Gregoire Barbey

09/08/2014

Communiqué: Politeia.ch victime d'un hacker

 

Le site Politeia.ch a été attaqué dans la nuit de vendredi à samedi. Le hacker a détruit le serveur et l’ensemble des sauvegardes effectuées on-site par le webmaster, Darius Azarpey. Ce dernier s’attelle en ce moment à la récupération des données qui peuvent potentiellement être sauvées. Toutefois, il n’est pas encore garanti que le site puisse être rétabli dans sa totalité. Les dégâts de cette attaque sont considérables. «Les sauvegardes dans la base de données du site ont été effacées. Des sauvegardes offline ont été effectuées. La dernière remonte à plus de deux mois. Nous étudions donc la possibilité de coopérer avec l’hébergeur pour rétablir le site avec l’aide de sauvegardes éventuelles et probables sur leurs serveurs», informe Darius Azarpey. De son côté, Grégoire Barbey, co-fondateur du site, déposera plainte contre X au sens de l’article 143 bis du Code pénal suisse. Le webmaster espère qu’avec la coopération de l’hébergeur, des informations sur le ou les responsables de cette attaque pourront être obtenues.

 

Politeia.ch est un site créé par Grégoire Barbey et Darius Azarpey, accueillant notamment des articles d’invités et des enquêtes de journalistes reconnus. Des conseillers d’Etat genevois, à l’image de Pierre Maudet et Luc Barthassat, ont également publié des textes sur la plateforme. Le site, anglé sur la politique, a pour objectif de promouvoir l’engagement citoyen et d’informer ses lecteurs sur les différentes votations et tous les sujets d’actualité qui les concernent. Politeia.ch est également partenaire la Chancellerie d’Etat à Genève, via le concours CinéCivic, et de l’association T’es toi et vote. Des articles ont fait l’objet de citation et de reprise dans des médias de grande audience, comme la Tribune de Genève, 20 Minutes, ou encore plus récemment L’Agefi. Certaines enquêtes et contenus ont pu déranger. Pourtant, Politeia.ch fait depuis sa création l’objet d’un vif intérêt des citoyens et des politiciens locaux. Depuis l’annonce de cette attaque, les administrateurs ont reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux.

Le site est encore accessible en cache Google: http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:politeia.ch

Pour plus d’informations:

Grégoire Barbey

079 124 00 28

Darius Azarpey

078 907 62 93

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24/07/2014

Préférence cantonale: la mesure sans effet

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Texte paru initialement sur Politeia.ch. Crédit photo: Patrick Lopreno

 

Le nouveau directeur de l’Office cantonal de l’emploi (OCE) à Genève devra appliquer la préférence cantonale pour les régies publiques (ou celles touchant des subventions de l’Etat). C’est un os que le conseiller d’Etat MCG Mauro Poggia donne à ronger à son parti et à l’électorat de ce dernier. Cela ne changera rien, et dans les faits, les entités publiques ont souvent été dirigées sous un tel régime. L’exemple du Danemark en 1772, quand l’influent régent du roi, Johann Struensee, est exécuté par ses adversaires conservateurs, est parlant. A cette époque, le principe de préférence nationale est appliqué dans les administrations publiques.

 

Depuis tant d’années déjà, la rhétorique qui consiste à mélanger immigration et marché de l’emploi a la peau dure. Il faut être clair: c’est une réponse simple à une question compliquée. Cette formulation est certes passablement éculée, mais dans le cas d’espèce, elle est tout à fait appropriée. Ce sont deux visions économiques de la société qui s’affrontent, et Mauro Poggia ne fait qu’en choisir une au détriment d’une autre, pour des raisons a priori bassement électorales. En effet, les régies publiques peuvent sélectionner de la main d’œuvre locale plus facilement qu’une entreprise privée, grâce à un large panel de compétences représentées au sein de l’Etat. Mais cette capacité à recruter des salariés locaux a aussi une limite: dans certains secteurs, la pénurie est réelle, même pour l’Etat.

 

Ainsi, l’économie, même sous régime politique protectionniste, a toujours dû combler les manques de mains d’œuvres locales dans certains secteurs en cherchant des compétences étrangères. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la loi, imparfaite reconnaissons-le, demande aux entreprises de d’abord rechercher des employés sur le territoire national, et d’être en mesure si nécessaire de démontrer que de telles recherches ont eu lieu et ont été infructueuses. Une législation facilement contournable, démontrant toutefois l’impossibilité pratique de maintenir un marché de l’emploi dans un espace géographique déterminé. La globalisation, tant politique que technologique et humaine, a de surcroît modifié les comportements des agents économiques, leur octroyant une plus grande mobilité, avec des incitations évidentes à traverser de plus grandes distances pour trouver un emploi avec de meilleures conditions.

 

Il s’agit bien, même ici, d’un fragile équilibre entre l’offre et la demande. D’un côté, un canton comme Genève avec un arrière pays scindé par une frontière étatique. Ce qui devrait être géographiquement cet arrière pays de la région genevoise appartient dans les faits à l’Etat français. Ainsi, les entreprises établies dans les localités françaises le sont aux conditions législatives et fiscales françaises, avec les conséquences que cela engendre sur la qualité de l’offre. C’est une logique élémentaire: un habitant d’une région comme la Haute-Savoie ou l’Ain n’est pas idiot et sait prendre sa calculatrice quand il est question de se nourrir lui et éventuellement sa famille s’il en a une. Les conditions à Genève, en termes d’offres d’emplois, sont bien meilleures. En tout cas d’un point de vue de la rémunération. Les conditions peut-être aussi. C’est pourquoi nombreux sont ceux qui sont prêts à prendre la voiture une heure aller, une heure retour (sans compter les bouchons) pour gagner davantage et travailler mieux. La pertinence d’une application de la zone franche (un accord existant entre la Suisse et la France) aurait évidemment des conséquences positives pour le marché de l’emploi genevois. C’est néanmoins plus difficile à expliquer aux électeurs.

 

Cette réalité (mobilité, globalisation, etc.) n’est pas uniquement politique (marché unique) mais aussi structurelle. Même avec des restrictions à l’immigration, l’Etat devra faire face, à terme, à une pression des entreprises privées pour augmenter ou modifier la répartition des quotas par secteur. C’est une évidence mathématique. L’Etat peut probablement se payer le luxe de rechercher plus longuement sa main d’œuvre dans le territoire cantonal. Mais même Mauro Poggia n’est pas dupe, puisqu’il a dit à plusieurs reprises qu’il n’était pas contre le fait d’employer des travailleurs étrangers ou frontaliers en cas de pénurie avérée dans certains métiers.

 

C’est pourquoi cette annonce faite à propos du nouveau directeur de l’Office cantonal de l’emploi sonne comme une imposture. Son caractère électoraliste semble on ne peut plus téléphoné, et il est difficile d’accorder un réel crédit à cette décision de Mauro Poggia. Le conseiller d’Etat est malin: d’un côté, il calme les ardeurs de son parti, et particulièrement de la direction de celui-ci, qui lui rappelle à l’envi qu’il a été placé là grâce à l’électorat MCG et qu’il doit mener une politique MCG; d’un autre, il s’assure la sympathie d’une importante proportion de la population se sentant injustement spolié par les individus vivant au-delà des frontières cantonales (et surtout, dans les esprits, nationales). Un joli coup de poker d’un as en la matière. Le conseiller d’Etat Mauro Poggia, décidément, n’est pas parvenu au gouvernement par hasard.

Grégoire Barbey

09:41 Publié dans Genève, Grand Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

16/07/2014

Le grand défi d'un site indépendant: Politeia.ch

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Aujourd'hui, je suis particulièrement heureux. Politeia.ch continue d'avancer (certes pas très vite par manque de temps et de moyens) grâce notamment à la qualité du travail de ses contributeurs. Lesquels méritent amplement un grand remerciement de ma part. Pas évident, c'est sûr, de se faire une place crédible dans un marché saturé. C'est un travail quotidien, à côté de mon emploi fixe à 100%, qui nécessite plusieurs heures et de l'énergie. Ainsi que de la passion, évidemment!

 

La passion de donner aux autres la possibilité de lire des informations et des analyses qu'ils ne liront pas forcément ailleurs. La passion de donner la parole à des opinions différentes voire carrément contraires. Cela a un coût, et j'essaie de m'en acquitter humblement. Il faut de la patience, de l'acharnement, de l'ambition. Il importe aussi de poser sa marque, de créer l'envie, de susciter l'intérêt, de permettre le débat. Pourquoi quelqu'un écrirait sur Politeia s'il peut donner son texte à un journal concurrent, au bénéfice de dizaines de milliers de lecteurs? C'est ce défi-là que ce site doit relever, un défi de taille dans un marché déterminé par des différences linguistiques et par des intérêts locaux divergents.

 

Ce sont ces obstacles qui rendent le développement de Politeia encore plus passionnant. C'est une aventure unique, fabuleuse. Il n’est pas possible de concurrencer l’information brute («hard news») pour une plateforme telle que Politeia. C’est sur d’autres aspects qu’il me faut rendre ce site attrayant et unique. Et ce n’est pas une mince affaire, bien au contraire! Pour l’heure, le site possède déjà une centaine d’articles. Des textes qu’on ne lirait probablement pas ailleurs, ou alors éventuellement sur des blogs. Ce sont des écrits de qualité, sélectionnés et publiés dans le but d’offrir aux lecteurs des perspectives sur des sujets précis. La politique, c’est aussi partager son avis, les votations ont des enjeux, et les acteurs concernés ont le droit à la parole. A côté, il y a des journalistes qui contribuent aussi à donner des informations aux lecteurs. D’autres viendront sans doute rapidement, puisqu’ils ont la possibilité d’y publier des sujets que leur rédaction n’a pas souhaité, tout en disposant d’un anonymat garanti pour ne pas les mettre en porte-à-faux avec leur employeur.

 

Quel bonheur que de voir les articles de Politeia circuler sur les réseaux sociaux, permettant des débats parfois vifs, toujours intéressants. C’est fantastique et c’est aussi grâce à celles et ceux qui prennent le temps d’en lire le contenu. Merci à toutes ces personnes. Plusieurs projets sont en cours de développement pour améliorer le site, sa visibilité et son positionnement, ainsi que sa production de contenu. La patience est de mise, pour des raisons d’emploi du temps professionnel. Mais le cœur et l’esprit y sont, la passion aussi. J’y consacre du temps tous les jours, depuis trois mois déjà, et je ne cesserai pas de le faire. Car maintenant, qu’on le veuille ou non, Politeia est déjà dans beaucoup de têtes. Et ça, c’est fantastique!

 

Grégoire Barbey

14:45 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

12/06/2014

Médias: politiques, mêlez-vous de vos affaires!

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Ainsi donc les jeunes libéraux-radicaux et les jeunes démocrates du centre ont lancé une initiative pour interdire le subventionnement des médias audiovisuels. En cause, la redevance jugée inacceptable. Si l’on peut souscrire à l’argumentaire – l’Etat n’a pas à financer des médias –, on s’étonne volontiers de voir tous ces politiciens soudainement pétris de bonnes intentions à l’égard du secteur journalistique. Ils nous parlent qualité, ils nous parlent concurrence, ils nous parlent indépendance – ah, la bonne affaire! Derrière les grands principes, il y a de nombreux élus qui s’engouffrent déjà dans la brèche pour critiquer à demi-mots un métier qui souvent les dérange.

 

Ces politiciens qui sont toujours très contents d’être invités dans les émissions des chaînes de télévision dites «de service public» (SSR SRG) veulent maintenant supprimer l’unique moyen de financer pareil mammouth. Se rendent-ils compte qu’ils se tirent une balle dans le pied? Qu’une partie de leur visibilité en pâtira inévitablement? Oui, l’un de leur argument est d’affirmer qu’un média financé par l’Etat n’est pas indépendant. La bonne blague. Il faut entendre ici qu’il ne donne pas assez la parole à ceux qui voudraient l’avoir. Mais tout ce que j’écris est évidemment faux: les initiants le disent eux-mêmes, il ne s’agit pas d’attaquer les médias, mais de mettre fin à un mode de financement qui n’est plus adapté à son époque.

 

En clair, nombreux sont ceux qui ne consommeraient jamais une seule information de la RTS, ni par télévision, ni par internet, ni par la radio. Alors que la consommation des émissions des chaînes de service public évolue et augmente toujours plus en différé (donc via notamment internet), les initiants veulent nous faire croire que le grand média public n’a pas rendu captif la plupart des citoyens. Certes, on peut critiquer l’aspect monopolistique de la SSR SRG, avec sa redevance gigantesque et la faible redistribution aux autres médias offrant une information «de service public» (liée à la vie locale, politique, culturelle, etc.). Mais il faut être honnête: en quoi la suppression du subventionnement des médias audiovisuels au moyen de la redevance libérera le secteur de la tutelle de l’Etat? Les concessions seront toujours octroyées par la Confédération.

 

Evidemment, l’on peut être investi de grands idéaux – je suis moi-même libéral et ai de la peine avec tout ce qui s’apparente à de la contrainte. La redevance est un moyen on ne peut plus discutable. Personne n’a jamais remis en cause cet aspect désagréable du financement des médias audiovisuels. Mais à nouveau, quel est le but final d’une telle initiative? Est-ce vraiment un projet louable, avec un but explicable et défendable, ou est-ce une attaque cachée envers la liberté des médias? La Suisse est un marché particulier, car une chaîne de télévision ou de radio privée peut difficilement attendre une taille critique acceptable, du fait des particularités linguistiques et régionales de notre pays. Peut-on vraiment dire que la SSR SRG n’a pas un quelconque intérêt public? Il faudrait développer l’argumentaire. L’impôt (ici sous forme de redevance) est toujours douloureux. Un libéral a cette méthode en horreur. Il ne faut toutefois pas sombrer dans l’idéologie la plus totale et se poser les bonnes questions. Faut-il mettre un terme à l’existence des médias audiovisuels publics? Pourquoi pas. Alors parlons franchement des conséquences.

 

C’est tout de même remarquable que les politiques veuillent tout d’un coup sauver le marché des médias. Eux qui les attaquent quotidiennement quand l’information publiée ne leur convient pas. Eux qui, dès qu’ils le peuvent, tentent de connaître les sources des journalistes. Ils veulent sauver le métier, soudainement, mais à nouveau sans s’être intéressé à ce que pensent celles et ceux qui évoluent tous les jours dans cette profession. Une belle initiative, remplie de bonnes intentions, avec pour finalité le chômage de milliers de personnes – car si la Confédération ne subventionne plus les chaînes audiovisuelles publiques, bonjour les dégâts! La redevance, c’est plus de trois quart des recettes de la SSR SRG. Si les initiants estiment – peut-être à raison – que le système de financement est dépassé, qu’ils se mettent autour de la table avec les principaux intéressés et qu’ils mettent sur pied un nouveau modèle. Sinon, politiques de tous bords, occupez-vous de vos affaires!

 

Grégoire Barbey

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10/06/2014

Le rapport accablant sur l'établissement Villars

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A la suite de l’évasion d’un détenu du centre de détention ouvert Villars, Politeia a obtenu le rapport de l’Inspection cantonale des finances (ICF) datant de 2010 relatif à l’établissement. Le document pointe de nombreux dysfonctionnements, notamment liés à un manque important de ressources humaines pour gérer les affaires courantes. Un député proche du dossier a confié à Politeia que peu de mesures spécifiques à Villars ont été prises, en raison de la planification pénitentiaire qui prévoit à terme la fermeture des petites structures comme Villars. Le Département de la sécurité et de l’économie (DSE), en main du conseiller d’Etat Pierre Maudet, n’a pas souhaité commenter le rapport de l’ICF. Emmanuelle Lo Verso, secrétaire générale adjointe au DES, a quand même précisé «qu’une série de mesures a déjà été prise pour améliorer la situation de l’établissement de Villars. L’une de ces mesures consiste à ne placer à Villars que des courtes peines et des cas évalués non dangereux». Politeia n’a pas pu en apprendre davantage du côté du département «pour des raisons de sécurité».

L’audit s’attarde longuement sur les activités de contrôle de l’établissement Villars. Selon le document, l’audité a informé l’ICF de son incapacité (en termes de personnel) à «effectuer les contrôles pertinents pour s’assurer que les détenus en régime de semi-détention bénéficient toujours d’un emploi, sont présents sur leur lieu de travail et ont un comportement adéquat». Le rapport précise que les mesures prises par Villars ne couvrent pas le risque que des détenus bénéficient à tort du régime de la semi-détention. Par ailleurs, l’établissement n’a également pas les moyens nécessaires pour fouiller tous les détenus en régime de semi-détention lorsqu’ils rentrent de leur journée de travail ou de formation à l’extérieur. Les visiteurs du week-end ne sont pas non plus fouillés de façon approfondie (seules des fouilles sommaires des sacs sont effectuées, selon le document). Les colis reçus ne sont pas non plus contrôlés systématiquement.

L’audit s’inquiète du niveau de sécurité insatisfaisant du bâtiment. «Il ressort des constats (…) que la sécurité et la santé des détenus ne peuvent pas être assurées. Cette situation favorise notamment le maintien d’un trafic de stupéfiants au sein de l’établissement (trafic avéré selon les propos de l’audité).» Ce qui expose les agents de détention à des risques d’agression (puisqu’il n’est pas impossible que les détenus soient en possession d’objets dangereux, en conséquence des contrôles lacunaires), détaille le document. Les responsables de l’établissement précisent toutefois dans le document que d’autres structures comme Champ-Dollon connaissent aussi des trafics de stupéfiants. Selon eux, la sécurité du bâtiment serait grandement améliorée si une fouille systématique des détenus était effectuée à leur retour d’activités externes.

Politeia s’est renseigné sur la situation du personnel de l’établissement de Villars. Une source interne affirme qu’aucune augmentation des ressources humaines n’a été effectuée. Elle confirme également que les fouilles des détenus ne sont pas systématiques en conséquence d’une insuffisance de personnel. Le rapport mettait également en cause l’approvisionnement des médicaments, effectué par un collaborateur de l’établissement. L’acheminement des médicaments prescrits aux détenus comportait des risques pour la sécurité du collaborateur, notamment en termes «de vol avec agression» en raison du transport de méthadone. La source interne de Politeia a toutefois confirmé que cette situation a été corrigée et qu’un service s’occupe maintenant de l’approvisionnement de l’établissement en médicaments.

Grégoire Barbey

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02/06/2014

Le 1er juin, les autorités et les gueux

 

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Bicentenaire du rattachement de Genève à la Confédération. Scène incroyable
ce week-end lors de la célébration du débarquement des confédérés à Genève en 1814.


J’annonce immédiatement la couleur: j’ai été convié, vendredi et samedi, aux événements réservés aux autorités. Dès lors, chacun jugera de la pertinence de mon propos. Je désire toutefois m’associer à tous les citoyens qui, d’une manière ou d’une autre, ont été déçus par l’organisation des célébrations du bicentenaire du rattachement de Genève à la Confédération. Il y a de quoi. Je n’étais pas présent dimanche pour la commémoration du débarquement. J’ai cependant reçu des photos qui valent toutes les paroles les plus sages. Tout au long de ce week-end de festivités, il y avait d’un côté les privilégiés et de l’autre le bas peuple, celui qu’on laisse s’agglutiner tout autour du carré saint où siègent les grands esprits du canton et du pays.

 

Evidemment, il me faut être honnête: j’ai moi-même passé un excellent moment samedi. Je serais malhonnête d’affirmer le contraire. Je ne veux en aucun cas donner l’impression que je crache dans la soupe, ce n’est pas ma démarche. Je m’interroge, et je pense qu’il est nécessaire de le faire, sur la pertinence d’organiser une commémoration publique si les infrastructures mises en place ne servent pas à faire profiter à l’ensemble de nos concitoyens les petits plaisirs de la minorité au pouvoir. Ayant été invité, je n’ai pas pu me promener sur les quais pour constater moi-même qu’il était impossible de suivre les festivités réservées aux autorités. Ce n’est qu’après le témoignage, notamment dans le courrier des lecteurs de la Tribune de Genève, de quelques citoyens mécontents, que j’ai compris l’ampleur du problème.

 

D’un côté, les privilégiés, les «élites», comme les qualifieraient certains partis, et de l’autre, les gueux, le peuple, celui qu’on ne veut pas avoir à ses côtés, mais qui nous a quand même placé dans ce rôle tout à fait agréable. On voudrait donner des armes au MCG et à l’UDC qu’on ne s’y prendrait pas mieux! Ces formations politiques auront tout le loisir de dénoncer le comportement des autorités, de crier au loup et d’enfoncer le clou. Ils auraient tort de se priver quand on leur tend la perche. C’est quand même dommage qu’il faille à nouveau mettre en exergue une certaine déconnexion entre les élus et les citoyens. Ces derniers auraient sûrement souhaité faire partie des festivités dans leur ensemble, et on ne peut leur en vouloir. Après tout, c’était une commémoration patriote, et probablement que bon nombre de nos concitoyens souhaitaient pour l’occasion se mêler aux élus pour communiquer leur fierté d’être Genevois, et plus largement d’être Suisses.

 

D’une certaine façon, ce week-end, on leur a retiré leur nationalité l’espace de quelques heures. Ils n’étaient pas des citoyens suffisamment bien mis pour faire partie des spectateurs des véritables festivités. Cela rappelle à la fois l’Ancien Régime et la Rome antique. Du coup, on ne peut qu’inviter les organisateurs à remettre en question leurs décisions pour les prochaines dates de la commémoration (qui s’étend jusqu’en 2015) et éviter de commettre la même erreur. Ce serait déjà une bonne chose. Mais peut-être que c’était volontaire et que les gueux n’ont rien à y faire.

 

Grégoire Barbey

 

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01/06/2014

Stauffer: Genève d'abord... sauf le week-end!

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LA BRÈVE DU BICENTENAIRE – La célébration du rattachement de Genève à la Confédération suisse était très vive en ce week-end de fin mai/début juin avec de nombreux événements. Les autorités ont eu également tout loisir de profiter des festivités avec plusieurs événements qui leur étaient réservés. C’était le cas vendredi soir pour l’avant-première du spectacle 1814 ou la cuisine de l’Histoire au Port noir et de la réception hier des autorités confédérales sur le bateau Lausanne avec la présence du président de la Confédération. Nombreux étaient les participants, des élus communaux aux élus cantonaux, avec des membres également de l’Assemblée fédérale et des autorités judiciaires fédérales. Mais le plus surprenant, dans tout cet attroupement, était l’absence du plus Genevois des Genevois (selon ses propres estimations), le bien/mal aimé Eric Stauffer, président ad aeternam du Mouvement citoyens genevois (MCG). Le tribun était effectivement en vacances. Ce qui a surpris le député vert François Lefort et qui a confié à Politeia: «C’est quand même étonnant que le plus Genevois autoproclamé des politiciens, créateur du parti des plus que Genevois et bateleur en chef de ce parti soit ostensiblement absent d’une célébration aussi emblématique pour le Canton de Genève, peut-être aurait-il fallu le prévenir que le bicentenaire cela ne se produit qu’une fois?»

La question reste ouverte. En tous les cas, cette absence n’a pas l’air d’avoir suscité l’ombre d’un regret, puisqu’aucun journal ni politicien ne l’a relevé ces dernières heures. En tous les cas, cela n’a pas empêché le soleil de briller solennellement.

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28/05/2014

Trois anciens bâtonniers défendent l'Etat

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François Canonica. La nomination de l'ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats
à la présidence des HUG doit être suspendue. Le temps d'éclaircir l'affaire.


Trois anciens bâtonniers qui défendent tous l'Etat, c'est quand même surprenant. Personne ne l'a relevé. Pourtant c'est une évidence:
Vincent Spira, défenseur de la directrice de la Pâquerette, a été bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève de 2010-2011;
Benoît Chappuis, auteur du dernier rapport sur la Pâquerette, a été bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève de 1998-2000;
François Canonica, nouveau président des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a été bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève de 2012-2014.

L'opacité de cette affaire est dérangeante. Le rapport de Benoît Chappuis a créé l'indignation du côté de la famille d'Adeline car la directrice n'a écopé que d'un blâme, alors que sa responsabilité est engagée. Son avocat, l'ancien bâtonnier Vincent Spira, parle même de réhabilitation. Je ne suis pas de ceux qui cherchent à mettre nommément la faute sur quelqu'un. Au contraire. Je m'interroge cependant comme bon nombre de mes concitoyens sur ce dossier. Le rapport de Benoît Chappuis décharge nettement l'Etat, en plaçant la faute dans un large contexte d'erreurs sur une longue période. Certes, il a probablement raison. Mais je note que le rapport de Bernard Ziegler, ancien conseiller d'Etat socialiste, était beaucoup plus dur avec l'Etat et les institutions. Est-ce un hasard si ces anciens bâtonniers défendent les intérêts du Canton? Sûrement pas. Dans ces conditions, la nomination de François Canonica à la présidence des HUG doit être suspendue. Il en va de la crédibilité de nos institutions.

Grégoire Barbey

 

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23/05/2014

J'aime la citoyenneté

J'aime quand la République est en émulsion. J'aime parcourir la page des blogs de la Tribune de Genève et y voir fleurir des dizaines d'articles au quotidien, qui tous, d'une manière ou d'une autre, s'intéressent à notre cité, au monde comme il va. J'aime tous ces gens qui s'engagent à leur échelle, qui donnent de leur personne à la communauté, quitte à perdre de leur confort personnel, quitte à essuyer des coups parfois justifiés, souvent déplacés. Toutes ces personnalités contribuent à faire bouger les lignes, à susciter des réactions. Qu'ils soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes, qu'ils soient sans parti, sans patrie, ces gens apportent une richesse incommensurable à notre canton. J'aime ça, cela me fait vibrer. En un mot comme en cent, j'aime la citoyenneté. Merci à vous tous, ceux qui écrivent comme ceux qui lisent, ceux qui dénoncent comme ceux qui bâtissent. Il n'y a rien de plus beau qu'une cité dynamique et en perpétuelle évolution!

Grégoire Barbey

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22/05/2014

Grand Genève: l'Etat est clairement en cause

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La défaite en votation populaire du cofinancement des P+R en zone transfrontalière a réveillé les vieux démons de la région franco-valdo-genevoise, aujourd'hui nommée Grand Genève. De nombreux commentateurs ont certifié qu'il s'agissait-là d'un signal de défiance face aux autorités cantonales. Une analyse somme toute assez réductrice. Si les Genevoises et les Genevois ont dit non à ce projet, c'est avant tout pour des raisons économiques. Le conseiller d'Etat en charge de la Santé et de l'Emploi, Mauro Poggia, le relevait d'ailleurs hier soir lors du débat organisé par la Tribune de Genève sur la question de la région. Même si le constat souffre de nuances, les citoyens n'ont pas jugé pertinent de participer au financement des parkings-relais en France. Il est vrai qu'avec les échéances à venir (réforme de l'imposition des entreprises, suppression éventuelle des forfaits fiscaux, caisse maladie unique, rénovation des infrastructures vieillissantes de l'Etat, réduction de la dette astronomique du canton, etc.), les arguments justifiant cet investissement étaient difficilement audibles. Pourtant, ils avaient du sens, et pour cause.

 

Il faut toutefois noter une réelle absence de volontarisme du côté du gouvernement durant cette campagne, avec une faible présence des autorités pour défendre la votation. Seul Luc Barthassat, à quelques reprises, est monté au front pour défendre le projet. Cela n'a malheureusement pas suffi et cela lui a été reproché lorsque le résultat est tombé. Si les reproches et les déceptions sont en partie fondées, il convient cependant de rappeler que le chef de la Mobilité n'est pas le seul responsable du dossier: la votation comportait en effet un volet régional et celui-ci est dans les mains du président du Conseil d'Etat, François Longchamp. Ce dernier n'a d'ailleurs que peu de prérogatives lisibles aux yeux du public. Il doit s'occuper, entre autres, des affaires transversales – donc le Grand Genève. Et il ne l'a visiblement pas fait correctement. Qui l'a vu défendre le financement des P+R? Pas grand monde. C'est bien dommage.

 

Le Grand Genève n'est pas qu'un dossier économique. Aujourd'hui, l'Etat manque à son devoir et n'organise absolument rien pour consolider l'idée de la région dans l'esprit des citoyens. Pire, il laisse les partis d'opposition se saisir de l'affaire et en faire leur cheval de bataille. Le Conseil d'Etat porte une très lourde responsabilité dans le résultat de dimanche soir, et il serait de bon ton qu'il en prenne conscience. On ne construit pas une région dans les coulisses des salles de conférence. On ne bâtit pas une identité régionale en se contentant de rappeler quels sont les impacts économiques pour les habitants. Une région se fédère sur bien d'autres aspects, à commencer par la culture et le social. L'économie, à travers l'emploi, est évidemment un axe important. Mais les citoyens de la région ont envie de s'intégrer sur ce territoire. Au débat de la Tribune de Genève, le maire de Saint-Julien, Antoine Vielliard – excellent orateur au demeurant – expliquait clairement la situation: les charges transfrontalières doivent être assumées par les rentrées fiscales transfrontalières. Bien sûr, c'est le volet politique. Cela parle aux journalistes, aux experts et à celles et ceux qui siègent dans les différents parlements de la région. Au-delà, il y a la vie quotidienne.

 

Les affaires courantes ne sont pas uniquement liées à l'économie. Lorsque les mêmes événements culturels ont lieu à Gaillard puis à Lausanne, les Genevoises et les Genevois se rendent à... Lausanne! C'est plus loin et... plus cher! Mais peut-on les blâmer? Aucune infrastructure n'a été réellement mise en place par l'Etat de Genève pour communiquer sur la région. Est-ce qu'il existe un agenda événementiel du Grand Genève? A-t-on même eu l'idée d'en mettre un au point? Certes, il en existe un sur le site http://grand-geneve.org/. Mais la promotion de cette plateforme reste assez sommaire. L'Etat conforte la défiance des citoyens en ne se concentrant que sur l'axe technocratique de la région. Cela n'intéresse pas vraiment les résidents, et on ne saurait leur en vouloir. Ce qu'ils veulent, c'est estimer l'impact qu'a la région sur leur quotidien. Ils souhaitent du mesurable pour ensuite décider s'ils sont prêts à ouvrir les vannes pour donner du quantitatif au Grand Genève. On fait les choses à l'envers, et en plus, on le fait mal. L'Etat n'a même pas créé une page Facebook pour la région. Un Forum d'agglomération, c'est bien joli, mais concrètement, cela ramène quel type de population? Le débat de la Tribune de Genève hier était composé majoritairement de personnes de plus de cinquante ans. Et les jeunes, qui hériteront de la région, et des blocages de leurs prédécesseurs, qu'en est-il? Comment les y intéresse-t-on? Il n'y a, pour l'heure, aucune réponse à trouver du côté de l'Etat.

 

Des pans entiers du Grand Genève sont encore inexplorés, inscrits dans aucun agenda politique. Que va faire l'Etat? Les conseillers d'Etat ont pour mission de travailler en faveur de l'intérêt général à long terme. Antoine Vielliard assure que les politiques ont 40 ans de retard sur le plan de la région. Il a raison, et plus le gouvernement genevois tarde à mettre en place une stratégie de développement clair et une communication audible des enjeux du Grand Genève, la situation ne s'améliorera pas. Il suffirait pourtant de peu de choses pour fédérer les résidents des différentes villes du Grand Genève. A commencer par un tant soit peu de volontarisme, et une coordination beaucoup plus forte entre les nombreux responsables exécutifs de la région. Ce ne sont pas les volontaires qui manquent. Appelons donc le gouvernement à prendre ses responsabilités et à amener, pas à pas, une véritable concertation sur l'agglomération. Baser son argumentaire sur la réalité effective du Grand Genève n'a aucun sens si l'on ne lui donne pas de la saveur et du corps.

 

 

Grégoire Barbey

15:43 Publié dans Grand Genève | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | | |