Politique - Page 7

  • La stratégie électorale d'Adrien Genecand

    Petit cours de vulgarisation d'une stratégie politique plutôt convaincante.

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    Adrien Genecand. Le conseiller municipal et chef de groupe PLR vise le Conseil
    administratif de la Ville de Genève en 2015. Et anticipe visiblement déjà l'élection.


    Guillaume Barazzone est ouvertement attaqué par les membres du Parti libéral-radical en Ville de Genève. Cela est dû à sa décision d'assumer le mandat de conseiller national de Luc Barthassat (élu au Conseil d'Etat dimanche) tout en étant également conseiller administratif. Le PLR, qui a fait campagne en faveur du PDC, n'est forcément pas très chaud pour ce cumul, qui pourrait impacter négativement son travail de magistrat. Le parti le fait donc savoir. Mais derrière, il y a Adrien Genecand. Lui rêve d'obtenir un siège à l'Exécutif communal de la Ville. Alors plutôt que de tirer à la même corde que ses collègues, il prend le contre-pied... et soutient Guillaume Barazzone dans sa démarche.

     

    Bien sûr, Adrien est un politicien particulièrement brillant. Il sait sans aucun doute à quel point la population n'apprécie guère le cumul des mandats exécutifs et parlementaires (elle a d'ailleurs voté pour l'interdiction du cumul conseiller d'Etat et conseiller national). En motivant son allié mais néanmoins adversaire pour 2015 (période des élections communales), il prend le parti de récupérer son siège.  Il sait aussi très bien à quel point la Ville de Genève est à gauche. Voire maintenant proche du MCG si l'on en croit les résultats du 6 octobre et du 10 novembre. Il n'est donc pas sûr, contrairement à la stratégie affichée par son président de parti Alain-Dominique Mauris, que la droite modérée puisse obtenir deux sièges aux prochaines élections.

     

    En donnant donc son aval à Guillaume Barazzone (même si cela n'influence pas la décision du magistrat), il est malin: il se profile pour 2015. Ses collègues au PLR devraient en prendre de la graine. Plus mesuré, il ne surréagit pas. Adrien anticipe. Et démontre qu'il a toutes les qualités d'un bon stratège.


    Grégoire Barbey

  • Le syndrome de Stockholm des libéraux

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     Isabel Rochat. La non-réélection de la dernière représentante du feu Parti libéral genevois
    ravive les tensions identitaires au sein du Parti libéral-radical. Mais la direction nie en bloc.


    La fusion du Parti libéral genevois (PLG) et du Parti radical démocratique (PRD) ne fait pas que des heureux sur le territoire de feu Calvin. Les résultats du second tour des élections au Conseil d’Etat ce dimanche l’ont confirmé (lire mon précédent article sur l’Entente). La perte du dernier siège détenu par la libérale canal historique Isabel Rochat a ravivé quelques tensions au sein du Parti libéral-radical (PLR). Quand bien même la stratégie interne de la direction est simple (elle consiste à nier l’existence de quelconques dissensions), les différents messages postés sur les réseaux sociaux laissent planer le doute.

     

    Le président du PLR genevois Alain-Dominique Mauris et l’un de ses vice-présidents Murat Alder s’efforcent de communiquer en faveur d’une famille nouvellement crée qui vit plutôt positivement son mariage. A ce sujet, Yvan Zweifel semble plus réservé. Compréhensible sûrement, quand on pense qu’avec l’éviction de Mark Muller en 2012 (et l’obtention de son siège par l’ancien président du PRD Pierre Maudet) et l’échec d’Isabel Rochat ce soir, les Libéraux ont réduit leur représentation gouvernementale de deux à zéro en l’espace de quatre ans. Il en va de même pour le Parlement, puisqu’aujourd’hui si l’on compare les différentes provenances des élus PLR, on constate un net recul des libéraux (9 radicaux et 15 libéraux). Il y a vingt ans, les libéraux comptaient 27 sièges au Grand Conseil.

     

    Ce sont les faits. Il y a maintenant la psychologie. L’identité est une notion particulièrement ancrée dans nos êtres. Il suffit de voir la nécessité qu’ont les individus à se rattacher à un drapeau, à des valeurs communes, à un langage. Ce pathos est aussi visible en politique. Un parti n’est pas inerte. Ses membres sont des êtres humains avant tout. Et l’on peut comprendre leur frustration quand ils voient leur famille politique historique se réduire comme peau de chagrin. Oui, le PLR fonctionnera à terme. Il faudra une génération pure souche et les vieilles querelles identitaires seront reléguées à leur place: les archives. Parmi ceux qui ne contestent pas la place prise par les radicaux au sein du PLR, ce sont les libéraux atteints du syndrome de Stockholm.

     

    Pris en otage par les radicaux, ils finissent par ressentir de l’affection voire de l’admiration pour ceux qui leur ont ravi la gloire et le pouvoir. Lorsqu’il y a au restaurant VOC tôt le vendredi matin des réunions avec ce que certains membres issus des rangs du PLG appellent ironiquement «la vraie présidence», il n’y a pas un seul ancien libéral. Que des radicaux. Parmi eux, Pierre Maudet, François Longchamp et son éminence grise et secrétaire général Bernard Favre, Hugues Hitpold, Rolin Wavre, et j’en passe quelques-uns. Pas d’identitarisme au PLR, dites-vous? Je n’en suis pour ma part pas absolument certain. Pour proposer une métaphore qui permette d’imager correctement ce qu’il se passe au sein du PLR genevois (et je me borne à ne pas aborder la situation du parti national qui n’a pas du tout la même configuration), c’est exactement comme une fusion-acquisition entre deux entreprises concurrentes. L’une acquiert l’autre et la démantèle peu à peu. Sans oublier d’intégrer tout ce qui a fait son succès, ce qui peut aller jusqu’à l’utilisation de sa raison sociale… Alors, toujours pas convaincu?

     

    Grégoire Barbey

  • L'Entente ne bénéficie en réalité qu'au PDC

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    Alain-Dominique Mauris. Le président du Parti libéral-radical n'a pas su empêcher les défaites
    successives de son parti. Il n'a pas non plus voulu affronter de face les tensions liées à la fusion.


    Lendemain de cuite pour le Parti libéral-radical (PLR) à Genève. Trois sortants se représentaient: François Longchamp, Isabel Rochat et Pierre Maudet (arrivé en cours de législature). Les trois font partie de la plus importante formation politique du canton en termes de suffrages: le PLR. Avec les démocrates-chrétiens forment l’Entente. Ils présentaient au total cinq candidats (Luc Barthassat et Serge Dal Busco pour le PDC). Tout au long des semaines qui ont précédé le second tour des élections, la communication de l’Entente était simple: un appel à voter compact, sans rajouter ni tracer quiconque.

     

    Les règles du jeu n’ont clairement pas été respectées par tous et Isabel Rochat a été biffée plus de 7000 fois, se voyant reléguée à la neuvième place, contre les quatre premières pour ses colistiers. Si les militants et les sympathisants avaient joué le jeu, les cinq candidats étaient élus. Dont acte. Nous ne pouvons pas changer ce qui a été fait, mais tout de même: comment Alain-Dominique Mauris, président du PLR, peut-il avoir l’outrecuidance de titrer son communiqué de presse «Une victoire pour l’Entente» quand il s’agit en réalité d’un échec sans équivoque pour la coalition et d’une défaite pour son propre parti?

     

    La présidence d’Alain-Dominique Mauris justement: parlons-en! Sous son leadership, qu’a fait le PLR si ce n’est perdre des sièges au sein des parlements et des exécutifs communaux et cantonaux? A Genève, le véritable bénéficiaire de l’Entente est le PDC, et non le PLR. Voyez donc: il a obtenu deux sièges supplémentaires aux exécutifs les plus stratégiques du canton. La place de Pierre Maudet au Conseil administratif de la Ville de Genève et celle d’Isabel Rochat au Conseil d’Etat. Parler de victoire alors qu’au fond le PDC a phagocyté des places stratégiques pour le renouvellement des leaders du PLR? Navré, mais pour moi je n’ai pas l’impression qu’il faille se réjouir.

     

    Et puis sept sièges perdus au Grand Conseil. Soyons honnêtes, quand Alain-Dominique Mauris affirme ne pas vouloir trahir ses électeurs sur Genève à Chaud ce soir, il se fourvoie. Les voix perdues du PLR ne sont pas allées au PDC, et encore moins à la gauche. C’est l’UDC et le MCG qui en ont bénéficié. D’ailleurs, au lendemain de l’élection au Grand Conseil, nous étions tous surpris de la progression des Démocrates du centre. Le résultat est sans conteste un recul et une gueule de bois pour le premier parti du canton. Les deux voix qui osent s’opposer à la stratégie de l’appareil de parti (et de la secrétaire générale dont personne n’entend jamais parler contrairement à Sophie Buchs du PDC), celles de Cyril Aellen et Thomas Barth, méritent d’être écoutées. L’intérêt d’une grande Entente ne serait pas négligeable.

     

    Et puis d’ailleurs ce soir à Leman Bleu, Alain-Dominique Mauris a pris en otage la discussion des différents membres du PLR présents pour débattre des résultats du second tour. Il a asséné ce qu’il nous dit depuis deux ans. Ce qu’il répète comme un psaume appris par cœur pour la messe du dimanche. Non, Monsieur Mauris, vous avez tort: les résultats parlent d’eux-mêmes. Vous avez failli à deux reprises, et votre place à la présidence du PLR n’a plus d’être. Demain matin à 07h00, vous seriez bien inspiré de remettre votre démission. Et de laisser à celles et ceux qui ont une vision stratégique la latitude pour manœuvrer librement. Pour l’appel à la candidature, il me semble qu’il y a méprise. La présentation des enjeux faite par Alain-Dominique Mauris ne laissait place à aucune autre personne. Ç’aurait été s’afficher en traître voulant ravir la place au maillon faible du trio PLR.

     

    Aujourd’hui, la réalité est cruelle et ne pardonne pas: à Genève, la fusion a du mal à passer. Ce n’est pas définitif et il faudra bel et bien une génération pour que chacun y trouve son compte et efface les attaches identitaires issues de 150 ans d’Histoire. Mais Alain-Dominique Mauris ment à ses propres troupes lorsqu’il affirme à l’envie qu’il n’y a aucun problème. C’est faux. La particularité toute genevoise est simple: les Libéraux étaient autrefois majoritaires. La tendance s’inverse. Et certains accusent la fusion d’en être responsable. Je pense pour ma part qu’il y a quelques nuances.

     

    Mais ne tergiversons pas. Il faut affronter cette crise en lui faisant face. Monsieur Mauris l’a démontré en fuyant toujours le sujet: il n’est pas l’homme de la situation. C’est pourquoi, je le répète une fois encore, il devrait prendre ses responsabilités et laisser la barre à un autre. Celui qui pourrait assumer cette tâche est cité dans cet article. Aux membres du Comité directeur de décider ce qui est le mieux pour leur parti. Mais cessons toute langue de bois. Cela ne bénéficie ni à la crédibilité du PLR, ni à celle, personnelle, d’Alain-Dominique-Mauris.


    Grégoire Barbey

  • Mme Rochat: vous pouvez garder la tête haute

    Chronique, 10.11.13

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     Isabel Rochat. La magistrate libérale ne méritait pas d'être ainsi traitée par ses collègues
    et la presse. Son bilan tant décrié valait-il tant d'invectives au point d'en faire un bouc émissaire?

     

    Isabel Rochat a fait ce soir les frais d’une large campagne de dénigrement à son encontre. Attaquée de toutes parts sur son bilan, tour à tour jugé «mitigé», en «demi-teinte» voire carrément «mauvais», la magistrate issue des rangs du feu Parti libéral n’a pas pu se maintenir au gouvernement. La politique est ainsi faite. Et l’on n’est pas toujours exclu pour de bonnes raisons. C’est le cas, je crois, pour Mme Rochat.

     

    A-t-elle démérité? Poser la question, c’est déjà y répondre. Bien sûr que non. Son destin politique était probablement déjà scellé au moment où le Département de la sécurité lui a été remis. C’était il y a quatre ans. Isabel Rochat, nouvellement élue, se voyait prendre le ministère le plus compliqué du canton. Une tâche herculéenne. Et elle n’a pas pour autant fui le défi. La libérale a tenté de redresser la barque. Trop discrètement sans doute. Puisque c’est aujourd’hui Pierre Maudet qui en bénéficie.

     

    C’est là qu’on voit qu’il n’y a en réalité qu’une seule véritable compétence requise pour faire de la politique: savoir communiquer. On peut bâtir une carrière sur du vide simplement parce qu’on a la capacité de tout mettre en scène. De créer des discours puissants, qui résonnent dans la tête des électeurs. Mme Rochat a beaucoup de qualités. Elle n’excelle malheureusement pas dans ce domaine. Peut-être est-ce une forme de pudeur de sa part que de ne pas se répandre sur ses actes. C’est possible.

     

    En tous les cas, elle a fait preuve ce soir, malgré ce moment difficile, d’une dignité éblouissante. Moins d’une heure après les résultats définitifs, elle s’exprimait sur le plateau de Leman Bleu. Et sans se lamenter sur son sort. Pas une seconde. Pas un mot pour ces médias qui l’ont tant vilipendée, avec bien peu d’arguments pour en justifier les attaques répétées qu’elle a subies. Isabel Rochat ne s’est même pas justifiée. Bien joué. Ce serait accorder trop d’importance à celles et ceux qui en ont fait injustement leur bouc émissaire.

     

    Elle doit aussi sa non-réélection à son propre parti (elle a été biffée plus de 7000 fois), qui plutôt que de faire bloc avec les siens, préfère nettement planter des couteaux dans le dos en faisant fi de toute stratégie politique à long terme. Car ce troisième siège perdu par le Parti libéral-radical ne sera pas facilement récupéré au fil des prochaines législatures. Dans quatre ans et demi, il faudra remplacer François Longchamp. Et la tâche est grande. Un troisième candidat qui puisse reprendre le siège perdu? J’ai pour l’heure quelques doutes.

     

    Quoi qu’il arrive, le PLR assumera les conséquences de ses actes. Cela ne concerne plus Isabel Rochat. Elle a donné de sa personne. Croisée sur les stands à plusieurs reprises, je l’ai trouvée combattante. Elle croit en l’action politique qu’elle a mené ces quatre années de législature. C’est une femme courageuse et je voulais rendre ici hommage à sa détermination. Elle a montré ce soir par son intervention toute l’amplitude de sa personnalité. Isabel Rochat, permettez-moi de vous dire ceci: vous pourrez quitter vos fonctions début décembre la tête haute. Parce que dans une telle situation, vous avez été une femme d’exception.

     

    Grégoire Barbey

     

  • L'expérience Blocher: paradoxe d'un homme

    Chronique, 09.11.13

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    Jean-Stéphane Bron & Christoph Blocher. L'œuvre ne surprend aucunement. Ce n'est
    pas là qu'il faut en saisir l'originalité et la réussite. Elles se situent dans le non-verbal.

     

    L'expérience Blocher est un film intéressant. Je me demande si c'est le portrait d'un tribun ou le tableau du malaise d'un pays. Une nation qui s'imagine si petite et si fragile face au concert des grandes puissances internationales. Certes, on y voit Christoph Blocher dans toute sa splendeur. Beau parleur, orateur de talent et grand lecteur de l'Art d'avoir toujours raison d'Arthur Schopenhauer.

     

    Mais c'est avant tout le porte-parole d'une catégorie de la population suisse. Celle qui se sent impuissante devant la mondialisation. Qui rejette l'immigration. C'est son droit. Et Jean-Stéphane Bron nous transmet dans son œuvre tout ce qui accompagne la vie d'un homme politique. Il y a d'un côté la mise en scène, de l'autre l'authenticité. A chacun de faire la part des choses. Les doutes, les rires, les certitudes et les moments de gloire. Les échecs aussi.

     

    La solitude de l'humain face à son destin. C'est ça, L'expérience Blocher. Oui, on y voit un tribun sous un jour plutôt favorable. Le réalisateur se défend dès le début du film de ne pas être en accord avec les idées de l'homme dont il tire le portrait. Soit. Cette justification n'a pas lieu d'être à mon sens et tout l'intérêt de ce film n'est pas dans les commentaires de l'auteur ou dans les paroles de Christoph Blocher. Il se situe largement dans les images, qui sont, elles, muettes. Mais qui nous parlent, toujours.

     

    L'expérience Blocher, ce n'est pas une surprise. On ne doit pas l'appréhender comme un portrait qui va nous révéler des informations inconnues jusqu'ici sur le personnage. On le connait trop bien pour l'imaginer se faire avoir par Jean-Stéphane Bron. Cette œuvre est plutôt une photographie d'une époque. D'un moment charnière. Le monde change, et Christoph Blocher porte en lui tout ce qui symbolise ce changement.

     

    Comme l'auteur le dit très bien dans son film, le politicien a le corps d'un agriculteur et l'esprit d'un dirigeant d'entreprises. CEO d'EMS-Chemie, il a largement bénéficié de l'ouverture des frontières, du marché unique. Ses acquisitions, restructurations/démantèlements puis cessions de groupes ne portent pas la marque de fabrication de la Suisse. Cela provient d'une culture différente. Anglo-saxonne. Et ça, c'est le paradoxe Blocher, plus que l'expérience.

     

    Le scandale de la subvention fédérale pour ce film n'a pas lieu d'être. J'ai lu de nombreuses critiques. D'un côté comme de l'autre. Aucune ne m'est apparue en visionnant le résultat final. Ce n'est ni l'encensement de Christoph Blocher, ni son assassinat cinématographique. Le produit se rapproche de la réalité. Et ce n'est pas tant la part d'ombre du personnage qu'il fallait saisir. Celle-ci se cache. Non, il valait mieux démontrer toute l'antithèse des différents aspects du tribun. Et sur ce point, Jean-Stéphane Bron a réalisé un sans-faute. Chapeau à lui.

     

    Grégoire Barbey

  • Politique: la presse doit s'investir davantage

    Chronique, 09.11.13

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    Grand Conseil. Les comptes rendus des sessions parlementaires devraient être plus
    complets. Ils ne traitent actuellement plus que des sujets véritablement capitaux.*

     

    Dans la presse actuelle, il y a quelque chose qui me manque. Ce sont les comptes rendus des sessions parlementaires. Une page, chaque mois, pour détailler un peu la teneur des débats. Pas uniquement sur les sujets capitaux (comme cela se fait depuis quelques années). Parce que la politique, ce n'est pas seulement les urgences, ni les débats polarisants qui traînent en longueur. La politique se joue principalement dans l'hémicycle. C'est ici, dans ce lieu relativement petit, que s'affrontent les différentes forces en présence. Au sein de cette enceinte, la dialectique s'éveille. Les arguments défilent. Les alliances se forment. L'avenir du canton y est joué.

     

    Cet endroit est par essence le lieu où tout se décide. Il faut y être pour relater les faits. Passer à la buvette, aux pas perdus, discuter avec les députés. Ecouter, toujours. Le journaliste qui couvre les séances plénières se doit d’avoir l’oreille attentive. On comprend parfois, entre deux verres de blanc avec des élus du peuple, la stratégie qui se cache derrière une majorité de circonstance. Ce n’est pas uniquement les votes qui comptent. Il y a inévitablement, derrière les chiffres immuables, des discussions. Des pourparlers. Le citoyen qui lit son journal ne doit-il pas être tenu au courant des enjeux concernant son avenir?

     

    Oui, la politique peut être a priori ennuyante. Relater des débats sans y mettre un peu de saveur – c’est-à-dire en y rajoutant quelques hypothèses, parfois farfelues, souvent proches de la réalité –, ça n’en vaut évidemment pas la peine. Le journaliste, lorsqu’il réalise un compte rendu, doit oser s’engager. Prendre des risques, se tromper. Tâtonner aussi. Au fond, c’est lui qui est sur place, qui prend la température. Selon les discussions qu’il a entendues, les confidences qui lui ont été faites, il peut dénouer une situation étonnamment complexe. Ce que l’électeur veut savoir, c’est si les personnes pour qui il a voté respectent leurs engagements.

     

    Et c’est compréhensible. Un élu est mandaté par le peuple. Il doit lui rendre des comptes. Et le journaliste, par son omniprésence au sein du milieu politique, peut et doit servir d’intermédiaire entre les députés et les citoyens. Il ne faut pas laisser les arrangements dans l’ombre. Il appartient aux médias d’être suffisamment culottés pour donner de la matière à leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Qu’importe le support. Qu’il soit fait de papier, radiophonique, audiovisuel ou sur le web, les médias doivent donner les clefs de lecture des décisions politiques à ceux qui les lisent, les regardent ou les écoutent.

     

    Au sujet de la politique, il reste beaucoup à faire. Et la presse, face à ce constat, a de nombreuses opportunités qui restent encore inexploitées. Pourtant, qu’est-ce que la politique peut être passionnante si celle-ci est bien expliquée. A condition de raconter une histoire. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais pour cela, il faut oser. Ne pas se fier aux recettes du passé. Ce n’est pas la matière qui manque. C’est le courage. L’envie de proposer du neuf, de le faire avec conviction et passion. Quand on rédige sur un sujet qui nous plaît, le lecteur le ressent. Tout est possible. Osons, donc.

     

    Grégoire Barbey

     

    * Crédit photo: Demir Sönmez – Vous pouvez découvrir ses photos sur son blog (si ce n'est pas déjà fait) en cliquant ici.

  • La R'vue: place à la génération suivante!

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    La R'vue. Il y a dans cette dernière édition un message fort dès les premiers instants du
    spectacle: place aux jeunes. Cette ambition est clairement assumée et mérite d'être saluée.


    J'ai assisté hier soir à la R'vue, et j'ai beaucoup aimé cette édition. Bien sûr, j'entends également les habituelles contrariétés: «ce n'est plus comme avant», «je préférais les dernières éditions», etc.



    Quoi qu'on fasse, on ne peut pas plaire à tout le monde, et c'est justement l'intérêt. Mais au-delà des différences, des évolutions, des changements, si l'on regarde véritablement le contenu, c'est excellent. Evidemment, tous les sketchs ne m'ont pas plus. Justement parce qu'il y en a pour tous les goûts. Mais quand même, les «faiseurs de chier le monde», l'entrée avec les enfants qui figureront au Conseil d'Etat en 2028, c'est excellent!

     


    Et c'est peut-être quelque chose qu'on a oublié à Genève: il faut préparer la relève. Pierre Maudet en est l'exemple. François Longchamp également, pur produit de Guy-Olivier Segond. Les Radicaux ont toujours su former la génération suivante. Mais qui le fait encore vraiment aujourd'hui? J'ai plutôt l'impression que c'est le contraire. Beaucoup de jeunes se démarquent, tentent de faire leur place. Et l'arrière-garde les en empêche.



    Et justement, ce petit sketch, très agréable à regarder au demeurant, fait prendre conscience aux Genevois de cette réalité. Oui, 2013, c'est bien. Mais la vie continue après. Il y en aura d'autres. Il faudra faire émerger des leaders. Des gens de conviction, de charisme, de possibilités. De ceux qui mènent la barque et qui conduisent le canton d'un pas sûr. Ce sketch nous rappelle à toutes et à tous qu'il y a un après. Que nous ne sommes pas éternels et qu'en politique, tout se renouvèle.



    En mettant cette réalité de côté, quel en sera le résultat? Veut-on vraiment des candidats qui se présentent «faute de mieux»? Je ne crois pas. Et c'est bel et bien sur cet aspect-là de la vie politique qu'il faut se pencher. Les jeunes sont l'avenir. Ils sont déjà là. Dans quelques années, je serai le vieux con d'un jeune qui, je l'espère, viendra me chercher des poux en me mettant les yeux bien en face des trous pour me faire descendre de mes grands chevaux. Il sera le futur et je ne serai que son passé. A la rigueur aurais-je le privilège de demeurer quelques temps son présent. Et encore.



    Cette jeunesse, dont je fais aujourd'hui partie, il faut la valoriser. La R'vue, en faisant jouer des enfants en début de spectacle, tente cet ambitieux pari. C'est ambitieux parce que les jeunes sont fougueux. Mais ça paie, parce qu'en leur octroyant la place qu'ils méritent, ils le rendent bien. Genève doit penser à son futur, et ne pas avoir en matière de relève politique ce qu'elle fait pour ses grands dossiers: prendre la solution qui s'impose lorsque la situation est à l'extrême urgence. Sinon, bonjour les dégâts.



    Enfin de compte, merci à Philippe Cohen pour ce spectacle. Qu'on aime ou non, il y a du travail. Du contenu. De nombreux clins d'œil à l'actualité. Et je trouve cela fabuleux. Tout ce dynamisme, c'est finalement ce qui manque à Genève. Donc oui, merci à M. Cohen et à toute son équipe de nous véhiculer, l'histoire de quelques heures, l'image d'un canton moins froid et empêtré dans ses problèmes politiques. Bon sang ce que ça fait du bien!



    Grégoire Barbey

  • Denis Menoud: démission immédiate!

    Chronique, 31.10.13

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    Denis Menoud. Le conseiller municipal MCG s'est à nouveau illustré
    par des propos totalement inacceptables pour un élu du peuple.

     

    Les propos du conseiller municipal en Ville de Genève Denis Menoud sont totalement inacceptables. Mercredi soir, durant le débat sur la naturalisation (pour savoir si la commune devait abandonner ou non sa prérogative en la matière), l’élu du Mouvement citoyen genevois (MCG) s’est permis des largesses verbales qui prêtent plutôt à pleurer qu’à rire. Parlant de la naturalisation, il s’est en est pris à une collègue siégeant sur les rangs de la gauche en ces termes: «taisez-vous Madame la naturalisée», «retournez à Belleville si vous n'êtes pas contente», «retournez avec la caillera des quartiers français», «rends ton passeport Vera Figurek». Il n’en est pas resté là. Il a traité ses collègues de traître à la nation, d’hypocrites et j’en passe.

     

    Autant de mots employés qui n’ont pas vocation à être ainsi formulés dans un hémicycle. Les élus du peuple sont censés y travailler pour le bien commun, et non pour stigmatiser telle ou telle personne. Cette attitude, qui n’est pas la première dérive de M. Menoud, est contraire non seulement à la bienséance et au respect dû aux citoyens, mais également au Code pénal suisse. Les injures et la xénophobie ne sont pas tolérées par la loi. L’intéressé est coutumier de ce genre de bassesse et continuera tant qu’il ne sera pas démis de ses fonctions. C’est pourquoi je demande ici sa démission sans plus de cérémonie.

     

    Et le président du MCG, en la personne de Roger Golay, doit également prendre ses responsabilités et imposer la sanction adéquate à un tel comportement. On ne peut pas à la fois s’excuser des propos tenus contre les frontaliers et tolérer les exclamations ordurières d’un membre de son propre parti. D’autant qu’à la suite de cet épisode, de nombreux adhérents ont tenu à s’en distancer (à raison) sur les réseaux sociaux. Accepter qu’un tel individu continue à siéger et à mettre en cause la crédibilité du MCG, c’est assimiler des personnes honnêtes à un véritable clown préférant l’invective au débat d’idées.

     

    Par ailleurs, je noterai encore un détail: l’absence de réaction proportionnée de la part du président du Conseil municipal, Pascal Rubeli. A quelques reprises, il a tenté de l’empêcher de parler, mais sans grande conviction. Pire, il souriait face à cette débâcle. Plutôt que de s’affirmer dans son rôle et d’expulser Denis Menoud pour son vocabulaire et son attitude, il a laissé dire, faisant mine de s’y opposer, des vilénies qui insultaient de nombreux élus du peuple. De ce point de vue là, j’estime que le président du Conseil municipal devrait rendre des comptes quant à cet abandon de circonstance. On ne peut pas prétendre diriger un hémicycle si l’on laisse se tenir des scènes pareilles. Sous l’œil, je le rappelle, des téléspectateurs de Leman Bleu. Car oui, Mesdames et Messieurs, toute cette pagaille est filmée. Une fois encore, Genève se distingue en mal. Bravo.

     

    Grégoire Barbey

  • Partis: reprenez goût à la politique!

    Chronique, 25.10.13

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    Genève. Les partis politiques ont perdu toute leur substance en abandonnant l'essentiel:
    leur message essentiel. Qui consiste en une vision globale de la société. Un projet commun.

     

    Un parti doit proposer une vision globale de la société lorsqu'il a des vues sur le gouvernement. Cela passe par un programme de législature, un manifeste en somme, qui promeut certaines valeurs cohérentes. Cela doit être un projet ambitieux. La volonté de rompre avec la politique des autres. Un parti doit se différencier tant dans son approche des problèmes sociétaux que dans les réponses aux questions que se pose la population. Un parti, ce n'est pas une auberge espagnole. Les individus qui y adhèrent doivent partager ce même objectif, cette même vision commune d'une société idéale.

     

    Un programme nécessite de concilier idéalisme et pragmatisme: il faut du réel dans les propositions, du concret dans les idées. Un parti, c'est une aventure. Mais c'est aussi un défi. Il faut réunir des gens aux sensibilités toutes différentes. Chacun projette sur un mouvement politique ses propres souhaits. C'est au parti, à ceux qui le dirigent, de lui donner un cap. De lui offrir une teinte et une saveur. Un parti, ça se vit. Ça doit parler à ceux qui s'y intéressent. Quand on entend son nom, on doit instantanément penser au message essentiel de sa vision de la société. Un parti, c'est un grand bazar auquel il faut donner une structure, une hiérarchie.

     

    Aujourd'hui, à Genève, ce message semble s'être dispersé. On n'a plus l'air de négocier des majorités comme il conviendrait de le faire. Plus personne ne semble prêt aux concessions évidemment nécessaires au bon fonctionnement des institutions. La politique en démocratie, ça ne se fait pas seul, chacun dans son coin. Cette désolidarisation des partis, c'est le symptôme d'un mal plus profond: la perte de leur identité. Car oui, les partis politiques à Genève ont perdu tout ce qui faisait leur attrait. Ils n'ont plus, ni dans leur langage, ni dans leur projet, l'ombre d'un projet commun.

     

    Ils semblent ne plus être en mesure que de traiter les sujets au cas par cas. Chaque individualité pouvant tirer la barque d'un côté ou de l'autre. L'homogénéité des partis, fondée sur une pluralité de personnalités, a disparu. A Genève, qu'on veuille le reconnaître ou non, les partis ont perdu ce qu'ils avaient de plus important: un capitaine à la barre. Pour maintenir le cap. Leur cap. Et ne pas se disperser de part et d'autre dans des luttes qui ne sont pas les leurs. Ces partis, aujourd'hui, sont confrontés à une véritable crise. Sur leurs côtés respectifs naissent d'autres formations qui capitalisent sur cette absence de vision. Parce qu'elle est là, et il faut la reconnaître.

     

    Il n'y a plus d'avenir possible tant qu'il n'y aura pas de vision globale. On veut sentir un projet, on veut qu'il nous fasse vibrer. Un parti, cela doit être une porte ouverte vers un désir commun. Ce n'est plus ainsi désormais. Les partis à Genève sont sur le déclin. Dites-moi le contraire. Voilez-vous la face. Mentez-vous. Je m'en fiche éperdument. La réalité est limpide: les partis sont devenus ennuyants.

     

    Et tant qu’ils ne réaliseront pas qu’ils n’ont plus rien à offrir à la population pour convaincre, la déchéance continuera. Tant qu’on aura, au sein de la population, la sensation légitime que les partis traditionnels ne sont plus que des machines à satisfaire les ambitions égoïstes de quelques notables, alors la politique à Genève sera faite de blocs. Et les patriciens des vieux partis pourront pleurer tout ce qu’ils veulent: on ne récupère pas ses membres sans entamer une profonde introspection. Ils sont responsables des résultats du 6 octobre. Et le seront de ceux du 10 novembre. Le nier, c’est courir à sa perte. Partis, reprenez goût à la politique! Pour le bien de notre démocratie.

    Grégoire Barbey

  • Un paysan au gouvernement? Pourquoi pas!

    Chronique, 19.10.13

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    Luc Barthassat. Le candidat PDC pour l'élection au Conseil d'Etat le 10 novembre
    est souvent critiqué pour son parcours scolaire atypique et ses capacités intellectuelles.

     

    Je vais vous confier ce que j’ai entendu tout au long de cette campagne pour le Conseil d’Etat. J’ai suivi au plus près l’ensemble des élections. Chaque week-end, je me suis rendu sur les stands, ai participé à la plupart des événements électoraux. J’ai rencontré des dizaines de candidats et de militants. De toutes les tendances. Mais un détail m’a frappé particulièrement: c’est le mépris de certains pour la candidature au Conseil d’Etat du PDC Luc Barthassat. J’ai eu le droit au même refrain à maintes reprises. «Ce n’est qu’un paysan», chantent-ils en chœur.

     

    «Il n’a pas les compétences nécessaires», «il est gentil mais n’a pas l’intelligence requise», «il n’est bon qu’à défendre les chats au Conseil national», etc. Tout ça, je ne l’invente pas. Je l’ai entendu des dizaines de fois. Le point commun entre les différentes personnes qui m’ont tenu ce discours, c’est leur appartenance à la classe politique. Ou aux médias, pour d’autres. Luc Barthassat dérange beaucoup dans le microcosme genevois. Je n’ai, tout au long de cette campagne, jamais caché mon amitié pour l’agriculteur. Je ne prétends pas à l’impartialité, car je donne mon opinion. Certains me le reprochent. Je l’assume.

     

    Mais dans le cadre des élections, tout ce mépris qui lui a été adressé, toute cette haine envers ceux qui n’ont pas de titres universitaires, qui n’ont pas un parcours traditionnel, je peux vous le dire sans fard: cela m’a profondément dégoûté. Oui, Luc Barthassat n’a pas le profil d’un licencié en droit ou en sciences politiques. Dyslexique, ses fautes d’orthographe sont nombreuses, notamment sur les réseaux sociaux où il est très actif. Tout ça, on peut bien évidemment le lui reprocher. C’est l’image qu’il renvoie et il en est responsable. S’arrêter cependant à ces seuls critères est bien malhonnête.

     

    J’étais hier soir à la fondue qu’il a organisée pour la Saint Luc. Près d’une centaine de personnes de tous horizons. Pas seulement des politiciens. Des gens du peuple qui le suivent. Ses amis. Sa famille. Et surtout les quatre autres candidats sur la liste en compagnie de Luc Barthassat. Pierre Maudet, Isabel Rochat, François Longchamp et Serge Dal Busco: ils sont tous venus. Il n’y a pas eu de grands discours. Luc Barthassat n’en a pas profité pour faire sa publicité. Ceux qui étaient là, pour la majorité, sont déjà acquis à sa cause. Il peut bien n’être qu’un «paysan», il y avait à sa fête plus de personnes qu’à l’événement officiel de l’Entente. C’est dire s’il force le respect.

     

    Il a ses défauts, c’est indéniable. Surtout des défauts pour ceux qui veulent avoir des têtes qui ne dépassent pas au gouvernement. Luc Barthassat n’est probablement pas de ceux qui se plient sans lutter. Il n’est pas non plus prévisible: il a cette fougue qui le caractérise. Je n’irai pas jusqu’à dire être convaincu par tous ses combats politiques. Sa volonté d’instaurer un quota de musiques suisses radiodiffusées ne m’a pas spécialement séduite. J’y suis même plutôt opposé. Mais Luc Barthassat a indéniable qualité: sa proximité avec les gens. Accessible, il ne donne pas l’impression d’être membre d’un groupe fermé. D’autres se donnent des airs de grandeur là où le candidat PDC est lui-même, avec tout ce qui le caractérise, des défauts aux qualités.

     

    Ce lien qu’il a avec la population, c’est justement ce qui manque indiscutablement au Conseil d’Etat de la législature qui s’achève. Cette impression de n’avoir que des gestionnaires, des dirigeants que l’on n’aperçoit qu’aux événements officiels et lors des campagnes électorales, ce n’est pas un bon point pour notre politique de milice. Je ne sais pas à ce jour si Luc Barthassat fera un bon travail s’il est élu. Je sais néanmoins qu’il donnera le meilleur de lui-même pour améliorer la situation à Genève, quel que soit le département dont il aura la charge. Peut-être me trompé-je et il n’a pas les épaules pour. Ce dont je doute. Mais ce n’est pas en le dénigrant qu’on atteindra le but communiqué par l’Entente: placer les cinq candidats de la liste au Conseil d’Etat.

     

    Luc Barthassat s’investit pleinement dans ses engagements politiques. Qu’on ne l’apprécie pas ou qu’on le trouve stupide – chacun est libre de le penser –, il faut tout de même le respecter. Il en va de même pour les autres candidats, toutes tendances confondues. Cracher son venin sur lui parce qu’il n’appartient pas au petit monde bourgeois de la Genève introvertie, c’est proprement indigne. Luc Barthassat échouera peut-être dans ses fonctions. Je ne lis pas l’avenir. Mais je crois qu’il ne faut pas s’arrêter à son parcours scolaire, à ses capacités intellectuelles ou à son apparence folklorique. Qu’il soit paysan ou roturier, la Suisse est composée de politiciens issus du peuple. Il a donc toute sa place au gouvernement, si c’est le choix du peuple. Comme l’a été en son temps Adolf Ogi au Conseil fédéral. Et qui n’a pas non plus démérité malgré son parcours atypique.

     

    Grégoire Barbey