce qui a donné lieu à de nouvelles réactions de mépris sur les réseaux sociaux de la part de certains politiciens. Loin de moi l’idée de défendre ou condamner son bilan, je tiens néanmoins à relever la facilité de ces attaques frontales. Que cela viennent d’élus ou de l’un de mes confrères en particulier, qu’importe. Les critiques sont faciles, et portent bien souvent sur des détails qui ne lui sont pas nécessairement imputables en premier lieu.

 

Mais il faut toujours, même dans un gouvernement, une victime expiatoire. Celle qui sera accusée de tous les maux. Celle qui, par l’opprobre publique, sera crucifiée à maintes reprises. Michèle Künzler joue ce rôle à merveille, et elle n’a pas toujours la présence d’esprit de s’en protéger, ses déclarations donnant bien souvent de l’eau au moulin de ses détracteurs. Mérite-t-elle les innombrables humiliations dont elle est l’objet? J’en doute profondément. Comme toute personne dans ce collège gouvernemental, elle doit tirer le bilan de ses réussites et de ses erreurs. Faire l’inventaire de son mandat, ces quatre dernières années. Et reconnaître publiquement lorsque dysfonctionnement il y a.

 

Rien ne justifie cependant ce lynchage constant, obsessionnel et continuel d’une certaine frange de l’échiquier politique. A trop s’en prendre à la même personne, que cela soit médiatiquement, sur les réseaux sociaux ou lors des séances plénières, ses détracteurs finissent par perdre toute crédibilité. A les écouter ou les lire, Michèle Künzler serait responsable de l’ensemble des problèmes qui ont lieu sur les routes à Genève. Comme si dans les autres villes, au demeurant souvent interdites aux voitures en leur centre, il n’y avait pas aussi des dérangements. Comme si un ministre était capable de palier au moindre détail. Accuse-t-on Pierre Maudet dès qu’il y a une agression? Il n’est pas plus responsable de cet événement que Madame Künzler ne l’est lorsqu’un feu saute au coin d’une rue…

 

D’ici au 6 octobre, nous aurons l’occasion de lire de nombreuses autres tirades à l’encontre de la conseillère d’Etat. Les autres membres du gouvernement sont moins exposés, alors les bienpensants à droite lui réserveront un feu nourri, à défaut d’avoir le courage et l’audace d’effectuer un droit d’inventaire sur le bilan des autres départements. C’est toujours plus facile de s’en prendre ad hominem aux responsables politiques plutôt que d’apporter des solutions. Et pour ça, si Michèle Künzler devait s’avérer incompétente dans ses fonctions, ses détracteurs le sont tout aussi sur le plan des idées, pourtant si essentielles pour dessiner les grands contours d’une législature. C’est un peu comme l’histoire de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf…

 

Grégoire Barbey

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25/06/2013

Finances publiques: on réforme quand l'Etat?

Chronique, 24.06.13

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David Hiler. Le conseiller d'Etat en charge du Département des finances à Genève avait
l'occasion historique de réformer l'Etat. Mais il n'a pas souhaité commencer cet ouvrage.

 

La Chambre de commerce, d’industrie et de services de Genève (CCIG) a publié une étude sur les dépenses publiques dans le canton. Loin d’être rassurant, le constat est même plutôt alarmant: Genève dépense 22'000 francs par habitant et par année, contre moins de 15'000 à Zurich ou à Bâle-Ville. Les recettes fiscales par habitant à Genève représentent presque le double de Zurich. Le rapport met également en exergue une réalité volontairement occultée par certains partis politiques: les salaires de la fonction publique genevoise sont les plus élevés en comparaison nationale. Il est bien évidemment connu qu’en période électorale, il n’est pas très convenable de s’en prendre au cartel de la fonction publique. D’autant plus qu’à Genève, il représente une importante part de la population votante.

 

La dette par habitant s’élève néanmoins à 35'000 francs (enfants compris) – en ne comptant pas l’engagement de recapitalisation des caisses de pension publiques. Elle est supérieure de 10'000 francs à celle de Bâle, et de 20'000 francs à celles de Zurich et Vaud. De ce fait, la CCIG signale qu’en raison de la crise, les hausses de salaires (quand il y en a), ne suffisent pas à compenser les augmentations des tarifs administrés par l’Etat. La classe moyenne est en première ligne et se retrouve sous pression. Le constat est accablant: le revenu réellement disponible des Genevois est le plus bas de Suisse (alors que les rémunérations sont parmi les plus élevées). 

 

Enfin, l’équilibre des recettes fiscales n’est pas garanti. Seuls 4% des contribuables disposant d’un revenu imposable supérieur à 200'000 francs contribuent à hauteur de 40% des recettes de l’impôt sur le revenu. Tandis que 45% des Genevois imposés contribuent à moins de 5% des recettes. Avec une imposition sur la fortune la plus élevée de Suisse (et même en comparaison internationale), et les récentes attaques des socialistes à l’encontre de certains modèles fiscaux établis (impôt d’après la dépense, bouclier fiscal), le risque de voir s’effondrer le fragile équilibre de cette pyramide est grand.

 

Malgré le projet de réformer l’Etat laissé dans les tiroirs du Département des finances par la libérale Martine Brunschwig  Graf, David Hiler n’a pas saisi l’occasion historique de changer la situation. Aujourd’hui, il convient de tirer certaines conclusions. Nul ne sait vraiment comment les fonds publics sont dilapidés aussi rapidement et au-delà des recettes disponibles. Les charges du canton sont-elles si importantes? Bien sûr, nous avons un hôpital universitaire, un aéroport international et bien d’autres infrastructures publiques. Mais nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. Zurich possède l’EPFZ, un aéroport plus important et une place financière tout aussi internationale qu’à Genève. Comment peut-il y avoir de telles disparités dans la gestion des finances publiques de ces deux cantons?

 

Il serait probablement bienvenu voire judicieux de se pencher davantage sur la question. En mandatant par exemple une entreprise externe chargée d’auditer l’Etat. Et que le rapport soit remis en main propre au procureur général, et non à l’Exécutif. Pour être en mesure de dessiner les contours du fonctionnement actuel de l’administration publique genevoise. Quelles sont les tâches de l’Etat? Que fait-il? Quels en sont les coûts? Avec la connaissance de toutes ces données, le Grand Conseil et le Conseil d’Etat seraient en mesure de débuter une grande réflexion sur les raisons d’être de l’Etat. Qu’est-ce qu’il doit faire, comment, avec quels moyens. Il y a peut-être des services dont l’utilité n’est pas démontrée. S’il est possible de les confier au secteur privé, l’Etat pourrait se rationaliser sans pour autant perdre de son efficacité. Bien au contraire.

 

Des solutions, il en existe sûrement plusieurs. Mais pour choisir laquelle privilégier, il faudrait commencer par lancer la discussion. Il ne suffit pas qu’une étude démontre l’incapacité de Genève à gérer ses finances publiques, cette réalité est malheureusement connue. Il faut porter le débat au sein de l’hémicycle. S’interroger sur les conséquences à tirer. Et mettre en place des politiques publiques qui soient adaptées. Pour l’heure, les citoyennes et les citoyens sont les dindons de la farce. Chaque année, ils contribuent à des taux parmi les plus élevés de Suisse. Pour lire ensuite dans les journaux qu’ils abreuvent un Etat incapable de ne pas dilapider les précieuses ressources qu’il reçoit de ses contribuables. Il ne s’agit pas seulement d’une discussion idéologique. Il faut exiger de la classe politique à Genève qu’elle prenne ses responsabilités. Et cesse instamment cette façon peu élégante de jouer à l’autruche. Il en va de la salubrité de nos finances. Et du bien être de l’ensemble de la population!

 

Grégoire Barbey

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15/06/2013

Plus proche du sol que de l'azur céleste

Coup de gueule, 14.06.13

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 Luc Barthassat. Le candidat au Conseil d'Etat subit les foudres de son propre parti. Il lui est notamment reproché de faire cavalier seul au détriment de son collègue Serge Dal Busco.

 

Mon confrère Raphaël Leroy révèle dans un article paru dans 20 minutes les tensions internes au sein du PDC à Genève. Luc Barthassat, conseiller national et candidat au Conseil d’Etat, se voit reprocher par la présidence et des membres du parti son attitude. Que lui reproche-t-on? De faire campagne. Oui, Luc Barthassat est candidat et désire être élu. Jusqu’ici, il n’y a pas de mal. Mais voyez-vous, il y a dans ce parti – ce que je dénonce depuis plusieurs mois déjà – une certaine nomenclature. Des clans qui luttent. Et donc, Béatrice Hirsch, présidente du PDC, ne trouve rien de mieux à faire que de s’en prendre à l’un des deux candidats. Celui qui, par sa liberté de parole et de pensée, fait craindre à la présidence la perte d’un instrument politique. Oui, si Luc Barthassat est élu, il agira d’abord en fonction de ses propres choix, et non nécessairement selon des décisions émanant d’en-haut. Quoi que ce haut, aujourd’hui, est plus proche du sol que de l’azur céleste.

 

A quatre mois du scrutin, la présidence sort déjà ses couteaux. On reproche aussi à Luc Barthassat d’avoir participé à l’ouverture du Bar à Whisky, le nouvel établissement des MCG Eric Stauffer et Carlos Medeiros. Un comble! Il y a donc des lieux qu’il convient de ne pas fréquenter pour ne pas déranger Madame Hirsch? Luc Barthassat ferait cavalier seul. Il a osé faire un tract individuel. En campagne électorale. Crime de baise-majesté. Quel drame. Mais qui donc reproche à Serge Dal Busco sa propension à se précipiter à tous les événements communaux pour poser en photo avec des personnalités locales? Personne! Et c’est normal: Dal Busco et Barthassat, même s’ils sont ensemble sur la liste du PDC, ne sont pas moins rivaux. Nous parlons de politique. De rapports de force. Il s’agit pour l’un et l’autre de convaincre le maximum de citoyennes et de citoyens.

 

Je suis totalement abasourdi par l’attitude de la présidence de ce parti. Plutôt que de réunir les candidats et ne pas prendre position pour l’un ou l’autre, celle-ci préfère tacler Luc Barthassat par voie de presse. C’est un comportement lâche et peu enclin à donner aux électeurs un sentiment de confiance dans un parti qui se mutile lui-même. Les deux candidats PDC ont de nombreuses qualités, certes différentes, certes propres, mais vouloir déjà s’en prendre à l’un d’entre eux pour maximiser les chances de l’autre, voilà une stratégie complètement ahurissante. Luc Barthassat dérange, même à l’interne de son parti. Et bien tant mieux: il n’en sera que meilleur conseiller d’Etat, parce qu’il ne se soumettra pas à la pensée dominante de son parti. Il agira en ministre, et non en instrument partisan. Aux citoyennes et citoyens de décider ce qu’ils préfèrent entre ces deux catégories de dirigeants. Pour le reste, Béatrice Hirsch serait bien avisée de se concentrer sur des problèmes plus importants que les tracts de l’un des candidats au Conseil d’Etat. Comme par exemple à la qualité de sa communication. Rendez-vous le 6 octobre!

 

Grégoire Barbey

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14/06/2013

Le double discours très pernicieux du MCG

Chronique, 13.06.13

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 Mauro Poggia. Même les prises de position du conseiller national MCG, pourtant beaucoup
plus consensuelles et nuancées, ne peuvent être totalement extraites du parti.

 

Certains membres du Mouvement citoyen genevois (MCG) me font souvent la même remarque: il ne faut pas faire d’amalgame entre les différents individus représentés au sein du parti. Si je suis d’accord sur le fond, j’ai plus de peine à admettre cet état de fait sur la forme. Oui, chaque membre a son caractère et ses idées. Le point de fixation, pour bon nombre de détracteurs du MCG, ne se situe pas exactement à cet endroit. Il s’agit plutôt du message véhiculé par le parti en tant que personne morale: les affiches, les brochures envoyées par courrier à tous les citoyens, et les diverses prises de position dans la presse et sur les réseaux sociaux. Concrètement, je n’ai vu aucun membre désavouer l’appareil de parti par rapport aux images qu’il transmet à la population.

 

Les symboles sont pourtant forts: entre une affiche qui promettait de «mettre un bon coup de balais (sic!)» dans Genève, les appels à la haine à l’encontre des frontaliers et les prises de position volontairement provocatrices, les exemples ne manquent pas pour démontrer que le discours de ce parti est porté vers l’émotion et non la raison. Pas sur tous les points, évidemment. C’est juste l’exploitation d’un créneau (celui du rejet de l’autre) qu’il convient de dénoncer. Et dès lors, un membre peut difficilement se dédouaner du message cultivé par le MCG, dont le fonds de commerce est essentiellement dirigé vers la promotion de l’emploi local. Une vindicte uniquement tournée à l’encontre des frontaliers, car dans les faits, je n’ai jamais vu une affiche remettre en cause l’arrivée de pendulaires à Genève. Ils ne font pourtant pas directement partie du canton, dans une logique de préférence locale, donc cantonale. Est-ce parce qu’ils ne traversent pas de frontière à proprement parler? La question demeure…

 

C’est donc difficilement justifiable de vouloir à la fois se revendiquer d’un message global (celui de l’appareil de parti) et de prôner la différence des opinions au sein du MCG. Non pas qu’il n’y en ait pas. Je précise bien ne pas douter de ce fait. Il faut simplement mettre l’accent sur une question de bon sens: si l’on prend sa carte de membre dans ce parti et pas un autre, c’est que le fond du discours principal – la colonne vertébrale si j’ose dire – séduit. Être membre du MCG, c’est accepter de porter sur soi la communication décidée par le parti. Et c’est difficile de s’en dédouaner totalement. Même Mauro Poggia, dont les prises de position sont souvent beaucoup plus consensuelles et surtout nuancées, ne peut pas s’extraire de la logique MCG. Il est navrant de voir de très bons éléments se mélanger avec des individus qui sont à l’extrême opposé. Lorsque je lis ce que je lis sur les réseaux sociaux de personnes se revendiquant du parti (et je ne parle pas des élus, en général), j’ai de la peine à distinguer les membres et le discours d’ensemble prôné par le parti. Je me dis, au fond de moi, que ses membres acceptent de revêtir un message particulièrement discriminatoire. Et rien que pour ça, je ne puis admettre ce double discours pernicieux. Quitte à déranger certains défenseurs de la veuve et de l’orphelin.

 

Grégoire Barbey

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