25/05/2012

L'envers du justicier Poggia : des principes Mauro à géométrie variable

 

Chronique, 25.05.12 8h45

 

Mauro Poggia, conseiller national MCG et avocat au barreau de Genève, semble avoir la morale qui fluctue au gré de ses envies. En effet, dans la Tribune de Genève de ce jour, ses méthodes peuvent à juste titre être remises en question. Le célèbre politicien qui a construit sa renommée à travers son combat contre les assurances maladies a-t-il des choses à cacher ? C'est la question que peut légitimement se poser les lectrices et lecteurs du quotidien genevois. Si Poggia peut plaider ne pas connaître suffisamment bien la Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation (LDTR), peut-il raisonnablement nier devoir s'informer, en tant qu'avocat, des lois qui régissent nos comportements ? Cet argument, de « bonne foi », me semble léger. Pour ne pas dire honteusement mensonger. De surcroît, la déontologie qui va de pair avec le métier qu'il exerce ne devrait-elle pas remettre en question la légitimité de son implication dans cette affaire familiale ? Je ne suis pas persuadé, mais je puis me tromper, que d'un point de vue émotionnel, la défense d'un proche soit la garantie d'un travail exemplaire en la matière.

 

Quelle fable inventera donc le conseiller national MCG pour se disculper de tous les doutes qui s'imposent dans cette sombre affaire ? À force de vouloir se donner une image de défenseur des opprimés, Monsieur Poggia en a oublié les bonnes manières. Et, avec cela, le respect de l'éthique et des lois. Pour un avocat, c'est fort de café.

 

Mise à jour : À la lumière de ces faits, j'ai redécouvert, grâce à un lecteur perspicace, les propos de Mauro Poggia, tenus sur mon propre blog. Le citer est donc de circonstance : « Pour ce qui est de mon programme, je propose, contrairement à certains, non des commentaires sur les actions d'autrui, mais des actes concrets, comme je le fais depuis 30 ans, en qualité d'avocat, au service, le plus souvent, des plus démunis. Ceux-là mêmes qui nourrissent les belles phrases sans lendemain d'une certaine classe politique bienpensante, à laquelle je me garderai bien de vous assimiler précipitamment. » Plus loin : « Je suis peut-être un idéaliste, mais l'on ne fait rien sans idéal. Je ne suis pas venu en politique pour me faire connaître ou pour faire carrière, mais bien parce que j'ai vu, en côtoyant les difficultés de mes clients, que les choses doivent changer. Je continuerai tant que je pourrai croire à ce que je fais, même si, malheureusement, la politique, plus encore que les autres secteurs de notre société, est tenue par des personnes pour qui il s'agit du seul moyen de réussir enfin quelque part. » Il a le sens de l'humour, ou alors ce n'est qu'un fieffé menteur. Au lecteur averti d'en juger. Vous pouvez retrouver ces commentaires sur cet article.

 

Grégoire Barbey

15:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (72) | Tags : politique, avocat, lois, déontologie, morale, corruption |  Facebook | | | |

23/04/2012

N'est pas PLR qui veut : Pierre Maudet et le copinage

 

Un article de la Tribune de Genève en ligne nous informe aujourd'hui, lundi 23 avril 2012, que le candidat à l'élection partielle du 17 juin prochain pour le Conseil d'État fait preuve d'une intégrité à géométrie variable. Lui qui, il n'y a pas si longtemps, prétendait n'être « l'homme d'aucun lobby », n'a pas l'air de conspuer le copinage. Il tente également de dissocier son image de candidat et celle de son appartenance partisane. Malin comme il est, celui n'ignore pas que les casseroles de son parti risquent de lui coûter la place qu'il brigue. Pierre Maudet a tout intérêt à vouloir gommer aux yeux du public qu'il appartient au PLR. N'oublions pas qu'il s'agit ni plus ni moins de sa carrière ! Sans la politique, le prototype du « bon citoyen » se retrouverait au chômage. Alors, Monsieur Maudet et son proche entourage veillent au grain. À nous, citoyens, d'y trouver l'ivraie...

Gardons les yeux ouverts, car la tradition des radicaux en politique, c'est de jouer avec les mensonges et la trahison. Notre bon et brillant Maudet n'échappe guère à la règle, pour son propre malheur...

 

Grégoire Barbey

 

Sources : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/ville-condamnee-v...

 

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05/04/2012

Tendre vers le surpassement de soi

 

Réfléchir, c'est se projeter au-delà de soi-même et se contempler. Or, cela reste une perception tout-à-fait subjective, qu'il convient de relativiser. Il est pourtant nécessaire d'être en mesure de se regarder avec le moins d'apparat possible, de se mettre à nu, au moins face à notre propre regard.

Pourquoi devoir poser sur soi un œil critique ? Cette question implique de rentrer dans le fondement de ma philosophie, à savoir le dépassement de soi, qu'il est également envisageable de formuler le surpassement de soi. C'est une réflexion déontologique, qu'il convient de comprendre comme étant propre à ma vision personnelle, que je tire de mes propres expériences empiriques. J'établis ce cheminement intellectuel depuis des années déjà, et je n'en suis qu'au commencement.

Cela constitue mon ontologie. Je réfléchis ici pour comprendre comment se réaliser soi-même, ou plus succinctement, tendre vers « l'amélioration ». Cette approche n'est pas des plus aisées, car elle requiert non seulement une connaissance de ses propres limites, mais également d'un minimum de culture eu égard aux états d'âme des autres, pour ne pas proposer une piste de recherche qui soit en décalage complet avec la réalité ontologique du commun des mortels. Et puis, plus important peut-être encore, offrir une piste de réflexion qui ne soit pas que théorique. Il y a toujours ces deux oppositions qu'il est difficile de concilier dans la recherche philosophique : la pratique et la théorie. En effet, lors de la mise en application d'une théorie quelconque, la pratique peut bien souvent se révéler loin des attentes premières. Pourquoi ? À mon sens, réfléchir implique une abstraction de certains éléments, parfois imperceptibles, qui peuvent peser lourd dans la réalisation des objectifs.

Métaphoriquement, il faut concevoir l'être de la même manière que la vie. Elle est un mouvement constant, et tout frein à celui-ci engendre généralement la mort, ou de façon imagée, la disparition de la vie. L'être doit tendre vers un changement perpétuel. Je reprendrai ici l'analogie du serpent et de l'esprit, empruntée à Nietzsche. S'il ne peut pas changer de peau, c'est-à-dire muer, il finit par mourir. Il en va de même pour un être qui ne se réalise pas, ne s'épanouit pas. À force d'évoluer dans la même prison sensible, avec les mêmes peurs et les mêmes certitudes, l'esprit n'a de cesse de s'autodétruire. Peut-être la dépression n'est-elle rien d'autre qu'une automutilation de l'être envers lui-même, pour tenter de s'extraire de sa condition « pressurisée », si j'ose dire. Enfermé dans une cellule de détention intellectuelle, l'esprit requiert d'en sortir, car le risque de son immobilité, de son incarcération en lui-même, n'est autre que son propre anéantissement. Une connaissance m'a rapporté que pour Cioran, un fou est celui qui a tout perdu, sauf sa raison. Je trouve cette définition très proche de la réalité, d'autant plus de ce que j'essaie de dépeindre à grand peine. Nous avons toutes et tous une raison, à n'en point douter, mais elle est différente pour chacun d'entre-nous. Elle se fonde, comme tout le reste de l'être, selon l'environnement dans lequel elle évolue. Il nous est vraisemblablement impossible d'attribuer à quiconque le jugement d'être « irraisonné ». Ce serait une erreur. Tout être humain, à défaut de pouvoir le certifier pour les autres espèces, possède une raison qui lui est propre, intimement reliée à son parcours, à son vécu. Comme précédemment employé par mes soins, je considère la réflexion comme l'abstraction d'une certaine proportion (relative) de la réalité. Lorsque nous jugeons autrui, nous avons tendance et à nous projeter, et à faire abstraction des traits spécifiques de la cible de notre jugement. Ce qui conduit inévitablement à un constat erroné sur la personne. Le meilleur objet d'étude pour comprendre les autres, c'est nous-même. En s'extrayant de tous préjugés moraux, nous pouvons tenter de nous mettre à la place de celui que nous avons face à nous. Ainsi, bien souvent, si la méthode utilisée est dénuée de tout a priori inadéquat, il sera plus aisé de saisir l'attitude de l'autre. Et pourquoi pas de la comprendre.

Le surpassement de soi, c'est justement cette capacité à pouvoir se regarder soi-même, comme entre quatre yeux, et à reconnaître ses torts. C'est avoir la volonté de tendre vers l'avant, en s'améliorant, en essayant de dépasser nos errements, car ils sont nombreux. Ne pas rester dans un carcan fait de convictions. Je perçois les certitudes avec une certaine réserve. Je les conçois comme des raccourcis intellectuels, qui permettent aux esprits fainéants de ne point se poser davantage de questions. Il est bien plus démonstratif de sa persévérance de pouvoir fracasser les idoles, pour reprendre une fois de plus une métaphore chère à Nietzsche, d'être en mesure de dépasser ses a priori, que de rester tel un chien de garde sur ses positions et ne plus s'en départir.

Alors, le dépassement de soi, c'est en partie vouloir s'améliorer, et affiner ses approches. Toujours s'interroger. Au fond, ce n'est rien de plus qu'une longue discussion avec soi-même, à nu.

Cela n'est rien d'autre qu'un avant-goût, mais cela permet déjà de déblayer quelques zones poussiéreuses.

 

Grégoire Barbey

04/04/2012

La manchette du Matin : honteux !

 

Aujourd'hui, j'ai lu par malheur la triste manchette du quotidien Le Matin. « Un transsexuel veut devenir Miss Univers. »

En quoi cette information est-elle capitale ? Pourquoi la mettre en valeur à ce point ?

Où débute le journalisme et où finit-il ? Est-ce acceptable de discriminer ainsi une proportion de la population, même « infime » ?

Je ne connais personnellement aucun-e transsexuel-le. Mais il ne me viendrait pas à l'idée de pointer du doigt le choix, individuel, qui revient à tout un chacun d'être en mesure de changer de sexe. Pourquoi rendre sa décision publique et en faire la Une ? Je ne comprends vraiment pas. J'exècre ce journalisme abrutissant. Il ne s'agit pas d'un métier, dans ce domaine, mais d'une nuisance. C'est une forme d'intolérance et de ségrégation des plus malsaines. Cette attitude est hautement révélatrice de la déontologie de certains médias. Que quelqu'un veuille être Miss Univers, ça nous fait une belle jambe. Et qu'il ou elle ait changé de sexe ne nous regarde en rien. Dans quel but utiliser cette information ? Afin de catégoriser celles et ceux qui font ce choix, sûrement très difficile dans une société où les médias peuvent parfois être aussi cruels et stupides ?

Sincèrement, aiguillez-moi sur une piste de réflexion décente, c'est à n'y rien comprendre. Et ça vend des journaux ?

 

Grégoire Barbey

19:28 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : honte, scandale, journalisme, déontologie |  Facebook | | | |