01/06/2012

Initiative sur les accords internationaux : je voterai OUI

 

Chronique, 01.06.12 08h06

 

La campagne fait rage. Les votations fédérales du 17 juin se rapprochent à grands pas. Les affiches sont placardées partout, nul coin de rue n'est épargné par cette effervescence politique. Le Peuple est une fois de plus invité à exercer son souverainisme par les urnes. Et, comme toujours en pareille période, les débats contradictoires ne manquent point. Au citoyen averti, il ne lui échappera pas la possibilité déconcertante d'entendre tout et son contraire. Pour ne pas dire, parfois, tout et rien. Surtout rien. L'initiative la plus controversée est sans aucun doute celle soumise par l'ASIN, fief de l'UDC. L'idée, dont les conséquences sont complexes, est pourtant simple à saisir. Il est question d'octroyer au Peuple le droit de se prononcer à l'égard des accords internationaux, car en l'état, seuls 246 individus ont la légitimité de décider pour l'ensemble de la Confédération.

 

Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est l'incroyable campagne de désinformation dans le camp des opposants. ÉconomieSuisse nous annonce déjà une catastrophe économique sans précédent si cette initiative était favorablement accueillie par le Souverain. Même à gauche, les craintes sont palpables, et nombreux sont celles et ceux qui invitent à refuser massivement cette proposition. Ont-ils peur du Peuple au point d'en venir à des argumentations insoutenables ? L'affirmation selon laquelle notre démocratie pâtirait de cette réforme de par son aspect délicat me paraît tout-à-fait biaisée. J'ai lu des choses invraisemblables. Contentons-nous, disent certains, de nos droits actuels, ce sont les meilleurs au monde. Quelle ambition ! Soyons humbles, refusons-nous l'opportunité d'avoir notre mot à dire concernant la politique étrangère. Peu importe les conséquences. Nous sommes vernis, à nous de savoir le constater.

 

Eh puis quoi encore ? Non, nous ne devons pas nous contenter de ce que nous avons en matière de droits démocratiques. Une société évolue, et nous sommes bien placés pour le savoir. Sept siècles de fédéralisme devraient nous en convaincre. Oui, nous avons de la chance. Alors, montrons l'exemple, continuons sur cette lancée. Certes, l'initiative émane d'un parti qui souhaiterait, à travers cette réforme, instrumentaliser le Peuple pour refuser une ouverture sur l'Europe. Mais quand bien même, ont-ils raison d'être persuadés que les citoyennes et citoyens iront dans leur sens ? Je n'en suis pas convaincu. Et une démocratie sans aucune confiance accordée aux électrices et électeurs n'est que ruine institutionnelle. Genève est bien placée pour le savoir. Notre calvinisme met à mal la confiance que le Peuple accorde aux instances politiques. À tort ou à raison, je ne saurais juger cela. Il est cependant évident que mentir à celles et ceux qui exercent leurs devoirs civiques ne passe jamais inaperçu bien longtemps. C'est la garantie de perdre le respect de la population, pour autant qu'il y en ait encore.

 

Je ne cautionne pas cette campagne, qui démontre à mon sens les pires aspects de notre politique. Affirmer que trop de démocratie pourrait lui être fatal m'apparaît, à moi simple citoyen, relever d'une manipulation éhontée. Ne mélangeons pas les luttes de pouvoir aux choix qui doivent être soumis à la décision populaire, sous peine d'obtenir un cocktail explosif. C'est, au mieux, le risque de voir le Souverain prendre une décision à l'encontre de son intérêt, et au pire, offrir aux populistes de tout poil l'occasion de crier au scandale et au complot politique. Pour ma part, j'ai longuement réfléchi à cette question et suis parvenu à une conclusion définitive. Le 17 juin prochain, j'exercerai, bien évidemment, mon devoir civique. Et je voterai OUI à cette initiative. Non par gaieté de cœur, puisqu'elle émane d'un parti dont je condamne la plupart des positions. Mais je ne cautionne pas non plus les mensonges. Je reste profondément démocrate, en mon âme et conscience, et agirai en accord avec mes principes. Pour les autres, je leur recommande de réfléchir à leur tour, et de prendre la décision qui s'impose à eux comme étant la meilleure. Non parce qu'une affiche propagandiste les aura convaincu. Osons penser par nous-mêmes.

 

Grégoire Barbey

 

 

10:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, débat, accords internationaux, asin, udc, campagne |  Facebook | | | |

24/05/2012

Initiative de l'ASIN : trop de démocratie ne tue pas la démocratie

Interrogation, 24.05.12 15h38

 

Je suis partagé quant à l'initiative de l'ASIN. Il me semble délicat de dire que trop de démocratie tue la démocratie. Ce slogan m'apparaît honteux. En somme, trop de pouvoir au Peuple, tuerait le pouvoir du Peuple ? Ce sophisme n'est pas recevable. La véritable peur derrière cette votation, c'est d'offrir à des partis conservateurs tels que l'UDC la possibilité de faire dire non à la population des initiatives qui favoriseraient notre adhésion à l'Union Européenne ou en tout cas permettraient davantage de négociations. Mais de là à prétendre des énormités pareilles, il ne faut pas exagérer.
J'ai lu des arguments qui m'ont fait peur, affirmant que nos droits démocratiques sont les plus développés au monde et qu'il faut s'en contenter. Je ne suis pas favorable à cette votation car je ne veux pas donner des armes à l'extrême droite pour renfermer notre pays sur lui-même, néanmoins je ne puis souscrire à cette rhétorique. Ce n'est pas parce que nous sommes privilégiés par rapport à d'autres nations dans le monde que nous devons nous contenter de notre système.
C'est aberrant et inexact. Je me battrai toujours pour renforcer l'assise du Peuple dans son exercice démocratique, car je préfère la décision de la multitude plutôt que celle d'un petit nombre.

 

Grégoire Barbey

15:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : asin, udc, politique, initiative, démocratie, pouvoir, peuple, décision |  Facebook | | | |