10/04/2012

Jean-Luc Mélenchon et le nationalisme de gauche

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Le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle française pour le quinquennat 2012-2017, Jean-Luc Mélenchon, est récemment devenu le « troisième homme », à savoir d'après les sondages, la personnalité qui arrivera en troisième position, derrière François Hollande et Nicolas Sarkozy, lors du premier tour.

Fort de ses dernières prestations, Mélenchon s'est emporté dans des discours profondément nationalistes, dont la teneur n'a rien à envier au plus acerbe des impérialismes français. Quid de cette méthode ? Est-elle purement électoraliste, ou le candidat du Front de Gauche vénère-t-il vraiment sa patrie avec une telle fougue ? En tout cas, aussi anticapitaliste soit-il, ses propos flirtent sur une vague relativement proche de celle de sa rivale du Front National, Marine Le Pen. L'une glorifie la Patrie et la Race, l'autre l'Universalisme et la Puissance de la France. Dans les deux cas, la stratégie est simple : rallier la fierté nationale aux urnes. Les travailleurs ne sont malheureusement pas, comme semble le penser Mélenchon, unis sous la bannière d'une patrie. Au contraire, la classe ouvrière est internationale, et ne saurait s'arrêter à une définition nationaliste et patriotique. Qu'ils soient chinois, suisses, français, japonais, anglais, américains, africains, brésiliens, les travailleurs connaissent la même fatalité : l'exploitation à outrance. Dans des proportions souvent différentes, convenons-en. Toutefois, la problématique reste sensiblement la même. Ainsi le discours de Jean-Luc Mélenchon crée donc une rupture avec la condition réelle des travailleurs, nonobstant d'ailleurs la célèbre invitation de Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Ainsi va du nationalisme de gauche. Les adeptes du Front de Gauche ne semblent pourtant pas s'offusquer d'entonner l'Internationale pour ensuite s'époumoner sur la Marseillaise.

Flatter le chauvinisme français n'est pas digne de la trempe de ce candidat, et la révolution dont il se revendique ne peut aucunement se satisfaire d'une préférence nationale. Le cancer de la politique française a depuis longtemps été diagnostiqué : l'impérialisme.

Alors Mélenchon peut bien vendre et travestir son antiaméricanisme, il ne nous leurra pas davantage. En grand orateur, il aurait dû se méfier de ne pas sombrer dans la facilité électorale. Était-ce seulement pour faire la guerre à son ennemie jurée, Marine Le Pen ?

N'oublions pas l'avertissement de Nietzsche : « Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même ».

Nous verrons comment évoluera son discours lors de la dernière ligne droite avant les résultats du premier tour.

Gardons-nous d'adhérer avec naïveté à des thèses nationalistes.

 

Grégoire Barbey

 

Sources : meeting du Capitole

03/03/2012

Maudet, l'homme qui n'était d'aucun lobby, au sein d'un parti lobbyiste !

Pierre Maudet, lors de sa conférence de presse du vendredi 2 mars 2012 relayé sur le site de la Tribune de Genève, a annoncé sa candidature à l'élection partielle pour briguer un siège au Conseil d'État et remplacer ainsi la place laissée vacante suite au départ de Mark Muller.

« Je ne suis l'homme d'aucun lobby » a-t-il assuré. Si tel est le cas, que fait-il des membres de son propre parti, qu'il représentera bien évidemment si ce mandat lui est accordé ?

Je me propose d'énumérer quelques noms parmi les plus connus, cela constitue donc une liste non-exhaustive :

 

  • Jacques Jannerat, député du Parti Libéral-Radical, Directeur de la Chambre du Commerce et de l'Industrie.

  • Nicolas Aune, Secrétaire Général de l'Union Industrielle genevoise, membre du Parti Libéral-Radical.

  • Blaise Matthey, ancien député Libéral, Directeur de la Fédération des Entreprises Romandes.

  • Gabriel Barillier, député du Parti Libéral-Radical, ancien Secrétaire Général de la Fédération des Métiers du Bâtiment.

 

Alors si Monsieur le Maire est persuadé lui-même de n'être l'homme d'aucun lobby, peut-être devrait-il changer de famille politique, ou faire le ménage devant la porte de son parti ?

Accordons-lui tout de même le bénéfice du doute, par éthique plus que par conviction, et voyons ce qu'il dira face à cette réalité.

Pour ma part, je n'ai pas peur d'affirmer que le Parti Libéral-Radical constitue un lobby en lui-même, tant ses relations avec des syndicats patronaux, entreprises immobilières et tant d'autres sont étroites sinon incestueuses.

Il est évident que je ne donnerai pas mon vote à Maudet. Mon pronostic va pour l'élection d'un(e) membre du Parti Socialiste, à moins qu'un autre candidat se déclare. Un Vert Libéral pourrait avoir ses chances, en l'occurrence.

Nous verrons si le Parti Libéral-Radical soutient son jeune poulain la semaine prochaine. Si tel est le cas, espérons qu'il répondra à cette interrogation.

 

Grégoire Barbey

 

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Montage effectué par Marcel Chombier