13/03/2012

Face à la répression des droits fondamentaux : désobéissance civile !

 

L'article 22 de la Constitution suisse garantit le droit de se réunir comme étant une liberté fondamentale, ce que confirme l'article 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui garantit également le droit à la réunion et à l'association pacifiques. Toutefois, Genève a déjà compromis l'application de ces lois en interdisant légalement le droit de se réunir au-delà de trois personnes sans autorisation des autorités compétentes. Le 11 mars a été acceptée une réforme du droit de manifester, qui n'est désormais plus légalement garantit : il faut une autorisation officielle avant de pouvoir se réunir et protester. De surcroît, il doit y avoir un ou plusieurs organisateurs qui pourront être tenus responsables en cas de complications. Ces derniers peuvent être amendés jusqu'à hauteur de 100'000 CHF et être interdits de manifestation durant cinq ans.

Je ne vais pas remettre en cause le choix du Peuple, bien qu'il soit selon moi symptomatique d'un ras-le-bol et d'une peur paranoïaque face à l'insécurité, que de nombreux partis de droite prennent plaisir à alimenter et à exacerber à Genève.

J'attends avec une impatience non-dissimulée la décision du Tribunal Fédéral au recours effectué par la gauche pour que soit récusée cette nouvelle Loi, que nous sommes beaucoup à considérer comme étant liberticide.

Au cas où les instances juridiques fédérales ne jugent pas à propos de récuser l'initiative acceptée dimanche dernier, j'en appelle à toutes les citoyennes et tous les citoyens, ainsi qu'aux syndicats, associations et autres, à opter pour l'unique option qui restera pour manifester son mécontentement face à cette répression antidémocratique et anticonstitutionnelle : la désobéissance civile.

Rappelons la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1793 qui disait que « [lorsque] le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Il est essentiel de ne pas courber l'échine, car cela serait l'invitation aux amateurs de la destruction des acquis sociaux et fondamentaux de continuer leur petite mascarade sous couvert d'un argument sécuritaire.

Je tiens à rappeler qu'il n'y a, a posteriori, que trois manifestations en dix ans qui méritaient une loi aussi stricte et répressive. Celles-ci justifient effectivement des mesures drastiques, mais aucunement disproportionnées. Or, la présente Loi considère que toute manifestation est à risque et condamne donc ses instigateurs à un musellement impensable. Plutôt que d'agir avec intelligence, ceux qui sont à la racine de cette initiative ont préféré transférer le travail des autorités compétentes à la responsabilité individuelle, afin d'en faciliter l'application, au dépend de droits constitutionnels et internationaux.

Il ne faut pas se leurrer, Genève traverse une crise structurelle (ou systémique, c'est selon les sensibilités), et les lois qui iront en ce sens continueront de naître. C'est toujours en situation de crise que les droits sont restreints un maximum.

Ainsi, désobéir pacifiquement, illustrer son refus d'être enfermé et de voir des associations et des syndicats incapables de manifester pour faire connaître leurs revendications sociales est un devoir.

Aucune violence ne doit être la conséquence directe de ces insurrections civiles, c'est un point impératif qu'il est fondamental de respecter pour témoigner du bien-fondé de ces protestations populaires.

Oui, il est l'heure de se soulever avant d'être menottés sur nos sièges et relégués au rang de simple spectateur.

La désobéissance civile est une option pacifique à considérer en l'état actuel des choses.

 

Grégoire Barbey