11/06/2012

Genève, capitale du Monde

 

Chronique, 11.06.12 11h58

 

Genève par-ci, Genève par-là. Rousseau par-ci, Rousseau par-là. Oui, au bout du lac Léman, certaines personnalités ont les chevilles qui enflent lorsqu'elles parlent de leur canton. À vrai dire, il semble qu'une majorité de genevois se comportent ainsi. Un nombrilisme qu'ailleurs en Suisse l'on qualifie volontiers de calvinisme. Une attitude qui pèse lourd dans nos rapports avec les autres. Une culture de soi qui déplaît en-dehors de la Cité de Calvin. Et c'est compréhensible.

 

Genève, ce n'est pas la capitale du Monde. Ni, d'ailleurs, de la Suisse, fut-il nécessaire de le rappeler. Pourtant, à écouter certains politiciens, ce fait avéré n'est pas de notoriété publique. Alors, faute de pouvoir compter sur la lucidité de nos édiles, enseignons-leur quelques valeurs. Notamment l'ouverture, qui manque tant dans nos contrées. Oui, nous ne sommes pas les seuls à vivre et à diriger ce pays. En théorie comme en pratique, nous vivons dans un système fédéraliste. Ce qui implique quelques notions pour permettre à la politique nationale de ne pas se bloquer. Vouloir renégocier la péréquation intercantonale, c'est bien joli. Mais commençons déjà par nous intégrer véritablement dans la politique sur le plan fédéral. Actuellement, nous nous contentons d'être une ex-croissance qui cause plus de problèmes qu'elle n'en résout.

 

Nos déboires à l'échelle cantonale ont des répercussions directes dans l'ensemble du territoire. Ne serait-ce qu'en terme d'image que nous renvoyons à nos compatriotes. Oui, Genève est une ville internationale, me direz-vous. Zurich aussi, néanmoins son ego ne parvient pas jusqu'à nous avec autant d'insistance... Dans le reste de la Suisse, les genevois sont objectivement mal perçus. À raison, probablement, puisqu'il nous est impossible de nous remettre en question. Nous voulons tout faire à notre façon, sans même regarder ce qui fonctionne ailleurs. La fierté genevoise, quelle blague ! Au final, tout est bloqué. Le logement, les emplois, la mobilité, et la sécurité. Une crise institutionnelle, n'est-ce pas ? Mais qu'importe, continuons sur notre lancée, à ce rythme, d'ici quelques années, nous pourrons demander à devenir une province autonome, et définitivement nous scléroser sur notre propre nombril. Ainsi vont les choses, dans notre petite Genève, qui se plaît à s'octroyer quelques airs de grandeur là où, vraisemblablement, il ne devrait y avoir que du vide...

 

Grégoire Barbey

12:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : politique, genève, genferein, calvinisme |  Facebook | | | |

08/06/2012

La tolérance zéro, oui mais pas pour Éric Stauffer !

 

Chronique, 08.06.12 16h19

 

Aujourd'hui, la Tribune de Genève nous apprend que le député libéral Pierre Weiss s'est fendu d'une interpellation au Grand Conseil concernant l'un de ses collègues, Éric Stauffer, qui prend des libertés qui ne sont pas du goût de tous. En effet, ce dernier semble apprécier de se parquer devant l'Hôtel-de-Ville, ce qui n'est bien évidemment pas permis. Mais qu'importe, lui, le grand agitateur des masses, le « dard » de la République, comme il s'est lui-même qualifié jeudi 07 juin lors du débat à Forum RTS la 1ère, n'en a que faire. D'ailleurs, j'étais moi-même présent le mardi 05 juin dernier, devant la tour de la télévision RTS. Le même individu est venu dans son 4x4 et s'est garé sur le trottoir en face. Aux remarques bien avisées, il a haussé les épaules et s'est contenté de dire qu'il n'y avait de place nulle part ailleurs.

 

C'est fort de café pour celui qui prône dans son programme une tolérance zéro à l'égard des criminels. Et les incivilités, elles, faut-il qu'elle restent impunies lorsque l'on se nomme Éric Stauffer ? Je me le demande bien. Quant à savoir s'il faut ou non être d'accord avec la démarche de Pierre Weiss, je n'aborderai pas cela ici, je n'y vois guère d'intérêt. Ce qu'il faut néanmoins savoir, c'est ce non-respect des valeurs essentielles de notre Cité de la part d'un homme qui brigue un poste aussi important que celui de conseiller d'État. Au département de la Sécurité. Un comble ! Nous verrons le 17 juin ce que pensera le Peuple de sa candidature. En tout cas, la tolérance zéro du tribun MCG est à géométrie variable, comme la morale de son compère Mauro Poggia. Enfin, tout le monde le savait.

 

Grégoire Barbey

16:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : genève, politique, stauffer, parking, mcg, weiss |  Facebook | | | |

07/06/2012

Les médias genevois, organe de propagande politique ?

 

Chronique, 07.06.12 10h24

 

L'élection partielle pour le Conseil d'État de la République et Canton de Genève est très instructive, pour plusieurs raisons. Il y a, dans cette course électorale, un facteur qui ne peut passer inaperçu plus longtemps : l'inceste entre le rôle du politique et du journaliste. En effet, ça n'aura échappé à personne, plusieurs journaux ont décidé de soutenir, au moins officieusement, un candidat précis. À cela, ma première objection sera d'ordre déontologique. Les médias ont une mission, et pas des moindres. Ils représentent le contre-pouvoir, et ne devrait en aucun cas s'allier avec quiconque dans la sphère politique. Au risque de sombrer dans un schéma politico-médiatique comme celui de nos voisins français qui, à n'en pas douter, ne plairait guère aux citoyennes et citoyens suisses qui n'ont déjà plus confiance en la fonction politique. Pourtant, nous nous rapprochons de cette fatalité à grands pas. C'est ce qui me pousse à rédiger ces lignes qui apparaîtront peut-être vitriolées à l'encontre de deux professions que je respecte et j'admire. Qu'importe.

 

Le troisième pouvoir est incarné par la communication. Le journalisme est un métier difficile, car celui qui l'exerce doit se méfier de lui-même, mais également de l'interprétation qui pourra être faite de son travail. Actuellement, celles et ceux qui assument cette tâche semblent, à l'égard du monde politique, l'avoir oublié. Et ce n'est pas faute d'avoir tenté de leur offrir le bénéfice du doute ! Quand un journal comme l'Hebdo décide ouvertement de soutenir le candidat du pouvoir en place, à savoir Pierre Maudet, je ne puis m'empêcher de soupirer. Certes, c'est un média privé. Et alors ? La déontologie est-elle soumise à une hiérarchie entre le domaine public et privé ? Non, je ne le crois pas. Anne Emery-Torracinta, lorsqu'elle a également été interviewée par un journaliste de l'Hebdo, a souhaité savoir si celui-ci avait suffisamment de matière pour rédiger six pages, comme cela avait été précédemment fait pour le candidat PLR. À cela, il a rétorqué que le journal avait officiellement décidé de soutenir Maudet et qu'elle n'aurait donc pas droit au même traitement.

 

Une telle démarche, noble ou non, ce n'est après tout qu'une question de point de vue, m'apparaît dangereuse et pis encore, malsaine. Finalement, à quoi cela sert d'exercer un métier dans l'information si c'est pour être à la solde d'un pouvoir ? Je ne vois aucune raison valable de s'en prévaloir. Et d'en être satisfait. De nombreuses études, toutes plus intéressantes les unes que les autres, ont été menées à l'égard des médias. Notamment, pour ne parler que de lui, l'éminent professeur Noam Chomsky, qui a publié un ouvrage que je recommande à tous mes lecteurs : « La fabrication du consentement ». Une analyse qui pourra sembler de prime abord indigeste, mais qui est tout simplement nécessaire pour comprendre les enjeux et le fonctionnement de l'information. Le candidat Pirate, Alexis Roussel, tente d'ailleurs d'apporter au sein du débat public la question qui, dans une ère nouvelle où règne la communication, s'impose : comment maîtriser notre avancée dans le monde de l'information et de l'internet ? Dommage qu'il ne soit pas pris au sérieux par les messieurs-dames qui organisent les débats dans divers médias que je ne citerai pas.

 

Il y a encore Bourdieu, qui a rédigé un petit ouvrage sur la télévision, mettant en exergue les différents intérêts qui s'affrontent dans le domaine, le tout sous la loupe d'une analyse sociologique. Bref, il ne manque pas d'auteurs de qualité pour s'informer de cet univers. Et pour en comprendre les nombreux aspects qui s'entrechoquent. Il suffit d'avoir l'envie et la curiosité de s'intéresser à cela. Il faut impérativement saisir l'importance de tenir les médias à l'écart des politiciens. Sinon ces derniers finissent par en user au gré de leurs besoins électoraux, et la machine ne fonctionne plus. Dès lors, nous nous retrouvons avec des articles de piètre qualité, souvent orientés. Mais il ne faut pas le dire. Sous peine d'être perçu comme un vil paranoïaque qui voit des complots partout. Ce n'est pas vrai. Il ne s'agit pas d'imaginer des théories rocambolesques. Non, seulement de percevoir les blocages, là où ils sont.

 

Enfin, il ne faut pas trop s'exaspérer face à cette tendance qui se démocratise gentiment dans divers rédactions. C'était couru d'avance. L'évidence même. Il serait peut-être temps de concevoir, pour informer les citoyennes et les citoyens, une parade. Par exemple en proposant la création d'un organe fédéral de communication, une chaîne de télévision nationale ne traitant que de politique, comme l'a très justement suggéré William K. Rappard. Bien évidemment, sans aucune partialité, pour que le jeu en vaille la chandelle. Offrir une information de qualité, qui puisse mettre à jour l'ensemble des enjeux de telle ou telle élection/votation. En bref, de jouer le rôle de médiateur entre les intérêts politiques et ceux des électeurs et des électrices. Ce que devrait déjà faire nos médias actuels. Encore une fois, il faut avoir confiance en la capacité de certains à ne pas se laisser corrompre. Ce qui n'est pas une chose aisée dans le système actuel. L'information se doit d'être impartiale, à défaut d'être objective. Au moins par déontologie. Mais n'en demandons pas trop.

 

Grégoire Barbey

 

 

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01/06/2012

Pierre Ruetschi, un éditorial assumé

 

Chronique, 01.06.12 12h32

 

En ce vendredi premier juin, le rédacteur en chef de la Tribune de Genève, Pierre Ruetschi, s'est fendu d'un éditorial vitriolant. Après l'avoir lu consciencieusement, puis m'être plongé dans la fosse sceptique des commentaires en réaction à l'article, sans oublier de me pincer le nez pour ne point étouffer face à tant de bêtise, de mauvaise foi et d'incohérence, je ne puis qu'adhérer aux propos du journaliste. Si quelques uns, de probables électeurs du Sieur Stauffer, crient à l'orientation de Monsieur Ruetschi, c'est qu'ils en oublient l'essence même de la pratique éditorialiste, laquelle demande et une certaine approche de la langue française, et des idées à faire transparaître, tout en assumant de prendre position. C'est exactement ce qui a été fait ici, il n'y a donc aucune tentative de manipulation infamante, comme tentent vainement de le rappeler les primates décérébrés qui polluent quotidiennement les articles de presse de la Tribune de Genève. Pour celles et ceux qui s'interrogent, mes mots sont sciemment pesés.

 

Avec toute la subtilité nécessaire à cet exercice périlleux et pourtant si passionnant, Ruetschi nous livre son opinion quant aux deux candidats favoris, Anne Emery-Torracinta et Pierre Maudet. Oui, les deux seraient, en cas d'élection, de bons magistrats, idées politiques mises à part. Cet aveu ne constitue en rien une orientation quelconque. C'est un constat que la plupart des citoyennes et citoyens avertis pourront formuler eux-mêmes. C'était le mien avant de lire cet article, et ça le restera. Chacun est libre de penser par lui-même. À part, peut-être, les suiveurs d'un certain candidat. Bref. Oui, il y a peut-être actuellement une véritable coalition qui s'oppose à Éric Stauffer. Mais pourquoi diable s'en indigner ? Qui casse paie, dit l'adage. Ou encore, le mensonge prend l'ascenseur, tandis que la vérité, elle, prend l'escalier. Cependant, tout finit, un jour, par se savoir. Dans le microcosme politique, ces révélations n'en sont pas. Je puis l'affirmer, à part quelques ahuris, tout le monde était plus ou moins au courant de ces détails, sans pour autant être en mesure de le prouver d'une quelconque manière.

 

Il n'est pas question ici de voir le tribun MCG comme un martyr. Il peut se consoler d'avoir tenu sept ans avant de voir certaines vérités éclater au grand jour. C'est mérité. En effet, et je rejoins entièrement Monsieur Ruetschi, cet homme n'est clairement pas fait pour diriger, même partiellement, les affaires d'un État. Il n'en a, évidemment, pas les compétences. Cela s'entend et il le porte sur lui. Ses électrices et électeurs qui veulent « mettre un coup dans la fourmilière » genevoise seront déçus de voir qu'une fois élu, le populiste en herbe deviendrait soudainement silencieux, comme à Onex. Comprendre ici : il fera en sorte de conserver son poste pour obtenir la rente offerte aux anciens magistrats. Vous en doutez ? J'en suis intimement convaincu. D'ailleurs, un homme (ou une femme) d'État réunit certaines qualités. Notamment le contrôle. Que ferait Stauffer dans un collège gouvernemental s'il n'arrive pas à calmer ses nerfs ? Je ne ferai pas de référence aux innombrables récents événements qui démontrent son incapacité à gérer ses émotions. Quelle belle perspective pour un Canton comme Genève d'avoir à sa tête une personnalité fulminante, prête à imploser à chaque contrariété. Que fera-t-il si cela devait arriver ? Peut-être, comme il l'a fait jusqu'à présent, prendra-t-il les armes oratoires pour demander sa propre démission ?

 

Oui, c'est un excellent politicien. Il sait parler à une tranche de la population malheureusement ignorée ou méconnue de la plupart de nos édiles politiques. J'en conviens parfaitement. Mais l'exercice d'un exécutif ne se résume pas à donner des réponses simplificatrices à des questions hautement complexes. Stauffer n'a jamais établit de véritable réflexion. Ce n'est pas demain qu'il changera. Il n'en a que faire, même. Donc, pour les plus téméraires qui voudraient encore croire en lui, ayez le courage d'affronter la réalité. Et n'affublez pas celles et ceux qui font leur travail, comme Pierre Ruetschi, de toute votre haine mal assumée.

 

Grégoire Barbey

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Initiative sur les accords internationaux : je voterai OUI

 

Chronique, 01.06.12 08h06

 

La campagne fait rage. Les votations fédérales du 17 juin se rapprochent à grands pas. Les affiches sont placardées partout, nul coin de rue n'est épargné par cette effervescence politique. Le Peuple est une fois de plus invité à exercer son souverainisme par les urnes. Et, comme toujours en pareille période, les débats contradictoires ne manquent point. Au citoyen averti, il ne lui échappera pas la possibilité déconcertante d'entendre tout et son contraire. Pour ne pas dire, parfois, tout et rien. Surtout rien. L'initiative la plus controversée est sans aucun doute celle soumise par l'ASIN, fief de l'UDC. L'idée, dont les conséquences sont complexes, est pourtant simple à saisir. Il est question d'octroyer au Peuple le droit de se prononcer à l'égard des accords internationaux, car en l'état, seuls 246 individus ont la légitimité de décider pour l'ensemble de la Confédération.

 

Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est l'incroyable campagne de désinformation dans le camp des opposants. ÉconomieSuisse nous annonce déjà une catastrophe économique sans précédent si cette initiative était favorablement accueillie par le Souverain. Même à gauche, les craintes sont palpables, et nombreux sont celles et ceux qui invitent à refuser massivement cette proposition. Ont-ils peur du Peuple au point d'en venir à des argumentations insoutenables ? L'affirmation selon laquelle notre démocratie pâtirait de cette réforme de par son aspect délicat me paraît tout-à-fait biaisée. J'ai lu des choses invraisemblables. Contentons-nous, disent certains, de nos droits actuels, ce sont les meilleurs au monde. Quelle ambition ! Soyons humbles, refusons-nous l'opportunité d'avoir notre mot à dire concernant la politique étrangère. Peu importe les conséquences. Nous sommes vernis, à nous de savoir le constater.

 

Eh puis quoi encore ? Non, nous ne devons pas nous contenter de ce que nous avons en matière de droits démocratiques. Une société évolue, et nous sommes bien placés pour le savoir. Sept siècles de fédéralisme devraient nous en convaincre. Oui, nous avons de la chance. Alors, montrons l'exemple, continuons sur cette lancée. Certes, l'initiative émane d'un parti qui souhaiterait, à travers cette réforme, instrumentaliser le Peuple pour refuser une ouverture sur l'Europe. Mais quand bien même, ont-ils raison d'être persuadés que les citoyennes et citoyens iront dans leur sens ? Je n'en suis pas convaincu. Et une démocratie sans aucune confiance accordée aux électrices et électeurs n'est que ruine institutionnelle. Genève est bien placée pour le savoir. Notre calvinisme met à mal la confiance que le Peuple accorde aux instances politiques. À tort ou à raison, je ne saurais juger cela. Il est cependant évident que mentir à celles et ceux qui exercent leurs devoirs civiques ne passe jamais inaperçu bien longtemps. C'est la garantie de perdre le respect de la population, pour autant qu'il y en ait encore.

 

Je ne cautionne pas cette campagne, qui démontre à mon sens les pires aspects de notre politique. Affirmer que trop de démocratie pourrait lui être fatal m'apparaît, à moi simple citoyen, relever d'une manipulation éhontée. Ne mélangeons pas les luttes de pouvoir aux choix qui doivent être soumis à la décision populaire, sous peine d'obtenir un cocktail explosif. C'est, au mieux, le risque de voir le Souverain prendre une décision à l'encontre de son intérêt, et au pire, offrir aux populistes de tout poil l'occasion de crier au scandale et au complot politique. Pour ma part, j'ai longuement réfléchi à cette question et suis parvenu à une conclusion définitive. Le 17 juin prochain, j'exercerai, bien évidemment, mon devoir civique. Et je voterai OUI à cette initiative. Non par gaieté de cœur, puisqu'elle émane d'un parti dont je condamne la plupart des positions. Mais je ne cautionne pas non plus les mensonges. Je reste profondément démocrate, en mon âme et conscience, et agirai en accord avec mes principes. Pour les autres, je leur recommande de réfléchir à leur tour, et de prendre la décision qui s'impose à eux comme étant la meilleure. Non parce qu'une affiche propagandiste les aura convaincu. Osons penser par nous-mêmes.

 

Grégoire Barbey

 

 

10:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, débat, accords internationaux, asin, udc, campagne |  Facebook | | | |

25/05/2012

L'envers du justicier Poggia : des principes Mauro à géométrie variable

 

Chronique, 25.05.12 8h45

 

Mauro Poggia, conseiller national MCG et avocat au barreau de Genève, semble avoir la morale qui fluctue au gré de ses envies. En effet, dans la Tribune de Genève de ce jour, ses méthodes peuvent à juste titre être remises en question. Le célèbre politicien qui a construit sa renommée à travers son combat contre les assurances maladies a-t-il des choses à cacher ? C'est la question que peut légitimement se poser les lectrices et lecteurs du quotidien genevois. Si Poggia peut plaider ne pas connaître suffisamment bien la Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation (LDTR), peut-il raisonnablement nier devoir s'informer, en tant qu'avocat, des lois qui régissent nos comportements ? Cet argument, de « bonne foi », me semble léger. Pour ne pas dire honteusement mensonger. De surcroît, la déontologie qui va de pair avec le métier qu'il exerce ne devrait-elle pas remettre en question la légitimité de son implication dans cette affaire familiale ? Je ne suis pas persuadé, mais je puis me tromper, que d'un point de vue émotionnel, la défense d'un proche soit la garantie d'un travail exemplaire en la matière.

 

Quelle fable inventera donc le conseiller national MCG pour se disculper de tous les doutes qui s'imposent dans cette sombre affaire ? À force de vouloir se donner une image de défenseur des opprimés, Monsieur Poggia en a oublié les bonnes manières. Et, avec cela, le respect de l'éthique et des lois. Pour un avocat, c'est fort de café.

 

Mise à jour : À la lumière de ces faits, j'ai redécouvert, grâce à un lecteur perspicace, les propos de Mauro Poggia, tenus sur mon propre blog. Le citer est donc de circonstance : « Pour ce qui est de mon programme, je propose, contrairement à certains, non des commentaires sur les actions d'autrui, mais des actes concrets, comme je le fais depuis 30 ans, en qualité d'avocat, au service, le plus souvent, des plus démunis. Ceux-là mêmes qui nourrissent les belles phrases sans lendemain d'une certaine classe politique bienpensante, à laquelle je me garderai bien de vous assimiler précipitamment. » Plus loin : « Je suis peut-être un idéaliste, mais l'on ne fait rien sans idéal. Je ne suis pas venu en politique pour me faire connaître ou pour faire carrière, mais bien parce que j'ai vu, en côtoyant les difficultés de mes clients, que les choses doivent changer. Je continuerai tant que je pourrai croire à ce que je fais, même si, malheureusement, la politique, plus encore que les autres secteurs de notre société, est tenue par des personnes pour qui il s'agit du seul moyen de réussir enfin quelque part. » Il a le sens de l'humour, ou alors ce n'est qu'un fieffé menteur. Au lecteur averti d'en juger. Vous pouvez retrouver ces commentaires sur cet article.

 

Grégoire Barbey

15:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (72) | Tags : politique, avocat, lois, déontologie, morale, corruption |  Facebook | | | |

24/05/2012

Initiative de l'ASIN : trop de démocratie ne tue pas la démocratie

Interrogation, 24.05.12 15h38

 

Je suis partagé quant à l'initiative de l'ASIN. Il me semble délicat de dire que trop de démocratie tue la démocratie. Ce slogan m'apparaît honteux. En somme, trop de pouvoir au Peuple, tuerait le pouvoir du Peuple ? Ce sophisme n'est pas recevable. La véritable peur derrière cette votation, c'est d'offrir à des partis conservateurs tels que l'UDC la possibilité de faire dire non à la population des initiatives qui favoriseraient notre adhésion à l'Union Européenne ou en tout cas permettraient davantage de négociations. Mais de là à prétendre des énormités pareilles, il ne faut pas exagérer.
J'ai lu des arguments qui m'ont fait peur, affirmant que nos droits démocratiques sont les plus développés au monde et qu'il faut s'en contenter. Je ne suis pas favorable à cette votation car je ne veux pas donner des armes à l'extrême droite pour renfermer notre pays sur lui-même, néanmoins je ne puis souscrire à cette rhétorique. Ce n'est pas parce que nous sommes privilégiés par rapport à d'autres nations dans le monde que nous devons nous contenter de notre système.
C'est aberrant et inexact. Je me battrai toujours pour renforcer l'assise du Peuple dans son exercice démocratique, car je préfère la décision de la multitude plutôt que celle d'un petit nombre.

 

Grégoire Barbey

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La politique vue par un jeune (1)

 

Chronique, 23.05.12 16h56

 

Ce matin, j'ai eu l'occasion de m'exprimer sur les ondes de One FM en compagnie d'Adrien Faure, co-président de la Jeunesse Socialiste genevoise. Le sujet abordé était « la politique vue par les jeunes ». Malheureusement, nous n'avons guère pu nous épancher véritablement sur la question. Je me propose donc de développer mon point de vue. Il va sans dire que je maîtrise mieux l'écrit que l'oral ! Mais je ne me décourage pas pour autant : je suis un battant. Cet article inaugure une série de réflexions qui permettront d'étayer au mieux, je l'espère, ma perception du domaine politique.

 

Redonner confiance aux citoyens

 

Actuellement, le microcosme politique genevois prend acte d'une réalité pourtant présente depuis fort longtemps : bon nombre de citoyens perdent confiance dans la politique. Pour autant qu'ils l'aient eue un jour. Il y a divers facteurs entraînant ce désintéressement progressif de la chose publique. Je ne tenterai pas d'en faire une énumération exhaustive. Les raisons sont multiples. Nous pouvons néanmoins relever un clivage entre les politiciens et la population : les premiers ont de la peine à s'extraire de la bulle dans laquelle ils naviguent quotidiennement en s'engageant corps et âme, tandis que les seconds ont toujours moins de temps et d'énergie pour éplucher méthodiquement toutes actualités qui ont trait à la politique. Ce constat est aisé à réaliser. Pourtant, la plupart des acteurs politiques semblent mimer l'autruche, plongeant leur tête profondément dans le sol, en refusant de voir qu'ils n'ont plus le même impact sur leur électorat. Récemment, cette notion de « perte de confiance » a souvent été relevée, interrogeant sur l'attitude à prendre pour inverser cette tendance.

 

Il n'y a pas de solution miracle, et encore moins de réponse toute faite. Évidemment, il faut faire preuve d'ouverture d'esprit, s'instruire, écouter les doléances des citoyens, s'informer sur les divers ressentis, prêter l'oreille à chaque instant pour en apprendre davantage et s'armer de patience afin de découvrir où sont cachés les nœuds qui paralysent l'action politique. Ce qui me frappe, c'est ce fossé qui sépare citoyens et politiciens. Certes, il y a ceux qui s'engagent concrètement et les autres. Mais il ne devrait pas y avoir une « classe politique ». Si tel est le cas, c'est qu'à mon sens, le serpent se mord la queue. En effet, si nous voyons celles et ceux exerçant la politique comme des individus à part, différents des citoyens lambda, c'est qu'ils et elles ne font pas bien leur travail. Ceci n'est pas une critique acerbe, mais une question de bon sens. Pour se sentir en confiance, il faut que certains prérequis soient réunis. Notamment la sensation d'avoir face à soi des interlocuteurs honnêtes et sincères, ce qui, semble-t-il, fait défaut à Genève. Je prends comme référentiel le fait que personne n'est stupide, et qu'aborder des sujets délicats avec rigueur et méthode ne posera pas de véritable problème à la compréhension de celles et ceux qui s'intéressent vraiment aux sujets traités. Cependant, le paradigme n'est pas le même en politique. Il m'a déjà été dit de faire simple, de me contenter de la forme, et de rester en surface. Je ne suis pas d'accord, bien au contraire. Je m'oppose fermement à cette vision discriminatoire des citoyennes et des citoyens.

 

Bien évidemment, ce débat peut s'éterniser. Quant à savoir s'il faut simplifier à outrance ses discours ou non, nous ne serons jamais d'accord. Pour ma part, je pense qu'il s'agit là d'un point crucial : ne pas prendre les autres pour des abrutis. Je considère qu'une bonne communication prend tous les éléments en compte et ne cachent pas des faits. C'est un principe, il faut respecter autrui, qu'ils soient ou non des électeurs potentiels. Chacun a sa propre perception du monde qui l'entoure et l'interprète à sa façon. Ne pas accepter cela, c'est nier l'individualité à laquelle nous avons droit toutes et tous. J'aime à penser que les divergences sont fécondes. Il ne faut pas pour autant minimiser l'importance de fédérer au mieux, afin de répondre aux attentes du plus grand nombre.

 

Bref, je crois qu'un autre aspect fondamental qui manque en politique, c'est ce côté « humain ». Je réalise à quel point c'est difficile de le faire ressortir, moi-même, lors d'interventions radiophoniques ou télévisées. Pourtant, je ne doute pas que nous y sommes toutes et tous sensibles, et qu'il est essentiel de ne point devenir des automates insensibles qui paraissent totalement déconnectés du quotidien de la population. Il est d'ailleurs palpable que celles et ceux arborant ce petit plus ont davantage de succès d'un point de vue électoral. Il ne faut pas sous-estimer les apparences. Et à trop les cultiver, nous nous méprenons et créons finalement rien d'autre que des épouvantails. À l'opposé du but recherché, en somme. C'est exactement la sensation qui m'a traversé lorsque j'ai lu l'opuscule d'un certain candidat à l'élection complémentaire au Conseil d'État, lorsqu'il traitait du courage et de la sincérité. L'idée ne manque pas de justesse, mais la forme – et le fond – sont absents. Le lecteur lambda, comme moi, n'est rien d'autre qu'une donnée qu'il faut convaincre. D'une écriture administrative. Je critique cet ouvrage car c'est le dernier que j'ai eu entre les mains, mais c'est également valable pour les autres. Il ne suffit pas d'inscrire des valeurs sur un bout de papier pour convaincre. Il faut les faire ressentir. Que notre aura rayonne de celles-ci. Sinon, ce n'est que du vent, et les gens ne sont pas dupes.

 

La confiance n'est pas gratuite. Elle n'est pas non plus spontanée. Elle se gagne, au travers d'une lutte acharnée. Ce n'est pas un dû. À mon sens, obtenir la confiance de ses semblables est l'œuvre de toute une vie, car le moindre écart nous sera facturé avec sévérité. Faire de la politique, ce n'est pas seulement caresser son image personnelle et se sentir important. Pour beaucoup, malheureusement, cela apparaît être la seule motivation palpable dans leur engagement. Il faut s'investir, et se battre. Accepter de recevoir des torrents de boue, et garder la tête haute. C'est, effectivement, une constante lutte de pouvoir. Mais ça ne doit pas être la finalité. Uniquement le chemin !

 

Enfin, pour conclure, s'il me fallait synthétiser ma vision d'une politique qui mérite la confiance des citoyennes et des citoyens, je me contenterais de ces quatre mots : authenticité, honnêteté, valeurs, transparence. Le reste n'est que fioriture. Alors, quand est-ce que nous commençons ?

 

Grégoire Barbey

 

 

08:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : chronique, politique, authenticité, confiance, jeune, vision, réflexion, sincérité, valeurs |  Facebook | | | |

21/05/2012

Une campagne lobbyiste

 

Analyse, 21.05.12 13h22

 

Si Pierre Maudet n'est l'homme d'aucun lobby, comme il le prétendait au lancement de sa campagne, il en a néanmoins l'attitude. En effet, son slogan a investi toutes les plate-formes imaginables. Des affiches à la vidéo diffusée par les télévisions se situant dans les véhicules et autres trams TPG, rien n'est laissé au hasard. Un vrai lobbyisme, ni plus ni moins. Le prix de cette mascarade ? En tout cas 300'000 francs, d'après mes sources. Et ce n'est pas encore terminé, puisqu'il reste quatre semaines avant la fin des votations. Heureusement qu'il y a derrière « l'homme de l'action responsable », un parti au porte-monnaie pour le moins rempli. Si Monsieur Maudet veut dissocier son image du PLR, il lui faudrait commencer par renoncer au financement de sa campagne par son propre parti.

 

Mais nous savons bien que cela est impossible. Pierre Maudet est donc bien l'homme du PLR, n'en déplaise à son Comité de campagne qui fait des pieds et des mains pour éviter l'amalgame.

 

Grégoire Barbey

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13:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : plr, pierre maudet, campagne, politique |  Facebook | | | |

17/05/2012

Désillusion politique

 

Constat, 17.05.12 15h04

 

La politique. Ça fait trois mois seulement que j'y ai plongé les pieds. J'ai rencontré de nombreuses personnes depuis, en si peu de temps. Ces personnalités qui sont toujours présentes dans les médias locaux, qui font parler d'elles même involontairement. Celles qui représentent notre Canton, et également notre pays, mais plus important encore, nos valeurs. J'ai échangé bien des réflexions avec certaines d'entre elles. En quelques mois, j'ai vu et entendu des choses que je n'imaginais même pas, ou peut-être préférerais-je m'en préserver. Oui, je suis curieux et ai toujours les oreilles grandes ouvertes. Néanmoins, il y a des détails que j'aurais préféré ignorer...

 

Je ne désire pas prendre la position du Juge, et de dicter ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Cependant, je ne puis qu'avouer la profonde désillusion qui s'est emparée de moi en découvrant ce microcosme politique, où les sourires sont traîtres et les paroles toujours s'envolent. Davantage en période électorale. Ceux qui se dévouent réellement à la chose publique (res publica) sont rares. L'abnégation n'est pas une vertu excessivement répandue. Bien au contraire. J'ai le sentiment qu'il y a plus d'orgueil, d'ego et de soif de pouvoir que d'intérêt réel pour la communauté derrière l'engagement de quelques-uns. Difficile de garder une vision positive de notre politique.

 

Je lis et écoute avec attention tout ce qui a trait à notre Cité, du moins j'essaie. Les programmes, par exemple, sont instructifs. Des beaux discours, et surtout des promesses. Souvent intenables, voire totalement fantaisistes. Pour citer un politicien connu parmi d'autres : « les voix n'ont pas d'odeur ». Effectivement, je le constate avec amertume. Plus de carriérisme que de volontarisme. La gloire, les médias, les privilèges, c'est bien évidemment alléchant. Qui résisterait sans peine ? À défaut d'avoir des idées, une véritable vision d'avenir, ils ont le goût des bonnes choses. La politique de nos voisins français, régulièrement condamnée par nos concitoyen, n'est pas pire que la nôtre. Les mêmes stratégies, trahisons, conspirations, attaques et autres corruptions peuvent y être aisément comparées. Il faut faire attention où l'on met ses pieds lorsqu'on gravit les marches de la politique, les peaux de banane délibérément déposées ne manquent pas.

 

Oui, je suis désabusé. De voir qu'il faille renier bon nombre de ses valeurs pour accéder à la fonction publique. D'entendre des horreurs sans que personne ne s'en émeuve. D'écouter l'autosatisfaction de ces représentants qui devraient pourtant regarder leur bilan avec plus de recul et d'introspection. De constater que tous les moyens sont bons tant qu'ils permettent d'atteindre le but ultime : l'élection. Je ne dépeindra pas une toile joyeuse de cette triste scène. Ce ne serait pas légitime. Je ne veux pas mentir, ou me jeter de la poudre aux yeux. Ce que je constate, c'est que ceux qui hurlent au respect des institutions sont ces mêmes qui les trahissent le plus souvent. De l'hypocrisie, et rien d'autre. Des mots qui s'élèvent puis se perdent. Je parle habituellement d'éthique dans la politique. Et ça dérange, je l'ai bien compris. Parce que ça remettrait en question l'attitude de beaucoup de politiciens. Mais aussi des médias, qui jouent un rôle prépondérant dans la transmission des informations sur le sujet.

 

Avoir des valeurs et des principes, et s'y tenir, c'est sûrement ce qu'il y a de plus utopique dans notre bonne vieille République et Canton de Genève. Mais moi, je ne me tairai pas. Je ne rentrerai pas dans ce jeu mesquin. Je préfère encore n'être jamais élu en ayant dit la vérité, ma vérité, que de l'être en ayant balayé tout ce qui m'a construit, c'est-à-dire des idées et des désirs. Ceux qui me font envie de bâtir une politique nouvelle. Toutefois, certains me rappelleront, comme ils aiment à le faire, que je suis trop jeune pour comprendre. Eh bien, qu'ils comprennent à ma place. Moi, je ne veux pas de ça.

 

Grégoire Barbey

15:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : politique, désillusion, valeurs, idées, principes |  Facebook | | | |