Gregoire Barbey

31/10/2013

Denis Menoud: démission immédiate!

Chronique, 31.10.13

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Denis Menoud. Le conseiller municipal MCG s'est à nouveau illustré
par des propos totalement inacceptables pour un élu du peuple.

 

Les propos du conseiller municipal en Ville de Genève Denis Menoud sont totalement inacceptables. Mercredi soir, durant le débat sur la naturalisation (pour savoir si la commune devait abandonner ou non sa prérogative en la matière), l’élu du Mouvement citoyen genevois (MCG) s’est permis des largesses verbales qui prêtent plutôt à pleurer qu’à rire. Parlant de la naturalisation, il s’est en est pris à une collègue siégeant sur les rangs de la gauche en ces termes: «taisez-vous Madame la naturalisée», «retournez à Belleville si vous n'êtes pas contente», «retournez avec la caillera des quartiers français», «rends ton passeport Vera Figurek». Il n’en est pas resté là. Il a traité ses collègues de traître à la nation, d’hypocrites et j’en passe.

 

Autant de mots employés qui n’ont pas vocation à être ainsi formulés dans un hémicycle. Les élus du peuple sont censés y travailler pour le bien commun, et non pour stigmatiser telle ou telle personne. Cette attitude, qui n’est pas la première dérive de M. Menoud, est contraire non seulement à la bienséance et au respect dû aux citoyens, mais également au Code pénal suisse. Les injures et la xénophobie ne sont pas tolérées par la loi. L’intéressé est coutumier de ce genre de bassesse et continuera tant qu’il ne sera pas démis de ses fonctions. C’est pourquoi je demande ici sa démission sans plus de cérémonie.

 

Et le président du MCG, en la personne de Roger Golay, doit également prendre ses responsabilités et imposer la sanction adéquate à un tel comportement. On ne peut pas à la fois s’excuser des propos tenus contre les frontaliers et tolérer les exclamations ordurières d’un membre de son propre parti. D’autant qu’à la suite de cet épisode, de nombreux adhérents ont tenu à s’en distancer (à raison) sur les réseaux sociaux. Accepter qu’un tel individu continue à siéger et à mettre en cause la crédibilité du MCG, c’est assimiler des personnes honnêtes à un véritable clown préférant l’invective au débat d’idées.

 

Par ailleurs, je noterai encore un détail: l’absence de réaction proportionnée de la part du président du Conseil municipal, Pascal Rubeli. A quelques reprises, il a tenté de l’empêcher de parler, mais sans grande conviction. Pire, il souriait face à cette débâcle. Plutôt que de s’affirmer dans son rôle et d’expulser Denis Menoud pour son vocabulaire et son attitude, il a laissé dire, faisant mine de s’y opposer, des vilénies qui insultaient de nombreux élus du peuple. De ce point de vue là, j’estime que le président du Conseil municipal devrait rendre des comptes quant à cet abandon de circonstance. On ne peut pas prétendre diriger un hémicycle si l’on laisse se tenir des scènes pareilles. Sous l’œil, je le rappelle, des téléspectateurs de Leman Bleu. Car oui, Mesdames et Messieurs, toute cette pagaille est filmée. Une fois encore, Genève se distingue en mal. Bravo.

 

Grégoire Barbey

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19/10/2013

Un paysan au gouvernement? Pourquoi pas!

Chronique, 19.10.13

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Luc Barthassat. Le candidat PDC pour l'élection au Conseil d'Etat le 10 novembre
est souvent critiqué pour son parcours scolaire atypique et ses capacités intellectuelles.

 

Je vais vous confier ce que j’ai entendu tout au long de cette campagne pour le Conseil d’Etat. J’ai suivi au plus près l’ensemble des élections. Chaque week-end, je me suis rendu sur les stands, ai participé à la plupart des événements électoraux. J’ai rencontré des dizaines de candidats et de militants. De toutes les tendances. Mais un détail m’a frappé particulièrement: c’est le mépris de certains pour la candidature au Conseil d’Etat du PDC Luc Barthassat. J’ai eu le droit au même refrain à maintes reprises. «Ce n’est qu’un paysan», chantent-ils en chœur.

 

«Il n’a pas les compétences nécessaires», «il est gentil mais n’a pas l’intelligence requise», «il n’est bon qu’à défendre les chats au Conseil national», etc. Tout ça, je ne l’invente pas. Je l’ai entendu des dizaines de fois. Le point commun entre les différentes personnes qui m’ont tenu ce discours, c’est leur appartenance à la classe politique. Ou aux médias, pour d’autres. Luc Barthassat dérange beaucoup dans le microcosme genevois. Je n’ai, tout au long de cette campagne, jamais caché mon amitié pour l’agriculteur. Je ne prétends pas à l’impartialité, car je donne mon opinion. Certains me le reprochent. Je l’assume.

 

Mais dans le cadre des élections, tout ce mépris qui lui a été adressé, toute cette haine envers ceux qui n’ont pas de titres universitaires, qui n’ont pas un parcours traditionnel, je peux vous le dire sans fard: cela m’a profondément dégoûté. Oui, Luc Barthassat n’a pas le profil d’un licencié en droit ou en sciences politiques. Dyslexique, ses fautes d’orthographe sont nombreuses, notamment sur les réseaux sociaux où il est très actif. Tout ça, on peut bien évidemment le lui reprocher. C’est l’image qu’il renvoie et il en est responsable. S’arrêter cependant à ces seuls critères est bien malhonnête.

 

J’étais hier soir à la fondue qu’il a organisée pour la Saint Luc. Près d’une centaine de personnes de tous horizons. Pas seulement des politiciens. Des gens du peuple qui le suivent. Ses amis. Sa famille. Et surtout les quatre autres candidats sur la liste en compagnie de Luc Barthassat. Pierre Maudet, Isabel Rochat, François Longchamp et Serge Dal Busco: ils sont tous venus. Il n’y a pas eu de grands discours. Luc Barthassat n’en a pas profité pour faire sa publicité. Ceux qui étaient là, pour la majorité, sont déjà acquis à sa cause. Il peut bien n’être qu’un «paysan», il y avait à sa fête plus de personnes qu’à l’événement officiel de l’Entente. C’est dire s’il force le respect.

 

Il a ses défauts, c’est indéniable. Surtout des défauts pour ceux qui veulent avoir des têtes qui ne dépassent pas au gouvernement. Luc Barthassat n’est probablement pas de ceux qui se plient sans lutter. Il n’est pas non plus prévisible: il a cette fougue qui le caractérise. Je n’irai pas jusqu’à dire être convaincu par tous ses combats politiques. Sa volonté d’instaurer un quota de musiques suisses radiodiffusées ne m’a pas spécialement séduite. J’y suis même plutôt opposé. Mais Luc Barthassat a indéniable qualité: sa proximité avec les gens. Accessible, il ne donne pas l’impression d’être membre d’un groupe fermé. D’autres se donnent des airs de grandeur là où le candidat PDC est lui-même, avec tout ce qui le caractérise, des défauts aux qualités.

 

Ce lien qu’il a avec la population, c’est justement ce qui manque indiscutablement au Conseil d’Etat de la législature qui s’achève. Cette impression de n’avoir que des gestionnaires, des dirigeants que l’on n’aperçoit qu’aux événements officiels et lors des campagnes électorales, ce n’est pas un bon point pour notre politique de milice. Je ne sais pas à ce jour si Luc Barthassat fera un bon travail s’il est élu. Je sais néanmoins qu’il donnera le meilleur de lui-même pour améliorer la situation à Genève, quel que soit le département dont il aura la charge. Peut-être me trompé-je et il n’a pas les épaules pour. Ce dont je doute. Mais ce n’est pas en le dénigrant qu’on atteindra le but communiqué par l’Entente: placer les cinq candidats de la liste au Conseil d’Etat.

 

Luc Barthassat s’investit pleinement dans ses engagements politiques. Qu’on ne l’apprécie pas ou qu’on le trouve stupide – chacun est libre de le penser –, il faut tout de même le respecter. Il en va de même pour les autres candidats, toutes tendances confondues. Cracher son venin sur lui parce qu’il n’appartient pas au petit monde bourgeois de la Genève introvertie, c’est proprement indigne. Luc Barthassat échouera peut-être dans ses fonctions. Je ne lis pas l’avenir. Mais je crois qu’il ne faut pas s’arrêter à son parcours scolaire, à ses capacités intellectuelles ou à son apparence folklorique. Qu’il soit paysan ou roturier, la Suisse est composée de politiciens issus du peuple. Il a donc toute sa place au gouvernement, si c’est le choix du peuple. Comme l’a été en son temps Adolf Ogi au Conseil fédéral. Et qui n’a pas non plus démérité malgré son parcours atypique.

 

Grégoire Barbey

16:35 Publié dans Elections du 10 novembre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | | | |

L'Etat au service de sa Sainteté Pierre Maudet

Chronique, 19.10.13

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Pierre Maudet. Le conseiller d'Etat en charge de la Sécurité multiplie les effets de manche
pour asseoir son autorité sur l'ensemble de ses adversaires politiques. Sans distinction.

 

L’Etat de Genève devient une véritable machine à renseignements. Pierre Maudet, le conseiller d’Etat en charge de la Sécurité, multiplie les enquêtes administratives, les audits internes, et verrouille la communication au sein de son département. L’une des caractéristiques que le candidat sortant au gouvernement met en avant pour sa campagne, c’est son «sens de l’Etat». Pierre Maudet, fils du radicalisme, voit de bon œil une administration publique toute puissante, capable d’épier les moindres faits et gestes des adversaires d’une certaine caste, celle des dirigeants politiques aux commandes de l’Etat. Tout ce qui peut nuire à l’image du benjamin du Conseil d’Etat est impitoyablement attaqué.

 

Thierry Cerutti fait maintenant l’objet d’une «intention d’enquête administrative à son encontre». L’information, révélée par l’Agence Decaprod, démontre clairement la ligne stricte de Pierre Maudet. Il est notamment reproché au député-gendarme MCG d’avoir parlé en tant que policier sur Leman Bleu. Hasard du calendrier, l’interview de Thierry Cerutti est survenue un jour après le débat opposant le ministre de la Sécurité à Eric Stauffer. Ce dernier avait mentionné l’existence d’articles de presse mettant en cause Pierre Maudet et qui restaient bloqués dans la rédaction d’un journal*.

 

Pierre Maudet ne peut accepter qu’il y ait le moindre détail qui lui échappe. Son désir de tout contrôler vire clairement à l’obsession, et plus le temps passe, plus le ministre démontre qu’il ira toujours plus loin. Le limogeage régulier de hauts fonctionnaires pour ne pas remettre en question son autorité politique, les messages internes qui demandent de ne pas communiquer sur certains sujets, les tentatives de deal avec les journalistes pour ne pas parler de certains chiffres ou détails, tout y passe.

 

Dernièrement encore, à une réunion où les représentants de la presse étaient conviés pour donner leur impression par rapport à la communication du Département de la Sécurité (DS), Pierre Maudet a bien fait comprendre qu’il voulait être maître de la situation. Absolument rien ne doit lui échapper, et l’Etat-Maudet se transforme en une véritable prison. Le domaine pénitentiaire, habituellement réservé aux seuls délinquants, s’étend à l’ensemble des potentiels éléments perturbateurs de l’hégémonie Maudet.com. Impossible de s’opposer à son autorité: si vous n’êtes pas avec lui, c’est que vous êtes contre lui.

 

A trop vouloir empêcher les informations de sortir, Pierre Maudet finira par se tirer lui-même une balle dans le pied. Tous les ministres font des erreurs, c’est humain. Mais Pierre Maudet a le souci des détails. Il veut être irréprochable. Or, plus il tente de contrôler les opinions, les métiers des autres, les discussions, plus il irrite des gens autour de lui. A tel point qu’il finira par être davantage détesté par ses pairs, même en faisant de l’excellent travail, alors qu’il pourrait tout simplement s’octroyer le bénéfice de l’erreur. Plus il repousse l’échéance, et plus les dommages seront lourds lorsqu’une faille éclatera dans sa gestion politique. Il peut bien avoir une haute opinion de ses talents indéniables de communicateur, il finira inévitablement par commettre un impair qui lui causera du tort.

 

Si la population, moins initiée aux arcanes du pouvoir, peut être plus facilement manipulée par des effets d’annonce, ou lorsque Pierre Maudet change ses fusibles d’épaule, ceux qui côtoient ce milieu de près – politiciens et journalistes – ne sont pas dupes. On connait tous les méthodes employées par le ministre de la Sécurité. Ce sont des techniques vieilles de plusieurs siècles. Elles ont fait leurs preuves et il les utilise avec brio, sans aucun doute. Mais en verrouillant absolument tout, il oppresse bien des egos. Et ceux-ci sont à l’affût, attendant dans l’ombre, prêts à frapper dès que l’occasion se présentera. A ce moment-là, Pierre Maudet aura eu beau se protéger par mille et un subterfuges, il sera bien obligé d’affronter ses propres limites. Souhaitons-lui que le réveil ne soit pas trop douloureux.

 

Grégoire Barbey

 

*Nom connu de l’auteur

01:50 Publié dans Elections du 10 novembre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | | | |

11/10/2013

Cour des comptes: l'absence d'indépendance

Chronique, 11.10.13

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François Longchamp. Le ministre en charge de l'Urbanisme a joué un rôle plutôt flou
dans le scandale de la Cour des comptes. Qui est censée être indépendante de l'Etat.

 

Le déménagement en catimini de la Cour des comptes, révélé par l’Agence Decaprod, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Je n’ai pourtant pas lu à l’heure actuelle une véritable analyse des événements dans les médias. La Cour des comptes a effectivement doublé son loyer, laissant courir le précédent dont le bail ne peut être encore résilié cette année. Le premier réflexe en apprenant l’information est évidemment l’indignation. Comment ne pas être estomaqué d’une aussi peu scrupuleuse gestion des deniers publics? Oui, mais à bien y regarder, des questions se posent. La réaction de François Longchamp, conseiller d’Etat en charge du Département de l’urbanisme, ne s’est pas faite attendre. Le lendemain, le ministre faisait part de son étonnement qu’un organe puisse se comporter ainsi alors qu’il «donne des leçons à la Terre entière».

 

Il n’aura pas échappé à l’observateur aguerri que cette théâtralisation n’est pas anodine. Tout d’abord, qui a orchestré la fuite? Selon Frédéric Hohl, président de la Commission des finances – que j’ai contacté après avoir reçu l’information –, la confidentialité du courrier de la Cour des comptes annonçant le déménagement de son service à la rue du Rhône a duré moins de deux heures. Ce que nous savons, c’est que l’Etat n’a proposé qu’une option à la Cour des comptes, qui l’a jugée insatisfaisante. Le président de cette dernière, François Paychère, en a expliqué les raisons sur le plateau de l’émission Genève à Chaud: les locaux proposés manquaient de discrétion pour la réception de ceux qui viennent dénoncer d’éventuelles mauvaises gestions de services de l’Etat. La possibilité d’archiver correctement et confidentiellement les documents de la Cour n’était pas garantie.

 

Plusieurs éléments me font grimacer: la Cour des comptes est censée être un organe indépendant de l’Etat. Le Bureau du Grand Conseil en est l’autorité de surveillance. Que l’Etat intervienne délibérément, par le biais de François Longchamp – directement concerné puisque son département devait aiguiller la Cour et lui proposer des locaux admissibles –, pour exiger d’un organe indépendant de l’Etat qu’il réintègre ses locaux séance tenante (ou que François Paychère le paie de sa poche) est proprement discutable. Il est évident que l’attitude de la Cour des comptes était cavalière. Signer un contrat de bail est, selon les deux avis de droit obtenus par la Commission des finances, impossible pour l’organe. Pourquoi donc la Cour des comptes doit-elle s’embarrasser de la signature de l’Etat pour disposer des locaux dont elle a besoin? Le seul élément auquel elle devrait être soumise, c’est le budget de fonctionnement lui étant alloué. A partir de là, l’Etat ne devrait même pas avoir son mot à dire.

 

Cette ingérence de François Longchamp pose donc la question suivante: était-ce délibéré de pousser la Cour des comptes à déménager d’elle-même pour ensuite monter le scandale en épingle? Les plus naïfs répondront bien évidemment non. Mais vous comprendrez que je ne partage pas cette grille de lecture. En agissant ainsi, le chef du Département de l’urbanisme décrédibilise les magistrats actuels. Il n’aura d’ailleurs pas fallu longtemps au Mouvement citoyen genevois (MCG) pour demander leur révocation immédiate. Quand une porte s’ouvre, le MCG aime s’assurer qu’elle soit bien enfoncée. Je ne démordrai pas que cette affaire n’est pas une dérive institutionnelle mais politique. Nous ne connaissons pas encore les tenants et aboutissants de l’affaire. Subsiste néanmoins de mon côté une grande réserve quant à la responsabilité de François Longchamp dans cette mascarade.

 

Plutôt que de demander la tête des magistrats, nos politiciens devraient plutôt s’interroger sur la logique de la Cour des comptes en tant qu’organe indépendant de l’Etat si ce dernier peut interférer dans ses décisions existentielles. A mon sens, la démonstration de François Longchamp est beaucoup plus grave que ne l’est la signature d’un bail à loyer lorsque les services du conseiller d’Etat n’ont (volontairement ou non) pas menés à bien leur rôle. Si l’on peut bien sûr considérer l’attitude la Cour des comptes comme inadéquate, on peut également se demander pourquoi François Paychère n’a pas saisi la presse pour faire part de ce blocage. En procédant ainsi, la situation aurait probablement été inverse. Pour l’heure, c’est François Longchamp qui mène le bal, et si personne ne creuse véritablement l’affaire, les questions posées plus haut ne trouveront jamais de réponse. Et ce serait bien dommage que la Cour des comptes soit ainsi inféodée à l’Etat, quand sa mission lui commande justement d’en être indépendante.

 

Grégoire Barbey

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08/10/2013

Michèle Künzler: exégèse d'un échec

Chronique, 08.10.13

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Michèle Künzler. La magistrate verte a connu un retentissant échec populaire dimanche.
Elle s'est retrouvée en dix-septième position des candidats avec un peu plus de 9000 voix.


La politique est un monde en soi. Avec ses règles. Ses illusions et surtout sa réalité. Sa compréhension échappe à la majorité. Non pas que cette dernière soit particulièrement stupide. Mais parce que la politique est affaire d’ego, de convictions, de rapports de force. Et tout est fait, absolument tout, pour la rendre ésotérique. Ses acteurs ont tout intérêt à la maintenir éloignée du commun des mortels. Les citoyens n’existent qu’une fois les mandats remis en jeu. La démocratie est un éternel recommencement. Pour certains, le contrat passé avec le peuple est fructueux. Pour d’autres, il s’arrête brutalement. Et laisse bien souvent un goût amer. Michèle Künzler, conseillère d’Etat en charge du Département de l’intérieur, de la mobilité et de l’environnement (DIME), en a fait l’expérience dimanche.


Persuadée d’avoir fait de son mieux – et nous n’en doutons pas –, elle a vécu la décision du peuple comme une attaque personnelle. La politique jamais ne pardonne. Et les politiciens, ceux qui font corps avec l’art de la rhétorique, qui s’investissent et donnent tout ce qu’ils ont pour atteindre leurs ambitions, restent malgré eux des êtres humains. Avec leurs faiblesses. Leurs défauts. Et surtout leurs qualités! Malheureusement pour Michèle Künzler, ses défauts, ou ses maladresses (principalement en matière de communication) sont parvenus à obnubiler l’image transmise aux Genevois. Derrière les actes, la politique est avant tout histoire de symboles. Ce qu’a fait Michèle Künzler tout au long de son mandat n’a pas satisfait le peuple. Et elle n’a pas su se distancer d’une réalité pourtant évidente: elle a récupéré un département particulièrement délicat. Dont certaines décisions dépendaient de ses prédécesseurs.

 

Fatalité oblige, chaque fois que la ministre verte a tenté d’apporter cet éclairage dans sa communication, les citoyens l’ont perçu comme une forme de lâcheté. Une tentative – vaine – de se déresponsabiliser. Et le peuple n’aime guère ceux qui n’assument pas les charges qu’il leur a confiées. La politique, disions-nous plus haut, a ses règles. Si celles-ci ne sont pas écrites, elles sont néanmoins relativement connues. Parfois même évidentes. Madame Künzler, malgré toutes ses qualités, n’a pas su rayonner en tant que femme d’Etat. Non pas qu’elle n’en était pas capable. Nul ne remet en question – en tout cas pas nous – ses compétences intrinsèques. La politique est également affaire de timing. Force est de constater qu’en la matière, Michèle Künzler n’a pas été gâtée. Dans un canton devenu de plus en plus attractif au fil des ans, la mobilité s’est transformée en chemin de croix.

 

Attaquée sans ménagement par la majorité parlementaire de droite, difficile pour la ministre verte – pourtant appuyée par le processus décisionnel collégial – d’obtenir des résultats probants. Toujours soutenue par le gouvernement dans son ensemble, ses projets ont été sujets à caution au Parlement. Pragmatique, elle a proposé d’étendre les transports publics à la région transfrontalière. Afin de désengorger le canton. Crime de lèse majesté! L’opposition constituée du MCG et de l’UDC s’en sont immédiatement saisis pour dénoncer l’incurie du DIME, qui se permet «de financer les infrastructures françaises». Face à un discours aussi limpide, accessible à la majorité, Michèle Künzler pouvait bien redoubler d’efforts dans sa communication: ses arguments sont restés lettres mortes. Son propre parti a également creusé sa tombe. Loin de s’intéresser à l’image de leur magistrate, ils ont intensifié les attaques contre les automobilistes. Fixant ainsi dans l’opinion publique le symbole «Künzler=antimobilité» sur lequel le MCG a capitalisé.

 

On ne peut bien évidemment décharger la ministre de toute responsabilité. Elle n’a pas su prendre conscience de cette lente mais certaine évolution des mentalités. Et surtout, elle n’a pas pris en considération l’un des préceptes fondamentaux de l’exercice du pouvoir: il faut toujours se méfier de son propre camp. Tout en s’arrangeant pour faire de ses pires ennemis ses meilleurs atouts. Voire, dans l’idéal, les nommer à des postes-clés qu’ils ne peuvent refuser. Oui, le pouvoir – et la politique plus globalement – nécessite de devenir quelqu’un d’autre. N’être plus tout à fait soi-même. Tout comme les combats de gladiateurs, il faut savoir se battre avec force et sans pitié, sans négliger la séduction et l’élégance. Il en va exactement de même dans le monde exigu de la politique. Même si la forme a profondément changé par rapport aux siècles précédents, le fond est demeuré le même. Le pouvoir s’exerce toujours de la même façon. Et face à ce constat, nous ne pouvons qu’avoir une pensée émue à l’égard de Michèle Künzler, victime d’un univers qui n’épargne guère l’hésitation. Puisse-t-elle tirer le meilleur de cette expérience. Car il y a une vie après la politique.


Grégoire Barbey

23:33 Publié dans Elections du 10 novembre, Elections du 6 octobre, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

07/10/2013

Le MCG doit entrer au gouvernement

Chronique, 07.10.13

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Mauro Poggia. Le MCG doit maintenant passer de la parole aux actes et mettre en pratique
les promesses qu'il tient depuis sa création en 2005. Il représente aujourd'hui 20% des votants.


Le catastrophisme des commentateurs politiques devrait alarmer davantage que la progression des extrêmes aux élections cantonales. La consolidation de trois grands blocs n’est pas une fatalité, et il est l'heure d’admettre une réalité: le Mouvement citoyen genevois (MCG) est mûr pour accéder au Conseil d’Etat. Avant d’être un adversaire farouche de la stigmatisation véhiculée par ce parti, je suis avant tout un démocrate. Et je ne puis nier la volonté de 20% des votants. Je continuerai à dénoncer les dérives de ses membres si besoin en est. Mais l’honnêteté intellectuelle force au constat d’échec des partis traditionnels. Incapables de se remettre en question, ils n’ont pas jugé nécessaire de resserrer les rangs et d’appeler la population abstentionniste à se rendre aux urnes. Oui, six Genevois sur dix n’ont pas exprimé leur avis dimanche.

 

Genève sera ingouvernable si les représentants des partis gouvernementaux n’admettent pas leur propre incapacité à faire face aux défis qui leur ont été imposés par la conjoncture. Plutôt que de vulgariser des problématiques techniques et difficilement accessibles aux premiers venus, les caciques des partis traditionnels se sont contentés d’adopter une dialectique et une nomenclature trop peu compréhensibles. En se donnant des airs bourgeois, les forces politiques historiques ont failli. Elles ont non seulement perdu une importante partie de leurs soutiens, mais elles ont de surcroît fait le jeu des extrêmes. Comment ne pas voir ici l’échec le plus cuisant pour ces partis? Aujourd’hui, il est temps pour le centre de redescendre de ses grands chevaux et de retourner dans la rue.

 

A l’écoute de la population, exactement là où se joue la politique. On ne crée pas des majorités en abandonnant sa base. On n’obtient pas des victoires en s’éloignant de ses fondamentaux. La volonté du peuple, tel un couperet, s’abat à travers les urnes et n’épargne personne. J’ai vu hier des amis perdre leurs sièges. J’ai senti l’émotion les envahir. La déception les prendre à la gorge. Perdre en politique est un risque qui peut se concrétiser à chaque instant. Mais lorsque la défaite est prévisible et qu’on reste totalement immobile devant l’adversité, on ne peut qu’être humble et reconnaître ses erreurs. Pour le deuxième tour, j’enjoins les partis gouvernementaux à prendre leurs responsabilités.

 

Si le MCG, l’UDC et Ensemble à Gauche ont tant progressé, ce n’est pas les Genevois qui sont devenus idiots. Prétendre cela, c’est se montrer indigne d’un siège au Parlement ou au Conseil d’Etat. Les Genevois n’ont fait que sanctionner ceux qui les ont oubliés. En démocratie, les extrêmes sont là pour replacer le curseur. Ils jouent – et ont toujours joué – un rôle salutaire. Il y a 28 ans, c’est Vigilance qui raflait la mise au Grand Conseil. Dix-neuf sièges. En 2013, c’est le MCG qui occupe cette place. On ne peut guère plus marginaliser un cinquième de la population. Ce serait bien trop prétentieux. Alors même si je suis le premier à qui cela fait mal de le dire, le MCG doit absolument entrer au gouvernement pour cette législature.

 

Que cela soit par son avatar raisonné et consensuel, Mauro Poggia, et les couleuvres peut-être seront-elles moins difficiles à avaler. On ne peut plus s’écharper encore à Genève. Le temps presse, car plus l’attente perdure, et plus les blocages s’enlisent. La population ne doit pas être l’otage de stratégies politiques. D’aucuns appelaient déjà à un front républicain pour barrer la route au MCG. Une absurdité qui ne ferait que le renforcer. Qui lui donnerait raison d’hurler: «regardez, bonnes gens, comme ils se complaisent dans leur rôle et dans leurs sièges bien installés». Alors oui, il est grand temps de ranger les qualificatifs. Parce qu’il importe maintenant de gouverner ensemble. Et de reprendre la construction de Genève, là où elle semble s’être arrêtée… il y a des décennies déjà.


Grégoire Barbey

23:51 Publié dans Elections du 10 novembre, Elections du 6 octobre, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | | |

20/09/2013

L'honneur de participer à la communauté

Chronique, 20.09.13

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Genève. N'oubliez pas d'accomplir votre devoir le 6 octobre et participez à cette grande
aventure qu'est la démocratie. Ensemble, nous pouvons faire avancer notre société. Agissez!


Chers amis genevois, chères amies genevoises,

Comme vous le savez, il reste deux semaines avant les élections cantonales. Le 6 octobre, vos voix compteront. Contrairement aux autres, je ne vais pas vous dire pour qui voter. C'est à vous et à vous seuls d'en décider. Faites-le en votre âme et conscience. Mais de grâce, votez! Si vous ne le faites pas, comment pourrez-vous vous plaindre de la situation? Comment pourrez-vous vous sentir acteur de notre société? N'est-ce pas justement par l'acte de donner sa voix pour tel ou tel candidat qu'un citoyen accomplit à la fois son devoir et veille à ses intérêts?



Voter, ce n'est pas simplement glisser par dépit une enveloppe dans l'urne ou dans la boîte aux lettres la plus proche de chez vous. C'est faire un choix, et ce n'est pas n'importe lequel: la décision que vous prendrez pourra influencer le contexte politique de Genève pendant toute une législature, soit 5 ans selon la nouvelle constitution. Ne renoncez pas à exercer votre droit et votre devoir par ras-le-bol. C'est le meilleur moyen de laisser la place à ceux que vous ne voulez pas voir. Voter, c'est décider qui des citoyens qui se présentent à ces élections sera habilité à représenter vos intérêts. C'est aussi mandater ces personnes pour respecter votre identité, et vos besoins.



La démocratie est un contrat passé entre le peuple et ses représentants. Si vous ne le paraphez pas, comment pouvez-vous être lié contractuellement? Votez donc, mes amis, mes amies. Il s'agit d'un moment crucial, car à chaque nouvelle législature, les cartes peuvent être redistribuées, les majorités peuvent évoluer, voire changer drastiquement. Encore une fois, je ne vous dirai pas pour qui voter. De mon côté, mes choix sont faits. Et qu'importe si ma voix compte pour beurre au final. J'aurai accompli mon devoir, et à défaut de voir élire celles et ceux pour qui j'ai voté, j'aurai la satisfaction de n'être pas resté passif face à mes responsabilités de citoyen.



Alors mes chers amis et mes chères amies, vous qui me lisez, si vous êtes en âge de voter, ne passez pas à côté de cette chance. En regard de bien d'autres pays à travers le monde, vous êtes privilégiés. Par respect pour celles et ceux qui ne peuvent choisir, faites-le. Agissez en véritables acteurs de votre société, et ne laissez pas les autres décider à votre place. Prouvez qu'en Suisse, nous méritons ce luxe dont nous sommes bénéficiaires. Si vous le faites, alors j'aurai accompli bien plus que mon devoir. Peu m'importe quel sera votre choix, pour autant que vous prenez la responsabilité d'en faire. Rien ne me ferait plus plaisir que de voir cette année grimper le taux de participation. Réalisez mon souhait, et protégez vos intérêts.



Le 6 octobre, je vous sais gré de voter, pour votre bien et celui de vos proches et enfants!


Grégoire Barbey

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11/09/2013

La salive vraiment acide de Claudio Marques

Chronique, 11.09.13

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PDC. Le président des Jeunes démocrate-chrétiens Claudio Marques a taclé ses colistiers
sur son profil Facebook parce qu'ils ont eu l'outrecuidance de s'octroyer une affiche en couleur.

 

Les tensions internes au sein du Parti démocrate-chrétien (PDC) à Genève débordent sur les réseaux sociaux. Le président des Jeunes démocrate-chrétiens (JDC) Claudio Marques a lâché son fiel à l’encontre des candidats figurant sur l’affiche du chirurgien Philippe Morel. En effet, ceux-ci sont au nombre de sept et sont en couleur. Crime de lèse-majesté lorsqu’on pense que la charte graphique du PDC en est restée au début du XXe siècle, c’est-à-dire en noir et blanc. Voilà donc, surgissant des ombres épaisses du néant, le chevalier Marques, armé de sa morale et de son mépris pour ceux qui veulent être élus. Et il attaque: certains membres du parti se sont fait incendier par le délirant président des JDC.

 

Ne me demandez pas comment je le sais: Dieu me priverait de sa grâce. Mais c’est un fait: certains au sein du PDC n’apprécient pas qu’il y ait des membres suffisamment ambitieux pour se mettre en avant. Faut-il, comme les autres, rester tapi dans le vide abyssal auquel ceux qui ne se montrent pas nous ont habitués? C’est un choix. Philippe Morel et ceux qui l’accompagnent sur cette affiche en ont fait un autre. Et c’est tout à leur honneur. Qu’il y ait des personnalités agacées par cette mise en scène, je le comprends. Que cet agacement s’étende sur les réseaux sociaux et se transforme en croisade contre ceux qui agissent, cela m’est par contre tout à fait insupportable.

 

Que le templier Marques range sa lame dans son fourreau et lave son linge sale en famille. Après tout, ce n’est pas une stratégie très réfléchie que de répandre sa colère sur les réseaux sociaux. Si Claudio Marques ne veut pas faire cavalier seul, nul ne lui en tiendra rigueur. Que d’autres veulent s’investir pleinement pour leur (ré)élection, il n’y a pas à tergiverser. Et puis ce cher chevalier drapé d’un bonnet blanc ne se plaint pas lorsqu’il apparait également sur une affiche de campagne avec six autres personnes, dont les deux candidats au Conseil d’Etat, Luc Barthassat et Serge Dal Busco. Chacun a le droit de se montrer, de tenter de convaincre les électrices et les électeurs. C’est le défi d’une campagne.

 

Mais qu’un président des JDC se permette de tacler publiquement les membres de son propre parti, alors qu’il exerce une fonction honorable, voilà une attitude bien vile et lâche. Président des JDC, son rôle serait plutôt de prendre contact avec les principaux intéressés, et d’en discuter calmement. Perdre le contrôle de soi-même pour s’illustrer à travers Facebook d’une jalousie mal dissimulée, voilà une erreur politique des plus flagrantes. L’unité du PDC a souvent été remise en cause – et même à travers mon blog –, et l’un de ceux qui devraient préserver une certaine image du parti finit par exposer sans pudeur les dissensions internes qui règnent dans la formation. Un peu dommage, et un coup dans l’eau. L’assemblée des délégués qui aura lieu demain soir risque d’être houleuse. Et si la croisade continue, comptez sur moi pour vous en informer.

 

Grégoire Barbey

14:03 Publié dans Air du temps, Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

06/09/2013

Oskar Freysinger: reflet du pouvoir autoritaire

Chronique, 06.09.13

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Oskar Freysinger. Le ministre valaisan n'a pas perdu de temps pour prouver à ses
détracteurs qu'il ne changerait pas les mauvaises habitudes qui lui sont reprochées.

 

Le conseiller d’Etat UDC Oskar Freysinger s’est à nouveau illustré aujourd’hui par ses manières autocratiques. Il a muté le chef de l’enseignement valaisan Jean-François Lovey, qui occupait ce poste depuis 17 ans, parce qu’il n’a pas la même vision que le tribun. Encore et encore, Oskar Freysinger démontre ce que tous déjà soupçonnait: il ne veut pas partager le pouvoir et n’a surtout pas envie d’être amené à se faire critiquer par ses collaborateurs dans ses choix. Le ministre n’aime pas qu’on lui dise ce qu’il doit faire et comment il doit s’y prendre. C’est un fait. Qu’il donne congé aux enseignants qui veulent pratiquer la chasse, ou qu’il limoge l’un des plus fidèles fonctionnaires de son département, Freysinger prend ses décisions lui-même et nul ne peut le contredire.

 

Pour Jean-François Lovey, c’est un coup de butoir six ans avant sa retraite. Le sémillant conseiller d’Etat lui a créé un poste sur mesure pour l’empêcher d’interférer dans ses prises de décision. Une attitude bien peu honorable de la part d’un individu qui aurait au contraire tout à gagner à s’entourer de collaborateurs reconnus et compétents. Et agir avec un peu plus de discernement lui permettrait sûrement de faire les mauvaises langues à son sujet. Si de nombreux romands craignaient de voir en Valais l’élection d’Oskar Freysinger, ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit d’un UDC. C’est le personnage lui-même qui se donne l’image d’un ultra-autoritaire qui ne veut pas qu’on vienne empiéter sur la parcelle de son pouvoir.

 

Elu à une nette majorité par les Valaisans, Oskar Freysinger ne changera pas pour autant son naturel. Et à vouloir le chasser, il reviendrait au galop. Ce qui est sûr, c’est que le personnage ne manquera pas de nous surprendre – ou de nous conforter dans nos a priori – lors de sa législature. Et c’est bien malheureux de devoir s’en tenir à penser: ils l’ont voulu, ils l’ont eu. Les Valaisans méritaient probablement mieux qu’un individu imbu de pouvoir et de lui-même à la tête de deux aspects politiques essentiels: la sécurité et l’enseignement. Le canton va devoir assumer la volonté du peuple, et la facture pourra peut-être sembler salée à la fin. Seul le temps nous dira si Oskar Freysinger est capable de changer et de s’adapter à ses fonctions ou si ce sont ses fonctions qui devront s’adapter au personnage.

 

Grégoire Barbey

17:41 Publié dans Humeur, Politique, Suisse, Valais | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | | | |

04/09/2013

RTS: entre discrimination et subjectivité

Chronique, 04.09.13

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Radio Télévision Suisse. Le débat organisé par la chaîne de télévision entre les candidats
au Conseil d'Etat sera parfaitement discriminatoires envers ceux qui n'occupent pas de fonctions.

 

La RTS organise un grand débat entre les candidats au Conseil d'Etat le lundi 23 septembre. La confrontation durera 70 minutes et s'articulera autour de 4 thèmes. Un débat pour découvrir les candidats moins visibles? Pas tout à fait. La RTS prévoit, dans son mail envoyé aux présidents des partis et dont j'ai obtenu copie, que seuls les candidats appartenant aux partis représentés au Grand Conseil pourront être au centre du débat. Soit 6 candidats. La place pourra être intervertie selon les thématiques au bon vouloir des candidats.

Les autres, ceux qui ne font pas partie du Grand Conseil – crime de lèse-majesté – seront disséminés dans le public et n'auront droit qu'à une intervention durant toute la soirée. Déjà l'année dernière avais-je fait remarquer une importante discrimination envers les petits candidats lors du débat pour la partielle au Conseil d'Etat, remportée par Pierre Maudet. J'ai de la peine à saisir comment les têtes pensantes de la Télévision suisse romande ont pu fomenter un tel déroulement. Ce qui est sûr, c'est qu'à nouveau, la RTS discrimine les petits candidats plutôt que de les mettre en avant, ce qui serait son rôle en tant que média. C'est véritablement regrettable et une solution plus intéressante aurait pu être trouvée pour offrir à chacun le droit de s'exprimer au même niveau.

 

Grégoire Barbey

12:03 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |