Gregoire Barbey

12/05/2012

Pierrot le futé

 

Critique, 12.05.12 18h47

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Pierrot a lancé son pavé dans la mare cette semaine en publiant un petit opuscule de 47 pages nommé « Une certaine idée de Genève ». Sur la première et quatrième de couverture, deux dessins de son fils Guillaume Maudet, datés du mois de mai. La présentation est simple, lisible et efficace. Petit point noir néanmoins : les citations, en caractères gras, qui, même si elles aèrent le texte et améliorent donc sa lisibilité, sont vraiment inutiles voire redondantes. À défaut d'avoir de véritables idées, cet ouvrage joue la surenchère. Rajoutons, de surcroît, la stratégie désormais connue du candidat à l'élection partielle du 17 juin prochain : dissocier sa candidature des couleurs partisanes qu'il porte. Effectivement, sa « certaine idée de Genève » ne contient pas une seule phrase qui permette de lier son auteur, Pierre Maudet, au Parti Libéral-Radical, dont il représente pourtant la force politique en tant que candidat et membre de ce même parti.

 

Dès lors, Pierrot compte gommer l'aspect délicat de sa participation à cette élection en tant que représentant du même parti responsable de la perte de ce siège, en raison de la démission de son collègue Mark Muller (qui apparaît une fois dans son livre, sans qu'il relève néanmoins son appartenance ni sa proximité avec lui-même). Il veut ainsi s'extraire des casseroles qu'accumulent le PLR-GE depuis quelques mois. Depuis sa fusion, en fait. Certes, la stratégie est logique, d'autant plus que Pierrot, la manipulation, ça semble être son jeu favori ! Rappelons, à cet effet, sa tentative électoraliste d'il y a seulement quelques jours de condamner avec force et menace de plainte l'abattage de quelques arbres, avant de découvrir que c'était... son propre département qui en avait donné l'ordre ! Dommage, les écolos amoureux des arbres ne se seront pas faire prendre, cette fois.

 

Bref, j'en reviens à ce qui nous intéresse : son bouquin. Concrètement, y distille-t-il véritablement l'esquisse d'une « certaine idée de Genève » ? Mezzo. Sur près de cinquante pages, Pierrot s'enorgueillit d'un simple constat, nous faisant par exemple remarquer qu'aujourd'hui les individus sont amenés à changer plusieurs fois de profession, ce qui n'était pas le cas il y a trente ans. Chapeau l'artiste ! Mais ça, nous le savions déjà...

 

« Passer de la parole aux actes, voilà ma conception de la politique. » D'accord, nous prenons note. Toutefois, si les actes seront la suite logique des paroles énumérées dans ce livret électoral, les Genevoises et les Genevois (sic) attendront encore longtemps. À part les fonctionnaires qui « aiment leur métier et seront d'accord de fournir cet effort dans l'intérêt public », à savoir endosser des temps de travail augmentés et une retraite repoussée. C'est sûr, ils en meurent d'envie, je les entends déjà se presser à l'Hôtel-de-Ville pour s'agenouiller face à leur nouveau maître, le Maire Pierre Maudet. Congratulations ! Cependant, Pierrot a peut-être oublié une réalité dans le monde du fonctionnariat : no stress. Un État se gère comme une entreprise. Augmenter les heures de travail n'aura aucun effet sur le rendement ou la productivité des employés. Par contre, au niveau de la masse salariale, ça fera un nouveau trou budgétaire. Tout ça pour quoi ? Au final, très peu. Et selon Murat Julian Alder, son porte-parole, par principe d'égalité entre le secteur privé et public. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu ? De grâce, un peu de bon sens...

 

« Plutôt que de prendre l'argent que les gens gagnent, taxons les marchandises et les flux. » Il ne se fera pas des amis chez les libéraux, pour le coup ! Éventuellement, nous pourrions aussi lui reprocher son attitude puérile à l'égard de la gauche, qu'il attaque à au moins deux reprises dans son carnet, les affublant des lieux communs les plus répandus au sein de la politique. Sinon, parlons idées ? Je cherche, encore et toujours. Il y a du contenu, mais il n'y a pas de véritables innovations. C'est un pamphlet électoraliste, que je salue néanmoins pour le travail fourni, mais qui n'a d'intérêt que pour convaincre des crédules ou des indécis. Pierrot n'ignore pas que la lecture prolongée amenuise l'esprit critique. Il espère ainsi, par sa prose propagandiste (qui, je devais quand même le relever, manque cruellement de fluidité et de style), faire adhérer celles et ceux qui le liront. Pour cela, les dessins de Guillaume Maudet achèveront le lecteur ou la lectrice dans son hésitation. Une lecture suivie permettra malgré tout à celles et ceux qui se méfient des bonnes intentions comme de la peste de relever l'inconsistance réelle de cet opuscule. Pas une seule fois, Pierre Maudet n'expose clairement les outils qui seront à sa disposition (ou qu'il fera en sorte d'obtenir) pour appliquer les rares idées exposées par ses soins.

 

Il est futé, le Pierrot* !

 

Grégoire Barbey

 

*Le titre de l'article revient de droit à la femme que j'aime et qui me l'a inspiré.

 

 

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10/05/2012

J'accuse !

 

Coup de gueule, 10.05.12 17h07

 

Deux. Ils sont deux. Élus sur la liste d'un certain parti, ils claquent la porte et prêtent allégeance à un autre. Soit, la méthode laisse à désirer, mais selon les sensibilités, ça peut être plus ou moins compris. Cependant tout juste huit mois après, en pleine campagne, ils tirent à nouveau leur révérence de la manière la plus irrévérencieuse qui soit. Sans explication, à peine quelques mots bien choisis pour donner le change. Du vide, en somme. Surprenant ? Pas vraiment. Ce n'est pas digne. Surtout si quelques détails sont lâchés dans la presse, comme un ultime coup de couteau. Comme une dernière marque de trahison. Je ne cautionne pas ce comportement. Non, ça ne se fait décidémment pas. Je prends acte, néanmoins. Panier de crabes !

 

Grégoire Barbey

17:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : trahison, politique, élus |  Facebook | | | |

04/05/2012

Goodbye, mister President !

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy a tenu son dernier meeting. Dans une ultime exaltation, il s'en est pris aux médias, qui selon lui l'auraient discriminé, menant une campagne de désinformation à son encontre. Il a rappelé, une fois de plus, combien il était une victime de ce système et de ce pays. Lui, le chef de l'État français. Lui, l'homme aux grandes phrases. C'était petit, venant d'un tel personnage. C'était un au revoir déguisé. Une ultime invective envers un monde qui ne le comprend pas. Qui ne le comprendra jamais. Et c'est tant mieux !
Adieu, monsieur le Président.

Grégoire Barbey

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03/05/2012

La campagne pour le Conseil d'État, pourquoi ne pas y mettre le fond plutôt que la forme ?

 

À quelques jours de la date butoir pour le dépôt des listes (lundi) concernant l'élection partielle du 17 juin prochain pour le Conseil d'État, force est de constater la pauvreté de la campagne en matière de solutions concrètes. À l'heure actuelle, nous, citoyennes et citoyens, n'avons eu l'occasion d'assister à aucun débat de fond sur les problématiques structurelles et institutionnelles qui divisent et affaiblissent notre République et Canton de Genève. Il n'y a eu, pour l'instant, que quelques petites propositions, sans grande envergure, comme s'il fallait en rester sur la forme pour ne pas se mouiller, pour ne pas risquer de surprendre les électeurs et de facto perdre leurs voix. Effectivement, il s'agit d'une élection majoritaire, où seul-e un-e candidat-e sera élu-e. Pourquoi ne pas parler plus franchement, pourquoi ne pas aborder les thématiques qui fâchent, et apporter des éléments de réponse ? Pourquoi ne pas proposer de construire, de réfléchir, et de se concerter sur la crise structurelle qui touche notre bonne vieille Genève ?

Oui, les programmes sont importants, ils permettent de se confronter aux idées des candidats, tâter la politique qui est la leur. Mais qu'attend le Peuple ? Les gens, aujourd'hui, semblent irrités. Lassés, tout simplement. Notre canton traverse une mauvaise passe, il nous faut l'admettre. Même pour ces représentants qui se placent parfois trop haut par rapport aux leurs, à ceux envers qui ils ont prêté serment. Il ne s'agit pas seulement de faire de la politique pour être élu. Il faut s'évertuer à trouver des compromis, à rechercher d'éventuels remèdes à des maux qui peuvent paraître incurables.

Moi, je souhaiterais des débats qui ouvrent la voie à des réflexions de fond. Elle est bien belle la communication médiatique, celle qui permet de donner une bonne impression à son électorat. Elle ne suffit pas, néanmoins. Il faut l'agrémenter, la saupoudrer de ce dont Genève a cruellement besoin : des idées. Il n'y a pas de solutions miracles, et celles ou ceux qui le prêchent ne doivent en aucun cas être écoutés. Certaines formations politiques posent des questions, et induisent volontairement (ou non) l'orientation des réponses qui leur seront données. J'ai vu des candidat(e)s arriver avec des propositions toutes faites, dès les premiers jours qui ont suivi la démission de Mark Muller. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien ce qu'il nous faut ? Des solutions pré-mâchées, pardonnez mon cynisme, mais je n'y crois pas. Pas plus à celles d'un certain parti contestataire qu'à celles d'une gauche unie. Ni même celles d'un centre droit morcelé.

Nous pourrions ne pas y réfléchir, évincer le questionnement, nous dire que de toute façon, les urnes donneront leur verdict. Moi, je ne veux pas me contenter de ce peu, de ce trop peu que l'on nous sert à déjeuner. Il y a déjà un constat à faire, et il est urgent de le souligner : la propension à l'extrémisme des réactions de nos concitoyennes et concitoyens en cette période de troubles appelle à la prudence. À l'introspection. Ne devrions-nous pas comprendre comment tant de gens, de différentes sensibilités, issus de milieux socio-culturels diversifiés, seraient prêts à donner leur voix à une politique ultra-sécuritaire qui n'a de programme que celui d'appliquer strictement la loi, sans aucune vision d'avenir ? Comment faire pour réorienter les débats, les questionnements, les désirs de ce Peuple genevois qui penche vers un ras-le-bol généralisé ?

Peut-être suis-je désabusé. Sûrement, en fait. Mais je m'inquiète, je m'inquiète de la pauvreté des réponses. Nous devons élire un nouveau membre de notre gouvernement, pas un inconnu. Quelles seront ses compétences, quel sera son profil ? Et ses idées ? Nous bassinera-t-il ad nauseam avec les mêmes idéologies de part et d'autre, ou apportera-t-il des innovations en terme de gouvernance ?

 

Toutefois, il nous faut garder à l'esprit que cette élection partielle n'est qu'une étape intermédiaire, qui doit préparer celle, générale, de 2013. À ce moment-là, c'est une politique forte qu'il faudra mettre en place, je veux dire, une politique unie. Tant pour la gauche que pour le centre droit. Laissons les extrêmes se regrouper, ils n'en seront que mieux identifiables, et mettons de notre côté notre énergie à former une union des droites progressistes, pour parer à la montée de la contestation et du refus des institutions que nous connaissons et qui font notre puissance et notre réussite. Avec une gauche et une droite progressiste fortes, des compromis, comme ceux qui ont jalonné l'histoire politique de notre pays, pourront voir le jour. Ainsi peut-être sortirons-nous de ces Genferein, qui loin de redorer notre image, témoignent de la dislocation de la politique genevoise. Certes, il faudra probablement serrer les dents. N'est-ce pas le propre d'une société ? Il faut savoir faire des choix appropriés. Le reste, ce sont que des détails.

 

Grégoire Barbey

16:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, élections, conseil d'état, réflexion, avenir, solutions, questionnement |  Facebook | | | |

Le débat Sarkozy - Hollande : le vainqueur importe peu

 

Hier soir s'est finalement déroulé le débat tant attendu. Deux adversaires, face à face, deux grands noms qui ne sont pas là par hasard. Je ne rentrerai pas dans des considérations subjectives pour savoir qui de Hollande ou de Sarkozy est sorti victorieux de cette joute verbale. En vérité, l'objectif était ailleurs. Les français, environ 20 millions selon les sondages, qui ont assisté en direct au débat ont pu saisir toute l'ampleur et la difficulté du choix qui sera le leur. Choisir, c'est renoncer. Il leur fallait donc savoir à quoi et à qui ils renonceraient en votant pour l'un plutôt que pour l'autre. Il y a toujours les plus convaincus, ceux qui votent pour une appartenance partisane plutôt qu'une personnalité, mais il y a les indécis et les pragmatiques. Ceux-ci auront eu loisir de se faire une meilleure idée.

 

Pour ma part, j'ai pu voir durant ce débat deux personnalités rompues à la politique, ce qui n'est guère surprenant. Mais surtout, j'ai vu un Nicolas Sarkozy harassé, fatigué, à bout de souffle même, qui n'a pas hésité à se victimiser, offrant à son adversaire l'opportunité de le lui faire remarquer. Un Président sortant qui, il faut l'admettre, n'a pas laissé passer une seule occasion pour s'attaquer à François Hollande. L'un comme l'autre ont réussi la démonstration qu'ils devaient produire à cette occasion, devant des millions de français. Savoir qui en ressort vainqueur est impossible à dire avec recul. Sarkozy a ce charisme qui a fait de lui l'homme politique qu'il est aujourd'hui, avec les défauts que comporte sa gestuelle et son comportement nerveux. Tandis que Hollande, moins théâtral, plus scolaire, semblait davantage honnête. Mais il n'est pas possible d'en dire plus. Sinon que chacun prêchait pour sa paroisse et qu'en pareille situation, le bilan d'un tel débat ne peut qu'être mitigé. Bien sûr, nous pourrons spéculer çà et là sur les éventuelles supériorités de l'un sur l'autre. Est-ce bien nécessaire ? Je n'en suis pas sûr. À mon sens, l'essentiel est la symbolique de cette bataille, de cette rencontre « au sommet ». Le reste, les français l'oublieront très vite. Moi aussi d'ailleurs.

Je me contenterai donc d'une considération : nous sommes loin de la superbe d'un débat Mitterrand – Giscard d'Estaing. Nous pourrions en tenir rigueur aux deux journalistes qui n'ont su animer la joute verbale avec la fermeté et l'impartialité qui s'imposent en semblables circonstances.

Néanmoins, les urnes répondront à nos interrogations, dès dimanche. Prenons le temps d'apprendre, de comprendre. Ce débat ne restera pas dans les annales, c'est une évidence. Il aura cependant permis à certains indécis de se décider, c'est ce que nous pouvons souhaiter de mieux. Pour le reste, c'est une affaire de perception et d'idéologie.

 

Grégoire Barbey

09:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : débat, présidentielle 2012, sarkozy, hollande, france, élections |  Facebook | | | |

01/05/2012

La République française : des faits, des gestes, mais aucune alternative

 

Je m'informe, étant passionné par la politique dans son ensemble, sur l'actualité française concernant l'élection présidentielle. Difficile d'émettre un quelconque constat positif à l'égard de cette pataugeoire, où deux puissants partis s'affrontent dans le but d'accéder (ou de conserver) le saint Siège de la République française. Les mots sont durs, les discours n'ont aucun charme, il n'y a pas cette culture qui animait les grands noms qui ont bâti, qui ont fait la gloire de la Ve République. Les interventions n'apportent rien aux interrogations – légitimes – de tout un Peuple, qui est là, enfermé dans un étau dont il ne peut s'extraire, à attendre l'échéance. La tradition républicaine demande à ce que les citoyennes et citoyens français-e-s intronisent un nouveau Berger. Soit.

 

Mais quelle est leur marge de manœuvre à devoir choisir entre deux adversaires qui ne sont finalement pas si différents l'un de l'autre ? Je les plains, très sincèrement. Nous, en Suisse, avons une chance infinie, que nous ne mesurons pas toujours. Moi le premier. J'ai, malheureusement, longtemps renié la démocratie helvétique, par manque de connaissance peut-être, par révolte sûrement. Aujourd'hui, je réalise à quel point nous sommes privilégiés. Certes, tout n'est pas blanc ou noir, il y a des nuances, mais reconnaissons, au moins par respect pour nos voisins, la liberté qui est la nôtre. Ces débats interminables, par meetings interposés, par articles médiatiques, comment ne pas s'en lasser, comment ne pas sombrer dans le cynisme ? Où est l'amour de la société, dans les mots, dans les actes de ces candidats ? Et de leurs subordonnés ? Il n'y a pas d'égard pour le Peuple. Il n'est qu'une donnée, une mesure, dans la course à l'Élysée. Le but – le conquérir. Le reste – le Pouvoir, la Gloire, l'Argent. Toutefois, le Peuple français ne doit pas pour autant se résigner. Sinon la machine ne tournerait plus. Cercle vicieux.

Espérons qu'il y aura, en 2017, des adversaires plus valeureux, des hommes – et des femmes – de valeurs, de principes, dignes d'intérêt, de confiance et de respect. François Hollande, Nicolas Sarkozy, même combat ! Tous deux se sont précipités sur les terres frontistes pour grapiller quelques voix supplémentaires. Ô Peuple français, comme je te plains ! De ne pouvoir renvoyer ces deux pantins, de ne pouvoir dire : « non, ce ne sont pas ces deux pitres que nous voulons ». Il n'y a pas de démocratie, en France. Ce n'est qu'une République, où il n'y a, pour celui ou celle qui la gouverne, que l'opportunité des jeux de maux. Quelle frange de la population sera condamnée à souffrir pour servir les intérêts d'un oligarque ? Hâtons-nous de s'interroger. Une République des faits et gestes, de l'humiliation, de l'indignation, une République paresseuse, une République de circonstance. Allons, allons, Peuple de France, ne te laisse plus subordonner dans ces conditions.

 

Grégoire Barbey

30/04/2012

Sur le Pouvoir en politique

 

Selon Stephen R. Covey, il y a trois sortes de pouvoir, dont les implications divergent :

 

  • Le pouvoir coercitif, qui se base sur la peur qu'inculque celui qui tient les rênes. Cette forme de pouvoir n'est clairement pas adaptée sur une longue durée, et s'effrite avec le temps, si celui ou ceux qui s'en servent n'ont plus d'aspérités à exploiter pour insuffler des sentiments négatifs afin de garder leurs privilèges. Les dérives de ce pouvoir sont nombreuses, et l'utilisation de la force est courante pour garder le contrôle.

  • Le pouvoir utilitaire, qui se forge dans les rapports entre celui qui l'exerce et ceux qui subissent son influence. Il s'exerce tant que le détenteur du pouvoir a la capacité d'offrir à ses « suiveurs » des bénéfices, qu'ils soient matériels ou immatériels. Ce pouvoir se maintient selon la possibilité qu'a son détenteur à renouveler la dépendance.

  • Le pouvoir légitime, qui est la forme la plus « naturelle » et spontanée du pouvoir. Ce pouvoir ne s'exerce pas sous une quelconque contrainte mais dans le rapport qu'entretiennent les deux partis, une relation basée sur la confiance et le respect des uns et des autres. Le pouvoir se voit donc légitimé par la capacité qu'a son détenteur à offrir aux autres des valeurs humaines, qui lui octroieront une confiance non-négligeable, un bénéfice nettement supérieur au recours de la force ou de l'utilitarisme. Pour citer un célèbre « leader » qui a su tirer le meilleur de cette source de pouvoir est le très regretté Gandhi.

 

À partir de ce schéma, que je trouve très intéressant, il serait constructif de réfléchir quel est le pouvoir le plus utilisé par nos représentants, afin de déterminer lequel profite le plus à son utilisateur ou au Peuple. En politique, le pouvoir légitime est pour ainsi dire absent. Tout fonctionne soit dans des rapports de force (comme certains partis qui aiment à distiller la peur dans l'esprit des électeurs) soit dans un rapport utilitariste, où chacun y trouve son compte d'un point de vue matériel ou immatériel mais n'offrant que peu de perspectives à long terme pour une relation de confiance mutuelle.

Pourtant, ne serait-il pas profitable et au Peuple et à nos élus de baser la légitimité de leur pouvoir sur le respect de valeurs essentielles, des principes fondamentaux ?

La question se pose !

 

Un développement suivra.

 

Grégoire Barbey

 

19:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pouvoir, coercitif, légitime, utilitaire, stephen r. covey |  Facebook | | | |

27/04/2012

La CCIG, Merck Serono et le comité directeur du PLR : l'inceste indélicat

 

Avec la récente polémique sur la fermeture du site genevois de Merck Serono, de nouveaux éléments défrayent la chronique. Aujourd'hui, François Naef a démissionné de son poste de Président de la Chambre de commerce, d'industrie et des services (CCIG), puisqu'il est également l'actuel patron de la firme pharmaceutique.

Toutefois, trois noms sont à notés au sein de la direction de la CCIG.

Philippe Meyer, membre de la direction.

Jacques Jeannerat, député au Grand Conseil, également membre de la direction.

Nathalie Hardyn, adjointe de direction.

Ces trois personnes font partie du Comité directeur du Parti Libéral-Radical genevois (PLR/GE).

Il faut dès à présent se poser plusieurs questions. Tout d'abord, que savaient-ils, en étroite collaboration avec le désormais ancien Président de la CCIG François Naef, de la situation de Merck Serono ? Rappelons quand même que la CCIG soutient la candidature de « l'homme de l'action responsable », à savoir le Maire et membre du Conseil administratif de la ville de Genève Pierre Maudet (PLR).

Celui-ci s'était publiquement présenté comme n'étant « l'homme d'aucun lobby ». Dès lors, comment croire à la crédibilité de ses propos ? Pour ma part, je remets clairement en question la véracité de ses dires. En pleine campagne électorale, une telle catastrophe ne doit pas être prise à la légère, et je suis persuadé que le Peuple saura prendre la bonne décision lorsqu'il s'agira de voter le 17 juin prochain pour le ou la futur-e Conseiller-ère d'État. Un homme si proche des plus gros lobbys de notre République et Canton de Genève peut-il vraiment prétendre être totalement étranger à leurs pratiques et leur influence ? Un peu de décence, Monsieur Maudet, nous ne pouvons croire que vous n'avez strictement aucun rapport avec votre propre parti !

L'heure des comptes viendra. Et le Peuple, souverain, décidera s'il vous fait confiance ou non. Pour ma part, je ne voterai pas pour vous, quand bien même vous pourriez avoir l'envergure du poste que vous briguez. Il vous faudra plus que des mots pour convaincre.

 

Grégoire Barbey

 

Sources :

http://www.ccig.ch/CCIG/Structure/Direction/tabid/105/language/fr-FR/Default.aspx

http://www.plr-ge.ch/l-equipe/

21:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : plr, merck serono, pierre maudet, candidature, conseil d'État, ccig |  Facebook | | | |

François Hollande, le mauvais calcul électoraliste

 

francois-hollande-en-une-de-liberation-24-avril-2012-10686234jexqe_1861.jpgFrançois Hollande a décidé de tomber les masques et cherche désormais à récupérer des voix dans l'électorat frontiste de Marine Le Pen. Il a annoncé vouloir réduire l'immigration économique, rappelant d'ailleurs qu'il avait été favorable à l'initiative contre le port de la burqa. Cette attitude, purement électoraliste, pourrait davantage le desservir lors du verdict des urnes que lui faire obtenir quelques suffrages supplémentaires. Il s'agit vraisemblablement d'une erreur stratégique, à l'heure où son adversaire et prédécesseur Nicolas Sarkozy se fait l'apôtre des thèses extrémistes soutenues par certains pontes du Front National, François Hollande aurait eu un grand coup à jouer en se contentant de draguer l'électorat modéré du Président sortant, ne modifiant que très peu son image pour son propre camp politique, à savoir la gauche. Ici, il tente un grand écart pour le moins risqué. Non seulement, il prend le pari de se désolidariser de ses électeurs, mais de surcroît, il le fait pour un résultat qui ne sera sûrement pas significatif lors du dépouillement final. Le 6 mai, ce ne sera peut-être pas celui qui se présentait comme un futur président « normal » qui sera intronisé. Non, cette décision pourrait lui coûter un revirement décisif lors des dépôts des bulletins de vote.

Comment pourra-t-il assumer politiquement ce choix et cette tentative inconsidérée de récupérer des voix à l'autre extrême de l'échiquier ? Il s'est dit soucieux de s'occuper de celles et ceux qui « souffrent » en France. Ne pense-t-il pas qu'attiser les haines, c'est renforcer le climat délétère qui règne dans l'hexagone et dont le résultat du Front National en est l'expression patente ?

François Hollande, s'il pense être normal, le sera sûrement moins aux yeux de son électorat qui lira ou écoutera ses propos avec une oreille critique. C'est Mitterrand qui doit se retourner dans sa tombe. Et Jospin de s'écrier « pays de merde » !

 

Grégoire Barbey

26/04/2012

Pierre-François Unger : frontaliers, dégagez ; étrangers, restez !

 

En février dernier, lorsque Bernard Gruson, directeur des hôpitaux universitaires genevois (HUG), annonçait opter pour la « préférence cantonale », Pierre-François Unger, Président du Conseil d'État de la République et Canton de Genève prenait position favorablement à cette décision, certifiant que « ce n'est que du bon sens. On nous fait un mauvais procès. ».

Cette semaine, avec l'annonce de Merck Serono au sujet du licenciement et du transfert de 1250 employés, Pierre-François Unger s'est offusqué de cette mesure, considérant qu'il s'agit d'un « tsunami » pour Genève. Interrogé sur le plateau de la RTS, le Conseiller d'État a dit, à propos des employés qui sont d'ailleurs massivement issus de l'étranger (dont sûrement de nombreux frontaliers) : « ceux-là, nous devons les garder dans l'arc lémanique ».

Je me questionne donc sur la cohérence de sa position, puisqu'il n'hésite pas à protéger les compétences d'une industrie pharmaceutique, quand bien même celles-ci ne proviennent pas du canton, et à conspuer les frontaliers dans le milieu hospitalier.

« Frontaliers, dégagez ; étrangers, restez ! » aurait-il pu dire crûment, ainsi nous aurions compris quel est son véritable intérêt.

 

Grégoire Barbey

 

Sources :

http://www.lepoint.fr/monde/geneve-decrete-la-preference-...

http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/3946832-fermet...