Gregoire Barbey

24/08/2013

Double-visage et allure de suppositoire

Chronique, 24.08.13

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 Parti socialiste. Les affiches pour les candidats au Conseil d'Etat cachent deux visages
et ont la forme d'un suppositoire. Volontairement ou non. Le message est donc ambigu.


La campagne publicitaire du Parti socialiste à Genève fait parler d’elle depuis quelques jours dans les médias. D’abord la Tribune de Genève, puis la RTS. La chaîne de télévision du service public parle d’ailleurs de plagiat, puisqu’une campagne très proche a été menée par Mercedes en 2012. Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse véritablement d’une copie conforme. Probablement un hasard. Et puis qu’importe, l’essentiel est le message. Et justement, parlons-en. Les photos sont intéressantes (voir ci-dessus), et leur choix n’est peut-être pas anodin. En y regardant bien, deux visages apparaissent.

 

Serait-ce un message subliminal à l’attention des électeurs et des électrices? Faut-il comprendre par cet habile montage qu’il y a derrière l’apparence des candidats socialistes au Conseil d’Etat une autre face qui n’est pas montrée publiquement? La question se pose. En outre, la forme des visages rappelle également quelque chose de singulier: un suppositoire! Toujours un hasard? Soit les socialistes sont des gaffeurs hors pair – ce qui ne peut être totalement exclu –, soit ils ont un talent certain pour les métaphores politiques. En tout état de cause, le message à interpréter est clair: en votant pour les socialistes, le citoyen ne sait pas ce qui l’attend, puisqu’il y a, dans l’ombre, un aspect volontairement caché aux regards trop insistants. De l’ombre à la lumière, les socialistes feront face à leur destin le 6 octobre prochain. D’ici-là, nous pouvons nous délecter d’une campagne pour le moins particulière!

 

Grégoire Barbey

17:08 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | | | |

21/08/2013

La jalousie élevée au rang de vertu cardinale

Chronique, 21.08.13

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Christian Levrat. Les socialistes mettent à l'index les dirigeants des entreprises. Ils oublient
qu'ils sont ceux qui créent de la richesse et de la valeur ajoutée pour l'ensemble de la société.

 

L’initiative «1:12 – pour des salaires équitables» propose d’introduire dans la Constitution fédérale un article de Politique salariale qui permettrait à l’Etat, à travers la volonté populaire, d’interférer dans les affaires courantes des entreprises privées. Il ne serait ainsi plus possible d’obtenir une rémunération douze fois supérieure au plus bas de la chaîne salariale d’une société. Pour les initiants, la jeunesse socialiste (qui est plus proche d’un ultra-soviétisme que d’un socialisme pragmatique, soyons honnête), il s’agit d’interdire à un dirigeant de gagner en un mois ce qu’un employé obtient en une année. Si l’idée peut paraître alléchante parce qu’éthiquement compatible et défendable, elle n’en est pas moins dangereuse et fait fi de toutes les réalités les plus élémentaires en matière d’économie.

 

Il convient de rappeler ici qu’habituellement, ce sont les socialistes qui veulent toujours plus de recettes fiscales. Or, par ce projet de loi inique, les initiants ne réalisent pas qu’en nivelant les salaires par le bas, ce sont les caisses de l’Etat qui vont se vider en proportion des baisses effectuées. Mais soyons de bonne foi: aucun manager ne verra son salaire baisser si l’initiative devait être plébiscitée par les urnes. Les méthodes pour contourner cette interdiction sont légion. Il suffit de scinder l’entreprise en plusieurs entités autonomes pour casser la chaîne salariale et permettre aux plus hauts salaires de continuer à toucher leurs rémunérations. La gauche, toujours aussi déconnectée de la réalité humaine, argumente différemment. Pour elle, c’est l’occasion d’augmenter les salaires des employés les moins bien rémunérés. Ce postulat est justifié par la volonté des plus hauts revenus à conserver leurs privilèges. Dès lors, ils décideraient de leur verser des salaires plus élevés pour conserver les leurs à des niveaux très élevés. C’est bien évidemment peu probable et les faits qui précèdent tendent à le démontrer. Le président du Parti socialiste, Christian Levrat, parle d’une «utopie nécessaire». Le mot est bien choisi: étymologiquement, utopie signifie «nulle part». Mais il ne s’agit pas uniquement des rémunérations contractuelles livrées mensuellement. Les primes sont comprises, et les versements en nature également.

 

Les initiants méconnaissent visiblement le fonctionnement des entreprises. La plupart des sociétés où des dirigeants s’octroient des rémunérations douze fois plus élevées que le plus bas salaire de l’entreprise sont cotées en Bourse. Les petites et moyennes entreprises sont rarement touchées par ce type de politique salariale. Parce qu’en général, les dirigeants de PME préfèrent réinvestir une grande part des bénéfices dans l’entreprise elle-même pour en améliorer l’efficacité et la compétitivité. Pour les sociétés cotées au Swiss Stock Exchange, le principe est différent. Si les actionnaires acceptent qu’un manager soit rémunéré de façon démesurée (quoi qu’encore ici, l’appréciation soit totalement subjective et donc soumise à interprétation), c’est leur affaire et ne concerne en rien l’Etat. Et encore moins la population. D’autant plus que l’initiative Minder a été acceptée par le Souverain, et que les rémunérations du board sont désormais votées en assemblée générale.

 

«L’Etat n’a pas à intervenir dans les affaires courantes d’une entreprise»

 

Mettant de côté des principes essentiels de l’économie, comme l’autorégulation et la propriété privée, cette initiative remet en question bon nombre d’acquis fondamentaux. En plus de menacer le fonctionnement d’un modèle ayant fait ses preuves, les initiants élèvent en vertu cardinale la jalousie. Qui donc a le droit de se mêler des affaires privées d’une entreprise? Surtout pas l’Etat, qui n’a strictement rien à faire dans la gestion des affaires courantes. La rémunération en est une, et ne regarde que les individus concernés. L’Etat doit s’occuper de sa propre gestion, ce qui n’est déjà pas une mince affaire. Si en plus de cela, il crée un armada de policiers salariaux (la police rouge) chargés de veiller au respect des contraintes socialisantes, où va-t-on? Oui, il s’agit de jalousie car la plupart des Suisses travaillant dans des entreprises où il existe un important écart salarial sont bien rémunérés. Et qu’ils n’ont généralement pas à se plaindre.

 

Cette tendance s’accroit de plus en plus. Comme si nous avions quelque chose à dire sur ce que nos voisins mettent dans leur assiette pour le déjeuner et le dîner. Comme si, en fin de compte, nous devions tous être soumis à la même fatalité: le nivellement par le bas. L’incapacité de s’extraire de la masse. D’entreprendre librement, de pourvoir aux besoins de dizaines, de centaines voire de milliers d’êtres humains. L’innovation reléguée au rang d’antiquité, c’est le but de cette initiative? Faire de la création d’entreprises un bagne plutôt qu’une volonté de créer de la richesse, qu’elle soit quantifiable en termes de liquidités ou d’innovations sociétales? Oui, c’est de la jalousie. Parce que ceux qui s’en plaignent ne sont généralement pas aux commandes d’une entreprise. Parce que leur téléphone est coupé le week-end et qu’ils n’accourent pas en cas de problème. Eux, ils font leurs heures (pas tous, évidemment, ne caricaturons pas à l’extrême non plus). Les dirigeants, eux, assurent les salaires. Certains, dans les petites et moyennes entreprises, les versent au mépris du leur.

 

Parce que l'entrepreneuriat n’est pas seulement une affaire de rémunérations, ce que beaucoup ont tendance à oublier de nos jours. Les entreprises, ce sont un lien essentiel dans la cohésion sociale. Et s’il y a des dysfonctionnements évidents, ceux-ci ne se règlent pas par des législations soviétiques mettant la jalousie comme arbitre et l’Etat comme juge. Le désir de vouloir aplanir les inégalités sans penser à la liberté, voilà un idéal qui ne me correspond pas. Les hommes ne naissent pas égaux, et l’Etat ne pourra jamais intervenir de façon suffisamment efficace pour réguler ce que le hasard réalise. Son rôle n’est pas de contraindre par la violence ceux qui peuvent se démarquer de la majorité en leur interdisant de faire ce pourquoi ils sont justement doués. En agissant ainsi, c’est une société encore plus malade que nous allons créer. Basée sur la jalousie et un nivellement par le bas des plus infâmes, une telle civilisation ne saurait perdurer dans la durée. Et c’est tout le modèle suisse de l’excellence entrepreneuriale qui s’effondrerait. Avec des conséquences beaucoup plus désastreuses qu’un écart salarial produisant des jalousies disproportionnées aux jeunes socialistes encore en études.

 

Grégoire Barbey

00:24 Publié dans Economie, Humeur, Politique, Votations du 24 novembre | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | | | |

19/08/2013

Provocation à outrance et vacuité du message

Chronique, 19.08.13

 

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Initiative du GSsA. Les Jeunes UDC ont multiplié les visuels provocants pour inciter les
citoyens à voter contre l'abrogation de l'obligation de servir. Mais les messages sont critiquables.

 

La campagne des Jeunes UDC contre l’initiative pour l’abrogation de l’obligation de servir est si caricaturale et ridicule qu’elle me donne envie de voter en faveur des initiants. Entre une affiche qui assimile ceux qui y sont favorables à des drogués fumeurs de joint, roux, communistes et pacifistes et une autre qui invite à «gicler» ceux qui sont contre l’armée, les amalgames sont légion. Est-ce qu’il est nécessaire d’en arriver à stigmatiser l’ensemble des opposants à l’obligation de servir en des termes qui sont franchement limites? Il ne faut pas oublier qu’il s’agit également d’un débat idéologique. Beaucoup de libéraux sont favorables à cette abolition. Moi-même, j’hésite encore. Il ne s’agit pas seulement de dire non à l’armée, mais de refuser un système qui force les individus à être enrôlés sans qu’ils ne puissent donner leur avis. Et ça, effectivement, c’est contraire à l’idéologie libérale. L’Etat ne devrait pas pouvoir intervenir aussi férocement dans l’existence d’un citoyen.

 

Il s’agit donc de débattre concrètement, sans réduire son adversaire à un paquet de clichés réducteurs. Parce qu’on peut également caricaturer les tenants absolus d’un système de milice, et d’une armée. Ils ont également leurs côtés pour le moins singuliers. Mais à titre personnel, je ne trouve pas cela pertinent et je ne pense pas qu’un citoyen lambda ait envie de se voir ainsi montré du doigt à travers un visuel de campagne. Chacun a ses raisons de voter pour ou contre. La démocratie, c’est accepter le choix des gens, de s’y plier, et de vivre avec. En se moquant de ses adversaires avant le même le résultat de la votation, on prend un risque considérable. Celui d’énerver tout un pan de l’électorat qui pourrait se sentir insulté alors qu’ils étaient encore hésitant. Comme moi, qui ne vois pas très bien quel est le but de cette affiche, sinon de créer une polémique stérile et d’inciter les gens à envoyer un camouflet à des Jeunes UDC un peu trop sûrs de leurs valeurs patriotiques…

 

Grégoire Barbey

01:17 Publié dans Air du temps, Economie, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

17/08/2013

La haine des uns et l'ignorance des autres

Chronique, 17.08.13

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Adolf Hitler. Le dictateur le plus meurtrier de notre histoire récente
l'avait malheureusement compris: il suffit de se servir des émotions du peuple...

 

J’étais hier soir à la vogue de Bardonnex avec mon ami Sébastien Kaech qui distribuait des flyers pour sa campagne au Grand Conseil. Et j’ai été surpris des réactions des gens. Choqué serait même plus adapté. A l’une des personnes à qui il a distribué son tract, il a reçu la réponse: «je ne vote pour lui que s’il veut foutre dehors tous les étrangers». J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague un peu maladroite. En discutant davantage, j’ai vite compris qu’il était convaincu par ce qu’il venait de dire. Pour lui, les frontaliers et les immigrés volent les emplois des Suisses. Une croyance qui se répand de plus en plus à cause du MCG et de l’UDC qui favorisent volontairement cet amalgame.

 

Comme le disait Talleyrand il y a quelques siècles, «la politique a toujours été et sera toujours une certaine façon d’agiter les hommes avant de s’en servir». C’est exactement la stratégie de ces partis qui jouent aux funambules sur une corde si mince qu’un faux mouvement peut suffire à les faire tomber d’un côté ou de l’autre. Malheureusement cet exercice d’équilibriste est dangereux et a des répercussions particulièrement néfastes sur une certaine frange de la population. Il est facile en situation de crise – ce qui peut d’ailleurs être observé à chaque période de l’Histoire – de flirter avec des discours politiques polarisants. A Genève, ville internationale, le chômage est en comparaison nationale bien plus élevé. Divers facteurs micro et macroéconomiques peuvent en expliquer la cause.

 

Mais tout un chacun comprendra qu’il n’est pas très vendeur en politique de se concentrer sur des explications intellectuelles, concrètes et précises. Ce que le Peuple veut depuis toujours, c’est une victime expiatoire, un bouc émissaire sur lequel passer sa colère liée à son impuissance. Ces partis-là, c’est justement leur fonds de commerce. On prend une catégorie de la population et on l’assimile à tous les maux vécus par la majorité. Adolf Hitler avait très bien compris ce principe en son temps et l’avait même exploité avec un talent cauchemaresque. En s’en prenant à la population juive, qui ne représente même pas 1% de l’humanité, et en l’accusant d’être à la base de toutes les souffrances des citoyens allemands, il a réussi à transformer la raison en émotion.

 

Les gens ne sont pas toujours raisonnables. Ils le sont même plutôt rarement. Surtout lorsqu’il s’agit de politique, chose à laquelle ils ne s’intéressent que très moyennement. Ils ont donc des réponses tout aussi moyennes, qui s’apparentent à une méconnaissance des sujets. Croire que le chômage est uniquement lié aux étrangers – il l’est probablement un peu –, c’est faire montre de bien peu d’érudition dans le domaine. Mais c’est également un danger à prendre très au sérieux. Plus la population est ignorante, plus le risque de manipulation de masse est élevé. Je ne dis pas ça avec une position élitiste. Au contraire. Le but est justement d’éduquer les citoyens. De leur inculquer les notions essentielles à leur bonne compréhension des enjeux sociétaux. Or, ici, nous avons des partis qui attirent leurs adhérents en se servant de leur manque de connaissance. Et font de leur sentiment d’injustice une haine farouche. Il va falloir prendre des mesures, et celles-ci passent peut-être par une réforme de l’enseignement. En proposant notamment des cours où les jeunes citoyens peuvent apprendre à se renseigner sur un sujet. Des possibilités, il y en a plein. Il faut juste les saisir avant qu’il ne soit trop tard. Pour que la gangrène qui ronge une certaine frange des Genevois ne nécessite pas l’amputation.

 

Grégoire Barbey

14:54 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (42) |  Facebook | | | |

Mme Gautier et la compréhension de texte

A chaud, 17.08.13

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Malentendu. Fabienne Gautier (PLR) m'accuse sur son blog de ne pas être précis
concernant un article paru sur mon blog. Elle ne l'a manifestement pas lu en entier.

 

Dans un blog paru hier et cité dans la revue de Jean-François Mabut, la libérale-radicale Fabienne Gautier s’en prend nommément à moi ainsi qu’à mon confrère du Temps Marc Moulin. Le titre est éloquent: «Aux journalistes qui savent tout ou croient tout savoir». Cette brave dame nous invite à nous renseigner. Si Monsieur Moulin s’est effectivement trompé dans son article, j’ai moi-même précisé que le document auquel je faisais allusion (voir mon article sur la communication du PLR) avait été abandonné.

 

Bien évidemment il est question ici de compréhension de texte et non de polémiquer davantage. Mme Gautier n’a visiblement pas lu correctement mon article sur mon blog et s’est contentée de la citation parue dans la version papier de la Tribune de Genève. N’étant pas responsable du découpage des articles dans le quotidien genevois, m’attaquer ad hominem en m’accusant de désinformer est plutôt culotté. L’intéressée aura donc l’amabilité de prendre connaissance de mon article dans sa totalité et non pas se contenter d’un passage qui l’arrange.

 

Grégoire Barbey

02:12 Publié dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | | |

16/08/2013

Les candidats doivent se profiler davantage

Chronique, 16.08.13

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Mauro Poggia. Force est de constater que le parti de l'avocat genevois bat beaucoup
le terrain et se montre très offensif dans sa campagne. Sera-t-il élu au Conseil d'Etat?

 

Genève aborde les élections avec une certaine pudeur. Eté oblige, la politique est beaucoup moins présente à la fois dans les médias et dans la tête des citoyens, plutôt occupés à s’aérer l’esprit. Pourtant, il n’en reste pas moins que la date fatidique se rapproche à grands pas. Nous sommes déjà mi-août, et les élections se tiennent le 6 octobre. Dans moins de deux mois donc, les candidats sauront s’ils ont été plébiscités par le Peuple. Fin août, les véritables festivités devraient débuter et les partis vont probablement lancer leurs machines de guerre électorales.

 

Un constat néanmoins, l’invraisemblable présence continuelle du MCG. Tous mes lecteurs savent Ô combien je ne me sens pas proche de ce parti. Il faut néanmoins lui concéder en toute bonne foi cet engagement sur le terrain qui, malheureusement pour les partis gouvernementaux, séduit bon nombre de citoyens qui se sentent de facto valorisés et écoutés. Un bon point donc pour cette formation politique qui n’a pas profité de l’été pour cesser ses activités. Et un danger pour les partis traditionnels qui, eux, n’ont pas souhaité s’afficher de façon ostentatoire.

 

Ce qui manque toutefois à cette campagne, ce sont de véritables projets. Je lis de-ci de-là quelques esquisses bien timides. Surtout de la communication lissée et rompue. Mais rien de concret. Est-ce qu’il y a beaucoup de candidats qui ont proposé des projets de loi pour lesquels ils vont s’engager durant la législature? Très peu. Et il faut une fois de plus remarquer qu’un de ceux-là est un MCG, l’avocat Ronald Zacharias, qui a présenté dans la Tribune de Genève son idée. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut faire comme le Mouvement citoyen genevois. Au contraire. Seulement, les candidats doivent oser s’engager. Prendre des risques. Quitte à décevoir. Quitte à ne pas rentrer dans le politiquement correct.

 

La politique c’est ça: se mettre à découvert, recevoir des balles, et se relever plus fort encore. Pour l’heure, je ne vois guère cette attitude. J’espère que cet état d’esprit va gagner en visibilité d’ici au 6 octobre, car Genève est dans un blocage politique pour le moins inquiétant, et il serait temps de prendre des décisions qui vont dans le bon sens. De mon côté, je continuerai à suivre de très près tous les événements qui se produiront d’ici aux élections et ne manquerai pas de revenir régulièrement sur ceux qui m’auront marqué ou nécessiteront quelques précisions. Ma grande inconnue étant au Conseil d’Etat: est-ce que Mauro Poggia réussira à obtenir un siège au gouvernement? Comme je l’ai précédemment dit, je pense que cela est possible. Et cela risque d’en surprendre plus d’un.

 

Grégoire Barbey

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15/08/2013

La communication trop élitiste et lisse du PLR

Chronique, 15.08.13

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 Laurent Naville. La présidence du PLR lui a reproché
ses critiques envers Pierre Maudet sur Facebook.


Le positionnement du Parti libéral-radical (PLR) manque cruellement de visibilité au sein de la population. S’il est évident qu’il conquiert une partie importante des voix de la droite économique, il n’en reste pas moins largement relégué derrière l’UDC en ce qui concerne les thèmes sécuritaires et sociaux. Le parti ne pèche pas par manque de propositions en la matière. Mais plutôt par absence d’une communication claire et vulgarisée qui se destine à l’ensemble de la population et non pas à une certaine strate de celle-ci. En Suisse occidentale, les sections des cantons du Valais et de Neuchâtel en ont fait les frais: la récente fusion des Libéraux et des Radicaux a créé un flou important dans l’esprit des électeurs. Dans certaines régions, cela s’explique par des oppositions idéologiques beaucoup plus marquées.

 

Tel est le cas particulier de Genève, où les Libéraux étaient majoritaires face aux Radicaux. D’un point de vue des idées, leurs différences étaient et sont de taille: là où les Radicaux veulent un «Etat fort, ni plus, ni moins» pour paraphraser François Longchamp, les Libéraux nourrissent une vision d’une administration publique svelte, permettant aux initiatives privées d’évoluer sans une contrainte réglementaire trop envahissante. Evidemment, lorsque deux partis fusionnent et ne semblent pourtant pas partager certains points essentiels (alors qu’ils se retrouvent foncièrement en accord sur la plupart des sujets), la base est prise entre deux feux. La communication du PLR à Genève tente de minimiser ces tensions internes. Il s’agirait plutôt de les laisser s'exprimer pleinement pour mieux les combattre.

 

C’est qu’à Genève, la tension est spécifique. Les Radicaux étaient minoritaires au gouvernement. Et soudainement, par un coup politique magistral digne d’un roman, en pleine législature, ils récupèrent la majorité. Certains essaient de dire qu’aujourd’hui, Radicaux et Libéraux sont réunis au sein du même parti. Mais lorsque les langues se délient, beaucoup finissent par avouer le contraire. Parce qu’on n’efface pas plus d’un siècle d’Histoire en claquant des doigts, et en communiquant que «tout le monde il est beau tout le monde il est gentil». Bien sûr que non. La politique, c’est autre chose. C’est la confrontation des idées. C’est l’opposition. Les alliances et les stratégies qui laissent parfois une partie de ses pairs sur le carreau. La tension est palpable, et les élections cantonales à Genève n’arrangent rien.

 

La proposition d’installer des caméras de vidéosurveillance par Pierre Maudet a agacé certains Libéraux. Pas tous, soyons précis. Mais il n’en reste pas moins qu’un nombre, même restreint, a tendance à voir d’un mauvais œil cette mesure. Certains l’expriment, comme le Jeune Libéral-Radical (JLR) Laurent Naville, sur les réseaux sociaux. Moins rompu à la communication et aux pressions internes, son désarroi face à une politique qu’il juge «antilibérale» l’a poussé à donner son avis publiquement. Mais dans le parti de Pierre Maudet, ça ne se passe pas comme ça. Surtout si l’on est candidat. Laurent Naville a donc fini par retirer sa publication, qui n’a pourtant pas échappé à l’œil avisé de Marc Moulin, confrère émérite du Temps. En janvier, j’avais fait état en dernière page de L’Agefi du document que les candidats Libéraux-Radicaux au Grand Conseil devaient parapher et respecter.

 

Il s’agissait notamment de ne pas s’exprimer dans les médias sans en avoir référé au secrétariat du parti, pour ensuite faire l’objet d’une éventuelle approbation par le groupe ou la présidence. Toute critique publique envers le parti ou ses colistiers était également proscrite. Le document avait finalement été abandonné, la levée de boucliers ayant suffit à remettre en question son existence et surtout sa pertinence dans un parti prônant la liberté. Toutefois, dans les faits, les prérogatives demeurent. C’est cet aspect-là, trop lisse, trop travaillé, qui va causer du tort au PLR au sein de la population. Cette dernière n’est pas dupe et sent très bien lorsqu’on tente de la manipuler. Le site du parti dédié aux élections cantonales du 6 octobre est une ode à la communication sans aspérité, au langage technocratique et dénué de sentiments. Cette forme d’expression, le peuple ne l’apprécie guère. Elle ne résonne pas dans son oreille. Il manque clairement un élément: la musique des mots. Et le goût des sonorités qui s’entrechoquent, qui s’allient et se délient. L’impression de rêver à une République plus paisible, prospère et adaptée.

 

Tout cela, le PLR semble le mettre de côté. Comme si la présidence du parti se contentait de surfer sur la vague de ses électeurs acquis à sa cause. Les autres, et ceux qui ont quitté les rangs à la suite de la fusion et pour toutes les raisons mentionnées plus haut, on s’en fiche. Ils ne comptent pas. Pourtant, ces gens pourraient faire la différence. Ils pourraient venir étoffer la force d’un parti en difficulté, même s’il reste la première formation politique du canton. Ce qui pourrait changer au terme des élections. Et à ce moment précis, il sera beaucoup trop tard pour une remise en question dont les effets ne seront visibles que 5 ans plus tard pour les échéances suivantes. A Neuchâtel et en Valais, le PLR a perdu des plumes, l’extrême droite représentée par l’Union démocratique du centre (UDC) a progressé de façon inquiétante, obtenant des sièges historiques dans les Exécutifs.

 

Le PLR à Genève doit impérativement contrer la montée des extrêmes, plus marquée avec le Mouvement citoyen genevois (MCG) qu’avec l’UDC. C’est un parti raisonnable, qui défend des positions sécuritaires répressives (qui à titre personnel ne me conviennent pas forcément, mais ce n’est pas le propos de mon billet) en accord avec le trend actuel. Au niveau du social, les Radicaux composant le parti, notamment des Pierre Maudet et des François Longchamp, ne sont pas en reste. La communication du parti nécessite une révision drastique. Qu’elle se rapproche des intérêts des citoyens. L’économie, pour la plupart des individus, est un sujet particulièrement ésotérique. C’est une thématique qui me passionne et que je défends personnellement. Mais je sais combien elle semble lointaine pour de nombreuses personnes qui luttent au quotidien pour nourrir leur famille et subvenir à ses besoins. C’est précisément-là que le PLR doit frapper. Revoir sa stratégie. Repenser son implication. Descendre de son piédestal de premier parti gouvernemental. Et se montrer plus avenant avec les préoccupations de la majorité. Ce n’est que comme ça que les Libéraux-Radicaux conserveront une avance certaine sur leurs adversaires. Et qu’ils pourront continuer à œuvrer pour Genève. Dans le cas contraire, la défaite sera cuisante. Et ce ne sera pas faute de les avoir prévenus.

 

Grégoire Barbey  

12:07 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | | | |

14/08/2013

Jeunes d'apparence mais vieux dans l'esprit

Chronique, 13.08.13

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 Xavier Schwitzguebel. Le fondateur des Jeunes UDC dit vouloir s'engager pour limiter
la population genevoise à 500'000 habitants. Et une proportion maximale de 40% d'étrangers.


Le jeune UDC genevois Xavier Schwitzguebel a publié son nouveau site internet à l’adresse milice.ch. Si le nom de domaine en dit déjà long sur l’esprit philosophique qui anime les jeunes représentés dans ce parti, la lecture des «engagements en cas d’élection» du fondateur de la section JUDC a de quoi faire frémir. En effet, celui-ci garantit à ses électeurs (si tant est qu’il y en aura suffisamment) qu’il s’engera pour «limiter la population genevoise à 500'000 habitants» qui ne pourra contenir qu’«un maximum de 40% d’étrangers pour rester chez nous». Evidemment, l’aspirant député se garde bien d’expliciter les mesures qui nécessiteraient une telle contrainte pour la croissance démographique et l’immigration. Faudra-t-il déporter tout individu qui naîtrait au-delà de la limite autorisée? Ou créer d’importantes campagnes publicitaires pour inciter les résidents à s’expatrier en-dehors du canton?

 

Les interrogations demeureront pour l’heure. Ce qui est sûr, c’est qu’un tel programme sera difficile à concrétiser dans les faits. Déjà, on voit mal comment un député pourrait apporter de tels changements. Si la capacité de destruction du Parlement est connue, ce n’est pas pour autant que des initiatives aussi extrémistes trouveront des intéressés. D’autant plus qu’avec des propositions aussi saugrenues, un référendum verrait obligatoirement le jour. S’engager donc pour de vagues propositions idéologiques en l’absence de projets de loi concrets, dûment documentés et réalisables semble à tout point vain. Et c’est même une bien triste façon de manipuler les citoyens en leur laissant croire qu’il est possible d’intervenir à ce point au sein d’un organe qui comprend 99 autres personnes.

 

Néanmoins, les internautes qui ont visité le site dédié aux Jeunes UDC ne sont pas dupes: plus de 75% des participants au sondage proposé par la plateforme (qui demande «allez-vous soutenir les candidats JUDC?») ont voté pour la section «Non, et je ne veux pas en entendre parler». Par ailleurs, les autres candidats tiennent à peu près le même discours. Leurs objectifs ne semblent pas varier, puisqu’ils veulent tous une société beaucoup plus sécuritaire, et moins tolérante envers l’immigration. C’est clairement le discours corporate de l’UDC, et c’est en cela que ces jeunes ne se démarquent pas du tout de leurs ainés, ce qui est plutôt dommage pour une nouvelle génération qui veut s’engager en politique. C’est même le contraire, leurs idées semblent beaucoup plus radicales et encore moins fondées sur des réalités structurelles. En matière de démographie, vouloir imposer une limite est totalement aberrant. C’est une proposition malthusienne qui fait frémir. Pour le reste, le peuple tranchera au soir du 6 octobre, et nous saurons si de telles idéologies retiennent l’attention du Souverain. D’ici-là, patience!

 

Grégoire Barbey

09:22 Publié dans Elections du 6 octobre, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

11/08/2013

Politique et xénophobie: dangereux cocktail

Chronique, 11.08.13

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 Simonetta Sommaruga. La conseillère fédérale donne des explications relativement
peu convaincantes concernant les restrictions faites aux requérants d'asile en Suisse.


Totalement scandaleuses, les restrictions faites aux requérants d’asile à Bremgarten et à Vallorbe. Les communes font savoir à ces gens qu’ils ne sont pas «souhaités» dans certaines zones dites «sensibles». L’accès ne leur est pas formellement interdit pour des raisons de légalité et de respect des droits fondamentaux, selon les propos de la ministre socialiste Simonetta Sommaruga en page 6 du Matin Dimanche. Il convient tout de même de s’interroger sur une telle attitude. Comme le dit très justement la rédactrice en chef du même journal, Ariane Dayer, ces requérants d’asile sont dans ces centres parce qu’ils ne sont justement pas suspectés de délinquance. Or, justifie la conseillère fédérale en charge du dossier, les gens ont peur.

 

Et c’est justement là toute la problématique récurrente dans ce débat. La crainte. Viscérale, selon certains. Le rejet de l’autre, parce qu’on capitalise électoralement sur ce sentiment répugnant. Les citoyennes et les citoyens sont au pied du mur. Leurs représentants les inondent de statistiques tronquées pour qu’ils voient chez les étrangers le danger incarné. Le mal fait Homme. C’est tout bonnement inacceptable de distiller ainsi la peur dans l’esprit des individus. Et c’est surtout un pari risqué, qui peut conduire à des mesures extrêmes. Ces requérants d’asile en font déjà les frais. La vérité, c’est que le discours de ces communes traduit une réalité: les gens venus d’ailleurs, on n’en veut pas en Suisse. On préfère qu’ils se cachent.

 

Pourtant, notre pays a toujours été une terre d’accueil. Et ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, certains politiciens en mal d’idées font de la lutte contre l’immigration et les requérants d’asile leur fonds de commerce, qu’il faut commencer à inverser la tendance. Qu’une ministre socialiste puisse défendre de telles mesures est proprement ahurissant. C’est le comble de l’opportunisme politique. Nul n’ose se lever contre ce qui est en train de passer, parce que de plus en plus, les politiciens commencent à voir un ras-le-bol au sein de la population.

 

Mais ce sentiment, n’est-ce pas justement ces représentants qui jouent à manipuler les statistiques qui l’ont insidieusement répandu dans la tête des citoyens? C’est un véritable cercle vicieux, duquel on ne sortira jamais, à moins que des politiques courageux s’élèvent vertement contre un climat de haine qui tend à gagner l’ensemble de la population et de la classe dirigeante. Fatalement, lorsqu’il sera trop tard pour revenir en arrière, quand ces mesures auront conduit au désastre, l’adage qui dit que la victoire a de nombreux parents mais la défaite est orpheline prendra tout son sens. Parce qu’au fond, nul n’osera assumer un échec en la matière. Les chaises musicales pourront recommencer.

 

Grégoire Barbey

13:49 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, xénophobie, politique, simonetta sommaruga |  Facebook | | | |

07/08/2013

Forfaits fiscaux: un modèle qu'il faut préserver

Chronique, 07.08.13

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 Suisse. Il y a environ 5000 bénéficiaires de l'impôt d'après la dépense dans le pays.
Dont 710 à Genève et 1400 dans le canton de Vaud. Et environ 1300 en Valais.


J'ai lu à maintes reprises des individus argumenter comme suit pour justifier leur soutien à la suppression des forfaits fiscaux: «Les forfaitaires font monter les prix de l'immobilier à outrance.» Or pourtant, il y a 710 bénéficiaires de l'impôt d'après la dépense à Genève et 1400 dans le canton de Vaud. Les prix entre Genève et Lausanne (deux villes où la demande en logement est forte) sont à peu près comparables. Genève reste même légèrement plus chère, du fait d'une contraction des logements vacants très élevée. Néanmoins, si l'argumentaire susmentionné devait s'avérer exact, les prix de l'immobilier vaudois devraient crever le plafond à situation plus ou moins comparable. Pourquoi n'est-ce pas le cas?

 

J'ai un élément de réponse: c'est simplement un fantasme. Il y a sûrement une corrélation qui puisse être démontrée, mais elle doit être marginale en proportion de la valeur suscitée par l'offre et la demande. Par ailleurs, il est clairement bienvenu de relativiser les discours alarmistes concernant la valeur actuelle de l'immobilier locatif. En 1970, un individu pouvait louer une surface de location de 2,6m2 avec une heure de travail (pour un salaire moyen). En 2010, le même individu obtenait 3,9m2 de surface de location. En d'autres termes, il fallait travailler 40 heures par mois en 1970 (100/2,5) pour un logement de 100m2 de l'époque. En 2010, il en fallait à peine 25 heures.

 

Sachant qu'aujourd'hui, la plupart des logements proposés ont une technologie plus importante qu'en 1970, donc un confort accru, et qu'avec moins d'heures de travail, on loue une surface de location plus importante, on peut logiquement déduire et sans trop s'avancer que le pouvoir d'achat des ménages s'est considérablement accru en 40 ans. En conclusion, on peut évidemment remettre en question l'assertion qui est régulièrement utilisée pour justifier une suppression des forfaits fiscaux: ceux-ci n’influencent pas les prix de l’immobilier, ou alors marginalement. Quelques chiffres d’après des estimations de la Conférence des directeurs cantonaux des finances: les bénéficiaires de l’impôt d’après la dépense génèrent (directement ou indirectement) environ 32'800 places de travail en Suisse, dont 16'800 dans la construction, 10'000 dans l’artisanat et le commerce et enfin 6'000 dans les services.

 

En valeurs absolues, les forfaitaires contribuent à hauteur d’un milliard de francs par année à l’imposition indirecte, et de 578 millions de francs pour l’imposition directe. Selon la même source, chaque contribuable bénéficiaire de l’impôt d’après la dépense investit en moyenne 7 millions de francs par année en Suisse. Et la suppression de ce modèle fiscal créerait une perte nette d’un milliard de francs pour l’Assurance vieillesse et survivant (AVS), qui est le système de répartition des richesses le plus équitable en Suisse. Au final, il est à constater qu’une certaine frange de la gauche flirte aujourd’hui avec un populisme très dangereux qui tente de remettre en question des systèmes économiques qui ont fait leurs preuves depuis leur instauration, et leur suppression aurait des conséquences dramatiques sur la qualité de vie de l’ensemble des citoyens, particulièrement les individus ayant des revenus bas.

 

Les électrices et les électeurs de la gauche doivent prendre conscience rapidement qu’aujourd’hui, les partis qui prétendent les représenter jouent à une stratégie qui pourrait induire une facture très salée pour tout le monde. La Suisse bénéficie d’un modèle unique au monde, et à part quelques pays scandinaves, il y a peu d’autres Etats qui peuvent se vanter d’une telle égalité dans la répartition des richesses, avec en plus une intervention très minime de l’Etat dans cette redistribution. Un système donc à préserver plutôt qu’à vouloir détruire à tout prix, même s’il ne satisfait pas la jalousie et l’appétit de destruction de certains esprits taquins.

 

Grégoire Barbey

20:34 Publié dans Economie, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |