06/06/2012

Des débats antidémocratiques à la RTS et la TdG

 

Coup de gueule, 06.06.12 15h45

 

Hier soir, mardi 05 juin 2012, a eu lieu le grand débat entre les candidat-e-s qui briguent la place vacante au Conseil d'État dans le cadre d'une émission organisée par la RTS. Les quatre candidats principaux, Anne Emery-Torracinta (PS), Pierre Maudet (PLR), Éric Stauffer (MCG) et Laurent Seydoux (PVL) étaient placés au centre du plateau, face à face. Les trois « petits candidats », à savoir Alexis Roussel (Parti Pirate), Manuel Acevedo (PME-jobs.ch) et le Prophète n'étaient, quant à eux, pas les bienvenus au sein de l'Arène. Ils ont été tenus à l'écart, dans les gradins réservés au public, au second rang.

 

Ce choix délibéré des organisateurs traduit, selon moi, une problématique récurrente dans des débats qui se veulent pourtant démocratiques. En effet, de quel droit peut-on décemment juger de la réelle valeur d'un-e candidat-e selon des critères objectifs ? S'il fallait n'entendre que les plus aptes à réunir, mathématiquement parlant, le quorum pour être élu, Anne Emery-Torracinta aurait été la seule à parler. Concrètement, donc, cette sélection-exclusion s'est faite dans l'impunité la plus totale et en l'absence de raisons valables. La déontologie journalistique incomberait pourtant à la RTS de ne pas faire de favoritisme ou pire, de discrimination à l'égard de quiconque.

 

Alors, certes, d'un point de vue organisationnel, ne pas faire parler sept personnes est probablement plus simple. Mais la démocratie et les règles qu'elle suppose n'ont pas à pâtir d'une volonté de simplification outrageuse. Manuel Acevedo et Alexis Roussel, qui ont pris la parole durant tout juste deux minutes chacun, avaient pourtant de nombreuses choses à dire, et pas des plus impertinentes. Preuve en est que leurs interventions suscitent toujours des réactions de la part des candidats. Certains, comme Pierre Maudet, ont même voulu reprendre à leur sauce des thématiques qu'ils étaient les seuls à défendre. Rendons à César ce qui appartient à César, de grâce !

 

Non, ce n'était pas juste. Et encore moins justifiable. Pour avoir prêté l'oreille aux revendications de ces « petits  candidats », je ne puis tolérer qu'ils soient ainsi mis à l'écart. Contrairement aux autres, les favoris, ils n'enveloppent pas leurs discours d'attaques personnelles. Ils sont là, et c'est tout à leur honneur dans une République qui n'a plus de manières, pour ouvrir le débat. Ils offrent des perspectives et des pistes de réflexion. Qu'ils puissent ou non être objectivement élus ne doit en aucun cas primer sur leur droit à la parole. Nous vivons, dois-je le rappeler, en démocratie. La seule personne, parmi les journalistes et les médias genevois, qui respecte cette équité est Pascal Décaillet. Il n'y a qu'à travers son émission spéciale sur Léman Bleu que nous avons pu entendre correctement Manuel Acevedo et Alexis Roussel.

 

La Tribune de Genève, de son côté, leur a réservé le même traitement, sinon pire, que la RTS. Autant dire qu'actuellement, il ne fait pas bon de n'être pas connu des médias si l'on a quelque chose à dire. Quand bien même cela mérite d'être entendu. C'est sûr, certains préfèrent entendre les lapalissades d'un Stauffer ou d'un Maudet, perdant le précieux temps des citoyennes et des citoyens à s'invectiver publiquement pour régler leurs contentieux, comme des enfants dans un bac à sable. Il s'agit bien de cela, et c'est triste d'en être arrivé là. Permettez-moi de le dire, hier soir ce ne sont pas ces deux énergumènes qui auraient dû se retrouver au centre du plateau, mais bien Manuel Acevedo et Alexis Roussel, ainsi que le Prophète, malgré sa difficulté à s'exprimer face aux caméras. Au moins eux nous apportent un peu de fraîcheur et des questions sincères. Je les en remercie personnellement.

 

Grégoire Barbey

09/05/2012

Lettre ouverte à Charles Poncet

 

Lettre ouverte, 09.05.12 10h20

 

J'ai écouté avec attention votre débat d'hier soir sur RTS la 1ère en compagnie de Murat Julian Alder. Vous avez, semble-t-il, réitéré les mêmes invectives à l'encontre de Pierre Maudet que lors de votre passage à l'émission « Dans les cordes » sur Leman Bleu avec Pascal Décaillet. Soit, si vous n'avez rien de mieux à dire. Mais tout de même, j'en attendais davantage de la part d'un homme de votre trempe. Bien que je honnisse vos positions politiques, bien souvent opposées à mes valeurs, j'espérais mieux.

 

Lorsque vous dites, avec nonchalance, qu'il faut désormais une politique qui soit bien de droite, contrairement à un centrisme mou, je ne puis qu'esquisser un long et malicieux sourire. Peut-être aimez-vous les batailles d'un autre âge. Peut-être, comme votre honorable collègue Marc Bonnant, appréciez-vous les coutumes anciennes, les discours pompeux et les belles tournures de phrase. Moi aussi. Néanmoins, la politique, ce n'est pas uniquement l'art oratoire, n'est-ce pas ? Si oui, alors nous ne partagerons définitivement pas les mêmes points de vue. Qu'importe.

 

Il semble que vous évitiez soigneusement de vous remémorer ce qui a fait la force et la gloire de notre pays, à savoir sa Confédération. Oui, les grandes décisions, en Suisse, se sont toujours jouées au centre, ne vous en déplaise ! Monsieur Alder aurait dû le rappeler à votre bon souvenir, mais vos manières laissent aussi à désirer, incapable que vous êtes de ne point couper la parole à votre interlocuteur. Certes, vos propos, au-delà du bel emballage littéraire, sont creux. Il vous faut donc occuper le terrain, pour éviter toute remise en question de votre position.

 

Vous voterez socialiste ? Grand bien vous en fasse, cher Monsieur ! Vous aimez les paradoxes, c'est au moins un point que nous partageons. Toutefois, ne vous emportez pas : je suis persuadé que votre attitude est celle d'un homme qui veut encore faire parler de lui. La fusion, avec ses avantages et ses défauts, ne vous plaît pas. Est-ce parce que vous n'arrivez pas à assumer n'être rien d'autre qu'un « ancien libéral » ? Je vous le demande. Que vous attaquiez Pierre Maudet ne me dérange aucunement ; au contraire, je le fais aussi, quand cela est nécessaire. Mais de grâce, un peu de fond dans vos lapalissades ! Je ne crois pas avoir eu vent de vos dernières réussites politiques, peut-être voudriez-vous les énumérer ? Il me semble, aujourd'hui, que vous n'êtes sur la scène politique guère plus qu'un fantôme, et qu'en l'occurrence, l'utilisation du terme « ectoplasme » pourrait tout-à-fait convenir à votre endroit, s'il en est.

 

Les clivages ne m'ont jamais séduit. C'est tout l'inverse, même. Je respecte de facto toutes celles et ceux qui ont le courage de ne pas s'y tenir comme le fait un curé à sa Bible, parce qu'il ne faut pas songer qu'à défendre sa propre personne, ou son camp. Il faut s'ouvrir aux autres, écouter, et bâtir avec eux. Ce n'est pas en s'opposant systématiquement à la gauche, ou inversement, que la Suisse a construit sa politique fédéraliste. C'est en acceptant les compromis. En réfléchissant pour le bien commun, non pour une lutte des classes politiques. Votre appréciation de la situation, à laquelle vous semblez pourtant ne plus appartenir, tant vous êtes dépassé, me paraît inexacte. Je crois, cher Monsieur Poncet, que vous êtes le seul ectoplasme qui soit. Entre Pierre Maudet et vous-même, mon choix serait vite fait. Cessez donc d'errer au sein de votre parti, comme un fantôme en quête d'une renommée nouvelle, et prenez part à la politique actuelle. C'est tout ce que je souhaitais vous dire.

 

Grégoire Barbey

 

 

29/03/2012

Dans les cordes, 28.03.12 : Maudet l'ectoplasme, signé Charles Poncet

 

En ce mercredi 28 mars 2012, Charles Poncet était l'invité de l'émission Leman Bleu « Dans les cordes ».

Pour lui, le PLR, c'est comme la fable de La Fontaine : « je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis souris, vive les rats », dit la chauve-souris.

Voilà son opinion du candidat à l'élection partielle du 17 juin prochain, qui, rappelons-le, représente les couleurs du parti de monsieur Poncet :

« Pierre Maudet est un politicien ectoplasmique, c'est-à-dire qu'il n'a d'idéologie que de se faire élire. »

« Il me fait penser à cette boutade d'Edgar Faure : ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent qui change. »

Là, l'avocat libéral enfonce définitivement le clou pour terminer le cercueil de son collègue radical. Propre en ordre, Poncet rappelle sans détour à Maudet son changement de cap par rapport à l'UDC, ce même parti sur lequel il « a vomi » tout son fiel, pour reprendre la formulation chère à Céline Amaudruz.

Notons, entre parenthèses, que l'invité de Décaillet lâche à son intention des propos que le blogueur de la Tribune de Genève devrait se remémorer : « tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute ».

À la question : « pour qui allez-vous voter ? », Poncet répond : « je préfère avoir une femme de gauche, droite dans ses bottes, (...) je préfère avoir des gens qui ont des idées arrêtées, qui sont fermes, qui sont solides, avec qui on peut discuter, que soit un rigolo, monsieur Stauffer me le pardonnera, soit un ectoplasme et monsieur Maudet ne me le pardonnera pas. Alors je voterai pour Anne Emery-Torracinta. »

Saluons ici l'honnêteté de Charles Poncet, qui a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Ce courage n'est malheureusement pas la qualité de son parti.

Gageons qu'avec cela, notre bon Maire de la Ville de Genève pourra mettre de l'eau dans son vin, et qu'à l'heure où j'écris ces quelques lignes, son sourire narquois et complaisant a dû se teinter de jaune...

 

Grégoire Barbey

08:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : charles poncet, avocat, plr, ps, anne emery-torracinta, pierre maudet |  Facebook | | | |

26/03/2012

Élection partielle : la brute, le truand, l'inattendu, l'insoupçonnée et Monsieur l'Arbitre !

 

Cette élection partielle est pour le moins haute en couleur.

Il y a la brute (Éric Stauffer), le truand (Pierre Maudet), l'inattendu (Laurent Seydoux) et l'insoupçonnée (Anne Emery-Torracinta).

Cela promet une confrontation pleine de rebondissements et d'impensables tours de passe-passe dont seuls nos représentants politiques ont le secret. À Genève, la lutte sera ardue, et personne ne se fera de cadeau. N'oublions pas Monsieur l'Arbitre, le moins neutre des journalistes mais le plus indépendant des politiciens, j'ai nommé Pascal Décaillet. Lui qui, contrarié par la désignation d'Anne Emery-Torracinta, a déjà vomi tout son fiel au travers d'un article peu représentatif du métier journalistique, n'aura de cesse de commenter cette partielle !

Comme le Candide de Voltaire, peut-être Pascal découvrira que tout n'est pas bien dans le meilleur des mondes. Souhaitons-lui de s'en rendre compte rapidement. En attendant, celui-ci se plaît à se travestir en Pangloss, professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie.

Évidemment, nous en aurons pour notre argent, nous pauvres fidèles, celui que nous dépensons quotidiennement en de lourdes taxes prélevées sur nos propres achats.

Peu importe le résultat de cette élection, le citoyen lambda finira cul et chemise !

 

Grégoire Barbey