16/04/2012

À Mauro Poggia

 

Cher Monsieur Poggia,

 

Je découvre avec stupeur et effroi que vous êtes fait du même bois que votre idole et maître Éric Stauffer. Quoi que votre verbe fut plus acéré et mieux ressenti, vos méthodes sont sensiblement les mêmes, et ne dérogent point à la règle d'exclusion que votre parti a si souvent érigé en leitmotiv électoral. Il apparaît comme une évidence que vous n'acceptez pas les critiques acerbes à votre encontre, or en homme politique et médiatique, vous devriez plutôt savoir qu'elles sont communes et n'y pouvez rien, sinon les accepter et avoir l'humilité de les prendre en compte, quand bien même elles s'avéreraient infondées. Comme votre Seigneur, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour nettoyer les taches qui viendraient salir votre blog. Admireriez-vous votre image au point de n'en tolérer aucune atteinte ?

 

Je ne suis guère étonné – plutôt conforté dans mes positions – de voir qu'il n'y a rien qui puisse filtrer sur votre blog et celui de vos comparses sans une méticuleuse observation. Ah ! Je vous tiens, pris sur le fait ! Vous vous réclamez du Peuple, mais cela n'est que du vent, une musique sans profondeur pour charmer les serpents. Vous ne tolérez aucunement que ce Peuple dont vous vous faites le soi-disant porte-parole défie vos discours et médise à votre endroit. Dès lors, vous préférez succomber à la facilité, et censurez les propos qui ne vous caressent pas dans le sens du poil. Est-ce ainsi que vous agiriez si vous étiez élu pour un mandat à l'exécutif ?

Que le Peuple craigne de vous voir vous profiler à l'horizon, vous et votre bande d'arrogants personnages, me paraît être le garant que nos concitoyens et concitoyennes ont encore suffisamment de lucidité pour ne point sombrer dans les amalgames ridicules qui vous servent de marketing pour augmenter votre électorat.

 

C'est toujours plus aisé de cacher la poussière sous le tapis que de la nettoyer. C'est pour cela qu'existe votre parti : pour ne point cacher l'horreur susceptible de traverser certains esprits en période de crise. Et je le dis, heureusement qu'il existe, ainsi nous pouvons prendre la température de la population et savoir à quel point elle se sent trahie par ses représentant-e-s. Mais de grâce, soyez plus digne de votre statut de racoleur des foules, cher Monsieur Poggia. Je vous lis toujours avec attention – comme je lis d'ailleurs toutes celles et ceux qui font de la politique sur la plate-forme de la Tribune de Genève – et prends parfois la peine de vous témoigner mes appréciations quant à vos diatribes. Celles-ci sont toujours polies et agréablement rédigées, vous en conviendrez, je l'espère. Néanmoins, étrangement, elles n'apparaissent point sur votre blog. Je vous imagine Ô combien grimaçant à la lecture de mes commentaires, qui vous posent visiblement des questions auxquelles vous préférez ne pas répondre.

 

Ainsi, j'use de mes droits démocratiques et publie cette petite lettre pour ouvrir un dialogue qui peine, lorsque vous êtes derrière les manettes, à faire sa place. Vous me pardonnerez bien évidemment ce culot qui me pousse à vous alpaguer au-delà de vos terres, que vous gardez vaillamment pour qu'aucune salissure ne puisse témoigner d'un quelconque relâchement de votre part. J'aime à penser que vous prendrez la peine de répondre à mes interrogations, qui même si elles ne vous plaisent point, sont légitimes et méritent une attention similaire aux agréables commentaires envoyés par vos militants, toujours flatteurs et délicats à votre égard. Alors, par-delà la censure et la présence médiatique, qu'avez-vous à proposer pour nous, citoyens et citoyennes de la République et Canton de Genève, cher Monsieur Poggia ?

 

Grégoire Barbey

09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : mauro poggia, blog, politique, lettre, censure, genève, citoyens, république, démocratie |  Facebook | | | |

06/04/2012

Jean-François Mabut ira-t-il jusqu'à fermer mon blog ?

La question qui se pose pour moi en cette soirée pluvieuse du vendredi Saint est la suivante :

Jean-François Mabut ira-t-il jusqu'à fermer mon blog pour me museler ? En effet, en réaction à mon article publié aujourd'hui-même, celui-ci m'a exclu de la section référencée des blogs citoyens, sans même m'en avertir. Je l'invite donc à pousser la réflexion jusqu'à son paroxysme et à clore mon blog qui semble lui poser quelques problèmes déontologiques !

Grégoire Barbey

23:36 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (222) | Tags : mabut, censure, fermeture, blog |  Facebook | | | |

Mabut et la censure non-justifiée

Je ne me tairai pas plus longtemps.

Certains l'avaient remarqué, l'un de mes articles a disparu peu de temps après sa publication, il y a plusieurs semaines. Il s'agissait d'une lettre ouverte, que je destinais à une Procureure. Quelques heures après l'avoir publié, j'ai reçu un e-mail de la part du Rédacteur en Chef des blogs de la Tribune de Genève, Jean-François Mabut, dans lequel il m'invitait à « dépublier » mon article.

Voici son argument : « Je ne suis pas certain que vos démêlés avec la justice doivent se retrouver dans votre blog, surtout lorsque vous accusez nommément une magistrate qui ne saurait se défendre étant tenue par le secret professionnel. Je vous prie donc de bien vouloir dépublier cette lettre ouverte.
Au plaisir de vous lire sur des sujets d’intérêt public. »

C'est un point de vue intéressant, mais purement arbitraire. Il dit ne pas être certain, or il recourt malgré tout à la censure, ce qui, entre nous, n'est pas la moindre des décisions. Surtout lorsque nous voyons fleurir sur le site des blogs des articles comme ceux d'Éric Stauffer, contenant des propos ou des allusions à caractère homophobe, par exemple. (Voir mon article sur le sujet)

La suite de son argumentation, toujours aussi pauvre : « Il ne s’agit pas de savoir si ça me gêne ou pas. Votre affaire relève manifestement du domaine privé. Or la Tribune héberge en principe des blogs citoyens dont le contenu est d’intérêt général et public.  Vous êtes personnellement impliqué dans cette affaire, vous ne pouvez donc pas décider en toute impartialité si elle est ou non au fait de société. »

Je dénonçais, dans cette lettre ouverte, l'immobilisme de la Justice à l'égard des affaires de maltraitance. Il me semble, et je ne suis d'ailleurs pas le seul à le penser, qu'il s'agit d'un fait de société relativement répandu. Ouvrir le débat sur la question est donc bien d'ordre général et public !

« Ne jouez pas sur les mots. Ce n’est pas de la censure. Votre remarque sur Stauffer vs Maudet montre en tout cas  que vous avez de la peine à distinguer entre ce qui relève du domaine privé et ce qui relève du domaine public. Une élection relève manifestement du domaine public, ce qui n’exonère pas les blogueurs de respecter les règles du débat citoyens et de s’abstenir d’accusation ad hominem. Malheureusement tout le monde ne respecte  pas la courtoisie minimale. Vous qui considérez à raison que l’internet doit revitaliser la vie politique, merci de contribuer à la qualité de la blogosphère de la Tribune de Genève. »

Si ce n'était pas de la censure, Monsieur Mabut aurait bien évidemment agrémenté son argumentaire d'articles de loi, ou à défaut de la charte qu'il m'a fallu accepter pour m'inscrire parmi les contributeurs du site de la Tribune de Genève, pour signifier que mon billet sortait du cadre toléré par le site voire par la Justice. Or il n'en est rien, et c'est dommage.

Un confrère l'a contacté à ce sujet, pour comprendre sa démarche. Mabut n'a, malheureusement, pas donné suite à cette interrogation. De surcroît, depuis ce regrettable incident, je n'ai étrangement plus été cité dans la revue des blogs. Sans aucune prétention de ma part, bien sûr, je relève ceci comme une forme d'ostracisme à mon égard, car peu de temps avant cela, j'étais régulièrement cité (à raison d'au moins une fois par semaine). Je puis bien évidemment me tromper, mais n'ayant jamais cru au hasard, je ne doute pas que cette exclusion relève d'un choix délibéré de la part du Rédacteur en Chef de la section blog du site de la Tribune de Genève.

Il sera dès lors intéressant de voir combien de temps je me devrai d'attendre avant de recevoir un e-mail me demandant de dépublier cet article, également. Peu importe, si cela arrive, je m'exprimerai par d'autres moyens, comme la radio, par exemple. C'est d'intérêt public et général que de comprendre les critères et l'arbitraire des censures effectuées par Monsieur Mabut, eu égard à la proportion importante de visiteurs quotidiens qui écument les pages des blogs de la Tribune de Genève. Gageons que je ne serai plus jamais cité après avoir osé publier ceci. Tant pis, personne n'a suffisamment de pouvoir pour m'empêcher de m'exprimer.

Edit : je précise avoir proposé à Monsieur Mabut de ne point nommer la magistrate en question afin de pouvoir conserver mon article en ligne. Ce qui n'a rien changé à sa décision.

Edit 2 : Monsieur Mabut ne supporte visiblement pas la critique. Pour cette raison, mon article a disparu du référencement des blogs citoyens. Une nouvelle censure à ajouter sur son palmarès...

Grégoire Barbey