Gregoire Barbey

07/06/2013

L'instrumentalisation du peuple par la gauche

 Chronique, 07.06.13

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Pierre-François Unger. Le conseiller d'Etat en charge du Département de l'économie a rappelé
que l'égalité devant la loi présuppose que des situations différentes soient traitées différemment.


Aujourd'hui, en matière de fiscalité, les socialistes décident d'orienter les débats en passant par le Peuple. Très bien, nous sommes en démocratie et le sujet mérite probablement d'être tranché par le souverain. Je suppute néanmoins, derrière cette tentative de laisser s'exprimer la volonté populaire comme de preux chevaliers rouges, une volonté d'instrumentaliser la véritable complexité de ces questions pour laisser s'exprimer pleinement les pulsions d'indignation de l'ensemble des citoyennes et des citoyens en situation modeste. 

 

Il est évident qu'avec des arguments aussi émotionnels, ceux prônés par cette gauche moralisatrice qui veut imposer son dogme à toute la population, l'électeur moyen sera tenté de voter oui la suppression de certains systèmes fiscaux, fussent-ils importants pour la pérennité de notre économie. En fait, cette gauche arrogante et populiste arguera à tout va qu'il s'agit d'un traitement inégal, et que l'égalité devant la loi n'est pas respectée.

 

Or cet argument, à la fois fallacieux et totalement en-deçà du niveau que requiert un tel débat, ne porte pas le sujet là où il doit être: qu'est-ce que l'impôt d'après la dépense, et pourquoi existe-t-il? En Suisse, le bénéficiaire d'un tel mode d'imposition ne peut exercer en parallèle une activité lucrative sur le territoire helvétique. A contrario, au Royaume-Uni, les «resident non domiciled» peuvent tout à fait obtenir des revenus dans le pays (tout en étant taxé à la fois selon l'impôt d'après la dépense et sur les revenus engrangés sur le territoire).

 

Il n'est donc pas imaginable d'acquérir des revenus dans notre pays issus d'une quelconque activité lucrative lorsqu'on est imposé d'après la dépense. C'est pourquoi cette forme d'imposition, majoritairement utilisée en Suisse occidentale, est utile: elle permet à des individus fortunés exerçant des activités à caractère lucratif dans d'autres pays (et étant donc taxés là-bas comme tout un chacun) de s'installer en Suisse au bénéfice d'un système fiscal non-discriminatoire. Parce qu'il n'y a rien qui ne les oblige à venir dans nos contrées, y dépenser leur fortune ou leurs revenus.

 

C'est un statut spécifique pour une situation particulière. Ces étrangers peuvent très bien choisir d'autres lieux s'ils sont plus intéressants fiscalement. C'est tout à fait compréhensible. C'est donc vain de parler d'inégalité devant la loi. Comme le rappelait si justement le conseiller d'Etat en charge de l'économie à Genève, Pierre-François Unger, l'égalité devant la loi présuppose que des situations différentes soient traitées différemment. Et c'est bien de ça dont il est ici question. Il n'est pas acceptable d'argumenter en ce sens pour éveiller l'indignation au sein de la population. C'est un argument sophistique et totalement déconnecté de la réalité.

 

Mais une fois encore, il y a derrière ces nombreuses attaques contre le système fiscal suisse, une volonté de remettre en question l'ensemble du fonctionnement économique tel qu'il existe aujourd'hui. Passant par des démonstrations complètement abracadabrantes, certaines personnalités au Grand Conseil genevois ont pu motiver l'abandon de ces régimes fiscaux différenciés parce qu'un individu à Zurich, un seul, a été en mesure de contrevenir à la loi en matière d'imposition d'après la dépense. Aucune loi n'est infaillible, et cette gauche étatiste, dont la volonté affichée de légiférer chacun de nos faits et gestes est honteusement portée en diktat et en idéal sociétal, serait bien inspirée de le comprendre avant de transformer nos codes de lois en véritables recueils s'opposant à toute forme de liberté.

 

Il s'agira donc, lorsque le peuple suisse (et genevois) sera appelé à voter sur ces sujets, de démontrer de façon accessible tout en ne trahissant pas la réalité des faits ce qu'il convient de savoir sur ces aspects fiscaux. Ce sont des dossiers particulièrement compliqués, et tout porte à croire que la gauche fera en sorte de garder le débat à un niveau suffisamment bas pour que les bonnes questions ne puissent être posées. Et c'est bien cela, chers lecteurs, qu'il convient d'éviter en pareille situation!

 

Grégoire Barbey

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18/05/2013

Le Municipal et la rhétorique du ridicule

Chronique, 18.05.13

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Conseil municipal de la ville de Genève. A trop vouloir faire les singes,
nos représentants vont finir par en perdre totalement leur crédibilité.

 

Je l’avais bien entendu l’autre soir depuis ma place à la tribune presse du Conseil municipal: dans le brouhaha environnant, un élu MCG a menacé d’arborer des croix gammées sur son bureau en réponse aux affichettes de la gauche pour la journée internationale contre l’homophobie. On peut dire ce que l’on veut de l’attitude des élus socialistes et verts. Mais la réaction du MCG est tout simplement inacceptable. Outre ceux qui veulent absolument souligner le fait qu’aucune affiche n’a lieu d’être au sein de l’hémicycle, il est des mots que la démocratie ne peut souffrir. Et des maux dont elle doit impérativement se passer.

 

Il est tout bonnement intolérable d’entendre de telles revendications. Il ne s’agit pas de refaire l’Histoire, tout le monde connait la référence. Entre militer pour une cause qui vise à défendre une minorité discriminée et en appeler à arborer le symbole de l’intolérance et de la folie humaine, il y a un fossé. Ce qui s’est passé ce mercredi soir au Conseil municipal ne doit tout bonnement plus jamais se reproduire. Il en va et de la crédibilité de nos représentants, et du bon fonctionnement de nos institutions politiques. Lors de la prochaine session du Municipal, il va falloir prendre ses responsabilités. Aux élus de proposer un durcissement immédiat de la réglementation dans l’enceinte du parlement communal.

 

Je suis à titre personnel profondément déçu d’avoir assisté à une telle débâcle en direct. Comment ne pas comprendre les véhémences des citoyennes et des citoyens à l’encontre de la classe politique lorsque celle-ci s’adonne à la démonstration théâtrale la plus ridicule? Ce n’est pas en continuant à se comporter comme des enfants en bas âge que la population va avoir envie de voter. Et le pire, c’est que cette attitude délétère est adoptée par le parti qui dit vouloir donner un coup de pied dans la fourmilière. Messieurs-dames les conseillers municipaux, de grâce, captivez-nous par l’émulsion de votre rhétorique politique. Plutôt que de nous assommer de vos enfantillages et de votre incapacité à vous respecter mutuellement. Ce serait déjà un grand pas pour Genève.

 

Grégoire Barbey

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16/05/2013

L'Etat et la peine de mort: un mélange inacceptable

Chronique, 16.05.13

 

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Lorsque l'actualité révèle les crimes les plus odieux, prompte est l'avidité de la masse à sombrer dans les extrêmes. Sur les réseaux sociaux, l'indignation atteint son paroxysme. Voué aux Gémonies, l'assassin de Marie devient l'argument qui justifie aux yeux de certains (pas tous) la réintroduction de la peine de mort. Ce fardeau de l'humanité qui a fait couler tant de sang au nom d'une Justice divine. Justice qui est en réalité pensée et appliquée par des Hommes. Cette façon d'instrumentaliser des événements sordides pour se positionner en faveur du plus grand des crimes - celui qui est issu du consentement populaire - ne saurait en réalité résister à quelques arguments. Des penseurs en tout temps ont fait de la peine de mort un combat, un symbole de barbarie au sein même des institutions créées par et pour les Hommes. Comme le célèbre ouvrage de Victor Hugo, Le dernier jour d'un condamné, qui plutôt que de lister toutes les raisons de s'opposer vivement à cette pratique, se plonge dans la psyché d'un individu dont les heures sont comptées avant que sa tête roule au sol.



D'autres encore, comme Voltaire, ont préféré un coupable en liberté plutôt qu'un innocent six pieds sous terre, conséquence d'une vindicte populaire difficilement contrôlable. S'il faut respecter les émotions induites par les horreurs que certains de nos semblables commettent, il ne faut pas pour autant oublier de cultiver une certaine distance par rapport aux événements. Oui, la méchanceté et la folie, la perversité et l'incurie de certains ont matière à nous indigner. C'est même une preuve de bonne santé que d'éprouver du dégoût face aux actes les plus violents. Mais de grâce, ne tombons pas nous-mêmes dans le piège de la vengeance. Elle ne résout rien et ne fait surtout pas revenir les disparus. Donner à l'Etat, prolongement institutionnel du désir des Hommes de vivre en société, le droit d'octroyer à l'un de ses serviteurs la possibilité de choisir entre la vie et la mort de l'un de ses citoyens, c'est faire montre de peu de conscience. La Justice est un avatar du désir de sécurité qu'éprouvent les êtres humains. Mais est-ce sécurisant, un Etat qui fait couler le sang sous couvert de Justice?



La peine de mort est une atteinte à la raison, une dérive qui ne peut être ni permise, ni soutenue. Non qu'il ne faille comprendre la douleur qui consume les âmes meurtries par un crime. Mais par définition, le rôle de la Justice, faillible car appliquée par les Hommes, est de s'extraire du cadre strictement émotionnel et de décider selon certains principes érigés en lois, garantes d'une stabilité sociale. Il n'y a, à proprement parler, aucune excuse à l'individu qui tue ou viole. Et c'est à l'Etat que revient la tâche de condamner équitablement le criminel. Si ce même Etat condamne le meurtre et accepte qu'il y ait sous son autorité des individus qui puissent mettre à mort un être humain, comment croire en une quelconque Justice? Ne doit-elle pas justement s'élever au-delà des querelles humaines et agir pour le bien commun? Qu'il y ait aujourd'hui des carences dans le système pénal, ou dans l'application des peines, c'est possible. Mais il n'est tout simplement pas compréhensible de revenir à des pratiques séculaires et démocratiquement abolies pour palier à des manquements juridiques.



Que l'Homme qui condamne un individu à mort soit lui-même condamné pour meurtre par procuration. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: un crime légalisé, autorisé en tant que représentant de l'ordre étatique mais puni dans la vie civile. Ce n'est tout simplement pas justifié et justifiable. Aujourd'hui, l'Etat ne dispose plus de ce droit. Qu'il puisse atteindre à l'intégrité physique d'un individu ne peut être ni compris, ni toléré. L'Etat est un instrument au service de l'Homme. Il ne doit pas servir à tuer les êtres humains, mais leur permettre de vivre ensemble dans un cadre légal communément admis par le plus grand nombre. Et lorsque dérapage il y a, sa fonction est de sanctionner selon des peines adéquates. La privation de liberté est une mesure autrement plus désagréable pour le condamné, si la durée est suffisamment longue. La mise à mort est une punition absolutiste, mais n'a qu'une conséquence immédiate. Pour certains, mourir est préférable à une longue peine de prison. Doit-on abréger la sentance d'un criminel en lui infligeant la peine capitale? Mais là n'est pas le propos. Il est une réalité simple: l'Etat ne doit aucunement attenter à la vie des citoyennes et des citoyens. C'est une question de salubrité publique. Réintroduire la peine de mort, c'est autoriser les dérives les plus scandaleuses.

 

Grégoire Barbey

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11/05/2013

L'avenir du PDC à Genève est déjà en marche

 

Chronique, 11.05.13


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Sébastien Kaech. Le vice-président du PDC-Versoix a créé une page Facebook dédiée
à son amour de Genève. Elle a déjà atteint 27.000 personnes la suivant.


Les candidats du PDC au Grand Conseil à Genève sont 49. Parmi eux, seule une poignée sera amenée à siéger à la députation. Une dizaine, au maximum. Peut-être moins. Mais probablement pas plus. Il y aura donc une quarantaine de déçus. Qui seront-ils? Il est impossible de le dire aujourd’hui. Ce qui est néanmoins déjà constatable, c’est les quelques noms qui se détachent dans cette liste, et qui prêtent à espérer un renouveau. Ils ne sont pas les plus connus du grand public. Ce ne sont pas ceux qui sont invités aux cocktails des petits amis. Pourtant, ils sont visibles, à leur façon, et dans un périmètre non-négligeable. Ils s’investissent avec passion, se donnent les moyens de faire entendre leurs voix discordantes, celles-là même qui dérangent la présidence du parti, de Béatrice Hirsch à Pierre-François Unger, pour n’en citer que deux.

 

Cette présidence est l’incarnation d’une caste au sein du PDC: celle des notables, des vieilles familles genevoises ayant donné beaucoup pour ce parti. Rien d’horrible là-dedans, bien évidemment. Si ce n’est que cette aile conservatrice sent gentiment le vent tourner. Elle le sent que trop bien, et ces petits candidats très connus à l’interne du parti pour leurs positions souvent progressistes et novatrices ne sont pas sans poser un réel problème. Ils pourraient devenir dangereux. Ils sont l’avenir, et la vieille aile du PDC le sait que trop bien. C’est indéniable: tout parti, quel qu’il soit, évolue au fil des époques. Aujourd’hui, les démocrate-chrétiens, que ce soit à Genève ou ailleurs en Suisse, sont face à des changements cruciaux. Ils doivent repenser leurs positions. Se remettre en question. Sont-ils encore en phase avec leur électorat historique?

 

C’est justement ces quelques candidats qui se posent ces questions légitimes. Ils le font avec conviction, persuadés qu’ils doivent apporter des réponses aux citoyennes et citoyens qui votent pour eux. Et ils dérangent une élite qui pense avoir tout calculé depuis longtemps, et dont la remise en question, même partielle, condamnerait à la disparition définitive. Qu’en est-il alors? Les possibilités ne sont pas nombreuses. Les candidats du renouveau doivent être marginalisés. Ils seront inévitablement biffés, mis de côté, dénoncés, trahis. Et ils le savent pertinemment. Certains s’en inquiètent. D’autres feront avec.

 

Parmi ces nombreuses personnalités à même de changer la donne au sein du PDC, j’aimerais en citer quelques-uns qui ne me laissent pas indifférents dans leur approche politique: il y a Alia Mangeat, Sébastien Kaech, Jean-Charles Lathion, Alain de Kalbermatten, Sascha Gorokhoff (qui n’est malheureusement pas candidat à la députation), Luc Barthassat, et beaucoup d’autres encore. Ils sont toujours motivés, présents lorsqu’il s’agit de battre le pavé, d’expliquer aux autres les différents enjeux à venir. Ils sont partout, le sourire aux lèvres, l’enthousiasme et la conviction marqués sur le visage. C’est ces personnalités, dont les moins connues le deviendront au cours des prochains mois, qui méritent d’être interrogées sur l’avenir du parti. Et qu’importe les pressions à l’interne, les tentatives de sape, les stratégies pour faire taire les voix qui s’échappent du carcan présidentiel. Il n’y a qu’un seul conseil à prodiguer: apprenez à les connaître, ils le méritent! Rendez-vous au 6 octobre.

 

Grégoire Barbey

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07/05/2013

Chant du cygne pour un maire amer

 

Chronique, 07.05.13

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 Iles de la Rade. Le bar est géré par le Fonds d’aide internationale au développement (FAID).
Mais il pourrait bien devoir fermer boutique suite au succès du recours de la Ville de Genève.

 

La Tribune de Genève annonçait hier sur son site internet le succès du recours de la Ville de Genève contre les Iles de la Rade, une installation éphémère où il était possible de venir pendant l’été consommer quelques rafraichissements et se remplir la panse. Grâce à Rémy Pagani (actuel maire de la Ville de Genève et instigateur de cette opposition), les Iles de la Rade ne pourront probablement plus obtenir d’autorisation pour s’établir sur leur lieu de prédilection. La raison? Rémy Pagani, dans sa grande bonté, veut «restituer l’espace et les vues aux promeneurs» et «réduire l’encombrement de la rade». Il serait essentiel de lui faire remarquer que le Jardin anglais, là où sont normalement installées les Iles de la Rade, n’est pas le lieu le plus adapté pour se délecter de la vue sur le Léman.

 

Sans compter qu’en faisant disparaître ce lieu de réjouissance éphémère, cela prive bien des citoyens (et autres touristes) d’un endroit accessible à tous les portemonnaies, qui soit à la fois agréable et convivial, et adapté à la saison de l’été. A chaque jour ensoleillé, les Iles se remplissaient à vue d’œil. Il va sans dire qu’elles répondaient à une demande des citoyens. Les en priver, c’est nier un besoin légitime: celui d’avoir des lieux agréables et originaux où se reposer, se libérer l’esprit et passer du temps loin des turpitudes du quotidien. Parce qu’à Genève, il n’est pas exagéré de dire que les lieux où sortir se réduisent comme peau de chagrin.

 

Cette propension à vouloir limiter l’attractivité festive du canton semble être un long travail de sape. Il suffit de prendre le train les vendredis et samedis soirs pour réaliser que des centaines de jeunes quittent Genève pour aller s’amuser ailleurs. Notamment à Lausanne. Mais l’inverse n’est pas vrai: ils ne sont pas bien nombreux à venir à Genève le week-end…

 

Rémy Pagani n’en est pas à son premier coup. Récemment encore, il se ventait dans le Matin Dimanche (28.04.13) – et sur une double page –, de multiplier les recours contre les constructions en Ville de Genève. Selon lui, il s’agit de prendre des décisions dans l’intérêt des citoyens. Il serait bien inspiré de comprendre qu’en moyenne à Genève, il faut entre 8 et 18 ans pour mener à bien un projet immobilier. Comment ne pas s’étonner ensuite de la hausse des prix, et de la contraction des logements vacants dans de telles conditions? Il faut bien amortir les coûts d’une façon ou d’une autre. Et plus le projet met de temps à se concrétiser, plus les loyers (ou les prix à l’achat) augmenteront significativement. C’est un basic…

 

Mais qu’à cela ne tienne, si Rémy Pagani nie la réalité, c’est son droit le plus strict. Il faudrait simplement lui rappeler quelques fondamentaux. Vouloir faire le bien des autres sans qu’ils n’aient rien demandé peut parfois avoir du bon. Sauf que le plus souvent, ces décisions n’améliorent en rien la qualité de vie du plus grand nombre. Bien au contraire. Alors, cher Monsieur Pagani, merci de penser aux badauds qui vagabondent sur les quais durant tout l’été. Mais la prochaine fois, demandez-leur s’ils apprécient un lieu sympathique sur le lac qu’ils aiment tant regarder pour étancher la soif qui les saisit après de longues ballades. Vous verrez, vous pourriez être étonné.

 

Grégoire Barbey

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06/05/2013

Eloge du respect en politique

 

Chronique, 06.05.13

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MCG. La nouvelle affiche de campagne pour l'échéance
des élections cantonales le 6 octobre prochain.

 

Les interactions sont nombreuses en politique. C’est un domaine où les idées sont propres à chacun. Certains en partagent quelques-unes, voire la majorité, d’autres en sont à l’exact opposé. Il n’empêche que derrière le discours et l’idéologie, il y a des êtres humains. Et c’est justement ça qu’il ne faut jamais oublier. Même dans l’émulsion des grandes confrontations. Dans les croisements de fer, où chacun veut avoir le dessus sur son adversaire. Il s’agit de garder à l’esprit qu’en-dehors des grands axes qui nous tiennent à cœur – pour certains, l’important est la place de la femme dans la société, pour d’autres, c’est la valeur des traditions, etc. –, il y a de nombreux sujets où nous sommes en accord avec la quasi-majorité de nos semblables.

 

Il suffit pour démontrer cette réalité de comparer les résultats de son smartvote. Mettons que vous soyez profondément de gauche et que le simple fait d’évoquer l’UDC vous colle de l’urticaire. Eh bien, regardez le pourcentage de réponses similaires d’un membre de ce parti que vous n’aimez guère. Même si vos points communs sont inférieurs à 50%, ils existent. Et démontrent qu’il y a toujours des sujets qui nous unissent. On a tendance à le nier, ou à l’ignorer, parce qu’il semble plus correct de se persuader qu’on ne partage rien du tout avec quelqu’un pour mieux le détester. Et pourtant…

 

Le respect, en politique comme ailleurs, est fondamental. Il s’agit de toujours être à l’écoute des autres. De se porter volontaire pour aller à la rencontre de ces personnes qui pensent différemment de nous. Il y a toujours des raisons, même si elles nous échappent a priori. Et c’est justement ça tout l’intérêt: sortir des sentiers battus. S’ouvrir à des horizons nouveaux. Les autres ne sont pas l’enfer, comme l’a jadis écrit Jean-Paul Sartre. Ils sont un tous l’expression d’un univers individuel, riche et puissant, grand et diversifié, qui peut toujours nous apporter quelque chose. Je suis intimement convaincu qu’on a toujours quelque chose à apprendre de nos semblables. Quand bien même tout semble nous séparer. Il faut simplement savoir mettre de côté ce qui nous divise pour mieux cerner ce qui nous rapproche.

 

Ce n’est pas de l’angélisme, mais un simple constat. Et je remarque trop souvent que le respect n’est pas mis en pratique, d’une façon ou d’une autre. Dernièrement, j’ai été particulièrement choqué par l’affiche de campagne du MCG, sur laquelle figure: «Les ennemis des Genevois. Frontaliers, assez!». C’est particulièrement grotesque et inapproprié. Ce ne sont pas les frontaliers qui sont les ennemis des Genevois. A la rigueur, ce sont des décisions politiques qui ont des répercussions (encore que, ça reste à prouver) négatives sur l’emploi à Genève. Mais jeter en pâture des milliers d’individus qui n’ont, pour la plupart, que le désir de nourrir leur famille de façon décente et dans des conditions salariales acceptables, c’est un excès que je ne puis accepter. C’est opposer les citoyens entre eux. Au-delà des frontières qu’ils traversent quotidiennement pour venir travailler à Genève, ces gens ont des sentiments, des émotions, des projets et des idées. Ils ont chacun une richesse dont on ignore la portée mais qui existe. Et c’est nier cette particularité que de les mettre dans la case «ennemis».

 

Encore une fois, ce n’est rien d’autre qu’un coup marketing. Ce n’est pas bien compliqué de comprendre les motivations des frontaliers qui viennent travailler en Suisse. Nous ferions exactement pareil si nous étions à leur place. La question qui s’impose, c’est comment limiter cet effet (s’il est vraiment négatif). Ce n’est pas de montrer du doigt. A quoi bon? Espérer qu’un jour un Genevois cède à l’émotion et tue un frontalier? C’est le but? Je ne peux pas considérer comme acceptable de jouer avec les sentiments des citoyens. Parce qu’au fond, ces gens sont comme nous. Et méritent le respect. C’est important de ne pas céder aux sirènes de la haine et d’être ouvert aux autres. Je le répéterai toujours, quitte à être rébarbatif, politiquement correct ou simplement ennuyant. Parce qu’il s’agit là d’une valeur qu’il convient de partager universellement, quelle que soit notre idéologie, notre religion ou même notre culture. Un point c’est tout.

 

Grégoire Barbey

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14/03/2013

La Cour de Justice joint les deux recours contre l'IN146

15h24. La Cour de Justice (Genève) a décidé de joindre les deux recours déposés contre l'IN146 (contre la hausse des tarifs TPG). Les auteurs sont respectivement Daniel Zaugg et le Parti Pirate. De nombreuses personnalités s'étaient prononcées contre la décision de recourir, la jugeant scandaleuse et anti-démocratique. Pour l'heure, il n'est pas possible de savoir si la procédure aboutira.

Développement suivra probablement.

Grégoire Barbey

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16/02/2013

Face à la répression et l'absence de liberté: la fuite

 

La politique liberticide à Genève causera l’inévitable fuite des jeunes cerveaux vers des horizons plus festifs et surtout moins restrictifs. L’avenir à la fois politique et économique d’une région réside dans la qualité de sa jeunesse. Mais la récente décision du Service du commerce (refuser à 28 bars la permission d’ouvrir jusqu’à deux heures du matin) ne fait que confirmer une réalité immanente à la mentalité genevoise: une incompréhensible fermeture d’esprit envers tout ce qui peut exprimer une quelconque forme de joie et de festivité. Le calvinisme règne en maître. Le dimanche, les stores sont fermés, les citoyens ne sortent pas ou peu. Tout le contraire des Espagnols, par exemple. Punir l’ensemble des acteurs de la vie nocturne à Genève revient à condamner le canton à une population toujours plus vieillissante, les jeunes s’évadant à Lausanne. Ville d’ailleurs éminemment réputée et attractive pour ce qui est des festivités nocturnes.

 

Toute obstruction à la liberté des êtres humains entraine nécessairement des conséquences sociétales, qu’elles soient rapidement identifiées ou longtemps ignorées. Certains feignent de les constater par lâcheté. La frustration n’apporte jamais des résultats positifs pour toutes et tous. Il n’est pourtant pas question ici de nier la légitime réaction des citoyens qui se plaignent du bruit. Mais ces déconvenues ne sont pas le fait de toutes celles et ceux qui sortent et vont dans des bars. En vérité, toute restriction est une solution inadaptée à la situation, et démontre le manque de réflexion des pouvoirs publics censés garantir le respect des libertés.

 

«La politique sociale à Genève n’est toujours pas sortie du schéma de la répression face à tout désagrément.»

 

La démagogie de ces vieux de la vieille, qui eux aussi furent jeunes à leur époque et qui ont d’ailleurs connu les années fastes de la vie nocturne genevoise il y a trente ans, impliquera malheureusement des conséquences évidentes sur la fuite des jeunes cerveaux. Parce qu’il n’est pas démontré qu’un jeune s’expatriant hors de Genève revienne ensuite s’y installer pour travailler après ses études. Quitter la Cité de Calvin pour un autre canton, c’est découvrir une richesse méconnue dans la possibilité de jouir de sa liberté. Toute proportion gardée.

 

S’il faut relativiser cette décision, elle permet malgré tout d'émettre deux constats: la politique sociale à Genève n’est toujours pas sortie du schéma de la répression face à tout désagrément; et il n’y a visiblement aucun ministre pour venir remettre un peu d’ordre dans cette gabegie qui dure depuis trop longtemps déjà. Punir tout le monde, c’est prendre le risque de perdre ceux qui se sentent injustement spoliés de leur liberté de vivre. Et de profiter de leur temps libre. Doivent-ils se sentir heureux dans une ville où il n’est pas possible de s’amuser lors de ses jours de congé? A chacun de répondre selon sa conscience. Remarquons tout de même le manque profond de réflexion de cette décision, qui causera inévitablement une érosion de la satisfaction des jeunes à Genève. Érosion qui, il faut le souligner, a commencé il y a déjà quelques années. Peut-être serait-il bon de rappeler aux technocrates et autres adeptes de la justice punitive qu’ils ont été jeunes aussi un jour.

 

Grégoire Barbey

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07/03/2012

Au pays de Genève, les clowns seront Rois

 

Les sujets de Genève semblent s'être lancés dans un concours pour le moins tendancieux. Mêlant originalité et culot, les candidats au titre de bouffon du Roi sont descendus dans l'Arène !

Aux dernières nouvelles, l'actuel meneur, Éric Stauffer, a cédé sa place à un participant qui s'est officiellement déclaré par une pirouette surprenante, bien que quelque peu brutale et discutable : Éric Dougoud a entarté Micheline Calmy-Rey, ex-conseillère fédérale, dans le cadre du Festival du film et forum international des droits humains (FIFDH) face à de nombreuses caméras journalistiques.

Toutes ces clowneries sont rocambolesques, mais apparemment, celles-ci ne font pas l'unanimité ni au sein de la République et Canton de Genève, ni dans le reste de la confédération helvétique.

Pour Berne, les genevois sont une catastrophe.

Néanmoins cela ne freine aucunement la détermination et l'ardeur de nos candidats à l'élection du bouffon du Roi, et celui-ci sera désigné après une dure bataille, où saltimbanques et rigolos auront exhibé tout ce dont ils sont capables, pour rejoindre une place lorgnée par de nombreux participants.

Les paris sont ouverts, reste à savoir qui aura l'audace de placer la barre plus haute qu'elle ne l'est déjà !

Que continuent les jeux du Peuple et que le meilleur l'emporte !

 

Grégoire Barbey

 

Une image pour illustrer ce que vivent les conseillers nationaux genevois à Berne depuis quelques temps

 

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02/03/2012

L'infernale spirale du Pouvoir

Enfin ! Pierre Maudet a répondu aux sirènes de l'échec. Il est le seul radical susceptible de prendre un siège aux Libéraux... Mais pas en 2012 !

C'est son goût du Pouvoir nourri par une ambition légitime qui a facilité sa décision, sans doute après avoir consulté ses mentors, GOG et le Régent de Martigny.

Et ce calcul est imparable : l'élection d'un socialiste le 17 juin lui sera pardonnée. Il a eu le courage de défendre sa famille ! Probablement qu'elle lui en aurait voulu s'il n'avait pas pris cette initiative. Mais Maudet restera à son poste de Maire de la Ville de Genève, en tout cas pour l'instant.

Et ainsi, le Super Gouverneur pourra se délester de l'OCE sur un socialiste...

Grégoire Barbey

(L'idée de cet article était initialement parue sur un autre blog, du fait de sa supression, je le publie ici, en accord avec l'auteur.)

19:03 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, plr, pierre maudet, libéraux, maire, genève, ville, élections |  Facebook | | | |