05/03/2012

La politique est à réinventer

 

Nous vivons une époque transitoire.

De nombreuses traditions perdent de leur superbe et sont remises en question perpétuellement. Nos idéaux issus de la génération précédente commencent gentiment à s'essouffler, sinon périr entièrement. Les pratiques du siècle dernier se heurtent à des obstacles difficilement franchissables tant la réalité de notre monde est différente aujourd'hui. Le conservatisme s'accroche désespérément à des valeurs désuètes, prétextant que ce sont les seules qui valent la peine d'être idolâtrées.

L'évolution exponentielle des technologies de communication dépasse les capacités d'adaptation d'une certaine portion de la population, nostalgique d'une ère qui a déjà cessé d'être. Les paradigmes d'innombrables institutions prennent la poussière depuis déjà longtemps. L'enseignement est en contradiction avec son temps ; les moyens de communication, qui ont un impact majeur sur le comportement des enfants, faussent l’arithmétique qui servait d'axiome au domaine de l'éducation scolaire. La nouvelle génération est confrontée à l'incroyable prolifération de l'information. Entre les téléphones portables qui permettent de surfer sur le web, les ordinateurs qui apportent chaque fois de nouvelles fonctions technologiques, les publicités omniprésentes, la télévision qui se propage dans les ménages à une vitesse fulgurante, il est évident que la situation ne peut être comparée à celle d'il y a vingt, trente, quarante voire cinquante ans !

Cependant, la pensée progressiste n'assimile pas non plus l'ensemble des enjeux actuels et à venir.

Certaines thématiques sont ignorées.

L'internet s'est démocratisé, et régit la vie de milliards d'êtres humains. Sa plus grande force, qui d'ailleurs déstabilise les représentants du siècle passé, est son incroyable capacité de transmission de la pensée à large échelle. De nos jours, il faut composer avec cette variable, qui impose de penser le monde tout autrement.

La démocratie, en Suisse, sera amenée à prendre en considération des facteurs sociologiques nouveaux. La connaissance est plus que jamais à la portée du plus grand nombre (avec toujours la réserve d'une minorité qui n'y a malheureusement pas accès) et peut avoir des conséquences inattendues sur le développement du courant idéologique majoritaire. Le web est à prendre comme un outil formidable de propagation, qui, bien utilisé, peut offrir des changements positifs et nécessaires.

La toile impose une nouvelle attitude, celle de la mise en commun des idées, ce qui implique évidemment des compromis pour laisser libre cours à l'ensemble des acteurs-pensants.

La politique doit désormais composer avec cette réalité. Internet pourrait être un lieu où les clivages sont mis de côté au profit de la circulation des pensées, ce qui favoriserait le partage et le consensus.

Il est impossible d'être totalement imperméable au monde d'aujourd'hui, il faut donc que chacun intègre les véritables défis, quelles que soient leurs appartenances idéologiques, qui attendent notre génération.

Rimbaud disait que « l'amour est à réinventer ». Je me permets de le paraphraser en ces termes : la politique est à réinventer. L'interconnexion des individus de notre société offre des possibilités jusqu'ici inespérées.

 

L'adaptation du monde politique au monde virtuel sera probablement un des enjeux majeurs de ce début de XXIe siècle, et celles et ceux qui ne profitent pas de cette opportunité seront rapidement marginalisé(e)s, sinon éliminé(e)s définitivement du circuit politique. C'est dès maintenant qu'il faut repenser toutes nos certitudes, quitte à devoir faire des concessions.

Toutefois, il ne serait pas judicieux de trop attendre, car tout va si vite... les choix doivent être faits rapidement. Tout se joue en ce moment-même. À nous de faire les bons choix.

 

Grégoire Barbey

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03/03/2012

Maudet, l'homme qui n'était d'aucun lobby, au sein d'un parti lobbyiste !

Pierre Maudet, lors de sa conférence de presse du vendredi 2 mars 2012 relayé sur le site de la Tribune de Genève, a annoncé sa candidature à l'élection partielle pour briguer un siège au Conseil d'État et remplacer ainsi la place laissée vacante suite au départ de Mark Muller.

« Je ne suis l'homme d'aucun lobby » a-t-il assuré. Si tel est le cas, que fait-il des membres de son propre parti, qu'il représentera bien évidemment si ce mandat lui est accordé ?

Je me propose d'énumérer quelques noms parmi les plus connus, cela constitue donc une liste non-exhaustive :

 

  • Jacques Jannerat, député du Parti Libéral-Radical, Directeur de la Chambre du Commerce et de l'Industrie.

  • Nicolas Aune, Secrétaire Général de l'Union Industrielle genevoise, membre du Parti Libéral-Radical.

  • Blaise Matthey, ancien député Libéral, Directeur de la Fédération des Entreprises Romandes.

  • Gabriel Barillier, député du Parti Libéral-Radical, ancien Secrétaire Général de la Fédération des Métiers du Bâtiment.

 

Alors si Monsieur le Maire est persuadé lui-même de n'être l'homme d'aucun lobby, peut-être devrait-il changer de famille politique, ou faire le ménage devant la porte de son parti ?

Accordons-lui tout de même le bénéfice du doute, par éthique plus que par conviction, et voyons ce qu'il dira face à cette réalité.

Pour ma part, je n'ai pas peur d'affirmer que le Parti Libéral-Radical constitue un lobby en lui-même, tant ses relations avec des syndicats patronaux, entreprises immobilières et tant d'autres sont étroites sinon incestueuses.

Il est évident que je ne donnerai pas mon vote à Maudet. Mon pronostic va pour l'élection d'un(e) membre du Parti Socialiste, à moins qu'un autre candidat se déclare. Un Vert Libéral pourrait avoir ses chances, en l'occurrence.

Nous verrons si le Parti Libéral-Radical soutient son jeune poulain la semaine prochaine. Si tel est le cas, espérons qu'il répondra à cette interrogation.

 

Grégoire Barbey

 

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Montage effectué par Marcel Chombier

02/03/2012

L'infernale spirale du Pouvoir

Enfin ! Pierre Maudet a répondu aux sirènes de l'échec. Il est le seul radical susceptible de prendre un siège aux Libéraux... Mais pas en 2012 !

C'est son goût du Pouvoir nourri par une ambition légitime qui a facilité sa décision, sans doute après avoir consulté ses mentors, GOG et le Régent de Martigny.

Et ce calcul est imparable : l'élection d'un socialiste le 17 juin lui sera pardonnée. Il a eu le courage de défendre sa famille ! Probablement qu'elle lui en aurait voulu s'il n'avait pas pris cette initiative. Mais Maudet restera à son poste de Maire de la Ville de Genève, en tout cas pour l'instant.

Et ainsi, le Super Gouverneur pourra se délester de l'OCE sur un socialiste...

Grégoire Barbey

(L'idée de cet article était initialement parue sur un autre blog, du fait de sa supression, je le publie ici, en accord avec l'auteur.)

19:03 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, plr, pierre maudet, libéraux, maire, genève, ville, élections |  Facebook | | | |

01/03/2012

Internet, la nouvelle Agora

 

En vitesse.


Je remarque que la politique ignore, ou feint d'ignorer, l'essor impressionnant que prend l'internet.

C'est pourtant, selon moi, une erreur fondamentale. D'autant plus dans un pays qui se réclame démocratique. Le web 2.0, c'est structurellement la nouvelle Agora, les citoyens et les citoyennes s'y retrouvent, interconnectés, pour débattre de tous les sujets de la vie quotidienne. Non seulement, le potentiel politique de la toile ne fait aucun doute, mais de surcroît, cela offrirait aux politiciens une proximité encore jamais égalée avec la Vox Populi.

 

Pourquoi ne pas, par exemple, organiser régulièrement des débats, internet fait finalement très bien office de place publique. Le politique a tout intérêt de se mêler à la masse, de prendre la température auprès de ses semblables, et d'accorder une véritable importance à leurs opinions, qui divergent énormément selon les individus.

La polis selon Aristote, c'est la vie de la Cité. Tout est affaire de politique. Être à l'écoute des attentes de ses concitoyen-ne-s, n'est-ce pas le devoir de toute personne investie dans la politique ?

Les récents événements genevois qui ont déferlé la chronique impactent l'opinion publique. Il est déconseillé dans un système tel que le nôtre de fermer les yeux sur l'avis majoritaire. Je mentionnais dans un précédent article l'importance de la révocation, qu'il faudrait selon moi implémenter au sein des outils démocratique. Génération web, cela implique nécessairement de nouvelles mécaniques, notamment la vitesse phénoménale à laquelle transitent les informations. Cacher des non-dits devient beaucoup plus difficile pour toute organisation, qu'elle soit privée ou étatique. Il suffit de constater le projet de loi ACTA, sur lequel j'ai rédigé un article pour le site de Gauche Anticapitaliste*, qui démontre l'inquiétude des élites gouvernantes à l'égard de l'internet. C'est un formidable outil de propagation, où la transparence y est presque imposée.

La politique doit être connectée aux citoyen-ne-s. Prendre en compte le web est donc nécessaire.

Je le répète, c'est la nouvelle Agora. Ne passons pas à côté d'une telle opportunité !

 

Grégoire Barbey

 

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=5884

20:22 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, agora, athènes, démocratie, révocation, vitesse, internet, web, 2.0 |  Facebook | | | |

28/02/2012

SOLDES : Un appartement 7 pièces pour 1800.- par mois sur Plainpalais

Chers concitoyens et chères concitoyennes,

Suite à la démission de monsieur le Conseiller d'État de la République et Canton de Genève Mark Muller, un appartement 7 pièces est désormais disponible sur Plainpalais pour l'incroyable loyer de 1'800.- TTC par mois. Bien évidemment, une telle affaire ne restera pas longtemps sur le marché, d'autant plus que notre ancien Ministre du Logement n'avait semble-t-il pas tout-à-fait rempli ses fonctions en terme de développement pour les familles avec plusieurs enfants à charge, soyez donc rapides !

Si cette incroyable affaire vous intéresse, je vous recommande d'appeler dès maintenant au 022 327 94 00* pour vous entretenir avec les responsables de cet appartement.


Sincèrement,

Grégoire Barbey

 

*Numéro du DCTI

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27/02/2012

Vox populi ad Stauffer eternam : les déboires d'un incapable

 

Il serait peut-être temps de remettre les pendules à l'heure. Investiguant quelque peu sur l'animal Stauffer, je suis tombé sur une vidéo pour le moins explicite. Monsieur le président du Mouvement Citoyen Genevois profère notamment des insultes à l'encontre de quelques habitants devant la salle Municipale d'Onex. C'est intéressant, avec la récente altercation de Monsieur Stauffer et Monsieur Weiss au Grand Conseil, d'illustrer que ce comportement n'est pas un cas isolé, et qu'il pourrait même être considéré comme faisant partie inhérente de la personnalité de notre député MCG.

Qu'un représentant politique se permette de lâcher à l'encontre d'un citoyen des insultes comme « trou du cul » est inacceptable.

Il faut démontrer clairement aux électeurs et électrices le véritable visage de ce personnage, son exubérance et son mépris des valeurs qu'il dit vouloir défendre. Loin de moi l'idée de jouer les moralistes, mais en tant que citoyen, je ne puis tolérer qu'un tel individu prenne des responsabilités qui auront une influence directe sur ma vie avec une attitude aussi malhonnête et irrespectueuse.

Notez qu'à peine le conseiller d'État Mark Muller a annoncé sa démission, Éric Stauffer s'est porté candidat pour le ministère de la Sécurité. Il s'est pourtant exposé d'une manière peu favorable à son image jeudi dernier. N'a-t-il aucune conscience ?

Ses belles promesses et sa fierté ne le porteront pas au pouvoir. Il doit être remis à sa place, ses clowneries ont suffisamment durées !

D'après mes sources, je sais que certains partis de droite ne voteront jamais en sa faveur. Néanmoins, il continuera à briguer des places importantes dans l'administration politique de notre République et Canton de Genève, ainsi que plus généralement en Suisse.

Pouvons-nous, nous citoyens et citoyennes, accepter qu'un monsieur incapable de gérer ses émotions et ses pulsions puisse avoir en mains des postes clefs? J'ose espérer que non.

Lui qui parlait de République bananière jeudi au Grand Conseil peut à présent se présenter comme le président des gaffes et du manque d'égard porté à la population.

Monsieur Stauffer, je vous prie de vous verser un verre d'eau bien froide sur la tête, et de vous réveiller. Nous ne sommes pas en Russie, ici les gens doivent se respecter, et se comporter de manière à ne pas porter atteinte à l'intégrité (psychique et physique) de leurs semblables.

Il serait peut-être temps de suivre l'exemple de votre collègue Mark Muller et vous diriger vers la porte de sortie définitivement, afin de laisser gérer la politique à des personnes compétentes et intègres.

Vous promettiez le nettoyage des rues de Genève en 40 jours. Montrez le chemin à suivre, faites le premier pas !

Le Peuple vous en sera reconnaissant.

 

Grégoire Barbey

 

http://www.youtube.com/watch?v=quqcreU9HGc&feature=re...

 

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15:41 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stauffer, déboire, dérives, politique, république, bananière, populisme, mcg, weiss, plr |  Facebook | | | |

26/02/2012

Stauffer doit démissionner pour le bien du Grand Conseil et de la République

 

24 février 2012, le président du MCG Éric Stauffer s'illustre une fois de plus par son attitude indigne d'un député au sein du Grand Conseil. Que Pierre Weiss se soit mal comporté en l'accusant à tort, c'est un fait, et je ne défendrai pas son geste que je trouve tout-à-fait inadéquat. Nonobstant cette provocation gratuite, l'attitude d'Éric Stauffer est inadmissible et dénote clairement le vrai visage de l'intimé. La réaction du député est symptomatique. Le PLR Pierre Weiss lance des accusations à son encontre, et Stauffer tape du poing sur la table tout en se levant brusquement. Peu de temps après, il se saisit de son verre et en vide le contenu sur Weiss, ce qui crée instantanément une réaction hostile des membres du Grand Conseil. Non-content de son action totalement inadaptée en ces lieux, le président du MCG invite ses acolytes à le rejoindre et se dirige avec véhémence dans la direction de son adversaire, passant ses mains derrière le dos, comme pour se retenir d'une pulsion violente.

Cette description de la scène (visible sur le lien présent à la fin de cet article) permet de constater le populisme archaïque dont fait usage Éric Stauffer. Plutôt qu'essuyer avec intelligence et retenue les critiques de Pierre Weiss pour ensuite y répondre de manière civilisée, il préfère se livrer à l'expression de ses pulsions animales, découvrant sa vraie nature, celle d'un rustre incapable de se contenir ! Parce qu'il n'obtient pas ce qu'il veut, à savoir renvoyer le projet de loi du CEVA en commission, il perd les pédales. N'y a-t-il pas des problèmes plus importants que la construction de cette ligne ferroviaire ? Qui, effectivement, pourraient donner envie de se lâcher tel un taureau enragé ?

Ce comportement est à l'image de son parti, qui joue sur la peur des gens, acclamant des mesures xénophobes, comme ce récent soutien à la préférence nationale pour les travailleurs des HUG.

Pire, un communiqué de presse s'en est suivi, prenant la défense inconditionnelle du président MCG. Dans une interview donnée à la TSR, Stauffer confie qu'il n'agirait pas autrement si cela devait se reproduire. Quid d'un tel député ? Lui qui a demandé la démission de plusieurs élus dans divers secteurs, n'est-ce pas finalement quelque peu culotté de sa part ?

Et ce n'est pas tout. Sur son profil Facebook, il publie le lien de l'article parut dans Le Matin, comme par satisfaction. Je lui ai adressé un commentaire, respectueux, dans lequel je lui faisais part de mon désaccord sur son attitude, et ai également appuyé sur mon désir de le voir démissionner.

Monsieur Stauffer, en grand républicain qu'il est, amoureux des valeurs de la démocratie, a supprimé mon intervention et m'a par la même occasion bloqué l'accès à son profil.

Pour un homme qui se dit proche des citoyen-ne-s genevois-es, cette anecdote met à mal son image.

Qui sait, si je le croise, peut-être me versera-t-il le contenu de son verre sur la tête ?

En tout cas, cet énergumène n'a rien à faire au Grand Conseil, et il doit être destitué de ses fonctions.

En tant que Citoyen, je requiers sa démission.

 

Grégoire Barbey

 

http://www.youtube.com/watch?v=X_33KRtYZr8&context=C3...

 

Une image créée par un ami, la Politobox, l'alternative pour jeter les politicien-ne-s qui oublient les intérêts du Peuple !

 

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25/02/2012

De l'utilité de la révocabilité des élu-e-s pour combattre la corruption institutionnalisée des lobbys multinationaux

 

En ces temps politiques conflictuels, il est impératif de s'interroger sur la viabilité, les qualités et surtout les défauts de notre système démocratique.

Les récents événements qui ont déferlé la chronique ne sont pas anodins, et ne doivent en aucune façon être pris à la légère. Les élus de la Ville de Genève, du moins une certaine proportion d'entre eux, semblent avoir oublié les valeurs fondamentales que sont le respect, l'honnêteté, la transparence, la dévotion et l'abstraction de leurs intérêts au profit du plus grand nombre.

Comment rester silencieux face à de tels comportements ? La mode actuelle est apparemment, eu égard aux discours de quelques politiciens, de nier l'importance d'une politique éthique, je dirais même d'une « poléthique ». Philippe Glatz, ancien président du Parti Démocratique Chrétien, s'est illustré sur mon blog par un commentaire tout-à-fait symptomatique de cette nouvelle tendance.

Je défendais dans un article, publié il y a quelques temps, la nécessité pour notre démocratie et le respect du Peuple de connaître le montant de la transaction effectuée par Mark Muller avec le barman, victime de la violence du conseiller d'État le 31 décembre.

D'après Glatz, donc, vouloir invoquer les valeurs morales aurait « quelque chose de très inquiétant pour ces mêmes démocraties ». Plus loin, il continue : « Vous vous rendrez peut-être compte que, sous prétexte de "morale", lorsque vous remettez en question les fondements de notre droit qui accorde à chacun la possibilité d'un arrangement à l'amiable avec la partie adverse, en fait, vous remettez en cause bien plus que l'attitude exemplaire que vous souhaitez, mais les bases de notre démocratie. (...) Sous aucun prétexte nous n'avons à contester cette liberté reconnue par le droit, à moins que de vouloir instaurer une forme de dictature, dans une société inégalitaire qui n'offrirait plus aucune garantie, dans le cadre d'une application aléatoire du droit selon que l'on soit un élu ou un simple citoyen. »

Monsieur Glatz prêche pour sa paroisse, cela va de soi. Néanmoins, cette tentative de manipuler ma réflexion sur l'importance d'une « poléthique » est révélatrice. Dès lors qu'un-e citoyen-ne ou un-e élu-e désire apporter des changements dans le système pour y permettre davantage d'honnêteté et de transparence, les mêmes arguments sont rabâchés continuellement, comme s'il fallait comprendre que le respect des valeurs constitutionnelles était un danger pour notre démocratie, justement basée sur cette fameuse Constitution. Cette position est intrinsèque à la pensée élitiste qui veut éloigner le Peuple des véritables décisions.

Selon la définition du Vocabulaire technique et critique de la philosophie (Éditions puf, 1996), la démocratie est un « État politique dans lequel la souveraineté appartient à la totalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité ».

Notons bien que nous pouvons interpréter que la non-distinction de naissance implique qu'un étranger peut également prendre part à la politique et faire usage du droit de vote. Je ne désire pas rentrer dans ce débat, toutefois j'y accorde une grande importance également.

Là où j'aimerais en venir, en parlant des dernières affaires qui ont éclaboussé le monde politique genevois, c'est l'impossibilité du Peuple à révoquer ses élu-e-s.

La révocabilité devrait être une part essentielle des outils démocratiques. Il ne faut pas confondre la révocation avec « l'impeachment ». Ce dernier permet au pouvoir législatif de destituer un représentant du gouvernement, alors que la révocation, comme ce fut le cas à Athènes, donne ce pouvoir au Peuple. Cette mesure doit bien évidemment être rigoureusement institutionnalisée et constitutionnellement délimitée. La révocation pourrait être une option épisodique. Un représentant serait ainsi amené à rendre des comptes, par exemple, une fois par année, et la décision reviendrait au Peuple de lui octroyer le privilège de continuer son mandat ou d'y mettre fin immédiatement.

Les oppositions ne manquent pas, et la difficulté à intégrer cette procédure n'en est pas moins non-négligeable.

Cependant, il est à noter les avantages qu'offrirait une telle option. Notre système démocratique est imparfait, c'est une évidence qu'il serait malvenu de nier, et la transparence des député-e-s, élu-e-s, représentant-e-s et consorts fait cruellement défaut. L'institutionnalisation de la révocation impliquerait instantanément cette valeur que nos édiles combattent tant.

Je m'entretenais pas plus tard qu'aujourd'hui avec une connaissance, qui est conseiller national. Cette personne m'a confié des anecdotes d'une alarmante actualité. L'omniprésence des lobbys au sein de notre gouvernement est quelque chose d'inacceptable et de profondément anti-démocratique. Je précise que mes mots sont pesés. Certaines entreprises proposent aux député-e-s des sièges dans des conseils d'administration ou de consultation, moyennant rémunération. Cette méthode, que je considère être une grave corruption et un charlatanisme malsain, n'est pas une exception. Non, c'est même la règle. Ces grands groupes de pression, qui représentent les intérêts de multinationales diverses et variées, comme l'industrie pharmaceutique, nucléaire, agroalimentaire, les assurances maladie, les armes, les banques, et ainsi de suite font usage de techniques flirtant bien souvent avec l'inégalité.

J'ai eu vent que la Tribune de Genève avait souhaité publier des articles dénonçant les méthodes peu orthodoxes de ces groupuscules et s'était vue menacée par l'un d'entre eux d'un retrait momentané de leurs publicités. Cela représenterait une perte de plusieurs centaines de milliers de francs en quelques mois. Avec une telle pression, le silence est une impérieuse nécessité. Les intérêts financiers sous-jacents sont monumentaux. Que la Suisse tolère de pareilles manœuvres d'intimidation est non seulement un scandale, mais également une grave atteinte à l'intégrité des élu-e-s politiques.

En de telles circonstances, la révocabilité se justifie d'elle-même, afin de pouvoir juger de l'honnêteté et de l'implication des édiles dans leurs tâches.

Les représentant-e-s du Peuple sont à son service, et doivent œuvrer dans son intérêt, non vendre leur âme au Diable.

J'ai bien conscience que je jette un pavé dans un océan trouble et pollué, et qu'il ne risque pas de faire de nombreuses vagues. Pourtant, il m'apparaît être de mon devoir, et de celui de chacun-e de mes concitoyen-ne-s de s'impliquer pour dénoncer ces abus, et faire en sorte de laisser aux générations futures un monde où la corruption n'est pas une affaire d'État.

Tant pis si je dois m'attaquer à la gauche comme à la droite pour mettre en lumière ces méthodes honteuses qui donnent la possibilité à des « réseaux mafieux » de s'approprier le pouvoir.

La révocabilité des hauts fonctionnaires de notre gouvernement est une idée qui doit faire, et je le sais, fera son chemin dans l'esprit du Peuple.

 

Grégoire Barbey

24/02/2012

EXCLUSIF : Maître Bonnant rejoindra-t-il les Indigné-e-s ?

Après avoir essuyé les attaques littéraires de l'éminent avocat genevois, dont la réputation n'est plus à faire, le mouvement contestataire « Ocuppy Geneva » s'est entretenu avec l'intimé dans son luxueux bureau, proche de la route de Champel. Trois émissaires se sont donc laissés happer dans la gueule du loup !

« Je vous attendais plus nombreux » confia le maître des lieux. « Je pensais que vous viendriez à quarante-deux, armés de sprays pour vous venger du vieux con. Je m'étais préparé à cette éventualité. »

Visiblement, l'ancien ne semblait pas dormir l'esprit tranquille. Le trio, bien éduqué et poli, l'a rassuré qu'il n'avait jamais été question d'une telle manœuvre – bien que l'idée fut séduisante.

Contenant son aversion pour les vêtements bas de gamme et fripés, Maître Bonnant s'est ensuite emporté par son verbe acéré et entraîné, gesticulant en tous sens, fixant tour à tour le regard de ses invités. Il énonça ses reproches au mouvement des Indigné-e-s genevois : l'absence de hiérarchie, de porte-parole, de structure et l'opacité des revendications. Selon lui, l'homme qui détruit doit avoir également les mains du bâtisseur. Il n'a pas mentionné l'offense esthétique que ces personnes lui procuraient.

Peut-être parce qu'il avait lui-même conscience que ses vieux jours ne sont pas ce qu'il y a de plus artistiquement agréable à contempler.

Cela étant, un long et poétique monologue s'en est suivit. Le plaideur s'est plaint des différences entre sa personnalité et celle de ses filles, ce à quoi un jeune indigné lui a rétorqué, en citant Confucius : « n'oublie pas que ton fils n'est pas ton fils, mais le fils de son temps ».

À la stupéfaction lisible sur son faciès, il a réalisé que la jeunesse n'était pas si stupide et inculte qu'il ne le pensait. Bien sûr, comme un Roi sur son trône, le Peuple est la dernière de ses préoccupations. Il est contre la distribution des richesses, leur a-t-il dit, parce qu'il gagne de très hauts revenus. Néanmoins, il paie ses dettes. À commencer par celles du fisc, bien sûr ! Il a également assuré qu'il avait beaucoup d'amour pour son prochain (moins pour sa prochaine, il faut le souligner) au point de ne pouvoir laisser personne sur le bord de la route... pour autant qu'il croise la sienne ! Cela fait chaud au cœur de l'apprendre, car les multinationales et autres entreprises qui font appel à ses services d'avocat n'ont pas cette vocation sociale.

Bref, lorsque l'hôte céda la parole à ses convives, ils purent s'exprimer quelque peu, et ce avec l'improbable privilège de ne pas avoir d'honoraires à payer en fin de séance. Que de bonté pour ce prototype de la bourgeoisie d'un siècle passé !

Les Indigné-e-s, comme toujours très stratégiques, ont proposé à leur adversaire idéologique une petite visite au sein d'une assemblée générale pour qu'il puisse se rendre compte de la « réalité du terrain ».

Celui-ci a accepté, mais n'a cependant pas mentionné les coûts qu'occasionnerait un tel déplacement, ni la date. Il faut dire que malgré l'âge, Maître Bonnant a ses petites habitudes bourgeoises, le contrarier dans ses attentes serait, à n'en pas douter, une mauvaise manière de le faire adhérer à leur cause.

Après avoir, gratuitement une fois de plus, rédigé un autographe sur un ouvrage d'Adam Smith, la « théorie des sentiments moraux » que l'un des Indigné-e-s avait apporté, il dut mettre fin à l'entretien. Près de deux heures se sont écoulées, le tout à l’œil !

Fort de son assurance, le trio a souhaité faire une photo en la compagnie de leur ancêtre commun, l'homo aristocratus, qui, il y a de cela quelques siècles, représentait une espèce répandue au sein de l'humanité.

Maître Bonnant, toujours heureux de pouvoir rendre service, a accepté. Il désirait simplement que cela se fasse dans son bureau onéreux afin de compromettre davantage ses adversaires. N'est-ce pas de bonne guerre ?

Les Indigné-e-s ont ensuite quitté les lieux, après les remerciements et salutations d'usage.

Une seule question persiste : Marc Bonnant rejoindra-t-il le mouvement ?

Grégoire Barbey

 

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21/02/2012

Entretien avec Pascal Décaillet : la morale en politique ?

Voici un article que Pascal Décaillet (journaliste indépendant, animant notamment l'émission Genève à Chaud sur Léman Bleu) a publié sur son blog. Discussion calibrée en 4'000 signes, soit 350 signes par intervention. D'autres dialogues sont à venir !

J'inaugure ici une série d'entretiens avec le jeune écrivain Grégoire Barbey - Bonne lecture! - Mardi 21.02.12 - 17.16h

 

GB - Pourquoi pensez-vous qu'un élu du Peuple, dans une démocratie telle que la nôtre - qui a ses grandeurs comme ses faiblesses - ait droit de prétendre au luxe de ne point divulguer ses actes dans une affaire juridique qui somme toute appartient désormais à l'ensemble de la population ? N'avez-vous donc pas d'égard pour l'éthique ?



PaD - Un élu du peuple répond de ses actes publics. Mark Muller doit rendre des comptes sur son bilan politique, assurément loin d'être parfait, d'ailleurs ! L'affaire du réveillon est d'ordre privé. Seriez-vous à ce point acharné à vouloir sa perte, s'il était un élu de gauche ? Ou du centre ? Tiens, un gentil Vert. Ou un gentil PDC. Votre hargne ne serait-elle pas - allez, au moins un peu  - de l'ordre d'une vengeance de classe ?

 

GB - Nullement, mais vous faites bien de le demander ! Qu'une telle affaire soit à gauche, au centre ou à droite n'a guère d'importance. Néanmoins, j'étais sûr que vous invoqueriez la notion de « privé ». Définissez-la moi ! Soyons clairs, ce monsieur a des responsabilités, et le MàD n'est pas un lieu où le privé peut faire office de barrage face aux débauches d'un politicien quel qu'il soit !

 

PaD - Débauche ! Vous voilà glissant sur le terrain de la morale. La vie sentimentale, voire charnelle, d'un politicien ne m'intéresse pas. J'attends de lui qu'il soit un bon politicien, dans le sens de la Cité, l'intérêt public. Pas qu'il soit un saint. Ni un eunuque. Qu'il dérape dans un bar, un soir de réveillon, ne m'enchante certes pas. Mais n'est pas, à mes yeux, une cause de démission.

 

GB - Eh quoi ! Devons-nous faire abstraction de la morale en politique ? Ce n'est pas de ses rapports sentimentaux ou charnels dont il est question, mais de son comportement violent et de ses mensonges sciemment proférés pour protéger ses intérêts ! N'a-t-il pas lui-même avoué avoir triché sur ses allégations ? Oui, cela mérite une démission, et vite !

 

PaD - Âme sensible, je vous choque, désolé : oui, il est possible qu'il faille faire un peu abstraction de la morale en politique. La politique est une chose. La morale, une autre. Que l'une et l'autre se nourrissent, s'interpellent. Mais la politique, ça n'est pas la morale. Ni l'immoralité, bien sûr. Elle est d'un autre ordre, d'un autre horizon d'attente. Machiavel, dans Le Prince, a écrit de fort belles pages sur ce sujet.

 

GB - Machiavel est d'une autre époque ! En démocratie, il ne faut pas se considérer comme un Prince, bien que cette dérive soit commune à quelques-uns. Non, l'éthique et la politique ne sont pas dissociables. L'une et l'autre sont nécessaires. Le Peuple est en droit, et a même le devoir de demander des comptes à ses élus. Diantre, ne faudrait-il pas pouvoir les révoquer en cas de dérives ? Allons !

 

PaD - L'addition présentée par le peuple aux élus, c'est tous les quatre ans : cela s'appelle les élections. Révocation en cours de mandat ? N'existe pas, pour l'heure, dans notre ordre juridique. Ce qui m'inquiète, c'est votre mot : « dérives ». Nous revoilà dans le jugement moral ! La pire dérive, pour un magistrat, c'est de faire une mauvaise politique. Le reste ne m'intéresse guère.

 

GB - Je suis un citoyen, et en tant que tel, je donne mon avis. Pour moi, cette affaire rentre clairement dans le cadre d'une dérive. Un politicien a des responsabilités envers son électorat. Il n'a pas le droit de se comporter à son aise. Il représente le Peuple, et doit agir en tant que tel. La révocation devrait être une option, la démocratie n'en serait que grandie !

 

PaD - L'éthique protestante - éminemment respectable - va dans votre sens. Elle a beaucoup influencé, en 450 ans, la notion qu'on se fait à Genève d'un « magistrat ». Pour ma part, je suis indifférent à la vie privée. Mais très exigeant sur la performance politique ! A cet égard, il me semble qu'on pourrait porter une certaine sévérité à certaine collègue libérale de M. Muller, responsable de la police. Mais c'est une autre histoire !

 

GB + PaD