21/02/2012

À ces quelques-uns qui nous mentent et profitent !

 

Le copinage et l'avarice n'excusent pas tout.
Ainsi ils sont plusieurs, toujours les mêmes, dont plusieurs élus, à profiter de notre démocratie, y abusent et comble de l'ironie, salissent, insultent, vomissent leur acrimonie sur celles et ceux qui ne se plient point à leurs règles, à leurs codes et à leur bienpensance.
Ils renoncent aux promesses liées à leurs fonctions, occultant sciemment le serment qu'ils ont fait envers la Constitution et le Peuple afin de ne veiller que sur leurs propres intérêts au dépend du plus grand nombre.
Le journalisme et la politique de ces quelques-uns ne profitent pas ou peu au bien commun. Plutôt que d'informer et de faire évoluer les mœurs et les mentalités, ils préfèrent se cacher derrière des mensonges tout en adulant un conservatisme barbare.

Informer, diriger, protéger et aider, disent-ils ? Ils ne savent tout simplement plus ce que ces mots veulent dire. Ou ne l'ont jamais su.
Les vérités ne sont décidément pas toutes bonnes à exprimer, mais il est malgré tout essentiel de le faire. C'est un exercice complexe qui demande un investissement personnel total.
Les fonctions qu'exerce ce petit nombre, à savoir le journalisme, la politique, la direction d'entreprises/de conseils d'administration se mêlent étrangement, dans notre ville, de manière fortement incestueuse.

Qu'ils pensent berner l'ensemble de la population n'est guère étonnant, leur autosuffisance est inversement proportionnelle à leur intégrité. La manipulation est leur arme de prédilection. La mienne, enfin la nôtre devrais-je dire, est la franchise. Se taire face à ces attitudes inacceptables revient à coopérer avec des criminels, même indirectement.

Qu'ils continuent à se croire intouchables et indélogeables. Leur ego les perdra, et peu à peu, ils tomberont un à un sous les assauts répétés des voix tonitruantes divulguant les non-dits et les mensonges. La trahison des valeurs démocratiques ne peut être tolérée.

Parce que ce sont toujours les plus pauvres et démunis qui finissent par trinquer sur l'autel de l'oisiveté et de l'opulence de ces quelques pontes, il est impératif de renverser ceux qui bafouent les droits propres à chaque être humain, quitte à y laisser des plumes.

Le Peuple n'est pas aveugle, il n'oublie pas non plus et ne pardonne jamais la méprise de ceux qui prétendent parler au nom de l'autorité.

Désormais, ces manipulateurs doivent savoir que leurs déviances ne seront plus acceptées et encore moins cautionnées.

Ils ont beau être d'excellents bluffeurs, la sincérité finira par triompher.

Qu'ils soient journalistes indépendants, politiciens ou chefs d'entreprise, à la tête d'obscurs conseils d'administration ou dans l'ombre à tirer les ficelles, nul n'est inatteignable. Leur heure viendra, et probablement bien plus vite qu'ils ne l'espèrent.

Je sais que certains d'entre eux liront cela, et se reconnaîtront inévitablement.

Ceci n'est pas une déclaration de guerre, ni un avertissement. Nous ne sommes que des gouttes d'eau, et eux des parois rocheuses. L'érosion est un processus naturel.

Le Peuple finit toujours par avoir le dernier mot.

Les émissaires du libéralisme et de l'accumulation n'auront jamais gain de cause.

Mieux vaut l'avoir en tête.

L'insurrection commence.

Le Léman restera bleu, à chaud ou à froid, et le lait ne caillera point.

 

Grégoire Barbey

11:21 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : manipulateurs, politique, journaliste, autorité, insurrection |  Facebook | | | |

18/02/2012

Pourquoi les suisses-ses participent si peu aux votations ?

Cette question me parait être d'une importance capitale. J'avais déjà énoncé précédemment le fait, alarmant, que seuls 30% de la population suisse fait usage de son droit de vote. Nous sommes en démocratie, faut-il encore le rappeler. L'idéal de notre pays se résume ainsi : le Peuple souverain.

Peut-on encore considérer qu'il est pertinent de penser ainsi lorsque deux tiers des individus éligibles n'exercent pas leur devoir fondamental en tant que citoyen ?

Il y a malaise dans la démocratie ! Les citoyen-ne-s se sentent écarté-e-s de la chose politique. Certainement à juste titre. Je me propose d'explorer quelques pistes de réflexion qui pourraient déblayer les raisons de cet abstentionnisme généralisé.

La conscience politique à l'école

Il est de notoriété publique que l'école n'enseigne strictement rien sur le plan politique, bien qu'il existe, en tout cas à Genève, des cours d'éducation civique. L'argument évoqué pour expliquer ce refus d'apporter une conscience politique au sein de l'enseignement public est que l'école se doit de rester neutre sur les appartenances et idées politiques. C'est effectivement louable de ne point désirer influencer l'esprit des jeunes étudiants, mais gardons en tête qu'il y a bien d'autres moyens de se faire endoctriner en-dehors du domaine scolaire.

Évidemment, un individu qui acquiert la majorité – à dix-huit ans – et qui ne s'est jamais intéressé au domaine du politique aura de la peine à s'y investir concrètement. De ce fait, ceux qui reçoivent une éducation en la matière dans la sphère familiale sont bien avantagés. Pas tous les parents enseignent cela à leurs enfants.

Dès lors, il est difficile d'obtenir un taux de participation élevé aux divers exercices citoyens si la majorité des jeunes n'ont tout simplement aucune connaissance élaborée sur le fonctionnement politique de notre pays et du système qui le régit. Il y aurait pourtant de nombreuses options pour palier à ce manque et ce sans sortir du cadre de neutralité qui désire conserver l'enseignement public. Il y a tant à apprendre dans ce domaine, et cela ne relève pas nécessairement d'une idéologie politique spécifique. Avant de pouvoir s'y intéresser, il faut au préalable comprendre de quelle façon le système fonctionne. Les fascicules envoyés avec les bulletins de votation n'ont rien de neutre puisqu'un avis y est clairement formulé sous la forme de : « Le Grand Conseil vous recommande donc de voter ... ». Comment savoir pour le citoyen lambda ce qu'il doit voter au mieux de ses intérêts ? Et cette question de neutralité me dérange, quelque part. Faut-il arrêter d'enseigner des valeurs humanistes (comme l'entre-aide, la conscience de l'autre etc.) sous prétexte qu'elles s'apparentent davantage à une idéologie de gauche ? Ce terme est vague. Tant qu'un enseignant ne fait pas de propagande pour un parti, n'est-ce pas essentiel d'y intéresser les élèves, qui ne sont rien de plus que la relève de demain ? La politique, dans un système démocratique comme le nôtre, ne doit pas être élitiste, ni avoir l'image d'un élitisme quelconque. Tout un chacun est libre de s'exprimer dans ce domaine, et de faire valoir sa parole ! Je soutiens donc, personnellement, que des cours soient instaurés pour offrir aux jeunes l'ébauche d'une conscience politique, outil vital pour exercer ses droits et protéger ses intérêts. Qu'une faible proportion des enfants reçoive une éducation politique renforce l'écart et creuse les inégalités, invariablement. Personne ne devrait être écarté, même involontairement, de l'exercice civique dans une démocratie. Cela nuit à son bon fonctionnement. Idéalement, tous ceux qui peuvent participer devraient le faire. Je me contenterai déjà qu'une majorité de citoyens fasse usage de leurs droits, ce serait un sacré changement.

Je vote OUI, NON ou je m'abstiens, est-ce là mes seuls choix possibles ?

Face à la votation, il y a deux possibilités qui sont reconnues : voter OUI ou NON. L'abstentionnisme n'a aucun impact sur une votation, ce qui est aberrant. Comment ne pas s'inquiéter d'un taux d'inactivité civique aussi élevé ? Voter est un devoir, mais les gens ne veulent pas exercer un devoir sans la connaissance nécessaire qui doit aller avec. Voter n'est pas un acte anodin, il présuppose que celui qui vote sait ce que son choix aura comme implications s'il est majoritaire. Celles et ceux qui n'ont pas été initié-e-s à la politique peuvent très bien ignorer concrètement ce qu'une votation peut impliquer. Les fascicules ne sont pas toujours à la portée de toutes et tous, bien au contraire. À moins de s'y intéresser avec rigueur et méthode, exercer son droit de vote est une tâche difficile, en supposant que chacun fasse son choix pour lui et non selon les revendications d'un parti. Il faut connaître tout ce qui se cache derrière la question énoncée par la votation. L'exemple le plus illustratif que je puisse prendre est le cas de la votation au sujet des manifestations. La feuille de vote énonce plus ou moins ceci : acceptez-vous la loi contre les manifestations (manifestation à potentiel violent) ?

Or, cette tournure de phrase est clairement erronée et prend parti pour l'acceptation de la loi. Elle ne concerne pas uniquement les manifestations à « potentiel violent » mais la totalité de celles-ci, qu'elles soient pacifistes ou violentes. Le citoyen ou la citoyenne lambda qui prendra acte de ce bulletin sans s'intéresser au reste votera, à coup sûr, en faveur de cette loi, parce que rares sont les personnes qui sont pour les manifestations violentes !

Eu égard à cet exemple, il est donc primordial de se renseigner et de connaître tout ce qui concerne une loi soumise à votation pour procéder à un choix constructif.

Mais pas tout le monde n'a le temps pour s'investir autant. Entre le travail, les factures, et toutes les autres contraintes extérieures, difficile d'être libre pour exercer son devoir en tant que citoyen-ne suisse.

Je reviendrai dans un prochain billet sur les options possibles au-delà du simple OUI ou NON.

Les raisons pour lesquelles tant de citoyen-ne-s n'exercent pas leurs droits et devoirs ne manquent pas. Tant sur le plan personnel que de l'enseignement public. Il faudrait songer à revoir certaines choses inhérentes à notre système pour favoriser la rigueur des individus dans l'exercice de leurs droits et devoirs. Il est évident pour moi qu'une telle quantité d'abstentionnisme révèle un malaise, et pas des moindres !

Il est important de s'en rendre compte et de vouloir faire en sorte d'améliorer tout ça. Une vraie démocratie compte sur l'investissement du Peuple. Ce n'est actuellement pas encore chose faite...

Ce sujet m'a été suggéré par Jacqueline via mon profil Facebook.

19:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : politique, démocratie, droits, vote, votations, loi, réforme, enseignement public |  Facebook | | | |

12/02/2012

Bilan de ce mois et remerciements

 

Un mois après avoir créé mon blog sur le site de la Tribune de Genève, dont deux semaines de réelle activité, je constate qu'il a pris un essor que je ne soupçonnais pas. Déjà plusieurs milliers de visites, quantité de retours constructifs, ainsi que des dizaines de rencontres édifiantes, plus encore un passage à la radio. Bref, je ne m'attendais pas à un tel « succès ». De nombreuses personnes rentrent quotidiennement en contact avec moi, et je dois reconnaître être quelque peu dépassé par les événements. En effet, je suis plutôt discret, en-dehors de mes écrits souvent virulents, qui m'ont d'ailleurs valu d'être considéré par quelques-uns comme étant un insolent. Peut-être est-ce effectivement l'impression que je donne à travers mes articles. Poser les questions qui dérangent, c'est mon leitmotiv.

 

Je n'appartiens à aucun parti, ni aucun courant de pensée

 

Ces derniers jours auront pour le moins été épanouissants. J'ai très vite compris qu'il y avait des intérêts en jeu, et plusieurs partis ont essayé de me convaincre afin que je rejoigne leurs rangs. En vain, bien évidemment ! Mon choix est fait, je ne me lierai à aucun parti, quel qu'il soit. Je n'appartiens à personne, et si je désire aujourd'hui m'investir dans le domaine politique, je compte le faire à ma manière, quand bien même cela pourrait déplaire à certain-e-s. Je suis un électron libre, et n'ai de compte à rendre à personne, sinon à moi-même. J'ai toujours eu en horreur les clivages, et cela vaut également pour la politique. Très vite, plusieurs personnes ont voulu m'assimiler à la « gauche de la gauche ». Pourquoi pas la « gauche de la gauche de la gauche » ? Tout ça n'a aucun sens pour moi. Il semble que pour beaucoup, il faille se rassurer en m'étiquetant un courant de pensée, ou des positions précises. Or, je suis indivisible. Même moi, à l'heure où j'écris ces lignes, je découvre encore où se situent mes intérêts, et les causes que je souhaite défendre. Il serait certainement très mal venu de me revendiquer de quoi que ce soit. Je n'en ressens pas l'envie, de surcroît. Je veux arracher les étiquettes, non m'en coller une !

Toutefois, il est très intéressant d'observer avec quelle verve nos semblables ressentent le besoin de nous cataloguer. Pourtant, encore faut-il que cela serve à quelque chose, concrètement. C'est, à n'en pas douter, une forme d'aliénation. Mon but premier est de déconstruire nos idoles, regarder au-delà de nos habitudes, car souvent les automatismes nous font oublier de penser.

Je n'ai pas besoin d'avoir une carte de parti pour faire de la politique. Si je désire me présenter à des élections, je peux le faire en tant qu'indépendant. C'est sûr, une telle initiative dérangerait. Sortir des schémas standards a souvent pour effet de déstabiliser. Et puis, diantre, comment soumettre quelqu'un qui n'a pas d'intérêt supérieur à ses propres idées ?

Je me revendique d'aucun parti et d'aucun courant de pensée. J'évolue quotidiennement, et mes positions s'affinent peu à peu. Tant pis pour celles et ceux qui se sentent menacé-e-s par ma non-appartenance. Je ne veux en aucune façon m'affilier à quoi que ce soit, je me sais susceptible de changer. Je préfère être libre et pouvoir assumer mes erreurs, sans craindre les foudres d'un parti !

Je suis un indépendant. Personne ne me récupérera ni ne m'achètera. Et j'userai des moyens nécessaires pour le faire comprendre à quiconque tente de démontrer le contraire. Je n'apprécie guère d'être mis en bouteille.

 

Valeurs humanistes : écoute et respect d'autrui

 

Selon moi, la base de notre société doit se construire sur des valeurs humanistes, bien que ce terme renvoie implicitement à l'idée que l'être humain est le centre du monde. Ce n'est pas ça que je désire faire passer comme message en l'employant. Nous sommes toutes et tous différent-e-s, c'est une évidence. Néanmoins, nous avons des besoins incompressibles, et ce malgré nos divergences. De ce fait, je fonde toute mon éthique politique sur cette nécessité d'offrir à l'ensemble des êtres humains (et j'aimerais l'étendre aux animaux aussi, mais c'est difficile d'amener ce sujet dans un domaine politique) un traitement égal, pour qu'aucun ne souffre d'un manque quelconque. Je désire entreprendre la déconstruction de l'imaginaire hérité de quatre cents ans de capitalisme. Ma réflexion sur le sujet s'étaie de jour en jour. Ce que je souhaite avant tout, c'est d'offrir une éducation significativement différente à nos enfants. Notre système actuel est basé sur la compétition et est un modèle standardisé. Or, il faut reconnaître que chaque individu a des facilités dans certains domaines et des difficultés dans d'autres, ainsi qu'un rythme d'assimilation notoirement différent. De ce constat, il est impératif de donner à chacun de nos bambins la possibilité de développer leur potentiel et de s'épanouir là où ils se sentent à l'aise. Il s'agit, de mon point de vue, d'une nécessité pour l'évolution de notre société. De ma petite et modeste expérience, je sais que nous avons fondamentalement besoin des autres. Nous sommes interdépendants, j'en suis aujourd'hui convaincu. C'est pourquoi tout doit être égalitaire et, quoi que certains en disent, il faut promouvoir le respect entre les êtres humains, quand bien même nos sociétés actuelles sont individualistes. J'aimerais également que tout un chacun ait accès à la connaissance, et qu'elle ne soit pas l'apanage d'une élite.

Bref, je ne désire pas m'étendre sur le sujet, ce n'était pas mon but premier.

 

Remerciements

 

Je souhaitais remercier toutes celles et tous ceux qui participent à mon aventure, en se rendant régulièrement (ou non) sur mon blog. J'accepte avec grand plaisir toutes les critiques, bien que j'avoue avoir une préférence pour celles qui sont constructives ! Je ne réponds pas à tous les commentaires, néanmoins je les lis avec la plus grande attention. Je suis véritablement flatté de l'ampleur qu'a pris mon petit blog, et je suis très touché par tous ces témoignages de soutien. Que vous ne soyez pas d'accord avec moi me ravis, m'enchante même ! C'est uniquement à ce prix-là que je peux aller de l'avant, alors j'invite toutes mes lectrices et mes lecteurs à me fournirent leur avis sur mes prises de positions. Je continuerai de donner suite à toutes vos interventions et également à répondre à vos prises de contact.

Vous êtes nombreuses et nombreux à m'avoir rajouté parmi vos amis sur Facebook. C'est un plaisir de faire votre connaissance. Je me sens vraiment très flatté par tout cet intérêt que l'on me porte, et je ferai de mon mieux pour en être à la hauteur.

Du fond du cœur, merci !

 

Grégoire Barbey

 

Mon profil Facebook : http://www.facebook.com/gregoiresapereaude

20:32 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : remerciements, politique, genève, parti, indépendant, pensée |  Facebook | | | |

11/02/2012

Décaillet sur le vif, Mark Muller est en droit de nous cacher la vérité ?

 

À vif.

Pascal Décaillet défend Mark Muller dans un article publié sur son blog, considérant qu'il ne doit en aucun céder aux pressions du Conseil d'État qui demande à connaître le montant de sa transaction avec le barman du Moulin à Danses, qui je le rappelle, avait subi des attaques physiques de la part de Muller, ce dernier l'ayant reconnu après avoir obtenu le retrait de la plainte de la partie plaignante.

J'aimerais, en toute humilité, répondre à monsieur Décaillet, qui je pense occulte quelques menus détails. Mark Muller, en tant que conseiller d'État, a des impératifs. En privé, ses actes ne regardent que lui, c'est une évidence. Mais lorsqu'un comportement litigieux filtre aux oreilles du Peuple, l'affaire ne peut plus être considérée comme relevant de la sphère privée. Elle appartient, selon moi, à la chose publique, car les électeurs ont non seulement le droit, mais la nécessité de connaître le profil de leurs représentant-e-s. Monsieur Muller, fut-il le plus agréable ami, ou le père le plus dévoué, a en cela une responsabilité envers la République et ses habitant-e-s. Que son affaire soit médiatisée à outrance, c'est une réalité, et il faut sûrement le déplorer. Moi le premier. Cependant, que le conseiller d'État agisse, face à la Justice et sous les yeux du Peuple, à l'encontre de toute éthique, ça ne peut pas être excusé, ni étouffé. La lumière n'avait pas encore été faite sur les circonstances de l'affaire que monsieur Muller offre une compensation financière (dont personne ne sait actuellement l'exacte nature, et si pot-de-vin il y a) à la victime, avouant de surcroît avoir menti dans sa version des faits, pour obtenir le retrait de la plainte.

Que pensait-il en se comportant de la sorte ? Qu'il s'échapperait discrètement, sans avoir à répondre de ses actes ?

Je m'exprime ici en tant que simple citoyen. J'espère néanmoins que d'autres que moi considèrent que la démocratie impose à nos représentant-e-s de se comporter en exemple. Je n'ai pas l'impression de divaguer lorsque je réclame une transparence sans compromis à l'égard du Peuple, qui est le seul juge lorsqu'il s'agit de prendre une décision et d'élire quelqu'un. En fait, il m'apparaît même tout à fait antidémocratique de taire de pareils agissements. Il est évident que les citoyen-ne-s fondent leur avis sur un personnage politique d'après ses actes et non ses allégations. Du moins, il devrait en être ainsi. Mark Muller peut avoir toutes les bonnes raisons du monde, mais cette attitude mérite une réaction ainsi qu'un juste châtiment, et l'opinion publique n'est jamais tendre lorsqu'il s'agit de se prononcer sur une personne qui lui a sciemment caché la vérité. L'honnêteté paie davantage, et reconnaître avoir failli à ses responsabilités est tout à l'honneur de celui ou celle qui le fait. Je sais qu'aujourd'hui, le comportement humain ne fait pas bon ménage avec la politique. Affaire de carrière, ou d'image personnelle, je ne sais que penser. Pourtant, avoir l'humilité de se remettre en question devant le regard interloqué du Peuple est probablement la plus belle démonstration d'intégrité et d'intelligence. La sincérité devrait être une qualité essentielle, sinon indispensable pour s'engager en politique. Ce n'est pas parce qu'actuellement, les règles sont différentes, que nous ne devons pas nous attendre à mieux, et à faire en sorte que cela évolue. Pour ma part, je suis scandalisé par le comportement de monsieur Muller, qui n'a clairement aucune décence ni aucun égard pour celles et ceux qu'il représente. C'est, et j'assume mes propos, honteux que nous ayons de tels personnages pour veiller sur nos intérêts.

Revenons-en à Pascal Décaillet, « amoureux de politique », oui, mais l'éthique ne devrait-elle pas être aussi sinon plus importante que la politique ? L'une peut-elle aller sans l'autre ? Doit-on faire abstraction de son respect et de son éthique lorsqu'il faut s'intéresser à la « vie de la cité » ?

Ce journaliste est-il à ce point aveuglé pour ne pas apercevoir qu'au-delà de l'affaire Muller, c'est l'image même de la politique, de la démocratie eu égard à notre Constitution suisse, qui est en jeu ?

Pour moi, il va sans dire que la politique se doit d'être transparente, sans quoi, jamais je n'adhérerai à un parti quelconque. Et je réclame la démission de Mark Muller, pour fautes graves envers son devoir de représentant du Peuple. Genève ne sortira effectivement pas grandie de cette histoire.

Navré, mes intérêts passent après celui du Peuple. Pardonnez-moi de faire passer l'éthique avant mon hypothétique carrière dans le domaine politique. Je ne me soumettrai pas à des menteurs.

 

Grégoire Barbey

 

Sources : http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2012/02/10/politique-mais-illegale-la-pression-de-pfu.html

01:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : politique, décaillet, muller, éthique, transparence, respect, humanité, démocratie, mensonge |  Facebook | | | |

07/02/2012

Les indigné-e-s en deuil, Maudet jubile à chaud, mais tombe sous l'échafaud

Aujourd'hui, la Tribune de Genève publie un article au sujet d'un décès survenu à proximité du camp des indigné-e-s. .

Il y a quelques jours, j'avais rédigé un billet à l'encontre des propos tenus par Michel Chevrolet, afin d'y répondre de façon constructive, pour défendre la cause des indigné-e-s et leur droit d'occuper le parc des Bastions. Voici une nouvelle démonstration des déboires d'une certaine portion des représentants politiques genevois.

Je précise ne pas faire partie des indigné-e-s, je suis en contact avec certain-e-s d'entre eux/elles mais n'y ai jamais pris part, à l'heure où j'écris ces lignes.

« Il s’agit là d’une véritable tragédie. Il n’est pas question aujourd’hui de pointer du doigt des responsables. Ce lieu était devenu un aimant, pour les marginaux et les sans domicile fixe. »

Ces propos, relevés par la Tribune de Genève, sont de Pierre Maudet, Maire de la ville de Genève. En somme, il ne désire pas explicitement pointer du doigt des responsables (sic) parce qu'il se considère indirectement comme étant responsable de cette tragédie. Je m'explique.

Il souligne le fait que le camp des indigné-e-s est devenu un repère à marginaux et sans domicile fixe. Les indigné-e-s ne sont pas coupables de cette réalité. J'aimerais quand même comprendre les références de monsieur Maudet, qui catégorise une proportion de la population avec des considérations péjoratives. Qu'est-ce qu'un marginal ? Faut-il considérer que toutes celles et ceux qui participent aux actions des indigné-e-s rentrent dans cette catégorie simpliste et peu représentative de la réalité ? Toute personne qui dévie, même de façon involontaire ou irrégulière, aux normes – qui sont très restrictives et inadéquates face à la pluralité des personnalités que compte l'humanité – institutionnalisées par quelques-uns doit-elle en conséquence être qualifiée de ce terme ? Je suis interloqué qu'un magistrat, Maire de la Ville de Genève, emploie des mots aussi catégoriques à l'égard la population dont il est le représentant en tant qu'élu. Eu égard aux actuelles affaires qui ont éclaboussé la sphère politique ces derniers temps en ville de Calvin, je pense qu'il faudrait inclure certains de ses collègues dans l'appellation « marginale ».

Les récentes implications dévoilées par la presse de différents représentants politiques, issus de partis très populaires, comme le Parti des Libéraux-Radicaux ou de l'Union Démocratique du Centre, dans des altercations violentes, laissent à penser qu'une certaine éthique manque désormais à nos élus. Et ceux-ci continuent d'exercer leurs fonctions visiblement sans remords.

Monsieur Maudet continue, toujours dans l'article de la Tribune de Genève : « j’en ai marre de passer pour le vilain petit canard de droite. J’étais bien conscient qu’un jour ou l’autre, il allait se passer quelque chose. C'était irresponsable de laisser ce campement en place» ».

Le Maire semble bien sûr de lui. Peut-être est-ce dû au fait que le camp des indigné-e-s accordait aux sans domicile fixe un lieu où discuter et se sentir écouté ? Et qu'il craignait que ces gens, oubliés par notre État, tentent de mettre fin à leurs jours pour y dénoncer leurs conditions de vie, tant et si bien qu'il leur faille en recourir à l'ultime sacrifice, celui de leur propre vie ?

Lisons les faits énoncés dans l'article : « la personne décédée, âgée de 31 ans, était connue pour avoir des problèmes sociaux. « il était toxicomane et avait fait plusieurs tentatives de suicide», explique Stéphane, un indigné de la première heure, qui poursuit : «Nous l’avions déjà redirigé vers les institutions. Il a fait trois mois à Belle-Idée puis est revenu au camp.» Xavier, un indigné proche de la victime précise qu’«il n’était pas intégré au campement. Il venait juste pour la nuit car il avait nulle part où aller». ».

Il apparaît comme évident que Pierre Maudet tente de reprendre ce décès et de l'instrumentaliser en la faveur d'une idéologie politique précise, celle de la droite genevoise, qui voulait démanteler ce camp (voir mon article à ce sujet : il n'est pas acceptable de s'indigner à Genève, selon certains représentants politiques). Celui-ci n'est pas survenu, malgré ce qu'il souhaite nous faire croire, à cause de la présence de ce camp des indigné-e-s. Non, la véritable source de ce drame vient de l'incapacité de nos institutions à veiller sur l'intérêt des opprimé-e-s de notre société. Trois mois à Belle-Idée ne l'ont pas aidé. Pourquoi a-t-il pu en sortir et se promener librement ? Sa toxicomanie, avérée, n'aurait pu s'être estompée en ce court laps de temps. Pourquoi Maudet se lance des fleurs en faisant remarquer qu'il savait qu'une tragédie allait survenir au camp des indigné-e-s, alors qu'en tant que Maire de la Ville de Genève, il n'a apparemment pas suffisamment axé son action sur l'aide pour les personnes opprimé-e-s par ce système ?

Comment ne pas voir, justement, la démonstration explicite de l'importance qu'a le camp des indigné-e-s dans une société comme la nôtre ? Un être humain y est mort. Ceci s'apparente étrangement à une tentative de suicide, même si le légiste affirme que le froid est la cause de sa mort ce qui est sûrement tout à fait exact. Mais il avait déjà essayé, par le passé. Il le souhaitait, sûrement désabusé par ce monde. En proie au sentiment de l'absurde, pour reprendre l'expression d'Albert Camus dans son mythe de Sisyphe. L'absurdité immanente d'un système qui laisse mourir celles et ceux qui ne lui apportent rien, matériellement. Oui, les qualités humaines ne suffisent pas, de nos jours, pour avoir un droit à la vie. Il faut accumuler, enrichir, et se conformer. Maudet nage dans son autosuffisance, mais je suis persuadé que celles et ceux qui lisent entre les lignes, comme moi et beaucoup d'autres, apercevront le hurlement sous-jacent à cet acte terrible, qui ne méritait nullement d'être bafoué par un désir avide, celui d'être repris par des personnalités qui n'y voient pas le tragique qui s'en échappe, mais un intérêt pour prêcher leurs idéologies...

Une âme s'est éteinte, tourmentée par les assauts répétés d'une élite qui ne laisse aucun répit aux affaiblis. Mais c'est le décès d'une pensée, également, en terres calvinistes, celle qui a voulu cacher les ténèbres avec d'obscurs mensonges, et la naissance d'une certitude : nous ne pouvons ignorer que des gens souffrent, et ce même face aux lapalissades de nos députés, qu'ils se nomment Michel Chevrolet, Pierre Maudet, ou Alexis Barbey. En parlant de ce dernier, j'ose une petite digression, au sujet d'une conversation émanent de Facebook sur son profil officiel, où il s'est exprimé en ces termes (je vous fais grâce des fautes, parce que les nœuds papillons ne protègent visiblement pas de l'analphabétisme) : « Si vous saviez lire et écouter: j'ai dit lors de mon intervention, qu'il fallait les évacuer pour des raisons sanitaires. (Voir le mémorial à venir). Bien sûr, il est plus facile de faire ses plénières sur Facebook. La politique est une affaire d'hommes, pas de personnes qui restent planquées derrière les réseaux sociaux. Vous êtes à l'image de cette polémique: pitoyables. »

Monsieur Barbey professe-là des pensées qui devraient en révolter plus d'un-e. Oui, il semble penser que la politique est « une affaire d'hommes ». Aucun doute, il ne parle pas des êtres humain-e-s dans leur ensemble, mais bel et bien du mâle. Au vingt-et-unième siècle, c'est difficile à croire. Et il siège pourtant au Conseil Municipal en compagnie de femmes. Qu'en pensent-elles ?

Manifestement, le beau verbiage dont se pare l'intimé n'est qu'un atour pour se donner l'allure du stéréotype de l'aristocratie, celle qui s'est vue décapitée en 1789.

Il assure également que les réseaux sociaux ne sont pas favorables à la politique. Il en fait toutefois partie. Qui polémique, en réalité ? Je laisse cette question ouverte.

Conclusion : le comportement de ces personnalités qui sont censées se soucier des intérêts de leurs concitoyen-ne-s et prochain-e-s plonge dans la gadoue. La manipulation d'un événement aussi triste à des fins politiques force à l'indignation.
Le bilan de l'actuel Maire de la ville de Genève serait-il à ce point négatif pour qu'il se compromette ainsi médiatiquement afin d'embrigader quelques esprits endoctrinés dans son idéologie intolérante ?

Le vilain petit canard de droite, à n'en pas douter, ce titre lui va comme un gant.

Laissons ce diablotin dans son coin, et rendons hommage à l'être humain qui nous a laissé-là, ce soir, avec un sentiment de profonde tristesse et de révolte. Que sa mort puisse grandir le mouvement des indigné-e-s, et lui offrir un nouveau départ. La neige recouvre encore les tentes qui partiront bientôt. Une page se tourne, un deuil est à faire, mais tout reste à bâtir.

Nous ne pourrons pardonner, nous toutes et tous, les êtres humain-e-s qui fondent cette ville, ce pays, et cette terre.

Une phrase afin de marquer un point final à ce réquisitoire, professée par une indignée.

Respect existence or expect resistance.

 

Grégoire Barbey

 

SOURCES : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Un-homme-decede-au-camp-des-indignes/story/10216038

05/02/2012

De la liberté d'expression au droit de manifester

 

La liberté d'expression est pour moi un droit fondamental dans toute démocratie qui se respecte.

Il est essentiel de la défendre et de l'encourager. Contrairement à ce que pensent bon nombre de nos concitoyen-ne-s, elle n'est pas encore acquise dans nos pays occidentaux. À ma connaissance, seuls les États-Unis ont véritablement intégré la liberté d'expression d'un point de vue juridique et politique. Encore que, les récents événements qui se sont déroulés autours des Indignés de Wall Street tendraient à démontrer une régression en la matière. La question que je me pose en cette période de crise, tant financière qu'idéologique (que j'avais d'ailleurs dénoncé auparavant dans un précédent article), est : doit-on craindre pour notre liberté d'expression ?

Il me faut faire intervenir Diderot, avec une assertion qui me permettra d'approfondir ma réflexion : « la liberté d'écrire et de parler impunément marque, soit l'extrême bonté du prince, soit le profond esclavage du peuple. On ne permet de dire qu'à celui qui ne peut rien ». Or, dans une situation d'intenses changements structurels, et nous sommes en plein dedans actuellement, ceux qui maintiennent un contrôle, exercent une domination ou possèdent des privilèges particuliers se sentent menacés. Quelques ouvrages fournissent à ce propos des analyses d'excellentes qualités, comme « la fabrication du consentement » de Noam Chomsky et Edward Herman ou « la stratégie du choc » de Naomi Klein. Je tiens à clarifier ma position par rapport aux théories conspirationnistes, ou dites « du complot ». Pour ma part, je suis totalement réfractaire à l'idée d'intégrer dans mes réflexions quelques obscures théories qui induisent l'idéologie que des sociétés secrètes agissent dans l'ombre depuis des siècles afin de mener les êtres humains par le bout du nez. C'est, selon moi, une erreur de considération. Toujours à l'aide d'analyses structurelles, l'ensemble des institutions, des comportements et des décisions prises par les élites peuvent être compris-e-s et déconstruit-e-s de façon pertinente et probante. Certes, il s'agit bien évidemment d'un ensemble complexe qui demande un long travail de déconstruction et de réflexion. C'est pour cela que j'invite le lecteur à se référer aux ouvrages susmentionnés, qui répondront à ces questions d'importance mieux que je ne saurais le faire. Là où je désire en venir, c'est qu'en pareilles situations, les gouvernements en profitent très souvent pour faire voter des lois qui sont liberticides et antinomiques à l'idée même de démocratie. Pourquoi vouloir museler le Peuple à ces moments plutôt qu'à d'autres ? La raison est simple : l'impact que les individus peuvent prendre est exacerbé et menacent la légitimité des pouvoirs en place. Ils ont diverses possibilités pour s'opposer à l'oppression et à la manipulation. La liberté d'expression est le moyen par excellence. Le droit de s'exprimer, de se réunir et de manifester sont essentiels dans une démocratie accomplie. Cependant, laisser aux esclaves le droit de contester leur condition de serfs est bien la dernière chose qui viendrait à l'esprit des élites ! Et je puis les comprendre – bien que je ne cautionne pas pour autant. Elles ne veulent en aucun cas renoncer à leurs privilèges. Elles attaquent donc les droits fondamentaux et constitutionnels en arguant des arguments tronqués pour obtenir un consensus sur des questions qui ne sont finalement qu'un écran de fumée à la véritable stratégie sous-jacente, celle de faire taire à tous prix les esprits échauffés.

Toujours structurellement, Immanuel Wallerstein nous apprend dans son livre « Le capitalisme historique » que les périodes de crise se succèdent en moyenne dans le capitalisme historique tous les cinquante ans. Cela engendre une délocalisation des industries, notamment, des restructurations importantes, une passation des pouvoirs économiques entre diverses nations, etc. Ce qui bien sûr n'est pas sans conséquence. Le pouvoir en place se bat pour conserver sa légitimité.

 

 

Loi répressive à l'égard des manifestations

J'en viens maintenant au but de cette introduction. Prochainement, en Suisse, nous allons être appelés à voter, notamment sur une loi qui s'oppose au droit de manifester. Pour mémoire, ce droit essentiel avait déjà été mis à mal il y a quelques années par une loi interdisant purement et simplement toute manifestation non-autorisée. Il est nécessaire de demander une autorisation trois jours avant au plus tard, et une personne doit répondre de la manifestation en cas de débordements, auquel cas elle pourra être forcée à payer une amende de 10'000CHF. La nouvelle loi serait encore plus restrictive et permettrait une amende se soldant jusqu'à 100'000CHF. Il est de surcroît interdit de faire usage de mégaphones ou de hauts-parleurs. Je suis déjà personnellement consterné de l'actuelle législation genevoise sur les manifestations, mais cette tentative de restreindre plus encore la pratique démocratique de la réunion et de la manifestation, qui je le rappelle est un droit constitutionnel, relève d'une véritable atteinte à nos libertés citoyennes. C'est également la démonstration d'une classe dominante qui réclame haut et fort la nécessité de faire taire les bonnes gens du Peuple. Par ailleurs, cela permet de faire un parallèle à l'article intitulé « S'indigner à Genève n'est pas acceptable selon certains représentants politiques » où le discours pamphlétaire d'un politicien y était déconstruit. Genève doit être une ville modèle, propre, débarrassée de la « racaille », des Indignés qui ne servent qu'à se plaindre, des manifestants qui font du bruit et causent des dégâts, des personnes qui revendiquent des droits, bref, il ne doit y avoir aucune tache, même microscopique, à ce tableau idyllique d'une ville qui n'a plus guère d'âme sinon celle que lui octroie son Peuple.

Genève se meurt, c'est un fait. Elle s'asphyxie lentement, mais sûrement. Ce n'est pas une nouvelle, tout le monde – excepté ceux qui font la sourde oreille face aux râles d'agonie d'une ville internationale – le constate. Alors qu'une certaine classe dominante tente, vainement, de la peindre haute en couleur, les jeunes s'y sentent de plus en plus à l'étroit. Oui, les rares endroits qui leur sont destinés pour des sorties nocturnes coûtent de l'argent. Pour beaucoup, trop d'argent. Une somme qu'ils n'ont pas ou ne veulent pas dépenser pour une entrée dans un club et une boisson. La jeunesse, celle qui est à bout de cette situation, s'exile en-dehors des remparts de la ville de Calvin. Je ne pourrais leur en tenir rigueur. Bon vent ! La république et canton de Genève n'est plus ce qu'elle était. Il faut y tenir son bon Peuple en laisse, de peur qu'il se soulève, de peur qu'il conteste, qu'il refuse, qu'il descende dans les rues. Non, il n'est pas aveugle. La propagande se devine, la volonté de fermer Genève à la citoyenneté se laisse gentiment apprivoiser, et certains magistrats s'en frottent déjà les mains. Où sont nos droits ? Celui de dire « non ! », de le crier, de le hurler sans en demander l'autorisation, celui de se réunir et se tenir main dans la main pour protester contre des atrocités, celui de refuser l'atteinte à nos libertés, celui de ne pas être un mouton. Nous, le Peuple, avons l'obligation de nous intéresser à nos intérêts, quand bien même l'élite bien-pensante affirme le contraire et qu'elle seule serait en mesure de savoir ce qui est bien pour nous.

Devons-nous nous laisser museler par des personnes malintentionnées qui invoquent des arguments fallacieux ? Devons-nous renoncer à nos droits fondamentaux pour une idéologie sécuritaire qui laisse imaginer que brimer nos libertés nous offrirait une sécurité accrue ? Faut-il se taire, et ne plus rien devoir dire sous peine de subir l'anathème ? Reculer, encore et toujours, face aux assauts d'une élite qui veut contrôler les faits et gestes d'une classe déjà aliénée à un système injuste ? Pouvons-nous seulement tolérer que les textes fondateurs de notre Constitution soient réduits au silence et délégués à l'oubli pour des idéologies extrémistes ?

Car, lecteurs, ne vous trompez pas de cible, le vrai problème, c'est ces tentatives de lier les pieds et les mains de nos concitoyen-ne-s, de les empêcher de s'exprimer librement, de leur donner la crainte de penser en-dehors des carcans des courants dominants, de les faire pointer du doigt un homme de paille, alors que les véritables intérêts, ceux qui nous concernent, nous sont incidemment violés ?

Genève se meurt, c'est un fait. Parce qu'elle n'est plus dirigée par son Peuple, mais bel et bien par des intérêts privés, des entreprises particulières, et des privilèges économiques. Il ne fait jamais bon vivre d'habiter à proximité de résidents qui ne veulent voir déambuler dans les rues que des prototypes du consumérisme. Et c'est exactement ce qui est en train de se passe, sous nos yeux, dans le silence le plus complet. Ce sont nos droits, citoyen-ne-s, qui nous sont retirés, un à un, lentement mais sûrement, pour nous réduire à l'oubli. Nous devons, pour notre bien, pour celui des générations à venir, qui devront elles aussi se battre pour leurs droits, refuser ces tentatives liberticides. Il n'est pas acceptable en territoire helvétique de céder sous la pression d'une élite à la pensée fascisante.

La ville de Genève appartient au Peuple, elle appartient à tous, nous y exerçons nos droits, nous y vivons, nous la faisons subsister. Ne nous laissons pas berner.

Le 11 mars, votez un grand NON à cette loi. Sauvez nos droits. Protégez nos libertés. Libérez la démocratie.

Oui, nous en sommes – déjà – là.

 

Grégoire Barbey

18:44 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, liberté d'expression, votation, liberté, démocratie, genève, manifestation |  Facebook | | | |

31/01/2012

Il n’est pas acceptable de s’indigner à Genève, selon certains représentants politiques.

Je regardais, le lundi 30 janvier 2012, les débats du Conseil Municipal de Genève via le site internet. Une motion concernant l’évacuation du camp des indignés au parc des Bastions était évaluée. Je ne compte pas ici reprendre l’ensemble de la discussion ni en faire un résumé, je souhaite cependant m’arrêter sur un discours qui m’a paru relever de la plus grande hypocrisie de la part de son auteur, dont le nom ne sera pas dévoilé, mais ceux qui le connaissent ou qui ont assisté au débat le reconnaîtront sans aucun doute.

Voici en substance ce qu’il défendait1 :

« Genève est la ville la mieux gérée de Suisse, a-t-on pu apprendre dans les journaux. (…) Nous y défendons absolument toutes les causes. On défend l’Afrique, on défend l’Amérique du Sud, on défend la veuve et l’orphelin, on défend presque tout ce qui existe à défendre dans notre ville. Nous créons des emplois pour ceux qui n’en ont pas. (…) Nous donnons à la culture de quoi jouer du pipeau à certains, à d’autres de jouer de l’opéra philharmonique. Nous sommes la ville la mieux gérée de Suisse. Nous défendons les familles, les familles monoparentales, les blancs, les jaunes, les noirs, les homos. (…) Nous dénonçons tous les régimes possibles et imaginables, la pratique de la torture, de l’oppression dans le monde, la ville de Genève défend tout le monde. Nous injectons des millions dans les investissements pour défendre l’emploi, pour aider les entreprises. Nous défendons la presse, minoritaire, majoritaire. Notre administration met une énergie folle à défendre absolument tout. Alors je vous pose la question, Mesdames, Messieurs, puisque nous défendons tout, pourquoi avons-nous besoin aujourd’hui d’indignés dans le parc des Bastions ? Nous avons l’une des villes les plus sociales d’Europe. Une ville qui est citée en exemple : nous sommes la ville la mieux gérée de Suisse ! Et en plus on gagne encore de l’argent chaque année. Donc que faisons-nous avec des indignés au parc des Bastions en plein milieu de cette ville qui défend toutes les causes ? Nous sommes la meilleure ville du monde et la mieux gérée du monde. Et nous n’avons presque plus rien à défendre tellement nous défendons de causes, donc les indignés c’est presque une insulte à tout ce que nous faisons dans cette assemblée chaque année puisqu’il n’y a bientôt pratiquement plus rien à défendre. Je demande simplement un bon esprit de la part des indignés, qu’ils arrêtent de faire la fête au parc des Bastions. (…) Ceci vous laisse imaginer tout ce que la Ville a fait pour que nous soyons chaque fois moins indignés et chaque fois plus fiers de nos actions, eh bien ceci doit vous faire réfléchir sur cette espèce de petit caprice qui est en train de dérouler, ce mauvais vaudeville qui est en train de se dérouler devant nos yeux. Ces gens ne servent qu’à servir une cause, ils ne servent que des partis politiques qui s’en servent politiquement, et c’est l’unique raison aujourd’hui de leur existence. Et ceci se fait dans notre indignation la plus totale sans que nous-mêmes n’ayons la possibilité ni le droit d’y poser un stand ou d’y amener notre caravane électorale, pourquoi pas, pourquoi la caravane PDC ne pourrait pas s’installer aux Bastions, car nous aussi avons des choses à dire (…) Il est temps que cette mascarade cesse et vous le savez ! (…) et je dis maintenant les indignés : out ! »

Je vais tâcher de déconstruire les propos susmentionnés, car il m’apparait nécessaire de remettre les pendules à l’heure à toutes celles et ceux qui peuvent penser ainsi. Je ne prétends pas détenir la vérité unique, ce que je veux, c’est apporter une réponse correcte à ce discours qui constitue, malheureusement, l’expression patente de la pensée bourgeoise, en tout cas dans notre bonne vieille Ville de Genève.

Nous pouvons déjà constater le syllogisme sophistique employé, qui consiste, en partant du constat que la Ville de Genève est la mieux gérée de Suisse, et ce d’après les allégations des médias – dont l’auteur du discours ne cite évidemment pas la source de laquelle émane cette affirmation – à la hisser au rang de la meilleure ville du monde. Une telle démarche démontre un chauvinisme profond, ainsi qu’une autosatisfaction à toute épreuve, même en temps de crise, où le nombre de genevois-e-s qui se retrouvent à la rue ne fait qu’augmenter.

Pour ce qui est de la défense de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, je ne peux souscrire à cette certitude, qui pourtant semble être acquise pour certains. Si effectivement, vu de l’extérieur, notre ville s’évertue à défendre ces continents de la famine et autres catastrophes qui les touchent, dans les coulisses il en va tout autrement. Notre pays, et particulièrement Genève, héberge un tiers des multinationales les plus dangereuses au monde. Celles-ci possèdent un quart des richesses alimentaires du monde2. Rappelons également, notamment grâce au livre Swiss Trading SA qui a levé le voile sur ces entreprises agroalimentaires et autres, que la Suisse est devenue en quelques années la plaque tournante des spéculations sur les matières premières, qui comme le souligne pertinemment Jean Ziegler dans son ouvrage Destruction Massive, sont les causes principales des famines répétées que connaissent les populations d’Afrique, d’Amérique du Sud, et d’Inde, qui n’avait par ailleurs pas été citée non plus.

Un tel accueil aux requins du néo-libéralisme constitue à n’en pas douter un point fondamental sur lequel nous, résidents du pays helvète, avons le droit sinon le devoir moral et citoyen de s’indigner.

Contrairement à ce qui est prôné par certains politiciens, ce n’est en aucun cas les résidents des pays qui sont touchés par ces entreprises criminelles qui doivent ou peuvent s’indigner, mais bel et bien ceux qui accueillent de telles mafias. Et je souscris à ce terme, qui convient très exactement à la réalité.

Concernant la « veuve et l’orphelin », je constate que la législation suisse accorde, en théorie, dans son Code Pénal, un article qui protège les enfants des abus que peuvent commettre leurs parents, ainsi que d’autres personnes ayant le devoir de veiller à leur éducation et à leur épanouissement physique et moral3. Malheureusement, je peux attester d’expérience qu’il n’en va pas dans ce sens, puisque le Ministère Public genevois a balayé ma plainte d’un revers de manche, pourtant étayée, avec de nombreux points qui méritaient une investigation de qualité, et non un refus d’ordre strictement politique. J’ai rédigé et publié un article à ce sujet4. J’y dénonce également le comportement scandaleux du Service de Protection des Mineurs, ce que de nombreux professionnels, psychologues, psychiatres, assistants sociaux attesteront sans l’ombre d’une hésitation. Un certain nombre d’entre eux m’ont contacté pour se plaindre de traitements similaires pour un ou plusieurs de leurs patient-e-s.

Dans un pays qui se revendique, comme le disait un magistrat ce soir-là au Conseil Municipal, le chancre de la démocratie, n’est-ce pas antinomique à cette fierté que de museler la parole des enfants ? Cette question est ouverte et devrait faire l’objet d’un débat public.

Une seconde raison de s’indigner.

Pour ce qui est de la culture, il me semble encore une fois que le même magistrat s’est diamétralement opposé à cette vision satisfaisante en demandant comme il était possible que dans une ville comme la nôtre, rien n’était offert à la culture et aux jeunes dans les quartiers alentours de Bel-Air. Et récemment, comme l’atteste cet article du journal Le Temps5, la droite a tenté d’opérer une coupe dans les subventions destinées aux théâtres de 1 millions de francs, bien que celle-ci ait été refusée. Est-ce ainsi que la culture est défendue par ces mêmes personnes qui s’en satisfont allégrement ?

Un troisième prétexte pour s’indigner, à la fois de ces tentatives, même vaines, de réduire le budget alloué à la culture et des mensonges qui sont proférés par les initiateurs de ces motions en revendiquant la défendre.

« Nous défendons les familles, les familles monoparentales, les blancs, les jaunes, les noirs, les homos. »

Je ne suis pas certain de cette affirmation. La récente Loi passée en votation pour un salaire minimum plafonné à 4'000CHF a été vivement rejetée par l’ensemble de la droite. Rappelons quand même que 320'000 sur les 400'000 travailleurs sous-payés (salaire estimé à moins de 22 francs de l’heure) qu’abrite la Suisse sont des femmes. Ces statistiques sont fournies par l’Union syndicale suisse6. Pour une protection des familles monoparentales, souvent formées d’une mère et d’un voire plusieurs enfants à charge, c’est difficile de faire pire. Je ne reviens bien évidemment pas sur le résultat du vote, ce n’est pas le sujet. Le politicien qui a énoncé ce discours a étrangement oublié de citer la défense des femmes, une absence qui s’explique peut-être par les chiffres précédemment avancés. D’autant plus que d’autres statistiques témoignent que les femmes sont payées moins que les hommes pour des postes identiques et les mêmes qualifications requises. Les résultats de ces études peuvent être consultés sur le site de l’administration fédérale7.

En somme, les inégalités de traitement, appelons cela sexisme, n’est visiblement pas défendu correctement par nos huiles politiques.

Cela constitue une nouvelle source d’indignation, la quatrième relevée sur les propos retenus.

Au sujet des homosexuels, je constate que rien n’a été fait en faveur du mariage gay, et qu’il n’est toujours pas reconnu, ce qui à n’en pas douter pour celles et ceux qui constituent cette minorité discriminée, et même pour moi, donne une raison supplémentaire de s’insurger. La cinquième.

« Nous dénonçons tous les régimes possibles et imaginables, la pratique de la torture, de l’oppression dans le monde (…) »

Pour ma part, je considère la spéculation sur les denrées alimentaires et les matières premières comme relevant justement de l’oppression, pour ne pas dire de la torture volontairement consentie, non par les victimes mais les acteurs de ces manipulations spéculatives, qui maintiennent de hauts prix pour ces matières tout en faisant en sorte de réduire au maximum les coûts de production, ce qui réduit plus encore la situation déjà calamiteuse des travailleurs de ces pays émergents.

Alors si la Ville de Genève dénonce tous les régimes possibles et imaginables, comme cela est soutenu par le discours de certains politiciens, dénonce-t-elle aussi le « régime de l’aveugle » instauré en Suisse, qui consiste à taire les activités de ces multinationales ? Je le demande, car il serait peut-être temps de le faire, les circonstances l’imposent.

« Alors je vous pose la question, Mesdames, Messieurs, puisque nous défendons tout, pourquoi avons-nous besoin aujourd’hui d’indignés dans le parc des Bastions ? »

Je pense qu’après le survol de ces quelques points, que je n’ai abordé qu’en surface, répondra à cette question. Néanmoins, dans le doute, je rajouterai quelques suppléments pour m’assurer que la raison qui pousse nos compatriotes et concitoyens à s’indigner soit comprise et légitimée.

L’indignation, la contestation ou la protestation relèvent d’un droit démocratique, et les manifestations ainsi que les pétitions, invoquées par certains politiciens comme suffisants pour s’insurger ne permettent pas de revendiquer son mécontentement sur le terrain. Une loi a été promulguée à l’encontre des manifestations, et il est désormais nécessaire de demander une autorisation pour déambuler dans les rues et protester contre certaines choses qui tiennent à cœur la population de notre pays. Est-ce acceptable pour une nation qui se vante de son système démocratique de limiter le droit fondamental de manifester à des autorisations ? Pour ma part, je suis convaincu que cette position est indéfendable car répressive à l’égard des manifestations spontanées, qui sont l’apanage du Peuple !

J’ai également relevé des arguments qui allaient dans le sens de l’esthétique du camp des indignés dans le parc des Bastions. Est-ce suffisant pour décider d’expulser des citoyen-ne-s qui ne font qu’exercer leurs droits démocratiques ? Nous ne sommes pas sans savoir que celles et ceux qui jouissent d’un revenu supérieur apprécient les endroits chics, mais ces mêmes personnes, plutôt que de se plaindre de la misère des autres, ne devraient-elles pas se poser des questions sur leur attitude ? C’est d’une indécence profonde que de s’offusquer de l’état des tentes de ce campement, car c’est nier que la misère existe dans notre ville, et plus globalement dans notre pays. Peut-être que les plaignant-e-s ne se baladent pas suffisamment dans les rues de Genève pour apercevoir les sans-abris qui fouillent les poubelles à la recherche d’une hypothétique source d’alimentation. Dans ce cas, par souci d’honnêteté, celles et ceux qui ne se rendent pas bien compte de la situation catastrophique de certains de nos concitoyen-ne-s et compatriotes devraient se rendre sur le terrain, et affronter la réalité en face. Bien évidemment, cela requiert de l’humilité, qualité que n’ont pas les personnes qui se plaignent de l’aspect esthétique des lieux où se regroupent les plus démunis de nos semblables pour s’insurger contre un système qui semble les avoir laissé de côté.

Si occuper un parc public pour y revendiquer des droits est interdit, où va donc notre démocratie, déjà suffisamment imparfaite ? Quand bien même le message des protestataires n’est pas audible ou ne constitue pas pour nos huiles politiques un prétexte suffisant pour s’indigner, qui est en droit de juger de la situation de celles et ceux qui doivent lutter jour et nuit pour subsister dans un monde qui ne veut pas se soucier d’eux ?

À part se parer d’un cache-misère, je ne comprends pas cette démarche.

Personnellement, et je le clame haut et fort, je m’indigne que certains s’arrogent le privilège d’interdire quiconque à manifester son mécontentement.

D’autres parts, si les indignés souhaitent faire la fête durant leur occupation du parc des Bastions, en quoi cela relève-t-il d’un argument favorable à leur expulsion ? Notre ville n’a malheureusement pas beaucoup d’infrastructures disponibles pour celles et ceux qui, comme moi, n’ont pas les moyens de débourser des sommes astronomiques pour s’amuser et profiter de leurs rares moments de semi-liberté, entre le travail, la famille et les factures. Il est donc compréhensible que d’autres méthodes soient mises en pratique pour se retrouver entre concitoyen-ne-s et compatriotes.

D’ailleurs, qui de celles et ceux qui désirent l’expulsion des indignés s’est un jour insurgé en campant jour et nuit, en plein hiver, pour revendiquer ses droits et protester face à l’attitude criminelle de certaines élites ? Moi, j’en connais quelques-uns qui ont campé presque tous les soirs sans exception au parc des Bastions. D’autant plus que ce camp improvisé sert désormais également de lieu alternatif où chacun et chacune peut s’exprimer librement. De nombreuses personnes y participent quotidiennement.

De surcroît, les personnes concernées, c’est-à-dire les indignés eux-mêmes, ont invité certains politiciens pour discuter ouvertement au parc des Bastions, et leur faire part de leurs revendications. Les intéressé-e-s ne sont pas venu-e-s, ce qui ne les empêche pas d’en tirer des conclusions hâtives.

Il ne s’agit donc pas d’une mascarade ou d’un mauvais vaudeville de la part des indignés, mais bel et bien de la part des représentant-e-s politiques qui s’insurgent de leur indignation et des méthodes que les victimes de notre système emploient pour faire passer leurs messages.

Fort heureusement, la motion a été renvoyée en commission des pétitions et le camp des indignés jouit d’un prolongement de l’autorisation d’occuper le parc des Bastions.

Néanmoins, personne n’est à l’abri de la rhétorique bourgeoise de quelques politicien-ne-s de notre Ville de Genève, c’est pourquoi j’invite chacun et chacune de mes concitoyen-ne-s et compatriotes à user de leurs droits démocratiques et de faire connaître leur indignation, peu importe son statut social au sein de notre pays.

La liberté d’expression et de pensée, même en temps de crise, est un droit et un devoir incompressibles, et lorsque le Peuple s’indigne, les responsables politiques doivent faire face à leurs erreurs ou leurs manquements, surtout lorsque ces mêmes responsables profitent d’aménagements privilégiés sur le dos des démunis, comme par exemple la possession d’un appartement sept pièces pour un loyer mensuel inférieur à 2000CHF, tandis que d’autres logent leurs enfants dans des taudis, ou n’ont pas de toit au-dessus de leur tête.

Je conclurai donc mon réquisitoire en affirmant que l’indignation, la contestation et la protestation sont des droits fondamentaux en démocratie, mais qu’ils constituent également des devoirs citoyens et moraux.

Concitoyen-ne-s et compatriote de toutes origines et de tous milieux, ne vous laissez pas manipuler innocemment par des personnes malintentionnées !

 

Grégoire Barbey

 

1 Propos recueillis sur le site : https://www.ville-geneve.ch/conseil-municipal/seances-ple.... La vidéo est nommée « vidéo de la séance du lundi 30 janvier 2012 à 20h30 ».

2 Destruction Massive, Jean Ziegler, Seuil, Suisse, 2011

3 Code Pénal Suisse (CPS), art. 219 « Violation du devoir d’assistance ou d’éducation » :

« 1. Celui qui aura violé son devoir d’assister ou d’élever une personne mineure dont il aura ainsi mis en danger le développement physique ou psychique, ou qui aura manqué à ce devoir, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

2. Si le délinquant a agi par négligence, la peine pourra être une amende au lieu d’une peine privative de liberté ou d’une peine pécuniaire. »

4 http://gregoiresapereaude.blog.tdg.ch/archive/2012/01/19/...

5 « À Genève, les acteurs refusent les coupes » Le temps, 2 novembre 2011 http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d0608aac-04c9-11e1-94e8-e...

6Source : http://www.swissinfo.ch/fre/dossiers/franc_fort/Personnel...

7 http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/regionen/them...

23/01/2012

Crise financière... et idéologique !

23 janvier 2012. Aujourd’hui, les médias ne parlent plus que d’une chose : la crise économique. Récession, inflation, paupérisation, assainissement, misère, menace de la Zone Euro, tensions entre les pays dominants et émergents, bref, il y a de quoi faire en la matière.

Mais nous n’entendons pas parler d’un autre constat pouvant être fait à l’orée de cette nouvelle année : la crise idéologique.

Consultez vos mass media : allumez votre télévision, ouvrez votre journal préféré, écoutez la radio. Les discours sont potentiellement les mêmes, alors que nous n’avons jamais connu dans toute l’Histoire de l’humanité un si grand mélange socio-culturel. C’en est alarmant. Nous parlerons ici « d’uniformisation des esprits ». « Pensez comme nous, ou nous vous rejetterons ! » paraît être le nouvel adage de notre société de consommation. Les moyens de communication et de partage des idées ont évolué à une vitesse fulgurante, personne ne dira le contraire. Mais très sincèrement, où est la communication, celle qui vient du cœur ? La conscience de l’autre disparaît peu à peu face à la nécessité préfabriquée de notre système : la loi du plus fort, ou comment écraser l’autre pour se hisser au sommet de la pyramide hiérarchique.

Cette loi, impérieuse et faussée, relève tout simplement d’un paradigme, ou pour reprendre un terme sociologique, d’ailleurs cher à feu Bourdieu, constitue l’habitus de notre société. Pourtant, s’en extraire est tout à fait faisable. Sans trop m’avancer, pour un bonheur individuel, je pense même que s’en éloigner est de prime importance. L’autre, c’est nous, et nous, ce sont les autres.

« L’enfer, c’est les autres » s’exclamait Sartre dans huit clos. Pour ma part, je pense inversement. L’enfer, c’est soi-même. Je m’explique : nous nous enfermons toujours plus dans des pensées toutes faites, des idéologies qui ne nous appartiennent pas, vivons dans des certitudes qui ne sont pas empiriques, et arborons des slogans prémâchés. Et ce comportement nous pousse bien souvent à accepter tacitement et passivement des attitudes que nous n’oserions jamais tolérer consciemment.

Et les mass media font office de sacrosaint commandement au cas où les bons soldats du néolibéralisme, appelons-le capitalisme du XXIe siècle, se questionneraient sur le bon fondement des leçons apprises en récitant gaiement. Adopter un modèle de pensée différent du courant communément admis et respecté manu militari est un péril social. Les préjugés vont bon train, et chacun d’entre nous pouvons nous glisser dans la peau d’un policier de la bien-pensance, gardien-esclave de la ligne de conduite à adopter.

Pensez-vous vraiment que l’existence humaine se résume à des paradigmes sociétaux ? Nos coutumes, nos traditions, nos habitudes peuvent être aussi néfastes que salvatrices. Répéter mécaniquement des faits et gestes, des façons de réfléchir peut sembler normal et propre à l’espèce humaine. Pourtant, bien souvent, il en va tout autrement. Je pense que l'humanité n’est pas un acquis de naissance, c’est un but à atteindre, une perfection, ou pour réutiliser le terme du philosophe suisse Alexandre Jollien, une construction de soi. Je ne suis pas de ceux qui vous diront qu’il y a une façon de penser meilleure que d’autres, je ne vous chanterai pas les louanges d’un modèle unique, Ô non ! Je vous répéterai plutôt mille et une fois : pensez ! pensez ! bon sang mais pensez par vous-mêmes ! Nous ne sommes pas des assistés intellectuels, nous avons le droit d’user de notre matière grise pour créer, pour répandre joie et bonne humeur, pour nous révolter, pour acquiescer s’il le faut. J’irai plus loin encore : il s’agit d’un devoir.

J’aimerais prendre un exemple qui me tient à cœur : l’excellent ouvrage de Jean Ziegler : « Destruction massive », qui fait un état des lieux concernant la faim dans le monde.

Ce livre est une perle, non parce qu’il traite d’un sujet agréable, tout au contraire, mais bien parce qu’il recèle des informations triées sur l’ongle et témoigne une expérience empirique sur la question. Le lire, c’est déjà un pas en avant, même si la pensée qui s’y trouve appartient à quelqu’un d’autre. Je ne vous dirai jamais de vous affranchir entièrement de l’apport intellectuel que nos ancêtres et nos contemporains nous apportent. Je vous encourage même à vous y référer, et à y puiser un maximum d’informations. Soyons sceptiques, n’acquiesçons pas sans preuve.

Le travail de monsieur Ziegler est phénoménal. Après avoir lu toutes ses conclusions et ses témoignages, force est de constater que nous sommes toutes et tous responsables, individuellement et globalement, à cette appauvrissement d’une catégorie de la population terrestre.

Ce bouquin est un appel à la révolte et à l’indignation. Son auteur cherche à nous ouvrir les yeux, et nous faire sortir des habituelles perceptions manichéennes de la « réalité » que nous renvoient les mass media, les élites et autres. Gandhi disait très justement « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Mon adage personnel s’en rapproche beaucoup : la révolution commence par soi-même. Pour cela, il faut accepter qu’il n’y ait pas que du noir et du blanc, bien au contraire, et que le système est composé de multiples nuances de gris. Il faut accepter notre part de responsabilité, même passive, même tacite, face à cette réalité. Certaines sciences humaines, comme la psychologie, tentent de nous déresponsabiliser face à nos mauvaises habitudes, ou nos comportements abusifs. En jargon psychiatrique, cela s’appelle « pathologie », tiré du Grec ancien, signifiant « étude des passions ». Je ne compte pas rentrer dans le domaine de la critique de ce domaine, je tente seulement d’extraire des faits qui peuvent conduire à une déresponsabilisation comportementale. La « pathologie », très souvent reprise à tort comme un synonyme de « maladie », existe probablement bel et bien, mais à mon sens ce n’est pas un témoin d’une fatalité naturelle, indissociable à notre existence, plutôt un symptôme de multiples paradigmes sociétaux. Je ne suis évidemment pas sociologue, je puis me tromper et je l’admettrai sans rechigner. Mes analyses n’engagent que moi, je tiens à le préciser.

Ce qui me semble important ici, c’est de dénoncer les déviances que de tels paradigmes peuvent engendrer. Il existe des pseudo-scientifiques qui prennent parti pour certaines paraphilies, en affirmant qu’il s’agit notamment d’un comportement strictement « naturel » et « saint » pour l’appareil reproductif de notre espèce. Comprenez la dangerosité d’une telle manipulation de la pensée. Il ne faut en aucun cas se soumettre à un quelconque argument d’autorité, c’est-à-dire émanant d’une institution reconnue, qu’elle soit scientifique ou étatique, d’autant plus si notre intuition nous porte à croire qu’il n’est pas fondé.

Je repense à une phrase de Friedrich Nietzsche : « si vous ne pouvez être des saints de la connaissance, soyez en au moins les guerriers ».

C’est évidemment imagé, pour ma part, les saints font référence à ceux qui se réclament scientifiques, ou de toute autre fonction autoritaire. Être le guerrier de la connaissance, dans cette interprétation, revient à encourager chacun d’entre nous à veiller à ce que la connaissance soit utilisée à des fins propices, qu’elle ne soit pas travestie par des manipulateurs qui font leur foin au détriment d’enseignements et de constats pourtant importants.

Je vous enjoins donc à prendre les armes idéologiques et à vous servir, à utiliser votre pensée pour bâtir de nouvelles fondations !

La crise idéologique, comme je l’appelle, je la constate dans divers comportements. Actuellement, la propension qu’ont les gens à se rattacher à une pensée forte, très souvent extrémiste, en ces temps de crise, croît de façon inquiétante. Ces périodes difficiles pour la masse se traduit trop souvent dans une exacerbation du sentiment d’appartenance à sa nation, et dévie malheureusement en xénophobie, islamophobie (actuellement très en vogue, il s’agit de l’ennemi idéologique numéro un sur la liste des combats de la sacrosainte pensée occidentaliste), homophobie, racisme, fascisme, et j’en passe et des meilleurs. Tout cela relève d’une pensée politique spécifique, avec des intérêts financiers conséquents.

L’économie périclite, et cela induit une peur omniprésente dans l’esprit des gens. La terreur du lendemain grandit continuellement, et fait parfois prendre des décisions hâtives à bon nombre de personnes.

Je n’ai pas la science infuse, mais je fuis cela comme la peste. Mon conseil, c’est de rester attentif et de ne surtout pas se précipiter. Recouper les informations, se renseigner, calculer si nécessaire les données qui nous sont fournies, bref, faire un véritable travail d’archéologue pour extraire le bon du mauvais. C’est dans ces moments-là que les propagandistes peuvent développer au mieux leurs armes de destruction massive, invisibles, et pourtant si dangereuses.

Il ne faut pas croire que notre système est le meilleur possible. D’ailleurs, ne pas croire non plus que c’est le pire (bien qu’il nous est possible de le penser), plutôt reconnaître que tout changement est bon à prendre, car la vie est un mouvement perpétuel. Je pense que l’être humain est perfectible et ne doit jamais se reposer sur ses lauriers. C’est une erreur qui pourrait s’avérer fatale.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Certains discours peuvent sembler remplis d’humanité et cacher en réalité un venin mortel…

Cette crise idéologique, s’il en est, doit être combattue. Non par la violence, je m’y oppose catégoriquement, mais par la foi en la capacité humaine de se perfectionner, d’aller toujours vers l’avant, quand bien même certains contempteurs de la vie souhaiteraient nous rendre la pensée cynique et acerbe. Croyez en ce qui vous fait plaisir : soyez animistes, bouddhistes, musulmans, juifs ou chrétiens, théistes ou athées, que sais-je, sans jamais oublier qu’il n’y a pas de pensée unique, que les normes ne sont pas une fatalité ni une Vérité irrémédiable.

Prenez conscience que nos habitudes et tout ce qui s’en suit sont intimement liées à des paradigmes/habitus sociétaux. Un enchevêtrement de conditionnements qui, superposés l’un à l’autre, forment des comportements spécifiques, toujours différents selon les individus. Ne vous laissez pas abuser par des bienpensants qui vous diront que ceux qui ne réfléchissent pas de telle façon sont des réactionnaires, des parvenus ou des marginaux. C’est une atteinte à vos droits fondamentaux. Ce ne sont en tout cas pas des hommes médiatisés, journalistes ou rédacteurs de magazine qui détiennent la connaissance suprême. Il n’y en a pas.

Mon objectif avec ce texte est de vous aider à vous libérer des dogmes qui se réclament de la pensée unique.

Je ne suis pas un saint de la connaissance, je me reconnais d’ailleurs davantage dans le rôle du guerrier, mon but est noble.

Pour ma part, je pense que nous devons nous rattacher à certaines habitudes que nous avons perdues. Considérer les autres avec un regard bienveillant, accepter de partager, de donner sans compter, de rendre service, d’être à l’écoute, de sauver si possibilité se montre, d’être humain, en somme !

Je suis confiant, contrairement à beaucoup de mes contemporains, malheureusement, dans la capacité évolutive de l’humanité. Il n’y a pas de fatalité, et tant qu’il y aura de la vie, les changements se produiront inévitablement.

Je n’ai pas de religion à proprement parler, cependant j’ai foi en l’être humain, et son meilleur outil face aux ténèbres : la pensée.

C’est important d’avoir des valeurs, quand bien même cette façon d’être semble révolue. Il y a encore plus impératif : la versatilité de nos idées et idéaux. Aucun concept n’est éternel, jusqu’à preuve du contraire.

Alors, mes ami-e-s, mes sœurs et mes frères, soyez votre propre instrument dans l’évolution de notre communauté humaine.

 

18:05 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : crise, politique, philosophie, idéologie, idée, pensée, réflexion, humanité |  Facebook | | | |