24/05/2012

Initiative de l'ASIN : trop de démocratie ne tue pas la démocratie

Interrogation, 24.05.12 15h38

 

Je suis partagé quant à l'initiative de l'ASIN. Il me semble délicat de dire que trop de démocratie tue la démocratie. Ce slogan m'apparaît honteux. En somme, trop de pouvoir au Peuple, tuerait le pouvoir du Peuple ? Ce sophisme n'est pas recevable. La véritable peur derrière cette votation, c'est d'offrir à des partis conservateurs tels que l'UDC la possibilité de faire dire non à la population des initiatives qui favoriseraient notre adhésion à l'Union Européenne ou en tout cas permettraient davantage de négociations. Mais de là à prétendre des énormités pareilles, il ne faut pas exagérer.
J'ai lu des arguments qui m'ont fait peur, affirmant que nos droits démocratiques sont les plus développés au monde et qu'il faut s'en contenter. Je ne suis pas favorable à cette votation car je ne veux pas donner des armes à l'extrême droite pour renfermer notre pays sur lui-même, néanmoins je ne puis souscrire à cette rhétorique. Ce n'est pas parce que nous sommes privilégiés par rapport à d'autres nations dans le monde que nous devons nous contenter de notre système.
C'est aberrant et inexact. Je me battrai toujours pour renforcer l'assise du Peuple dans son exercice démocratique, car je préfère la décision de la multitude plutôt que celle d'un petit nombre.

 

Grégoire Barbey

15:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : asin, udc, politique, initiative, démocratie, pouvoir, peuple, décision |  Facebook | | | |

20/04/2012

Grand Conseil : qu'elle est belle notre démocratie !

 

Étant particulièrement intéressé et concerné par la chose publique, j'assiste aux séances du Grand Conseil et du Conseil Municipal dès que l'occasion se présente. Depuis la tribune réservée au public, je suis aux premières loges pour voir ce qui s'y trame. Mon préféré est indubitablement le Grand Conseil. Entre le MCG qui monopolise la parole pour faire voter des motions qui font sourire tous les rangs de la gauche et de la droite modérée, un Président en la personne de Pierre Losio qui peine à garder une unité et un respect dans les rangs des députés, et des personnes qui semblent s'être trompées de lieu, il y a toujours quelque chose de solennel, un sentiment puissant émanant de cette salle qui voit réunir près d'une centaine de personnalités dévouées à la société. Surtout lorsqu'un député du MCG ou de l'UDC prend la parole : le brouhaha semble être automatique. Le spectateur, conscient de son devoir de bon citoyen, a bien souvent de la difficulté à entendre ce qui se dit, tant les discussions sont intenses, concernant les sujets à traiter. En général, les résultats des votations à l'égard des motions proposées par les partis d'extrême droite sont sensiblement les mêmes. Plus de deux tiers de l'assemblée s'y oppose systématiquement, quand bien même le projet peut sembler pertinent voire, plus rarement cependant, intelligemment proposé, évitant les habituelles tergiversations réactionnaires de ces partis symptomatiques.

Il est également fort intéressant de garder un œil quant au nombre de députés présents. Le chiffre fluctue au cours d'une même séance, lorsque certains s'expriment, d'autres préfèrent se rendre à la cafétéria, peut-être parce que les écouter leur donne soif. Il y en a qui sont connectés sur Facebook et suivent en temps réel les publications concernant la réunion en cours, participant parfois même aux discussions ! Et quelques individus profitent de ce temps « libre » pour vaquer à leurs occupations, notamment consulter la presse du jour, ou échanger quelques vacuités sur leur quotidien avec leurs amis et alliés.

Qu'elle est belle, notre démocratie !

Hier, à la mémoire d'un ex-député radical ayant récemment quitté notre monde, était rappelé l'un de ses propos : tout bon citoyen devrait au moins une fois dans sa vie siéger pour une législature. Comme je le comprends !

 

Grégoire Barbey

09:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : grand conseil, démocratie, genève, député, mcg, udc, gauche, droite modérée |  Facebook | | | |

18/04/2012

Pour une politique non de spectacle mais d'acte, révoquer les élus en cours de mandat doit-il être un droit civique ?

Suite de mes entretiens avec le journaliste Pascal Décaillet, portant aujourd'hui sur le thème de la révocabilité des élus en cours de mandat. Bonne lecture !

GB - Cher Pascal, vous qui y êtes, si je ne m'abuse, profondément démocrate - et d'après ce que j'ai pu lire et entendre de vos positions, je serais tenté de vous assimiler, au moins en théorie, au PDC -, que penseriez-vous d'une initiative demandant à instaurer comme droit civique la possibilité de révoquer les élu-e-s en cours de mandat ? Bien évidemment, les contours d'une telle initiative devront être dûment dessinés pour être cohérents. Ces politiciens qui parlent de transformer la politique sont nombreux, mais ils n'apportent rien. Pour une politique non pas de spectacle, mais bel et bien d'acte, offrons au Peuple le droit d'influer sur ses représentant-e-s !

PaD - A la bonne heure, me voilà PDC ! Divine surprise. Sur le fond de votre proposition : la démocratie, c'est, par exemple, le pouvoir pour le peuple d'élire ses représentants. Pour une période donnée : quatre ans, cinq ans. Cela ne doit pas être le pouvoir, pour le peuple, de harceler continuellement ses élus, en cours de mandat, par des menaces de révocation. Il faut laisser à nos autorités le temps de l'action. Et la meilleure sanction, c'est, le terme venu, la non réélection. En cas de crise aiguë, les intéressés, de toute manière, sont soumis à une telle pression (de leurs pairs, souvent !) qu'ils finissent spontanément par démissionner.

GB - Dans « le Matin » du 6 avril, le Conseiller national (PLR/VD) Fathi Derder parlait justement de cette peur qu'ont les élus de ne pas être réélus, allant jusqu'à affirmer que certains préféraient agir le moins possible pour s'éviter la foudre de leurs électeurs. Cette proposition de pouvoir révoquer les élus en cours de mandat devraient au contraire les pousser à écouter les doléances du Peuple plutôt que de sombrer dans des mascarades théâtrales pour faire passer la pilule...

PaD - Je ferais volontiers la connaissance de ce Monsieur ! Rappeler continuellement à nos élus leur devoir de diligence et d'efficacité, oui. C'est le rôle de l'opinion publique. Les attaquer éditorialement, oui. Leur rappeler qu'ils sont au service de la collectivité. Mais la révocation, ou l'impeachment (cf. Nixon, 1974), cette épée de Damoclès, ne me semble pas une bonne solution. En les élisant, on leur donne un certain pouvoir pour une certaine durée. Exemple : Sarkozy a eu cinq ans pour agir. Le 6 mai à 20h, il sera peut-être poliment prié d'aller voir ailleurs. Il aura eu sa chance.

GB - Oui, il aura eu sa chance. Et à quel prix ? Tous, ou presque, s'accordent pour dire que son bilan est catastrophique. Combien de françaises et de français ont ardemment désiré de le voir se retirer avant l'heure ? Nous ne pouvons pas seulement élire puis nous contenter d'attendre, la bouche ouverture, que vienne l'heure des comptes. Diriger un pays, participer à son fonctionnement, incombe des responsabilités, mais avant tout des devoirs ! Et nos représentants, démocratiquement élus, n'échappent pas à cette règle !

PaD - Certes. Mais je ne suis pas d'accord de soumettre nos élus à la dictature, au demeurant si versatile, de l'opinion. Tout mandat a des hauts et des bas, tout président doit se heurter à des grèves, des crises. Et c'est justement à lui de les résoudre. Dans une enveloppe de temps donnée. Et puis, il faut parfois prendre des décisions impopulaires : hausses d'impôts, allongement des durées de cotisation. Sous les huées, il faut tenir. C'est très dur, mais ça fait partie du jeu. Et c'est pour cela qu'il faut élire des gens avec du format.

GB - Tout doit être une question de juste mesure. Laisser le champ libre durant plusieurs années à une personne, au demeurant humaine et capable de se tromper et ainsi en faire pâtir la population toute entière, je n'y suis que moyennement favorable. Je ne veux pas d'un diktat de l'opinion publique, mais je ne veux pas non plus d'une aristocratie politique ! Dès lors, il faut pouvoir instaurer des garde-fous pour sauvegarder nos institutions et le bien-être de nos semblables.

PaD - En l'espèce - et en attendant mieux - il y a déjà un jouissif garde-fous : la non-réélection. Et un autre, en cours mandat, qui n'est pas moindre : la liberté absolue de s'exprimer, critiquer, brocarder, vilipender. Elle ne s'use, celle-là, que lorsqu'on ne s'en sert pas.

Grégoire Barbey + Pascal Décaillet

16/04/2012

À Mauro Poggia

 

Cher Monsieur Poggia,

 

Je découvre avec stupeur et effroi que vous êtes fait du même bois que votre idole et maître Éric Stauffer. Quoi que votre verbe fut plus acéré et mieux ressenti, vos méthodes sont sensiblement les mêmes, et ne dérogent point à la règle d'exclusion que votre parti a si souvent érigé en leitmotiv électoral. Il apparaît comme une évidence que vous n'acceptez pas les critiques acerbes à votre encontre, or en homme politique et médiatique, vous devriez plutôt savoir qu'elles sont communes et n'y pouvez rien, sinon les accepter et avoir l'humilité de les prendre en compte, quand bien même elles s'avéreraient infondées. Comme votre Seigneur, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour nettoyer les taches qui viendraient salir votre blog. Admireriez-vous votre image au point de n'en tolérer aucune atteinte ?

 

Je ne suis guère étonné – plutôt conforté dans mes positions – de voir qu'il n'y a rien qui puisse filtrer sur votre blog et celui de vos comparses sans une méticuleuse observation. Ah ! Je vous tiens, pris sur le fait ! Vous vous réclamez du Peuple, mais cela n'est que du vent, une musique sans profondeur pour charmer les serpents. Vous ne tolérez aucunement que ce Peuple dont vous vous faites le soi-disant porte-parole défie vos discours et médise à votre endroit. Dès lors, vous préférez succomber à la facilité, et censurez les propos qui ne vous caressent pas dans le sens du poil. Est-ce ainsi que vous agiriez si vous étiez élu pour un mandat à l'exécutif ?

Que le Peuple craigne de vous voir vous profiler à l'horizon, vous et votre bande d'arrogants personnages, me paraît être le garant que nos concitoyens et concitoyennes ont encore suffisamment de lucidité pour ne point sombrer dans les amalgames ridicules qui vous servent de marketing pour augmenter votre électorat.

 

C'est toujours plus aisé de cacher la poussière sous le tapis que de la nettoyer. C'est pour cela qu'existe votre parti : pour ne point cacher l'horreur susceptible de traverser certains esprits en période de crise. Et je le dis, heureusement qu'il existe, ainsi nous pouvons prendre la température de la population et savoir à quel point elle se sent trahie par ses représentant-e-s. Mais de grâce, soyez plus digne de votre statut de racoleur des foules, cher Monsieur Poggia. Je vous lis toujours avec attention – comme je lis d'ailleurs toutes celles et ceux qui font de la politique sur la plate-forme de la Tribune de Genève – et prends parfois la peine de vous témoigner mes appréciations quant à vos diatribes. Celles-ci sont toujours polies et agréablement rédigées, vous en conviendrez, je l'espère. Néanmoins, étrangement, elles n'apparaissent point sur votre blog. Je vous imagine Ô combien grimaçant à la lecture de mes commentaires, qui vous posent visiblement des questions auxquelles vous préférez ne pas répondre.

 

Ainsi, j'use de mes droits démocratiques et publie cette petite lettre pour ouvrir un dialogue qui peine, lorsque vous êtes derrière les manettes, à faire sa place. Vous me pardonnerez bien évidemment ce culot qui me pousse à vous alpaguer au-delà de vos terres, que vous gardez vaillamment pour qu'aucune salissure ne puisse témoigner d'un quelconque relâchement de votre part. J'aime à penser que vous prendrez la peine de répondre à mes interrogations, qui même si elles ne vous plaisent point, sont légitimes et méritent une attention similaire aux agréables commentaires envoyés par vos militants, toujours flatteurs et délicats à votre égard. Alors, par-delà la censure et la présence médiatique, qu'avez-vous à proposer pour nous, citoyens et citoyennes de la République et Canton de Genève, cher Monsieur Poggia ?

 

Grégoire Barbey

09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : mauro poggia, blog, politique, lettre, censure, genève, citoyens, république, démocratie |  Facebook | | | |

12/03/2012

Supprimons le droit de vote, les casseurs ont accès aux urnes !

 

NON, nous ne voterons pas pour protéger nos acquis sociaux. NON, nous ne voterons pas pour travailler moins ! NON, nous ne voterons pas pour que nos libraires puissent survivre dans un marché où la concurrence ne suit aucune éthique ! OUI, nous mettrons nos gosses à l'école le mercredi matin, parce qu'il semblerait que cela ne nous a pas suffisamment instruit pour voter correctement et comprendre comment défendre nos intérêts !

 

Eu égard aux récents résultats des votations cantonales genevoises et fédérales, le mouvement Occupy Geneva a lancé une proposition que je désire partager ici : un référendum pour supprimer le droit de vote !

Si nous extrapolons la rhétorique de notre futur Procureur Général Olivier Jornot, le Peuple n'est pas à même de s'autonomiser. Les casseurs, qu'il prétend combattre, peuvent utiliser les urnes. Comment ne pas s'en indigner ? Supprimons le droite de vote ! C'est terminé, la célèbre théorie de Jean-Jacques Rousseau sur la « vox populi vox dei » n'est plus en mesure de garantir le réel intérêt du Peuple. La propagande a remplacé les coups de matraque (selon Chomsky) et envahit les rues à la place des citoyens opprimés par leurs représentants.

Il ne faut pas se leurrer, que le Peuple ait en son pouvoir le droit de vote est la véritable source de l'insécurité ! Imaginez, des lois votées par des casseurs, quelle impensable gabegie !

Soyons lucides et attaquons-là où le problème est enraciné. Le bon Peuple ne veut visiblement pas de ses droits démocratiques, ne nous gênons pas pour les leur supprimer définitivement ! C'est quand même un comble de donner à des incapables un droit aussi précieux, aussi puissant.

Combien de nos ancêtres sont morts pour avoir rêvé la démocratie ? Combien de nos enfants crèveront la bouche ouverte pour l'avoir vécue ? Il est l'heure d'y mettre un terme !

La démocratie est un poison, Monsieur Jornot a raison. Liquidons ces dangereux énergumènes qui ne sont bons qu'à casser dans les manifestations. Ni droit de protestation, ni droit d'action, voilà le rêve secret de notre droite ultra-sécuritaire.

Allons, chers concitoyens et chères concitoyennes, toutes et tous unis pour voter OUI à la suppression du droite de vote !

 

Grégoire Barbey

00:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : loi, manifestation, olivier jornot, droit de vote, acquis sociaux, démocratie |  Facebook | | | |

01/03/2012

Internet, la nouvelle Agora

 

En vitesse.


Je remarque que la politique ignore, ou feint d'ignorer, l'essor impressionnant que prend l'internet.

C'est pourtant, selon moi, une erreur fondamentale. D'autant plus dans un pays qui se réclame démocratique. Le web 2.0, c'est structurellement la nouvelle Agora, les citoyens et les citoyennes s'y retrouvent, interconnectés, pour débattre de tous les sujets de la vie quotidienne. Non seulement, le potentiel politique de la toile ne fait aucun doute, mais de surcroît, cela offrirait aux politiciens une proximité encore jamais égalée avec la Vox Populi.

 

Pourquoi ne pas, par exemple, organiser régulièrement des débats, internet fait finalement très bien office de place publique. Le politique a tout intérêt de se mêler à la masse, de prendre la température auprès de ses semblables, et d'accorder une véritable importance à leurs opinions, qui divergent énormément selon les individus.

La polis selon Aristote, c'est la vie de la Cité. Tout est affaire de politique. Être à l'écoute des attentes de ses concitoyen-ne-s, n'est-ce pas le devoir de toute personne investie dans la politique ?

Les récents événements genevois qui ont déferlé la chronique impactent l'opinion publique. Il est déconseillé dans un système tel que le nôtre de fermer les yeux sur l'avis majoritaire. Je mentionnais dans un précédent article l'importance de la révocation, qu'il faudrait selon moi implémenter au sein des outils démocratique. Génération web, cela implique nécessairement de nouvelles mécaniques, notamment la vitesse phénoménale à laquelle transitent les informations. Cacher des non-dits devient beaucoup plus difficile pour toute organisation, qu'elle soit privée ou étatique. Il suffit de constater le projet de loi ACTA, sur lequel j'ai rédigé un article pour le site de Gauche Anticapitaliste*, qui démontre l'inquiétude des élites gouvernantes à l'égard de l'internet. C'est un formidable outil de propagation, où la transparence y est presque imposée.

La politique doit être connectée aux citoyen-ne-s. Prendre en compte le web est donc nécessaire.

Je le répète, c'est la nouvelle Agora. Ne passons pas à côté d'une telle opportunité !

 

Grégoire Barbey

 

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=5884

20:22 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, agora, athènes, démocratie, révocation, vitesse, internet, web, 2.0 |  Facebook | | | |

25/02/2012

De l'utilité de la révocabilité des élu-e-s pour combattre la corruption institutionnalisée des lobbys multinationaux

 

En ces temps politiques conflictuels, il est impératif de s'interroger sur la viabilité, les qualités et surtout les défauts de notre système démocratique.

Les récents événements qui ont déferlé la chronique ne sont pas anodins, et ne doivent en aucune façon être pris à la légère. Les élus de la Ville de Genève, du moins une certaine proportion d'entre eux, semblent avoir oublié les valeurs fondamentales que sont le respect, l'honnêteté, la transparence, la dévotion et l'abstraction de leurs intérêts au profit du plus grand nombre.

Comment rester silencieux face à de tels comportements ? La mode actuelle est apparemment, eu égard aux discours de quelques politiciens, de nier l'importance d'une politique éthique, je dirais même d'une « poléthique ». Philippe Glatz, ancien président du Parti Démocratique Chrétien, s'est illustré sur mon blog par un commentaire tout-à-fait symptomatique de cette nouvelle tendance.

Je défendais dans un article, publié il y a quelques temps, la nécessité pour notre démocratie et le respect du Peuple de connaître le montant de la transaction effectuée par Mark Muller avec le barman, victime de la violence du conseiller d'État le 31 décembre.

D'après Glatz, donc, vouloir invoquer les valeurs morales aurait « quelque chose de très inquiétant pour ces mêmes démocraties ». Plus loin, il continue : « Vous vous rendrez peut-être compte que, sous prétexte de "morale", lorsque vous remettez en question les fondements de notre droit qui accorde à chacun la possibilité d'un arrangement à l'amiable avec la partie adverse, en fait, vous remettez en cause bien plus que l'attitude exemplaire que vous souhaitez, mais les bases de notre démocratie. (...) Sous aucun prétexte nous n'avons à contester cette liberté reconnue par le droit, à moins que de vouloir instaurer une forme de dictature, dans une société inégalitaire qui n'offrirait plus aucune garantie, dans le cadre d'une application aléatoire du droit selon que l'on soit un élu ou un simple citoyen. »

Monsieur Glatz prêche pour sa paroisse, cela va de soi. Néanmoins, cette tentative de manipuler ma réflexion sur l'importance d'une « poléthique » est révélatrice. Dès lors qu'un-e citoyen-ne ou un-e élu-e désire apporter des changements dans le système pour y permettre davantage d'honnêteté et de transparence, les mêmes arguments sont rabâchés continuellement, comme s'il fallait comprendre que le respect des valeurs constitutionnelles était un danger pour notre démocratie, justement basée sur cette fameuse Constitution. Cette position est intrinsèque à la pensée élitiste qui veut éloigner le Peuple des véritables décisions.

Selon la définition du Vocabulaire technique et critique de la philosophie (Éditions puf, 1996), la démocratie est un « État politique dans lequel la souveraineté appartient à la totalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité ».

Notons bien que nous pouvons interpréter que la non-distinction de naissance implique qu'un étranger peut également prendre part à la politique et faire usage du droit de vote. Je ne désire pas rentrer dans ce débat, toutefois j'y accorde une grande importance également.

Là où j'aimerais en venir, en parlant des dernières affaires qui ont éclaboussé le monde politique genevois, c'est l'impossibilité du Peuple à révoquer ses élu-e-s.

La révocabilité devrait être une part essentielle des outils démocratiques. Il ne faut pas confondre la révocation avec « l'impeachment ». Ce dernier permet au pouvoir législatif de destituer un représentant du gouvernement, alors que la révocation, comme ce fut le cas à Athènes, donne ce pouvoir au Peuple. Cette mesure doit bien évidemment être rigoureusement institutionnalisée et constitutionnellement délimitée. La révocation pourrait être une option épisodique. Un représentant serait ainsi amené à rendre des comptes, par exemple, une fois par année, et la décision reviendrait au Peuple de lui octroyer le privilège de continuer son mandat ou d'y mettre fin immédiatement.

Les oppositions ne manquent pas, et la difficulté à intégrer cette procédure n'en est pas moins non-négligeable.

Cependant, il est à noter les avantages qu'offrirait une telle option. Notre système démocratique est imparfait, c'est une évidence qu'il serait malvenu de nier, et la transparence des député-e-s, élu-e-s, représentant-e-s et consorts fait cruellement défaut. L'institutionnalisation de la révocation impliquerait instantanément cette valeur que nos édiles combattent tant.

Je m'entretenais pas plus tard qu'aujourd'hui avec une connaissance, qui est conseiller national. Cette personne m'a confié des anecdotes d'une alarmante actualité. L'omniprésence des lobbys au sein de notre gouvernement est quelque chose d'inacceptable et de profondément anti-démocratique. Je précise que mes mots sont pesés. Certaines entreprises proposent aux député-e-s des sièges dans des conseils d'administration ou de consultation, moyennant rémunération. Cette méthode, que je considère être une grave corruption et un charlatanisme malsain, n'est pas une exception. Non, c'est même la règle. Ces grands groupes de pression, qui représentent les intérêts de multinationales diverses et variées, comme l'industrie pharmaceutique, nucléaire, agroalimentaire, les assurances maladie, les armes, les banques, et ainsi de suite font usage de techniques flirtant bien souvent avec l'inégalité.

J'ai eu vent que la Tribune de Genève avait souhaité publier des articles dénonçant les méthodes peu orthodoxes de ces groupuscules et s'était vue menacée par l'un d'entre eux d'un retrait momentané de leurs publicités. Cela représenterait une perte de plusieurs centaines de milliers de francs en quelques mois. Avec une telle pression, le silence est une impérieuse nécessité. Les intérêts financiers sous-jacents sont monumentaux. Que la Suisse tolère de pareilles manœuvres d'intimidation est non seulement un scandale, mais également une grave atteinte à l'intégrité des élu-e-s politiques.

En de telles circonstances, la révocabilité se justifie d'elle-même, afin de pouvoir juger de l'honnêteté et de l'implication des édiles dans leurs tâches.

Les représentant-e-s du Peuple sont à son service, et doivent œuvrer dans son intérêt, non vendre leur âme au Diable.

J'ai bien conscience que je jette un pavé dans un océan trouble et pollué, et qu'il ne risque pas de faire de nombreuses vagues. Pourtant, il m'apparaît être de mon devoir, et de celui de chacun-e de mes concitoyen-ne-s de s'impliquer pour dénoncer ces abus, et faire en sorte de laisser aux générations futures un monde où la corruption n'est pas une affaire d'État.

Tant pis si je dois m'attaquer à la gauche comme à la droite pour mettre en lumière ces méthodes honteuses qui donnent la possibilité à des « réseaux mafieux » de s'approprier le pouvoir.

La révocabilité des hauts fonctionnaires de notre gouvernement est une idée qui doit faire, et je le sais, fera son chemin dans l'esprit du Peuple.

 

Grégoire Barbey

21/02/2012

Entretien avec Pascal Décaillet : la morale en politique ?

Voici un article que Pascal Décaillet (journaliste indépendant, animant notamment l'émission Genève à Chaud sur Léman Bleu) a publié sur son blog. Discussion calibrée en 4'000 signes, soit 350 signes par intervention. D'autres dialogues sont à venir !

J'inaugure ici une série d'entretiens avec le jeune écrivain Grégoire Barbey - Bonne lecture! - Mardi 21.02.12 - 17.16h

 

GB - Pourquoi pensez-vous qu'un élu du Peuple, dans une démocratie telle que la nôtre - qui a ses grandeurs comme ses faiblesses - ait droit de prétendre au luxe de ne point divulguer ses actes dans une affaire juridique qui somme toute appartient désormais à l'ensemble de la population ? N'avez-vous donc pas d'égard pour l'éthique ?



PaD - Un élu du peuple répond de ses actes publics. Mark Muller doit rendre des comptes sur son bilan politique, assurément loin d'être parfait, d'ailleurs ! L'affaire du réveillon est d'ordre privé. Seriez-vous à ce point acharné à vouloir sa perte, s'il était un élu de gauche ? Ou du centre ? Tiens, un gentil Vert. Ou un gentil PDC. Votre hargne ne serait-elle pas - allez, au moins un peu  - de l'ordre d'une vengeance de classe ?

 

GB - Nullement, mais vous faites bien de le demander ! Qu'une telle affaire soit à gauche, au centre ou à droite n'a guère d'importance. Néanmoins, j'étais sûr que vous invoqueriez la notion de « privé ». Définissez-la moi ! Soyons clairs, ce monsieur a des responsabilités, et le MàD n'est pas un lieu où le privé peut faire office de barrage face aux débauches d'un politicien quel qu'il soit !

 

PaD - Débauche ! Vous voilà glissant sur le terrain de la morale. La vie sentimentale, voire charnelle, d'un politicien ne m'intéresse pas. J'attends de lui qu'il soit un bon politicien, dans le sens de la Cité, l'intérêt public. Pas qu'il soit un saint. Ni un eunuque. Qu'il dérape dans un bar, un soir de réveillon, ne m'enchante certes pas. Mais n'est pas, à mes yeux, une cause de démission.

 

GB - Eh quoi ! Devons-nous faire abstraction de la morale en politique ? Ce n'est pas de ses rapports sentimentaux ou charnels dont il est question, mais de son comportement violent et de ses mensonges sciemment proférés pour protéger ses intérêts ! N'a-t-il pas lui-même avoué avoir triché sur ses allégations ? Oui, cela mérite une démission, et vite !

 

PaD - Âme sensible, je vous choque, désolé : oui, il est possible qu'il faille faire un peu abstraction de la morale en politique. La politique est une chose. La morale, une autre. Que l'une et l'autre se nourrissent, s'interpellent. Mais la politique, ça n'est pas la morale. Ni l'immoralité, bien sûr. Elle est d'un autre ordre, d'un autre horizon d'attente. Machiavel, dans Le Prince, a écrit de fort belles pages sur ce sujet.

 

GB - Machiavel est d'une autre époque ! En démocratie, il ne faut pas se considérer comme un Prince, bien que cette dérive soit commune à quelques-uns. Non, l'éthique et la politique ne sont pas dissociables. L'une et l'autre sont nécessaires. Le Peuple est en droit, et a même le devoir de demander des comptes à ses élus. Diantre, ne faudrait-il pas pouvoir les révoquer en cas de dérives ? Allons !

 

PaD - L'addition présentée par le peuple aux élus, c'est tous les quatre ans : cela s'appelle les élections. Révocation en cours de mandat ? N'existe pas, pour l'heure, dans notre ordre juridique. Ce qui m'inquiète, c'est votre mot : « dérives ». Nous revoilà dans le jugement moral ! La pire dérive, pour un magistrat, c'est de faire une mauvaise politique. Le reste ne m'intéresse guère.

 

GB - Je suis un citoyen, et en tant que tel, je donne mon avis. Pour moi, cette affaire rentre clairement dans le cadre d'une dérive. Un politicien a des responsabilités envers son électorat. Il n'a pas le droit de se comporter à son aise. Il représente le Peuple, et doit agir en tant que tel. La révocation devrait être une option, la démocratie n'en serait que grandie !

 

PaD - L'éthique protestante - éminemment respectable - va dans votre sens. Elle a beaucoup influencé, en 450 ans, la notion qu'on se fait à Genève d'un « magistrat ». Pour ma part, je suis indifférent à la vie privée. Mais très exigeant sur la performance politique ! A cet égard, il me semble qu'on pourrait porter une certaine sévérité à certaine collègue libérale de M. Muller, responsable de la police. Mais c'est une autre histoire !

 

GB + PaD

18/02/2012

Pourquoi les suisses-ses participent si peu aux votations ?

Cette question me parait être d'une importance capitale. J'avais déjà énoncé précédemment le fait, alarmant, que seuls 30% de la population suisse fait usage de son droit de vote. Nous sommes en démocratie, faut-il encore le rappeler. L'idéal de notre pays se résume ainsi : le Peuple souverain.

Peut-on encore considérer qu'il est pertinent de penser ainsi lorsque deux tiers des individus éligibles n'exercent pas leur devoir fondamental en tant que citoyen ?

Il y a malaise dans la démocratie ! Les citoyen-ne-s se sentent écarté-e-s de la chose politique. Certainement à juste titre. Je me propose d'explorer quelques pistes de réflexion qui pourraient déblayer les raisons de cet abstentionnisme généralisé.

La conscience politique à l'école

Il est de notoriété publique que l'école n'enseigne strictement rien sur le plan politique, bien qu'il existe, en tout cas à Genève, des cours d'éducation civique. L'argument évoqué pour expliquer ce refus d'apporter une conscience politique au sein de l'enseignement public est que l'école se doit de rester neutre sur les appartenances et idées politiques. C'est effectivement louable de ne point désirer influencer l'esprit des jeunes étudiants, mais gardons en tête qu'il y a bien d'autres moyens de se faire endoctriner en-dehors du domaine scolaire.

Évidemment, un individu qui acquiert la majorité – à dix-huit ans – et qui ne s'est jamais intéressé au domaine du politique aura de la peine à s'y investir concrètement. De ce fait, ceux qui reçoivent une éducation en la matière dans la sphère familiale sont bien avantagés. Pas tous les parents enseignent cela à leurs enfants.

Dès lors, il est difficile d'obtenir un taux de participation élevé aux divers exercices citoyens si la majorité des jeunes n'ont tout simplement aucune connaissance élaborée sur le fonctionnement politique de notre pays et du système qui le régit. Il y aurait pourtant de nombreuses options pour palier à ce manque et ce sans sortir du cadre de neutralité qui désire conserver l'enseignement public. Il y a tant à apprendre dans ce domaine, et cela ne relève pas nécessairement d'une idéologie politique spécifique. Avant de pouvoir s'y intéresser, il faut au préalable comprendre de quelle façon le système fonctionne. Les fascicules envoyés avec les bulletins de votation n'ont rien de neutre puisqu'un avis y est clairement formulé sous la forme de : « Le Grand Conseil vous recommande donc de voter ... ». Comment savoir pour le citoyen lambda ce qu'il doit voter au mieux de ses intérêts ? Et cette question de neutralité me dérange, quelque part. Faut-il arrêter d'enseigner des valeurs humanistes (comme l'entre-aide, la conscience de l'autre etc.) sous prétexte qu'elles s'apparentent davantage à une idéologie de gauche ? Ce terme est vague. Tant qu'un enseignant ne fait pas de propagande pour un parti, n'est-ce pas essentiel d'y intéresser les élèves, qui ne sont rien de plus que la relève de demain ? La politique, dans un système démocratique comme le nôtre, ne doit pas être élitiste, ni avoir l'image d'un élitisme quelconque. Tout un chacun est libre de s'exprimer dans ce domaine, et de faire valoir sa parole ! Je soutiens donc, personnellement, que des cours soient instaurés pour offrir aux jeunes l'ébauche d'une conscience politique, outil vital pour exercer ses droits et protéger ses intérêts. Qu'une faible proportion des enfants reçoive une éducation politique renforce l'écart et creuse les inégalités, invariablement. Personne ne devrait être écarté, même involontairement, de l'exercice civique dans une démocratie. Cela nuit à son bon fonctionnement. Idéalement, tous ceux qui peuvent participer devraient le faire. Je me contenterai déjà qu'une majorité de citoyens fasse usage de leurs droits, ce serait un sacré changement.

Je vote OUI, NON ou je m'abstiens, est-ce là mes seuls choix possibles ?

Face à la votation, il y a deux possibilités qui sont reconnues : voter OUI ou NON. L'abstentionnisme n'a aucun impact sur une votation, ce qui est aberrant. Comment ne pas s'inquiéter d'un taux d'inactivité civique aussi élevé ? Voter est un devoir, mais les gens ne veulent pas exercer un devoir sans la connaissance nécessaire qui doit aller avec. Voter n'est pas un acte anodin, il présuppose que celui qui vote sait ce que son choix aura comme implications s'il est majoritaire. Celles et ceux qui n'ont pas été initié-e-s à la politique peuvent très bien ignorer concrètement ce qu'une votation peut impliquer. Les fascicules ne sont pas toujours à la portée de toutes et tous, bien au contraire. À moins de s'y intéresser avec rigueur et méthode, exercer son droit de vote est une tâche difficile, en supposant que chacun fasse son choix pour lui et non selon les revendications d'un parti. Il faut connaître tout ce qui se cache derrière la question énoncée par la votation. L'exemple le plus illustratif que je puisse prendre est le cas de la votation au sujet des manifestations. La feuille de vote énonce plus ou moins ceci : acceptez-vous la loi contre les manifestations (manifestation à potentiel violent) ?

Or, cette tournure de phrase est clairement erronée et prend parti pour l'acceptation de la loi. Elle ne concerne pas uniquement les manifestations à « potentiel violent » mais la totalité de celles-ci, qu'elles soient pacifistes ou violentes. Le citoyen ou la citoyenne lambda qui prendra acte de ce bulletin sans s'intéresser au reste votera, à coup sûr, en faveur de cette loi, parce que rares sont les personnes qui sont pour les manifestations violentes !

Eu égard à cet exemple, il est donc primordial de se renseigner et de connaître tout ce qui concerne une loi soumise à votation pour procéder à un choix constructif.

Mais pas tout le monde n'a le temps pour s'investir autant. Entre le travail, les factures, et toutes les autres contraintes extérieures, difficile d'être libre pour exercer son devoir en tant que citoyen-ne suisse.

Je reviendrai dans un prochain billet sur les options possibles au-delà du simple OUI ou NON.

Les raisons pour lesquelles tant de citoyen-ne-s n'exercent pas leurs droits et devoirs ne manquent pas. Tant sur le plan personnel que de l'enseignement public. Il faudrait songer à revoir certaines choses inhérentes à notre système pour favoriser la rigueur des individus dans l'exercice de leurs droits et devoirs. Il est évident pour moi qu'une telle quantité d'abstentionnisme révèle un malaise, et pas des moindres !

Il est important de s'en rendre compte et de vouloir faire en sorte d'améliorer tout ça. Une vraie démocratie compte sur l'investissement du Peuple. Ce n'est actuellement pas encore chose faite...

Ce sujet m'a été suggéré par Jacqueline via mon profil Facebook.

19:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : politique, démocratie, droits, vote, votations, loi, réforme, enseignement public |  Facebook | | | |

11/02/2012

Décaillet sur le vif, Mark Muller est en droit de nous cacher la vérité ?

 

À vif.

Pascal Décaillet défend Mark Muller dans un article publié sur son blog, considérant qu'il ne doit en aucun céder aux pressions du Conseil d'État qui demande à connaître le montant de sa transaction avec le barman du Moulin à Danses, qui je le rappelle, avait subi des attaques physiques de la part de Muller, ce dernier l'ayant reconnu après avoir obtenu le retrait de la plainte de la partie plaignante.

J'aimerais, en toute humilité, répondre à monsieur Décaillet, qui je pense occulte quelques menus détails. Mark Muller, en tant que conseiller d'État, a des impératifs. En privé, ses actes ne regardent que lui, c'est une évidence. Mais lorsqu'un comportement litigieux filtre aux oreilles du Peuple, l'affaire ne peut plus être considérée comme relevant de la sphère privée. Elle appartient, selon moi, à la chose publique, car les électeurs ont non seulement le droit, mais la nécessité de connaître le profil de leurs représentant-e-s. Monsieur Muller, fut-il le plus agréable ami, ou le père le plus dévoué, a en cela une responsabilité envers la République et ses habitant-e-s. Que son affaire soit médiatisée à outrance, c'est une réalité, et il faut sûrement le déplorer. Moi le premier. Cependant, que le conseiller d'État agisse, face à la Justice et sous les yeux du Peuple, à l'encontre de toute éthique, ça ne peut pas être excusé, ni étouffé. La lumière n'avait pas encore été faite sur les circonstances de l'affaire que monsieur Muller offre une compensation financière (dont personne ne sait actuellement l'exacte nature, et si pot-de-vin il y a) à la victime, avouant de surcroît avoir menti dans sa version des faits, pour obtenir le retrait de la plainte.

Que pensait-il en se comportant de la sorte ? Qu'il s'échapperait discrètement, sans avoir à répondre de ses actes ?

Je m'exprime ici en tant que simple citoyen. J'espère néanmoins que d'autres que moi considèrent que la démocratie impose à nos représentant-e-s de se comporter en exemple. Je n'ai pas l'impression de divaguer lorsque je réclame une transparence sans compromis à l'égard du Peuple, qui est le seul juge lorsqu'il s'agit de prendre une décision et d'élire quelqu'un. En fait, il m'apparaît même tout à fait antidémocratique de taire de pareils agissements. Il est évident que les citoyen-ne-s fondent leur avis sur un personnage politique d'après ses actes et non ses allégations. Du moins, il devrait en être ainsi. Mark Muller peut avoir toutes les bonnes raisons du monde, mais cette attitude mérite une réaction ainsi qu'un juste châtiment, et l'opinion publique n'est jamais tendre lorsqu'il s'agit de se prononcer sur une personne qui lui a sciemment caché la vérité. L'honnêteté paie davantage, et reconnaître avoir failli à ses responsabilités est tout à l'honneur de celui ou celle qui le fait. Je sais qu'aujourd'hui, le comportement humain ne fait pas bon ménage avec la politique. Affaire de carrière, ou d'image personnelle, je ne sais que penser. Pourtant, avoir l'humilité de se remettre en question devant le regard interloqué du Peuple est probablement la plus belle démonstration d'intégrité et d'intelligence. La sincérité devrait être une qualité essentielle, sinon indispensable pour s'engager en politique. Ce n'est pas parce qu'actuellement, les règles sont différentes, que nous ne devons pas nous attendre à mieux, et à faire en sorte que cela évolue. Pour ma part, je suis scandalisé par le comportement de monsieur Muller, qui n'a clairement aucune décence ni aucun égard pour celles et ceux qu'il représente. C'est, et j'assume mes propos, honteux que nous ayons de tels personnages pour veiller sur nos intérêts.

Revenons-en à Pascal Décaillet, « amoureux de politique », oui, mais l'éthique ne devrait-elle pas être aussi sinon plus importante que la politique ? L'une peut-elle aller sans l'autre ? Doit-on faire abstraction de son respect et de son éthique lorsqu'il faut s'intéresser à la « vie de la cité » ?

Ce journaliste est-il à ce point aveuglé pour ne pas apercevoir qu'au-delà de l'affaire Muller, c'est l'image même de la politique, de la démocratie eu égard à notre Constitution suisse, qui est en jeu ?

Pour moi, il va sans dire que la politique se doit d'être transparente, sans quoi, jamais je n'adhérerai à un parti quelconque. Et je réclame la démission de Mark Muller, pour fautes graves envers son devoir de représentant du Peuple. Genève ne sortira effectivement pas grandie de cette histoire.

Navré, mes intérêts passent après celui du Peuple. Pardonnez-moi de faire passer l'éthique avant mon hypothétique carrière dans le domaine politique. Je ne me soumettrai pas à des menteurs.

 

Grégoire Barbey

 

Sources : http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2012/02/10/politique-mais-illegale-la-pression-de-pfu.html

01:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : politique, décaillet, muller, éthique, transparence, respect, humanité, démocratie, mensonge |  Facebook | | | |