Gregoire Barbey

18/07/2012

Avant que tout ne soit réduit en cendres

 

Pour changer un peu de mes habituels billets en prose, je publie ici l'un de mes nombreux poèmes. Ceux-ci sont produits spontanément afin d'être authentiques, inscrits dans l'émotion présente lors de leur rédaction. En règle générale, je ne prends jamais plus d'une heure pour en forger un. 18.07.12 09h46

 

Il y a ce cœur étendu sur les récifs,

Cet esprit jadis Ô combien combatif,

Les volutes de fumée qui disparaissent

Dans le sillage de ces vaines promesses,

L'envie d'arrêter le temps pour se laisser choir,

D'offrir au vent la poussière d'un dernier soir,

Aux aubes qui furent si nombreuses,

Céder la place aux ombres creuses,

Pour ne jamais plus croire aux mensonges

Qui foulent le sol de nos songes

Et donner à ronger nos coriaces angoisses

Au curé qui renia le Saint de sa paroisse ;

 

Il y a les souvenirs qui s'entrelacent

À s'en tordre les viscères et en perdre la face,

Le désarroi qui nourrit nos chimères,

Ce désir inavoué de prendre la mer

Pour s'en aller vers de nouveaux horizons,

Enlacer sa liberté quitte à noyer la raison

Sous des flots dont jaillit l'écume

Et qu'enfin se libère le génie de la plume,

Ces rires étouffés par des années sans lueur,

À crier gare aux spectres sans chaleur

Qui hantèrent les nuits d'un passé lointain,

Aux rêves oubliés à la lumière du matin ;

 

Il y a la vindicte d'une âme délaissée

Qui subit l'infamie d'une douleur percée

Au sein du calme refrain de ses croyances,

Arrachée sans préavis fut l'innocence,

Et les idoles auxquelles on prie

Pour cacher nos pensées impies,

Les délices d'un rêve improbable

Aux conséquences naguère invraisemblables,

Nous irons braver tous les défis

Pour chasser nos espoirs déconfits,

Faut-il pour vivre nier jusqu'aux émotions

Qui naissent à l'orée de nos déceptions ?

 

Aimons, aimons, aimons toujours,

Car il n'y a rien d'autre que l'amour

Pour nous sauver du purgatoire éternel

Face aux désillusions du réel ;

Donnons-nous la main sans plus attendre,

Avant que tout ne soit réduit en cendres,

Il est des choses qui ne se comprennent pas,

Alors suivons simplement nos pas,

Afin de nous retrouver une dernière fois

Lorsque sonnera l'heure des émois,

Gravissons les échelons et épousons les étoiles,

Pour qu'une fin meilleure à nous se dévoile.

 

Grégoire Barbey

 

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28/05/2012

Il y a ces soirs crépusculaires

Il y a ces soirs crépusculaires
Où se mêlent absence et silence
Où les maux épuisent les mots
Comme une lame plantée dans l'âme
Comme une volonté en putréfaction
Le soleil qui se couche à l'horizon
Sans promettre de ne jamais revenir
Et l'envie d'en faire autant
Partir loin, là où les rayons illuminent
Même les cœurs les plus sombres
Pour inonder les déshérités assoiffés
De l'écume des derniers adieux
S'en aller là où les paroles s'étouffent
Et les sourires se cristallisent
Parce qu'il y a de l'Espoir
Au-delà des cercueils de béton
Parce qu'il y a de l'Amour
Même par-delà l'espace et le temps
Parce que j'irai partout où tu iras.

Ce vide abyssal
Je le comblerai
Peut-être un jour.

28 mai 2012.

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27/02/2012

Le bateau vers la liberté

Voici un poème que j'ai rédigé il y a quelques mois, et pour diversifier les thématiques proposées sur mon blog, il inaugure une nouvelle section que je remplirai de temps à autre pour varier les plaisirs. Ne vous étonnez pas de n'y trouver aucune structure syllabique, la seule contrainte que je m'impose est la rime, le reste est libre, le but étant d'y donner un rythme sans une réglementation stricte. Bonne lecture.

Dans les délicates nuances de gris de la nuit
Je regarde s'échapper le bateau de la liberté
Sur l'océan infini pour un nouveau pays
Que je n'ai su saisir quelque peu déconcerté.

Les remous et l'écume des vagues frémissent
Tandis que l'embarcation vogue vers l'inconnu
Avec à son bord tant de visages méconnus
Qui pourtant en cet instant semblent complices.

Tous ont le regard tourné vers les cieux,
Cherchant dans les ténèbres nocturnes un signe
Qui leur ferait écarquiller tout grand leurs yeux
Puisqu'à l'impossible ces gens se résignent.

Mais soudain c'est l'orage furieux qui s'abat
De concert chantent les sirènes éhontées
Alors que la foudre pourfend les âmes effrontées
D'avoir voulu fuir dans le lointain de leurs bras.

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