Gregoire Barbey

16/06/2017

Elections 2018: le PLR a-t-il une stratégie?

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Le Parti libéral-radical genevois présente trois candidats pour le Conseil d'Etat. Actuellement, la formation de droite dispose de deux représentants au gouvernement. En présentant un ticket à trois, sur une liste commune avec les deux ministres démocrates-chrétiens actuellement en fonction, les libéraux-radicaux espèrent bel et bien récupérer le troisième siège qu'ils ont perdu en 2013.
 
Le PLR revendique donc trois sièges, sans toutefois préciser à qui il souhaite subtiliser le troisième. «Ce seront les électeurs qui décideront», me dit-on. En définitive, c'est une évidence. Mais en tant que parti, le PLR a sans doute une stratégie un peu plus développée, non?
 
Ne souhaite-t-il pas annoncer clairement la couleur? Parmi tous les conseillers d'Etat actuellement en poste et qui se représentent, il y en a bien un-e dont le bilan n'a pas les faveurs des libéraux-radicaux, n'est-ce pas? Le contraire serait surprenant. A moins que de manière officieuse, la cible fasse partie de l'alliance commune PLR-PDC (l'Entente), en la personne de l'un des deux magistrats démocrates-chrétiens.
 
Mais qui sait, le PLR n'a peut-être tout simplement pas de stratégie...
 
Grégoire Barbey
 
Photo de gauche à droite: Alexandre de Senarclens, président du PLR, Nathalie Fontanet et Pierre Maudet, conseiller d'Etat sortant

16:11 Publié dans Elections cantonales 2018, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

03/06/2017

L'ego trip d'Alexandre de Senarclens

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Le président du Parti libéral-radical genevois Alexandre de Senarclens se maintiendra dans ses fonctions s’il est désigné candidat au Conseil d’Etat par les siens. C’est ce qu’il a déclaré hier soir à Jérémy Seydoux dans l’émission Geneva Show de Leman Bleu. «Cela a déjà été fait dans l’histoire du parti», a-t-il argumenté pour justifier sa volonté de cumuler la casquette de président de parti et de candidat au gouvernement.

C’est évidemment un bien maigre argument. Avocat de profession, Alexandre de Senarclens se rêve visiblement juge et partie. Pourquoi donc rester président? Cela a plusieurs avantages. D’abord, c’est une façon de truster de la visibilité médiatique, puisqu’il sera forcément l’interlocuteur privilégié de la presse lors de la campagne pour toutes les questions liées à son parti. D’autre part, cela lui permet de garder la main sur la stratégie électorale, puisqu’il pourra trancher certaines décisions en sa qualité de président.

Alexandre de Senarclens semble être en plein ego trip, au détriment des intérêts de son parti. Encore inconnu il y a cinq ans, il est entré à la députation en tant que septième vienne-ensuite, et a été élu président du PLR à la surprise générale il y a deux ans. Il est le digne représentant d’une certaine vieille garde libérale, laquelle a d’ailleurs précipité la mort clinique du Parti libéral en son temps. Tout un programme. Il peut bien déclarer à la télévision les «grandes ambitions légitimes» de son parti pour les prochaines élections, aucune stratégie claire ne se dégage pour l’heure.

Le Parti libéral-radical a perdu un siège au Conseil d’Etat il y a quatre ans, et il se verrait bien le récupérer l’an prochain. Mais pour cela, il faudrait annoncer la couleur. De quel conseiller d’Etat actuel le PLR veut-il le siège? Nul ne le sait vraiment. Or, c’est peut-être par-là que devrait commencer la réflexion d’Alexandre de Senarclens, puisqu’il préside le PLR. Sera-t-il vraiment la bonne personne pour décrocher un troisième siège? Le doute est largement permis.

Bien sûr, au sein du PLR, l’attitude du président agace, mais les langues peinent à se délier publiquement. Et plutôt que de crever l’abcès en amont, les libéraux-radicaux feront ce qu’ils font toujours: se tracer parmi sur la liste. Une perspective qui semble indépassable en l’absence d’un véritable débat à l’interne du parti.

Alexandre de Senarclens n’est toutefois pas encore désigné, et peut-être que ses collègues de parti n’adhéreront pas à son scénario de candidat omnipotent. Dans le cas contraire, les libéraux-radicaux devront sans doute commencer à faire le deuil de leur troisième siège au Conseil d'Etat.

Grégoire Barbey

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29/05/2017

Et si Pierre Maudet abandonnait la Police?

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L'an prochain aura lieu à Genève les élections cantonales, remettant en jeu les sièges au sein du Parlement et du Gouvernement. Partons du principe que tous les conseillers d'Etat candidats à leur réélection soient maintenus au Conseil d'Etat.
 
Pierre Maudet serait-il prêt à abandonner la Police lors de la répartition des départements l'an prochain? La rumeur se fait très insistante en tout cas. Cela fait longtemps qu'il lorgne sur les Finances, un bon strapontin pour des ambitions... fédérales. Sans doute souhaiterait-il y joindre l'Economie, excellent moyen de réseauter, ce qui n'est pas négligeable. Et puis, ça fait de jolies photos sur Instagram, les voyages à l'étranger... En tous les cas, Pierre Maudet devrait probablement obtenir la présidence du Conseil d'Etat, de par son ancienneté à l'Exécutif cantonal.
 
Et contrairement à l'actuelle législature, le conseiller d'Etat en charge de la présidence devrait vraisemblablement disposer d'une politique publique. Beaucoup s'accordent à dire que la structure du Département présidentiel de François Longchamp est peu lisible.
 
Présidence et Finances semblent d'ailleurs bien indiquées, tant le rôle du grand argentier est transversal. La Constitution de 2013 évoque d'ailleurs en ces termes le rôle du président du Conseil d'Etat: il veille à la cohérence de l'action gouvernementale. Quel meilleur moyen d'y veiller qu'en disposant des vannes budgétaires?...
 
En outre, l'actuel responsable des Finances, le démocrate-chrétien Serge Dal Busco, est en difficulté. Discret, nombreux sont ceux qui estiment qu'il n'est pas à sa place, y compris jusque dans son propre parti.
 
Concernant l'Economie, son collègue Mauro Poggia pourrait être intéressé. En effet, précédemment, l'Economie et l'Emploi faisaient partie du même département. Et si Pierre Maudet devait abandonner la Police, qui serait tenté de s'y frotter? Par défaut, une option est envisageable: le nouveau/la nouvelle prend ce qui reste et comme la Police est un département extrêmement difficile à Genève, il est possible qu'aucun autre conseiller d'Etat n'ait envie de récupérer la patate chaude...
 
Sauf que. Il paraîtrait qu'un magistrat s'y intéresse. Mais qui donc? Luc Barthassat! Est-ce un hasard si celui-ci s'est proposé pour faire partie de la délégation du Conseil d'Etat auprès des syndicats de la police, aux côtés de Mauro Poggia et Pierre Maudet?
 
En fait, qui croit au hasard en politique? Certainement pas moi!
 
Grégoire Barbey
 
 

19:46 Publié dans Elections cantonales 2018, Finances, Genève | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

28/03/2017

Le chant du cygne d'un MCG à bout de souffle

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Les élections cantonales se rapprochent et le Mouvement citoyen genevois s’illustre à nouveau par son étonnante capacité à se préoccuper du bien-être de ses concitoyens en s’attaquant à cette cadre de l’Administration fiscale cantonale (AFC) qui vit en France… et possède le passeport suisse! A en croire le parti, en mal de visibilité depuis le départ de son vitupérant clown en chef Eric Stauffer, cette nomination met en grand danger la sécurité des données fiscales des Genevoises et des Genevois. Rien que ça! Le MCG se fend donc d’un communiqué de presse et annonce le dépôt d’une motion appelant le Conseil d’Etat à suspendre la directrice adjointe de l’AFC et à n’engager que des résidents genevois en ce qui concerne l’administration fiscale.

Le parti – qui n’a pas peur du ridicule et des superlatifs – s’égosille dans un exposé des motifs des plus saugrenus. Pour lui, cette nomination implique une «nouvelle perte de souveraineté» qui met «en danger nos institutions» (!) et le secret fiscal genevois. Il s’agirait d’une «dérive dangereuse» de l’AFC. Le MCG craint en effet que les douanes françaises ne soutirent des informations capitales à cette femme qui vit en France voisine. La scène serait digne d’un film de Michel Audiard… Bref, à une année des élections cantonales, le parti des râleurs essaie tant bien que mal d’exister au sein du paysage médiatique, quitte à devoir se faire mousser. Un comportement qui sent la fin de règne, sans pourtant n’avoir jamais régné ailleurs que dans les cafés du commerce.

C’est dire à quel point le programme de ce parti n’a guère évolué au fil des années. Douze ans après son entrée fracassante dans les travées du Parlement genevois, le MCG est à bout de souffle et peine à redynamiser sa dialectique et à occuper des thématiques différentes de son principal fonds de commerce, qui se résume par la haine et la méfiance vis-à-vis des autres. Le chant du cygne, en somme.

Dans ce cas précis, le discours du parti devient totalement incompréhensible: est-ce le fait de résider en France voisine qui met en danger le secret fiscal genevois? Faut-il interdire à toute personne disposant d’informations sensibles de traverser la frontière pour aller en France? La directrice adjointe de l’AFC est Suissesse. Le MCG préférerait-il quelqu’un qui réside à Genève mais qui ne dispose pas de la nationalité suisse tout en ayant accès à des données confidentielles? En quoi le lieu de résidence influence de façon systématique l’allégeance d’une personne à un Etat étranger? Si la France souhaite obtenir des informations de la sorte, n’a-t-elle pas d’autres moyens pour les obtenir, comme faire du trafic d’influence ou carrément acheter des personnes afin qu’elles transmettent de telles données aux autorités françaises?

Oui, le MCG est définitivement à côté de ses pompes. Incapable de se maintenir, apeuré par l’échéance électorale qui approche, le parti se livre à la réaction à chaud, tout ça pour qu’on parle de lui. Un article paraît le dimanche, voilà que le lundi matin, une motion est déposée en lien avec les informations dudit papier. La politique, ce n’est pas ça, et la médiocrité de la position du MCG dans cette non-affaire le prouve une fois de plus. Le MCG donne l’impression d’être un poulet décapité dont les muscles sont encore traversés par des spasmes avant de mourir… définitivement.

Grégoire Barbey

Copyright photo: Patrick Gilliéron Lopreno

13:19 Publié dans Air du temps, Elections cantonales 2018, Genève | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | | | |