Gregoire Barbey

08/05/2012

Aux vieux pédants

 

Chronique, 08.05.12 10h56

 

Ils fanfaronnent, avec la même rhétorique versatile et inefficiente. Ils veulent se donner des airs supérieurs parce qu'ils traînent derrière eux un capital « année » plus important. Ça devrait décourager les plus modestes à s'exprimer, comme si le chiffre au compteur était un indicateur de qualité. J'ai plutôt la sensation inverse : généralement, lorsqu'une voiture a parcouru de trop longues distances, elle rejoint la casse. Alors, ces vieux pédants qui usent et abusent de leur âge, n'hésitant pas à rétorquer à leurs interlocuteurs des phrases condescendantes agrémentées de « jeune homme/fille », n'ont vraisemblablement pas encore intégré que « la valeur n'attend pas le nombre des années », pour reprendre les mots de feu Corneille.

 

Avoir de la grisaille sur sa chevelure n'est nullement un argument d'autorité. Il semble cependant admis qu'il faille se jouer de l'âge pour terrasser son adversaire. Comme si un débat d'idées reposait sur les années et non sur la réflexion. Comme s'il y avait réellement une importance quelconque à avoir déjà mis la moitié de sa seconde jambe dans sa tombe pour pouvoir s'exercer à la pensée. Ces vieux fous oublient très certainement que pour voir fleurir leur sépulture, il leur faudrait davantage accorder de l'intérêt aux jeunes générations, qui incarnent le renouveau, et auront la lourde tâche de réparer les erreurs de leurs prédécesseurs.

 

L'expérience fait peut-être défaut aux plus jeunes d'entre-nous, c'est un fait. Toutefois, je constate avec effarement que de nombreuses personnes d'un certain âge s'enferment dans des certitudes faites d'acier trempé, qui leur est impossible de dissoudre. L'âgisme ne doit être accepté sous aucun prétexte, car c'est une forme de discrimination comme une autre. Les générations doivent cohabiter et travailler ensemble. Antoine de Saint-Exupéry a très bien résumé la vision que je partage : « On n'hérite pas la terre de nos ancêtres, on l'emprunte aux générations futures ». C'est cette façon de percevoir la réalité qui doit nous animer, et nous permettre d'accorder aux diverses catégories d'âge la même importance. Ce n'est qu'ensemble qu'une société perdure et s'améliore. Les clivages sont suffisamment nombreux sans que nous en façonnions de nouveaux pour nous battre.

 

Grégoire Barbey

 

 

10:57 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Âge, valeur, corneille, réflexion, antoine de saint-exupéry |  Facebook | | | |

07/05/2012

Remerciements et bilan pour mon centième article

 

Bilan : centième article, 07.05.12 08h20

 

Me voici déjà arrivé au chiffre honorable de cent articles. J'ai ouvert ce blog début janvier 2012, et ai commencé à m'investir réellement dans l'élaboration d'un contenu concret au mois de février. Déjà quatre mois, donc, que je publie régulièrement des billets, traitant de sujets divers et variés.

Honnêtement, en créant ce blog, je n'avais aucune ambition spécifique, sinon de pouvoir toucher un lectorat plus local et échanger avec mes concitoyennes et concitoyens sur des sujets qui me tiennent à cœur. Aujourd'hui, c'est bien évidemment toujours le cas, mais je me réjouis de l'intérêt que connaît mon blog et mes écrits. Ce qui, à n'en pas douter, me force à réfléchir davantage au contenu que je désire partager, à mieux préparer mes réflexions et à toujours faire en sorte de proposer des textes de qualité.

 

Ce qui m'importe, ce n'est pas tant de faire l'unanimité au sein de mes lectrices et lecteurs que d'ouvrir la voie au questionnement sur une problématique précise. Je suis comme tout un chacun : ignorant. Néanmoins, je tente de peaufiner mes connaissances sur le monde qui m'entoure, pour avoir un regard le plus critique et le plus juste possible. Mes opinions sont appelées à se préciser, à fluctuer voire à changer. C'est très précisément cet aspect-là qui me plaît, lorsque j'écris. Le fait d'écrire appose un témoignage durable, auquel je pourrai me référer pour saisir l'évolution de mon parcours et de mon cheminement intellectuel.

 

J'ai conscience de déranger certaines personnes, qui, à n'en pas douter, aimeraient beaucoup me museler pour éviter que je mette le doigt sur des nœuds délicats. Ce qui me vaut, régulièrement, des prises de contact. Je m'en réjouis, car c'est la preuve indubitable que mes interrogations sont sensées et peuvent apporter des réflexions constructives. Il est effectivement probable, comme me l'a fait remarquer un interlocuteur il y a quelques jours, que je sois désabusé. Mon rôle n'est pas de déposer des paillettes sur un décor sombre. Au contraire ! Je préfère nettement éclairer les zones d'ombre que de les cacher davantage. En politique, surtout. Mais dans ma vie quotidienne, aussi. Il m'apparaît impératif d'avoir une ligne éthique, des principes et des valeurs auxquelles se rattacher.

 

Je ne sais pas quel sera, à l'avenir, l'impact de mes modestes contributions sur la scène politique, toutefois je tâcherai de conserver les mêmes fondamentaux qui me guident depuis toujours. Je conserverai le même cap, non pour les autres, mais pour moi.

 

Remerciements

 

Je tiens à remercier toutes mes lectrices et lecteurs, que ce soient des habitué-e-s ou non. C'est pour moi un honneur d'être digne d'intérêt. Pour témoigner ma gratitude, j'ai décidé d'améliorer l'impact visuel de mes publications, en utilisant au mieux les outils qui sont à ma disposition pour créer une visibilité plus agréable et attractive. Je ferai en sorte, à l'avenir, de transformer cet aspect de mon blog, pour faciliter sa lisibilité.

 

Je vous remercie toutes et tous pour votre fidélité et la reconnaissance que vous me témoignez, inconsciemment peut-être, mais cela ne m'échappe pas ! L'aventure continue donc de plus belle, et j'espère être à la hauteur de vos attentes.

 

Grégoire Barbey

 

 

08:52 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 100 articles, réflexion, détails, avenir, suite, bilan |  Facebook | | | |

25/04/2012

Adieu !

 

Les aléas du destin surprennent. Un sourire, quelques mots échangés, et puis le néant, la vie qui s'en va, les silences éternels, un requiem pesant ; nous sommes si fragiles, comme des brindilles que le vent a vite fait de balayer. Qu'elle est belle la vie ! Mais elle peut être courte ou cruelle, aussi.

Elle nous enseigne bien souvent à ne pas nous attacher, prendre du recul sur ce qu'elle nous fait ressentir. Ne pas nous laisser emporter par la certitude d'être éternels, lorsque nous sommes mortels et périssables. Il nous faut vivre sans détour, vivre sans remords, vivre avec passion, avec amour. Les querelles humaines peuvent paraître bien peu de chose lorsque tranche l'existence, retirant ça et là des êtres qui ne s'y attendent pas. Eux ne le sauront jamais, seuls ceux qui restent pleureront les disparus. La mort est là, infatigable, pour nous rappeler à l'ordre. Elle veille, silencieusement, sournoisement. Et elle ne se fait pas prier. Elle fauche, puis s'en va. Jusqu'à quand ?

Aujourd'hui, c'est une personnalité qui quitte la scène genevoise. Peu importe les griefs, les désaccords ou les rapports de force, rendons hommage à l'homme, et à son combat.

Alors adieu à toi, qui laissera un grand vide au sein des tiens. Que le repos te soit doux, pour nous, il va falloir continuer, et ce, quand bien même tu nous rappelles que rien ne dure jamais.

 

Grégoire Barbey

17:45 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hommage |  Facebook | | | |

09/04/2012

Pourquoi je ne modère pas les commentaires

 

Pour donner suite à l'excellent billet de Catherine Armand, et aux récentes controverses qu'ont connu mes deux derniers articles avec des commentaires inadmissibles, je tenais à expliciter ma position quant à la modération et au paradigme de la blogosphère selon lequel les propos tenus dans les commentaires sont de la responsabilité de l'auteur du blog, d'un point de vue juridique.

Mettons de suite cartes sur table : ceci est légalement invérifiable. M'étant renseigné, cette menace ne tient aucunement la route.

En ce qui me concerne, j'ai fait un choix, parmi d'autres qui m'étaient proposés : celui de ne pas modérer les commentaires. Ce faisant, ceux-ci apparaissent instantanément sur les articles où ils sont postés.

Pourquoi ai-je opté pour cette décision ?

Pour plusieurs raisons. Je ne me sens pas responsable quant à la teneur des propos énoncés sur mon blog. Il ressort, d'après moi, de la responsabilité de leurs auteurs que de ne pas écrire des insanités ou de manquer de respect à autrui. Je ne suis pas juge et n'ai en aucun cas le pouvoir de décider ce qui doit être accepté ou ne doit pas l'être. Je rechigne, sur mon propre blog, à censurer des commentaires selon des prétextes que je ne cautionne pas nécessairement. Je préfère que ceux qui publient des horreurs puissent être identifiés, cela me semble sensé. Je ne veux pas sombrer dans l'arbitraire et, comme par exemple Éric Stauffer, ne sélectionner que les commentaires qui flattent mon ego. Si aujourd'hui, sur la Tribune de Genève, tant d'individus peuvent diffamer, insulter, manquer de respect et j'en passe, en toute liberté, c'est d'abord un choix politique de la part des responsables de la plate forme du site. Ne nous leurrons pas, les méthodes employées pour éviter la profusion de commentaires répugnants sont inexistantes. Déléguer la responsabilité des propos tenus par autrui aux propriétaires des blogs est excessivement culotté, sinon inacceptable.

Ayant choisi de ne pas modérer les commentaires, j'assumerai pleinement ce choix.

Toutefois, je précise vomir toutes les atrocités qui peuvent parfois assombrir mes articles. Nonobstant cela, mon choix ne doit aucunement souffrir une quelconque partialité, sans quoi il n'aurait plus rien de cohérent. Et moi, j'aime mettre mes paroles en actes.

Dès lors, je vous prierai de comprendre et, à défaut de le partager, respecter ma décision.

Pour ce qui est du nettoyage, je laisserai cette tâche à ceux qui sont rémunérés dans ce but précis.

En somme, la responsabilité des propos tenus n'incombe qu'aux auteurs et, malheureusement pour eux, aux propriétaires de la plate-forme, non à ceux qui tiennent des blogs.

Espérons que cesseront désormais la polémique sur ce sujet.

 

Grégoire Barbey

13:08 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : commentaires, armand, modération, responsabilité, pénal, juridique, légal |  Facebook | | | |

06/04/2012

Jean-François Mabut ira-t-il jusqu'à fermer mon blog ?

La question qui se pose pour moi en cette soirée pluvieuse du vendredi Saint est la suivante :

Jean-François Mabut ira-t-il jusqu'à fermer mon blog pour me museler ? En effet, en réaction à mon article publié aujourd'hui-même, celui-ci m'a exclu de la section référencée des blogs citoyens, sans même m'en avertir. Je l'invite donc à pousser la réflexion jusqu'à son paroxysme et à clore mon blog qui semble lui poser quelques problèmes déontologiques !

Grégoire Barbey

23:36 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (222) | Tags : mabut, censure, fermeture, blog |  Facebook | | | |

Mabut et la censure non-justifiée

Je ne me tairai pas plus longtemps.

Certains l'avaient remarqué, l'un de mes articles a disparu peu de temps après sa publication, il y a plusieurs semaines. Il s'agissait d'une lettre ouverte, que je destinais à une Procureure. Quelques heures après l'avoir publié, j'ai reçu un e-mail de la part du Rédacteur en Chef des blogs de la Tribune de Genève, Jean-François Mabut, dans lequel il m'invitait à « dépublier » mon article.

Voici son argument : « Je ne suis pas certain que vos démêlés avec la justice doivent se retrouver dans votre blog, surtout lorsque vous accusez nommément une magistrate qui ne saurait se défendre étant tenue par le secret professionnel. Je vous prie donc de bien vouloir dépublier cette lettre ouverte.
Au plaisir de vous lire sur des sujets d’intérêt public. »

C'est un point de vue intéressant, mais purement arbitraire. Il dit ne pas être certain, or il recourt malgré tout à la censure, ce qui, entre nous, n'est pas la moindre des décisions. Surtout lorsque nous voyons fleurir sur le site des blogs des articles comme ceux d'Éric Stauffer, contenant des propos ou des allusions à caractère homophobe, par exemple. (Voir mon article sur le sujet)

La suite de son argumentation, toujours aussi pauvre : « Il ne s’agit pas de savoir si ça me gêne ou pas. Votre affaire relève manifestement du domaine privé. Or la Tribune héberge en principe des blogs citoyens dont le contenu est d’intérêt général et public.  Vous êtes personnellement impliqué dans cette affaire, vous ne pouvez donc pas décider en toute impartialité si elle est ou non au fait de société. »

Je dénonçais, dans cette lettre ouverte, l'immobilisme de la Justice à l'égard des affaires de maltraitance. Il me semble, et je ne suis d'ailleurs pas le seul à le penser, qu'il s'agit d'un fait de société relativement répandu. Ouvrir le débat sur la question est donc bien d'ordre général et public !

« Ne jouez pas sur les mots. Ce n’est pas de la censure. Votre remarque sur Stauffer vs Maudet montre en tout cas  que vous avez de la peine à distinguer entre ce qui relève du domaine privé et ce qui relève du domaine public. Une élection relève manifestement du domaine public, ce qui n’exonère pas les blogueurs de respecter les règles du débat citoyens et de s’abstenir d’accusation ad hominem. Malheureusement tout le monde ne respecte  pas la courtoisie minimale. Vous qui considérez à raison que l’internet doit revitaliser la vie politique, merci de contribuer à la qualité de la blogosphère de la Tribune de Genève. »

Si ce n'était pas de la censure, Monsieur Mabut aurait bien évidemment agrémenté son argumentaire d'articles de loi, ou à défaut de la charte qu'il m'a fallu accepter pour m'inscrire parmi les contributeurs du site de la Tribune de Genève, pour signifier que mon billet sortait du cadre toléré par le site voire par la Justice. Or il n'en est rien, et c'est dommage.

Un confrère l'a contacté à ce sujet, pour comprendre sa démarche. Mabut n'a, malheureusement, pas donné suite à cette interrogation. De surcroît, depuis ce regrettable incident, je n'ai étrangement plus été cité dans la revue des blogs. Sans aucune prétention de ma part, bien sûr, je relève ceci comme une forme d'ostracisme à mon égard, car peu de temps avant cela, j'étais régulièrement cité (à raison d'au moins une fois par semaine). Je puis bien évidemment me tromper, mais n'ayant jamais cru au hasard, je ne doute pas que cette exclusion relève d'un choix délibéré de la part du Rédacteur en Chef de la section blog du site de la Tribune de Genève.

Il sera dès lors intéressant de voir combien de temps je me devrai d'attendre avant de recevoir un e-mail me demandant de dépublier cet article, également. Peu importe, si cela arrive, je m'exprimerai par d'autres moyens, comme la radio, par exemple. C'est d'intérêt public et général que de comprendre les critères et l'arbitraire des censures effectuées par Monsieur Mabut, eu égard à la proportion importante de visiteurs quotidiens qui écument les pages des blogs de la Tribune de Genève. Gageons que je ne serai plus jamais cité après avoir osé publier ceci. Tant pis, personne n'a suffisamment de pouvoir pour m'empêcher de m'exprimer.

Edit : je précise avoir proposé à Monsieur Mabut de ne point nommer la magistrate en question afin de pouvoir conserver mon article en ligne. Ce qui n'a rien changé à sa décision.

Edit 2 : Monsieur Mabut ne supporte visiblement pas la critique. Pour cette raison, mon article a disparu du référencement des blogs citoyens. Une nouvelle censure à ajouter sur son palmarès...

Grégoire Barbey

04/04/2012

La manchette du Matin : honteux !

 

Aujourd'hui, j'ai lu par malheur la triste manchette du quotidien Le Matin. « Un transsexuel veut devenir Miss Univers. »

En quoi cette information est-elle capitale ? Pourquoi la mettre en valeur à ce point ?

Où débute le journalisme et où finit-il ? Est-ce acceptable de discriminer ainsi une proportion de la population, même « infime » ?

Je ne connais personnellement aucun-e transsexuel-le. Mais il ne me viendrait pas à l'idée de pointer du doigt le choix, individuel, qui revient à tout un chacun d'être en mesure de changer de sexe. Pourquoi rendre sa décision publique et en faire la Une ? Je ne comprends vraiment pas. J'exècre ce journalisme abrutissant. Il ne s'agit pas d'un métier, dans ce domaine, mais d'une nuisance. C'est une forme d'intolérance et de ségrégation des plus malsaines. Cette attitude est hautement révélatrice de la déontologie de certains médias. Que quelqu'un veuille être Miss Univers, ça nous fait une belle jambe. Et qu'il ou elle ait changé de sexe ne nous regarde en rien. Dans quel but utiliser cette information ? Afin de catégoriser celles et ceux qui font ce choix, sûrement très difficile dans une société où les médias peuvent parfois être aussi cruels et stupides ?

Sincèrement, aiguillez-moi sur une piste de réflexion décente, c'est à n'y rien comprendre. Et ça vend des journaux ?

 

Grégoire Barbey

19:28 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : honte, scandale, journalisme, déontologie |  Facebook | | | |

02/04/2012

Clôturer les commentaires sur les articles de presse de la Tribune de Genève, pourquoi pas ?

 

Messieurs-dames de la Tribune de Genève, de grâce, protégez-nous de la bassesse humaine en fermant les commentaires sur les articles de presse de votre site !

Ce sont toujours les mêmes qui écument jour et nuit les informations quotidiennes pour y déposer leurs messages remplis de haine, de mépris, d'inculture, d'irrespect, d'intolérance et d'impertinence.

À quoi donc servent ces commentaires, sinon à nous donner envie de vomir une certaine portion de nos semblables qui, sous couvert d'anonymat, se permettent de déblatérer d'effroyables et sordides réponses à des sujets bien souvent à l'opposé de leurs racontars malfaisants. Ils confondent les thématiques et raccourcissent des problématiques complexes par des écrits plus pauvres encore que ceux du Président du Mouvement Citoyen Genevois en la personne d'Éric Stauffer.

C'est dire si le niveau est élevé. Non, je ne suis de loin pas un contempteur de la liberté d'expression. Mais ici, il n'est aucunement question de cela. La possibilité de déposer des commentaires est probablement intéressante, mais le site de la Tribune de Genève est malheureusement gangrené par d'étranges énergumènes qui ne nourrissent en rien les débats lancés par les articles de presse. Le fait est qu'il n'y a aucun intérêt concret à conserver ces commentaires, dont la modération laisse à désirer, sinon à vouloir démontrer qu'une certaine portion de l'humanité résidente à Genève et environs est à vomir.

J'en ai souvent discuté avec de nombreuses lectrices et de nombreux lecteurs du site. Il semble que l'opinion soit plutôt défavorable à l'égard de ces commentaires. Et cela donne une image assez négative des rédactrices et rédacteurs qui laissent fleurir de tels messages.

Personnellement, je ne les lis plus depuis déjà fort longtemps. Mais lorsque cela m'arrive, je suis inévitablement dépité par tant de bêtise.

Alors je vous le demande, pourquoi ne pas clôturer définitivement cette option qui n'apporte rien de positif à l'image de la Tribune de Genève et ne fait qu'envenimer des débats inutiles ?

Grégoire Barbey

 

P.S. : merci aux quelques 11'000 lectrices et lecteurs qui ont écumé presque 30'000 pages sur mon blog durant le mois de mars ! Je ne vous oublie pas et vous en suis fortement reconnaissant. La fidélité que vous me témoignez me va droit au cœur.

 

16:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : commentaires, plateforme, tribune de genève, site, bassesse, bêtise |  Facebook | | | |

19/03/2012

Des distractions superficielles

 

Invraisemblance : la proportion affligeante du commun des mortels qui perd son temps à commenter des résultats sportifs et à défendre les couleurs de leur patrie. Non pas que je renie l'intérêt du sport – bien au contraire. Mais de grâce, soyons cohérents ! Si nos semblables dépensaient autant d'énergie à protéger et promouvoir leurs intérêts et la nécessité du bien commun, nul doute que le visage de la politique en serait drastiquement changé.

Mais il va de soi que certains préfèrent la passivité du spectateur à la difficulté des responsabilités de l'acteur.

Que je me prenne, une fois de plus, à espérer que la tendance s'inverse un jour, ne me surprend guère. Ce qui serait plus étonnant, c'est qu'il y ait un véritable changement en la matière.

Alors je retournerai, comme à l'accoutumée, à mes occupations, le cœur lourd d'une certaine déception, celle de voir que des événements sans grande importance concrète surpassent – et de loin – la propension qu'ont mes contemporains à s'occuper de ce qui devrait les animer, à savoir la prise en main de leur destinée, et l'implication qui va de paire avec un investissement inconditionnel pour la sauvegarde de ses droits, de ses intérêts et de ses valeurs.

Peut-être, et je dis bien peut-être, suis-je trop rêveur pour prendre conscience que la vie est suffisamment courte pour ne pas devoir de surcroît perdre en temps précieux des années à débattre en politique ?

Il est tout-à-fait possible que cela soit moi qui me fourvoie, à vouloir croire dur comme fer qu'il y a plus important que les distractions superficielles. Pour un épicurien, cela paraît pourtant contradictoire.

Aller, je cesse d'être de mauvaise augure, ne serait-ce qu'un instant...

 

Grégoire Barbey

11:54 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : interrogation, réflexion, politique, intérêt, bien commun |  Facebook | | | |

14/03/2012

De la compassion sélective

 

À vif.

Ils sont nombreux, aujourd'hui, a s'être endeuillés suite à un tragique accident qui a causé la mort de vingt-huit personnes, dont vingt-deux enfants. Mes pensées vont aux familles qui vivent cette effroyable tragédie, bien évidemment.

Toutefois, je remarque, comme toujours, à quel point les événements compassionnels sont sélectifs. Je ne critiquerai personne, ce n'est pas mon objectif. Mais je me sens mal à l'aise en de telles circonstances de lire des dizaines de publications, toutes plus belles et poignantes les unes des autres, que lorsqu'il se passe des catastrophes géographiquement proches de nous. Le devoir de mémoire, disent-ils ? Que faisons-nous de ces dizaines de milliers d'enfants qui meurent de faim chaque mois, amaigris, appauvris, affamés, malades, abandonnés et seuls ? Et des adultes qui subissent le même sort ? Cette réalité est quotidienne. Elle existe aussi dans les abattoirs, où les animaux sont parqués comme des marchandises, sans égard aucun pour leur sensibilité. Cette réalité, elle est occultée. Les médias n'en parlent jamais, ou alors uniquement lorsqu'une épidémie a décimé des milliers de bêtes, voire d'enfants humains à l'autre côté du monde.

Cette compassion sélective, je ne la partage pas ni ne la cautionne. Je n'ai jamais apprécié choisir les personnes ou les espèces pour lesquelles je ressens de l'affection, et de la tristesse face à leur misère. Il m'est infiniment douloureux, et cela quotidiennement, de me rappeler qu'au-delà de mon confort matériel, à des centaines sinon des milliers de kilomètres, des êtres vivants, dotés comme moi d'un cœur et d'un cerveau, de sensibilité et d'émotions, peuvent subir les pires sévices que la vie puisse infliger.

Ce n'est pas de la sensiblerie, uniquement la conscience des faits. Je rajouterai même qu'il s'agit d'une certaine cohérence. Est-ce acceptable de ne s'émouvoir que lorsqu'un article paraît dans la Tribune de Genève ou tout autre journal ? Pour moi, ça ne l'est pas. Encore une fois, je précise que je ne vise personne, et que je réagis de la même façon. Néanmoins, cela me touche d'autant plus que la misère est une réalité malheureuse qui détruit des vies tous les jours, et je suis attristé que certaines victimes ne soient prises en compte que lorsqu'elles sont situées dans un lieu géographiquement proche.

En ce triste 14 mars, je suis également en deuil. Tant pour ces personnes décédées dans un accident innommable, que pour les dizaines de familles que cela affectera, et les milliers d'autres victimes que nous ne verrons pas dans les pages de nos journaux, ni aujourd'hui, ni demain, ni même jamais.

Que mes pensées, et celles de mes semblables, puissent alléger leur fardeau.

 

Grégoire Barbey

16:36 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : tristesse, tragédie, accident, catastrophe, victimes, compassion, familles, deuil |  Facebook | | | |