13/04/2012

Pour plus de sécurité : moins de discrimination !

Et si la formule pour changer les problèmes de sécurité était simplement :

« Pour plus de sécurité : moins de discrimination ! »

Ne serait-ce pas Ô combien plus heureux de réguler les problèmes liés à la criminalité en s'attaquant sérieusement aux véritables sources qui font naître les individus cédant aux appels du brigandage et autres délits répressibles ? Moins de blablas inutiles et plus d'actions utiles, c'est probablement le meilleur moyen d'enrayer une problématique depuis longtemps perçue comme la résultante d'une immigration trop importante. Et si la discrimination était mère de nos maux ?

Grégoire Barbey

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Initiative sur le Revenu de Base pour tous : débat avec Pascal Décaillet

Suite de mes entretiens épisodiques avec le journaliste indépendant Pascal Décaillet, dont le sujet traité aujourd'hui porte sur l'initiative de l'association BIEN-CH. Bonne lecture.

GB – Monsieur Décaillet, seriez-vous à ce point opposé à l'autonomisation de vos semblables ? Pensez-vous donc qu'un revenu de base inconditionnel soit défavorable à la population ? Mais dites-moi, seriez-vous un fervent adepte du darwinisme social – ou seuls les plus forts et les plus aptes peuvent survivre ? La loi de la jungle, sans État ?

PaD – Entre 2500 francs par mois pour tous, parachutés par l’Etat, et le darwinisme social, il y a peut-être un entre-deux, non ? Autant je suis favorable à ne laisser personne sur le bord du chemin, à aider les plus faibles, à financer par l’impôt l’Etat social, autant ce « revenu inconditionnel » me semble délirant. Je le condamne au même titre que j’ai toujours condamné, de l’autre côté de l’échiquier, la spéculation : l’argent doit provenir du travail, du mérite, de l’effort, pas du ciel.

GB – Voyez-vous ça ! Qui parle de ne point travailler ? En tout cas, l'initiative ne fait nullement référence à une quelconque possibilité de cesser toute activité professionnelle pour vivre avec la faible somme de 2500 francs par mois. Au contraire, qui, à Genève, pourrait se permettre ce luxe ? L'argent n'est pas une fin en soi, il n'est qu'un moyen, vous dis-je !

PaD – Le texte est clair : 2500 francs par mois, qu’on travaille ou non. 2500 francs, juste parce qu’on existe. Pour ma part, je travaille depuis l’âge de vingt ans pour gagner ma vie, puis celle de ma famille, puis pour financer mon entreprise. Sur le bénéfice qui me reste, à la fin de l’année, une fois payées toutes les charges, je trouve tout à fait normal de payer des impôts. Et ces impôts financent l’Etat social. Pour la protection des plus faibles, à laquelle je suis attaché. Mais pas pour une sorte « d’allocation d’existence », au reste impossible à financer. A ce texte-là. Je voterai non.

GB – J'entends bien vos doléances, Pascal. Pour ma part, je conçois la libéralisation des individus et leur droit à la dignité. Celles et ceux qui ne peuvent pas, pour des raisons diverses et variées, travailler de la même façon que vous ne doivent pas pour autant subir l'humiliation d'un capitalisme sauvage. De surcroît, je suis ouvertement favorable à la réduction de l'administration sociale, et donc restreindre la bureaucratie dans notre pays, moins de paperasse et plus d'efficacité pratique. C'est ça, pour moi, une société qui fonctionne !

PaD – Je déteste le capitalisme sauvage, le dénonce depuis 25 ans, crois en l’Etat comme régulateur des inégalités. Pour les plus faibles, les infirmes, les personnes âgées ne pouvant pas tourner, et d’ailleurs aussi les jeunes en formation, c’est entendu : il faut les aider. Mais les autres, ceux qui ont la santé, la force de l’âge, leur dignité, c’est justement par le travail (entre autres) qu’ils pourront l’arracher. Je crois à la philosophie du travail, ce qui me rapproche à la fois des radicaux et des socialistes. J’ai vu la génération de mes parents, de mes grands-parents, en Valais, s’affranchir par le travail. Je les respecte infiniment. Ils ont construit la prospérité d’aujourd’hui.

GB – Mais alors nous sommes sur la même longueur d'onde. Oui, le travail peut permettre de s'épanouir, j'y crois également. Toutefois cette initiative n'occasionnerait pas soudainement l'arrêt, même momentané, de travailleurs. Lisez l'étude du Professeur Dr. Friedrich Schneider, directeur d’étude et professeur de l’Université Johannes Kepler de Linz, en Allemagne. C'est très instructif, et cela met fin à la désinformation sur les conséquences de ce Revenu de Base Inconditionnel !

PaD - Je la lirai volontiers. Chacun, en Suisse, a le droit de lancer une initiative. Si celle-ci obtient les cent mille signatures, le peuple et les cantons voteront, et c'est très bien. Et, si elle est acceptée, elle devra être appliquée. Mais j'ai la certitude qu'elle sera balayée. Le peuple suisse se révèle, sur ces questions-là, d'une étonnante maturité : il refuse les baisses d'impôts, ou même deux semaines de vacances supplémentaires. Il a intégré, profondément, la corrélation travail-mérite-argent. Cela n'en fait en aucun cas un peuple égoïste : le même corps électoral a permis, depuis la guerre, la création d'un Etat social que beaucoup nous envient.

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11/04/2012

Votez Stauffer pour un retour en 1933 !

 

Le dernier billet d'Éric Stauffer est pour le moins convaincant. Je lui proposerai donc un slogan : « votez Stauffer pour un retour en 1933 ». Je regarde les images qu'il a publiées pour sa campagne électorale en vue de l'élection partielle du 17 juin prochain et me pose une question : vivons-nous bien, lui et moi, à la même époque ?

Tout d'abord, constatons la pauvreté des montages. Rien à dire, c'est moche. Aucun goût, ni subtilité. Pire, l'amalgame. Monsieur Stauffer stigmatise les étrangers à travers la photo d'un homme tenant un panneau sur lequel est inscrit : « Salamovitch S. Multirécidiviste, vol avec agression sur une personne âgée ! ». Il est évident qu'un bon suisse ne saurait se salir les mains dans la criminalité, contre laquelle le tribun du MCG a entamé sa croisade. Mais Stauffer n'est-il pas lui-même étranger ? Il contribue également à former dans notre République et Canton de Genève un climat pour le moins délétère. Nous devrions nous aussi le stigmatiser.

Nous n'avons pas besoin d'un retour en arrière vers des périodes de l'Histoire que toutes et tous préféreraient oublier.

Ces manipulations politiques pour instaurer la peur de l'autre au sein de la population genevoise sont un scandale et ne devraient en aucun cas être tolérées sans s'y opposer vivement !

Monsieur Stauffer, nous ne sommes pas aveugles. Nous ne nous laisserons pas submerger par des peurs que vous contribuez à exacerber. La politique n'est pas une affaire de simplification à outrance pour se faire élire et fédérer autour d'une peur commune. Il ne faut pas empirer la situation, mais l'améliorer.

Vous n'avez pas la trempe d'un homme capable de changer le Conseil d'État, et encore moins l'analyse nécessaire pour vous occuper de problèmes sociétaux aussi importants que la criminalité et la justice.

Restez bien sagement dans votre commune d'Onex, monsieur Stauffer. Nous nous passerons aisément de vous et de vos railleries à l'encontre des frontaliers et des étrangers. Je comprends mieux pourquoi Amaudruz vous a apporté son soutien. À vomir, vous dis-je...

 

Grégoire Barbey

10/04/2012

Jean-Luc Mélenchon et le nationalisme de gauche

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Le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle française pour le quinquennat 2012-2017, Jean-Luc Mélenchon, est récemment devenu le « troisième homme », à savoir d'après les sondages, la personnalité qui arrivera en troisième position, derrière François Hollande et Nicolas Sarkozy, lors du premier tour.

Fort de ses dernières prestations, Mélenchon s'est emporté dans des discours profondément nationalistes, dont la teneur n'a rien à envier au plus acerbe des impérialismes français. Quid de cette méthode ? Est-elle purement électoraliste, ou le candidat du Front de Gauche vénère-t-il vraiment sa patrie avec une telle fougue ? En tout cas, aussi anticapitaliste soit-il, ses propos flirtent sur une vague relativement proche de celle de sa rivale du Front National, Marine Le Pen. L'une glorifie la Patrie et la Race, l'autre l'Universalisme et la Puissance de la France. Dans les deux cas, la stratégie est simple : rallier la fierté nationale aux urnes. Les travailleurs ne sont malheureusement pas, comme semble le penser Mélenchon, unis sous la bannière d'une patrie. Au contraire, la classe ouvrière est internationale, et ne saurait s'arrêter à une définition nationaliste et patriotique. Qu'ils soient chinois, suisses, français, japonais, anglais, américains, africains, brésiliens, les travailleurs connaissent la même fatalité : l'exploitation à outrance. Dans des proportions souvent différentes, convenons-en. Toutefois, la problématique reste sensiblement la même. Ainsi le discours de Jean-Luc Mélenchon crée donc une rupture avec la condition réelle des travailleurs, nonobstant d'ailleurs la célèbre invitation de Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Ainsi va du nationalisme de gauche. Les adeptes du Front de Gauche ne semblent pourtant pas s'offusquer d'entonner l'Internationale pour ensuite s'époumoner sur la Marseillaise.

Flatter le chauvinisme français n'est pas digne de la trempe de ce candidat, et la révolution dont il se revendique ne peut aucunement se satisfaire d'une préférence nationale. Le cancer de la politique française a depuis longtemps été diagnostiqué : l'impérialisme.

Alors Mélenchon peut bien vendre et travestir son antiaméricanisme, il ne nous leurra pas davantage. En grand orateur, il aurait dû se méfier de ne pas sombrer dans la facilité électorale. Était-ce seulement pour faire la guerre à son ennemie jurée, Marine Le Pen ?

N'oublions pas l'avertissement de Nietzsche : « Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même ».

Nous verrons comment évoluera son discours lors de la dernière ligne droite avant les résultats du premier tour.

Gardons-nous d'adhérer avec naïveté à des thèses nationalistes.

 

Grégoire Barbey

 

Sources : meeting du Capitole

22/03/2012

De gauche ET de droite

 

La politique genevoise, en l'état actuel, promulgue davantage des confrontations clivées que des solutions multiples. Il y a cet éternel combat, que mènent certains partis de droite, de s'allier non pas pour offrir une amélioration qualitative et quantitative aux citoyens, mais uniquement pour s'opposer à la gauche. Et vice versa, bien évidemment.

C'est cette attitude stérile qui conduit notre République à faire la une de journaux satyriques alémaniques de mauvais goût. Les Genferei sont un exemple criant de ce climat délétère dans lequel évolue notre population.

Les débats d'idée ne sont plus à l'ordre du jour. Non, il est plus calviniste de se tirer dans les pattes sans même penser à s'écouter mutuellement que de se témoigner un véritable respect. C'est « fashion ». C'est dans l'air du Temps. Toutefois, cela n'amène rien de positif.

Il faut, je le crois sincèrement, cesser ces vieilles querelles, et se mettre à table, toutes et tous, pour trouver des convergences, là où certains ne voient que des différences !

Lorsqu'une motion passe, il serait judicieux de ne pas se bloquer dans la contestation idéologique.

Les solutions, les vraies, ne comportent aucun clivage. Au contraire, elles doivent annihiler le dogmatisme que peuvent alimenter les plus belles idéologies.

Je désire m'engager pour une politique fédéraliste, une politique de gauche et de droite, une politique qui réunit les êtres humains autour d'une même table, d'un projet commun. Je veux bâtir.

Le fédéralisme suisse n'est pas né dans l'affrontement perpétuel. Il a offert aux différents acteurs de la scène politique une opportunité de se retrouver toutes et tous, ensemble, pour construire.

Nul doute qu'il faut parfois savoir dire « non ». S'opposer est une sainte réaction, je le pense.

Mais, de grâce, un peu de nuance ! Ni la droite, ni la gauche n'ont l'apanage de la justesse.

Il ne faut pas se détester. Donnons-nous la main, offrons à nos semblables des idées qui percutent, qui rassurent et qui fonctionnent. Cessons d'alimenter, d'un côté comme de l'autre, les peurs les plus primitives.

Mettons un terme à l'électoralisme marketing. Ayons à cœur de nous soutenir, même dans l'adversité ou le désaccord.

Le manichéisme est révolu. Rien n'est blanc ou noir. Il existe autant de nuance de gris qu'il y a d'êtres humains. Il ne tient qu'à nous d'en faire un tableau artistique.

La constellation des idées qui bâtit notre République ne doit pas être oubliée à des profits électoraux. Hommes et femmes du Peuple, écoutez-le !

Alors, pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore compris, je ne suis pas « ni de gauche, ni de droite », au contraire : je suis de gauche ET de droite.

Et ainsi des projets naîtront.

Déconstruire sans jamais oublier d'ouvrir les deux mains pour mieux rebâtir...

 

Grégoire Barbey

14:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : gauche, droite, clivage, réflexion, politique, république, fédéralisme |  Facebook | | | |

20/03/2012

La politique des p'tits copains

 

L'élection partielle du 17 juin prochain pour le siège laissé vacant par le démissionnaire Mark Muller (PLR) nous fera au moins voir la politique genevoise sous son plus simple appareil ; et qu'il ne fait pas bon à voir !

Ils sont nombreux, les p'tits copains, à négocier des accords inter-partis pour s'assurer la conquête d'une place lors d'élections futures. Ils sortent même le grand jeu, et réclament manu militari des accords écrits pour en soutenir un, d'autres, des garanties pour un apparentement, bref, la totale.

Ce sont toujours les mêmes énergumènes, complaisants dans leur auto-satisfaction, qui jouent au poker menteur avec la population. L'électoralisme et la spirale du pouvoir plutôt que l'honnêteté envers le citoyen lambda, nous ne sommes plus surpris. À tel point qu'aujourd'hui, les relations incestueuses entre certains politiciens se font à la vue de toutes et tous. Qui donc osera remettre en doute leur comportement ? Qu'importe, d'autres p'tits copains les défendront. Genève reste, malgré sa place prépondérante au niveau international, un petit village où tous les grands pontes se connaissent, se côtoient et s'apprécient, pour autant que des intérêts soient en jeu.

De vrais Borgia, qui face au Peuple se donnent en spectacle, prêt à tirer l'épée du fourreau pour affronter l'un des leurs, et dans les coulisses déversent du poison dans les verres qu'ils serviront à boire à leurs électeurs. Mais ils oublient que dans la Grande et Valeureuse Genève, tout finit par se savoir, et que taire de telles informations n'est pas à la portée de tout le monde.

Pas grave, nous boirons un bon vin le samedi matin au Marché de Rive pour réfléchir à une stratégie nouvelle, qui permettra de berner les consciences naïves qui peuvent griffer quelques noms sur leur bulletin de vote. De toute façon, au pays de Calvin, toutes les solutions peuvent être trouvées, pour autant qu'un accord se fasse dans l'intérêt des acteurs politiques.

Quelques sourires, des poignées de main, et le tour est joué. Le jour d'après tombera un communiqué de presse haut en rebondissement, pour officialiser un accord dont le Peuple sera bien évidemment écarté, puisqu'il n'existe que lorsqu'il faut faire adouber les motions et les personnalités de ces messieurs-dames de la politique.

La politique genevoise vaut son pesant de cacahuètes en matière de spectacle. Chaque année, la R'vue nous en fait un, d'ailleurs, pour illustrer la piètre représentation qui nous est offerte trois cent soixante-cinq jours par an.

Bref, sur ce, il me faut conclure, je dois retourner à mes occupations politiques, et le Bourg-de-Four m'appelle pour y retrouver un adversaire avec lequel je trinquerai au salut des forces maçonniques qui nous offrent la décence du Pouvoir.
Ne soyez pas trop surpris, même moi j'y prends goût, à la politique des p'tits copains...

 

Grégoire Barbey

11:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, copinage, copains, accords, incestueuse, relation, inter-parti, mensonge, borgia |  Facebook | | | |

19/03/2012

Des distractions superficielles

 

Invraisemblance : la proportion affligeante du commun des mortels qui perd son temps à commenter des résultats sportifs et à défendre les couleurs de leur patrie. Non pas que je renie l'intérêt du sport – bien au contraire. Mais de grâce, soyons cohérents ! Si nos semblables dépensaient autant d'énergie à protéger et promouvoir leurs intérêts et la nécessité du bien commun, nul doute que le visage de la politique en serait drastiquement changé.

Mais il va de soi que certains préfèrent la passivité du spectateur à la difficulté des responsabilités de l'acteur.

Que je me prenne, une fois de plus, à espérer que la tendance s'inverse un jour, ne me surprend guère. Ce qui serait plus étonnant, c'est qu'il y ait un véritable changement en la matière.

Alors je retournerai, comme à l'accoutumée, à mes occupations, le cœur lourd d'une certaine déception, celle de voir que des événements sans grande importance concrète surpassent – et de loin – la propension qu'ont mes contemporains à s'occuper de ce qui devrait les animer, à savoir la prise en main de leur destinée, et l'implication qui va de paire avec un investissement inconditionnel pour la sauvegarde de ses droits, de ses intérêts et de ses valeurs.

Peut-être, et je dis bien peut-être, suis-je trop rêveur pour prendre conscience que la vie est suffisamment courte pour ne pas devoir de surcroît perdre en temps précieux des années à débattre en politique ?

Il est tout-à-fait possible que cela soit moi qui me fourvoie, à vouloir croire dur comme fer qu'il y a plus important que les distractions superficielles. Pour un épicurien, cela paraît pourtant contradictoire.

Aller, je cesse d'être de mauvaise augure, ne serait-ce qu'un instant...

 

Grégoire Barbey

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13/03/2012

Face à la répression des droits fondamentaux : désobéissance civile !

 

L'article 22 de la Constitution suisse garantit le droit de se réunir comme étant une liberté fondamentale, ce que confirme l'article 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui garantit également le droit à la réunion et à l'association pacifiques. Toutefois, Genève a déjà compromis l'application de ces lois en interdisant légalement le droit de se réunir au-delà de trois personnes sans autorisation des autorités compétentes. Le 11 mars a été acceptée une réforme du droit de manifester, qui n'est désormais plus légalement garantit : il faut une autorisation officielle avant de pouvoir se réunir et protester. De surcroît, il doit y avoir un ou plusieurs organisateurs qui pourront être tenus responsables en cas de complications. Ces derniers peuvent être amendés jusqu'à hauteur de 100'000 CHF et être interdits de manifestation durant cinq ans.

Je ne vais pas remettre en cause le choix du Peuple, bien qu'il soit selon moi symptomatique d'un ras-le-bol et d'une peur paranoïaque face à l'insécurité, que de nombreux partis de droite prennent plaisir à alimenter et à exacerber à Genève.

J'attends avec une impatience non-dissimulée la décision du Tribunal Fédéral au recours effectué par la gauche pour que soit récusée cette nouvelle Loi, que nous sommes beaucoup à considérer comme étant liberticide.

Au cas où les instances juridiques fédérales ne jugent pas à propos de récuser l'initiative acceptée dimanche dernier, j'en appelle à toutes les citoyennes et tous les citoyens, ainsi qu'aux syndicats, associations et autres, à opter pour l'unique option qui restera pour manifester son mécontentement face à cette répression antidémocratique et anticonstitutionnelle : la désobéissance civile.

Rappelons la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1793 qui disait que « [lorsque] le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Il est essentiel de ne pas courber l'échine, car cela serait l'invitation aux amateurs de la destruction des acquis sociaux et fondamentaux de continuer leur petite mascarade sous couvert d'un argument sécuritaire.

Je tiens à rappeler qu'il n'y a, a posteriori, que trois manifestations en dix ans qui méritaient une loi aussi stricte et répressive. Celles-ci justifient effectivement des mesures drastiques, mais aucunement disproportionnées. Or, la présente Loi considère que toute manifestation est à risque et condamne donc ses instigateurs à un musellement impensable. Plutôt que d'agir avec intelligence, ceux qui sont à la racine de cette initiative ont préféré transférer le travail des autorités compétentes à la responsabilité individuelle, afin d'en faciliter l'application, au dépend de droits constitutionnels et internationaux.

Il ne faut pas se leurrer, Genève traverse une crise structurelle (ou systémique, c'est selon les sensibilités), et les lois qui iront en ce sens continueront de naître. C'est toujours en situation de crise que les droits sont restreints un maximum.

Ainsi, désobéir pacifiquement, illustrer son refus d'être enfermé et de voir des associations et des syndicats incapables de manifester pour faire connaître leurs revendications sociales est un devoir.

Aucune violence ne doit être la conséquence directe de ces insurrections civiles, c'est un point impératif qu'il est fondamental de respecter pour témoigner du bien-fondé de ces protestations populaires.

Oui, il est l'heure de se soulever avant d'être menottés sur nos sièges et relégués au rang de simple spectateur.

La désobéissance civile est une option pacifique à considérer en l'état actuel des choses.

 

Grégoire Barbey

12/03/2012

Propos homophobes de Stauffer relevés dans son article à l'encontre de Tornare : inadmissible !

 

Éric Stauffer s'illustre une nouvelle fois de par sa vulgarité et son manque cruel de respect pour ses pairs. En effet, dans un article publié récemment, nommé « Le seul manuel du PS rentre en lice », le président du MCG tient des propos sous forme de sous-entendus qui sont clairement homophobes, à l'encontre de Manuel Tornare, dont l'homosexualité est connue.

« Le seul manuel que le PS compte encore dans ses rangs sort donc du bois, pas de Boulogne, l'autre, celui de la forêt enchantée des belles promesses que ce parti affectionne, celui de la langue de bois. »

Comme c'est navrant de faire allusion aux bois de Boulogne, lieu réputé pour sa majorité de transsexuels et d'homosexuels, en parlant du candidat à l'élection partielle du Parti Socialiste. Cette attitude, propre à monsieur Stauffer, démontre une fois de plus à quel point ce personnage est indigne d'une place au conseil d'État, qui plus est à la sécurité.

« Il ne reste donc bien aux PS qu'un seul manuel, pas rouge certes, rose peut-être, BoBo certainement. »

Sous la plume staufferienne, les lieux communs vont bon train. Quelle tristesse d'avoir recours à des attaques aussi basses pour un prétendant à un poste gratiné et essentiel pour le bon fonctionnement de notre démocratie. La sexualité de monsieur Tornare ne doit en aucun cas faire l'objet de cible pour rabaisser sa candidature et ses capacités à siéger à la place laissée vacante par le démissionnaire Mark Muller.

Cet article est une atteinte que je qualifierai de grave envers l'intégrité d'une personne qui, peu importe ce qu'elle a pu faire de mal durant ses mandats politiques, mérite le minimum de respect qui fonde les valeurs de notre société.

Je demande donc à ce que soit sanctionné le blog du président du Mouvement Citoyen Genevois en conséquence et juste proportion de son non-respect de la charte de la Tribune de Genève, que ce monsieur a dû lire et accepter, au moins tacitement, lors de son inscription.

Je n'aime guère qu'un homme de sa trempe use de tactiques aussi désolantes et lâches. Un poste au conseil d'État se mérite, les faits d'arme ne sont pas la seule qualité requise, il faut être humble et respectueux, parmi tant d'autres vertus nécessaires pour siéger décemment au sein des Sept.

Le Peuple ne pardonnera pas, je l'espère face aux urnes, les comportements déviants – violence physique et verbale – d'Éric Stauffer lors des votations du 17 juin prochain.

Ayons à cœur d'élire des représentants dont les actes ne trahissent pas un manque de civilité et de maîtrise de soi. Il s'agit de notre démocratie.

 

Grégoire Barbey

 

 

09/03/2012

L'avortement, une nécessité d'utilité publique

 

Suite à de nombreuses requêtes, je vais me prononcer sur l'avortement.

J'y suis évidemment favorable et estime qu'il devrait être accessible à toutes les femmes, ce qui implique donc la gratuité de l'intervention, remboursée intégralement par l'assurance, ou dans un cas spécifique, aux frais de l'État, donc indirectement du contribuable, si la demanderesse ne possède pas d'assurance, pour des raisons X ou Y. Il y a deux raisons principales qui me font me positionner ainsi en faveur de cette pratique et de son accessibilité.

 

Les femmes sont les seules détentrices du choix de conserver ou non l'enfant à venir.

Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les femmes qui sont concernées directement par la question de l'enfantement. Je considère dès lors qu'il s'agit d'un choix d'ordre privé, qui doit résulter uniquement de la réflexion faite par la personne concernée, à savoir la femme enceinte. Cet impératif est catégorique, pas même le père ne doit influencer la décision que prendra la mère. Dans notre société, où la propriété individuelle fait partie intégrante de nos rites et nos échanges, le corps de la femme lui revient de droit, elle est donc de ce fait la seule à pouvoir décider de l'avenir de l'embryon qu'elle porte en son sein. Toute intimidation ou manipulation visant à influencer le choix d'une femme sur ce sujet est à proscrire légalement.

 

L'avortement doit être considéré comme relevant d'une option d'utilité publique.

J'entends par là que dans divers cas de figure, une mère en devenir qui ne désire pas garder son enfant et préfère opter pour la possibilité de l'avortement pour des raisons précises (qu'elle seule est en mesure d'en juger la pertinence) doit être en mesure d'y avoir droit. Un enfant non-désiré ne doit en aucun cas voir le jour, tant son avenir serait incertain au possible. Bien sûr, cet argument sera réfuté par certaines personnes qui clameront n'avoir pas été désirés et s'en être pourtant bien sorti. C'est certes un fait, mais également un risque. Les parents qui conservent l'enfant par obligation légale (dans un pays où l'avortement n'est pas autorisé ou non-remboursé) peuvent adopter à son encontre des comportements tout-à-fait délictueux par frustration ou instabilité psychique.

Qu'une mère toxico dépendante décide d'avorter doit être perçu comme relevant de l'utilité publique, par exemple. Il faut comprendre qu'un enfant non-désiré ou évoluant dans un milieu hostile a une certaine probabilité de réitérer les sévices qu'il aura vécu, et ainsi causer d'autres dommages collatéraux à la société. J'ai conscience que mon argumentaire en choquera plus d'un-e, mais il me paraît sincère. Refuser l'avortement pour quelque motif que cela soit, c'est prendre un pari risqué, sinon pour le bien-être de l'enfant et son entourage dans une moindre mesure.

Je précise néanmoins que l'enfant paraisse ou non en bonne santé est un critère que seule la femme enceinte est en mesure d'évaluer comme pertinent ou pas pour sa décision Une fois encore, ce choix lui appartient.

 

Conclusion

Il y aurait bien sûr d'autres paramètres à prendre en compte, mais foncièrement ma position s'explique par les deux points précédemment explicités. Pour ma part, je considère que le droit à l'avortement gratuit et inconditionnel est une nécessité pour les femmes et également pour la société. D'autant plus qu'aujourd'hui, les avortements médicamenteux sont une option viable et peu coûteuse, tant sur le plan financier que physique (puisqu'il n'y a pas d'intervention chirurgicale) et ne présente donc pas de risque de stérilisation pour les femmes. Il faut cependant agir avant les six premières semaines de l'embryon pour que cela fonctionne.

Il est donc de prime importance de lutter pour que soit reconnu ce droit, le plus vite possible !

 

Grégoire Barbey

 

17:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : avortement, réflexion, politique, assurance, gratuité, remboursement, choix, femmes, droits |  Facebook | | | |