02/04/2012

Les femmes ne sont pas vos objets !

 

Vous les mettez dans vos publicités, toujours à demi-nues, retouchées et aguichantes. De la manière la plus abjecte qui soit, elles deviennent ainsi l'objet de vos fantasmes obscurs, et ces photos surréalistes contribuent à creuser l'écart entre la réalité et les mythes culturellement construits dans vos esprits, vous conduisant ainsi à croire des inepties, favorisant la perpétuation de la domination masculine.

Elles doivent vous plaire, être en mesure de vous séduire. Toujours les mêmes rites, la même procédure affligeante, les mêmes coutumes. Les hommes doivent mener la danse, assurez-vous. Les femmes, elles, sont priées de rester sagement à leur place. Vous leur avez concédé quelques libertés, il est vrai, mais tant que celles-ci ne rongeaient pas excessivement les vôtres, si chèrement acquises.

Dans vos représentations mentales, vous êtes le preux chevalier dont la mission est de sauver une princesse éplorée, incapable de se subvenir à ses propres besoins. Des siècles durant, vous avez relégué vos sœurs aux plus bas niveaux de la société, cherchant des excuses toujours plus lamentables, affirmant sans remords que cette domination du genre masculin fait partie de l'ordre des choses, et qu'il serait contraire à la nature de remettre en question ce qui pour vous est une évidence. N'est-ce pas arrangeant, finalement, de tabler sur le hasard de la naissance pour déterminer les droits d'un être humain ? Et de manipuler quelques différences biologiques pour attester de la viabilité de ceux-ci ? À n'en point douter, cette mascarade vous a longtemps profité. Trop, avouons-le !

Désormais, les femmes veulent s'approprier ce que vous leur avez toujours sciemment retiré. La guerre fait rage, comme jamais auparavant. La violence symbolique est une arme que vous avez toujours su manier avec une dextérité sans commune mesure. Il est bien plus aisé de ne pas affronter son adversaire face-à-face, en usant de vils stratagèmes. D'autant plus qu'au fond de vous-mêmes, vous savez pertinemment que leur lutte a toute légitimité. Alors, de peur d'être castrés, vous repartez sur le champ de bataille, prêts à vous battre, et à repousser cet ennemi, esclave de vos pulsions démesurées, que vous préférez garder sous le joug de vos mensonges. À terme, la défaite vous sera cuisante. Mais fort de vos certitudes et de votre croyance en la toute puissance biologique, vous n'acceptez pas de reconsidérer vos évaluations à propos des femmes.

Sottises, vous dis-je ! Cette confiance inébranlable sera le tombeau de vos illusions manichéennes.

La science évolue plus rapidement que les constructions sociales, c'est un fait. Les gender studies vous font peur. Eh oui, si les genres étaient également fondés sur des a priori invérifiables de façon scientifique ? Ô douleur ! Ô misère ! Qu'adviendra-t-il de votre règne ? Niente ! Et tant mieux, ai-je envie de dire.

L'humanité a besoin d'esprits progressistes, sachant mettre de côté des préjugés séculaires, pour mieux saisir les tenants et aboutissants d'une espèce qui s'est longtemps définie à l'invraisemblance de ses croyances. Aujourd'hui plus que jamais, il nous faut défier les convictions de nos aînés, et nous embarquer dans une aventure à contre-courant de toutes les sépultures divines qu'ils ont bâti, bien souvent à tort.

Il est l'heure d'abdiquer, et de renier ces chaînes qui entravent la majorité de l'humanité. Eh oui, statistiquement, vos sœurs sont plus nombreuses que vous. Et ce malgré les atrocités que certains d'entre-vous sont capables de commettre, comme jeter son enfant dans une poubelle parce que la forme de son sexe ne correspond pas à vos attentes. Ô folie !

Ne dominez plus vos semblables. Aimez-les et reconnaissez-leur les droits qui sont les vôtres.

Je le proclamerai jusqu'à ma mort, les femmes ne sont pas vos objets !

 

Grégoire Barbey

08/03/2012

La « journée internationale de la femme », une belle arnaque

 

Aujourd'hui, c'est la « journée internationale de la femme ».

Déjà la formulation est révélatrice d'une idéologie symbolique spécifique, selon laquelle « la femme » est une fin en soi, une détermination biologique, une inscription génétique définie et un genre rationnel auquel nulle ne peut se détacher. Il s'agit dès lors d'un différentialisme qui conditionne les individus à se cantonner, comme c'est le cas depuis des siècles sinon plus, à des comportements représentatifs de leur sexe. C'est une conception pour le moins manichéenne de la pluralité des êtres humains. Il y a plus de cinquante ans, Simone de Beauvoir prononça une phrase qui, encore à notre époque, fait office de prophétie : « on ne naît pas femme, on le devient ». Combien d'esprits simples ont dû buter sur cette affirmation ! Et pourtant, la logique est imparable.

La différencialisation imposée de facto comme étant une expression de la Loi de la Nature, et ce dès la naissance, ne tient pas compte de la versatilité des caractères humains. Au contraire, cette attitude enferme l'expression de la diversification humaine en deux schèmes antagonistes, comme s'il suffisait d'un terme, naturalisant un genre donné, pour comprendre et percevoir les spécificités d'un être humain. Ainsi la phrase de Simone de Beauvoir prend tout son sens, et permet de penser l'importance non-négligeable des constructions sociales, et l'impact sur le développement psychique et physique que peuvent avoir l'intériorisation de codes sociaux et de croyances métaphysiques.

Ces enfermements dogmatiques ne prennent guère en considération un fait qui est pourtant connu.

De nombreuses femmes, et de nombreux hommes ne se retrouvent pas dans la fatalité de leur « genre » et décident alors d'en changer, soit par une lourde intervention chirurgicale, soit par travestissement. Que conclure de ce malaise répandu ? Que la nature fait mal son travail ? Ou que l'essentialisme qui catégorise les « hommes » et les « femmes » selon l'aspect visuel de leur sexe n'est pas suffisamment diversifié pour rendre compte de la pluralité des personnalités et donc de permettre aux individus une liberté de développement psychique et physique qui leur est propre ?

Il faut également considérer les hermaphrodites, probablement perçus comme des « erreurs » biologiques, et qui pourtant font partie intégrante des êtres humains. Dans ce cas de figure, les parents sont généralement amenés à définir le « sexe » de leur enfant, pour qu'il puisse se sentir en adéquation avec ses semblables. Dès lors, il est irréfutable que le genre se construit socialement.

Pourquoi alors les croyances humaines sont-elles aussi strictes ?

Citons les propos d'Edgar Morin relevés dans son ouvrage « Introduction à la pensée complexe », sur l'actuel paradigme idéologique : « L'ancienne pathologie de la pensée donnait une vie indépendante aux mythes et aux dieux qu'elle créait. La pathologie moderne de l'esprit est dans l'hyper-simplification qui rend aveugle à la complexité du réel. La pathologie de l'idée est dans l'idéalisme, où l'idée occulte la réalité qu'elle a mission de traduire et se prend pour la seule réelle. La maladie de la théorie est dans le doctrinarisme et le dogmatisme, qui enferment la théorie sur elle-même et la pétrifient. La pathologie de la raison est la rationalisation qui enferme le réel dans un système d'idée cohérent mais partiel et unilatéral, et qui ne sait ni qu'une partie du réel est irrationalisable, ni que la rationalité a pour mission de dialoguer avec l'irrationalité. »

Cet extrait permet de justifier ma réflexion sur la formation des genres. Le rationalisme et l'universalisme (voir également Immanuel Wallerstein à ce sujet) sont des conceptions idéologiques relativement récentes. Elles permettent, dans le cadre politique actuel, de simplifier à outrance des problèmes d'une rare complexité. Il n'est pas rare de nos jours d'entendre des politiciens user du même champ lexical restreint tout au long d'un discours pour se faire entendre du plus grand nombre, en dépit de la réelle ampleur de la problématique débattue. Cette « hyper-simplification » a des conséquences souvent désastreuses, et rempli des fonctions néfastes pour la compréhension des schémas non-manichéens.

La « journée de la femme » n'est donc pas une victoire, ni un avancement des mentalités, mais la juste continuité de la mainmise idéologique sur le concept des genres, rappelant aux femmes, et indirectement aux hommes, qu'elles ne sont que « ça » et rien d'autre, et que la fatalité biologique ne leur permettra jamais de s'extraire des carcans sociaux desquels elles sont prisonnières depuis des centaines d'années.

Il ne faut donc pas se réjouir pour la cause féministe, mais plutôt se tenir prêt à continuer la lutte, car elle est loin d'être terminée. En ce sens, le XXIe siècle devrait être intronisé « siècle des femmes » pour rappeler à l'ensemble de l'humanité qu'il y a des batailles qui ne se remportent pas en quelques manifestations et petites victoires.

Le combat est macro-social, et englobe donc l'ensemble des êtres humains. L'égalité professée n'est pas une preuve en elle-même, il faut encore qu'elle soit appliquée.

Tout comme les êtres humains ne sont pas égaux en droits face à la Justice, les femmes et les hommes ne le sont pas face à la diversification de leurs caractères.

Femmes et hommes de tous les pays et de toutes les cultures, unissez-vous !

 

Grégoire Barbey

 

 

 

27/01/2012

Dénoncer la prêtrise psychanalytique, un devoir essentiel pour la cause féministe

« La psychanalyse, comme discours coruscant envers toutes les croyances, et d’essayer de pouvoir faire vivre l’humanité sans qu’elle croit à des lubies trop importantes, ça fait partie de son effort. »

Éric Laurent, psychanalyste ECF, propos recueillis dans le film « Le mur ».

 

Voilà une affirmation qui peut laisser quelque peu pantois celui qui connait un tant soit peu les fondements du dogme psychanalytique. La prêtrise qui maintient cette discipline occulte sciemment que la psychanalyse elle-même est une croyance ! Et pas des moindres. Basée sur des paradigmes arbitraires, elle s’est néanmoins imposée comme une référence dans le traitement clinique des êtres humains souffrant de problèmes psychiques. Remercions tout d’abord le géniteur de cette matière obscurantiste, le célèbre Sigmund Freud. Celui-ci, toute sa vie durant, a mené une guerre envers le monde pour faire reconnaître la discipline dont il se vantait tous les mérites d’en être le créateur. Ou plutôt, dans sa formulation, celui qui l’a découverte, puisqu’évidemment, tout cela existait déjà dans l’inconscient humain, sans que personne n’ait, avant lui, eu le génie d’explorer ces pistes. La vie de Freud est très sombre. Son dévouement envers la psychanalyse fut total, persuadé d’avoir mis au jour une discipline qui révolutionnerait le monde de la pensée humaine. Mais elle constituait avant toute chose un exutoire face à ses propres troubles personnels. Sa méthode est en tout point semblable à celle des philosophes, lui qui pourtant se réclamait haut et fort antiphilosophe.

En quoi est-elle similaire ? Eh bien, malgré lui, Freud a tenté d’universaliser ses conclusions personnelles à l’ensemble des êtres humains. C’est exactement ce qu’ont fait, avant lui, Descartes, Kant et tous les autres.

La psychanalyse est une matière profondément phallocratique, reposant sur des fondements patriarcaux scandaleux. L’homosexualité était aux yeux du père de cette « science » obscure, une déviance psychotique. Tout tourne autour de la domination masculine.

Freud pensait que la femme vit son premier traumatisme du fait qu’elle ne possède pas de phallus, symbole de toute-puissance revêtit par l’homme. Il était catégorique à ce sujet : la femme désire le pénis de l’homme, elle le jalouse, même.

En découle toute une théorisation selon laquelle le mâle humain incarne la symbolique première de l’inconscient universel, nécessaire au développement de l’enfant. Ceci est bien évidemment un sophisme, et constitue de surcroît une affirmation arbitraire. Freud argumente la justesse de ses interprétations de la psyché humaine d’après ses connaissances cliniques, et son expérimentation pratique des méthodes qu’il a mises au point sur divers-e-s patient-e-s. C’est là que le bât blesse.

Les « découvertes » freudiennes reposent sur des manipulations dialectiques, pas toujours de haut vol d’ailleurs, et des pensées magiques, propres à toute croyance qui se respecte.

Parce que Freud désirait ardemment sa mère comme objet sexuel, toute l’humanité est ainsi affublée de cette pathologie infantile. Le complexe d’Œdipe, qui d’ailleurs est entré dans le langage courant, n’est avant toute chose rien d’autre que le problème personnel de celui qui vantait les mérites de cette « importante découverte pour l’avenir de l’humanité ».

Rendons à César ce qui appartient à César, dit l’adage. Pour parachever son œuvre, Freud détermine un paradigme essentiel, qui d’ailleurs aujourd’hui encore protège son intégrité : toutes celles et ceux qui veulent exercer la psychanalyse doivent eux aussi en être sujet. Principe fondamental de ce dogme. Mais alors, qui a psychanalysé le premier psychanalyste, à savoir Freud ?

Vous l’aurez deviné, nul autre que lui-même !

Il n’en cessera d’ailleurs d’en faire l’éloge tout au long de sa carrière. Son auto-analyse constitue probablement l’une de ses plus grandes fiertés, avec celle d’être l’instigateur de sa discipline, dont il revendiquait la totalité des paradigmes. Puisque je faisais un parallèle à la philosophie et la méthode freudienne, nous retrouvons bon nombre de ses « découvertes » dans l’ensemble de l’œuvre de Nietzsche. Notre clinicien affirmait pourtant ne l’avoir jamais lu, quand bien même il s’était acheté tous ses livres… À n’en pas douter, un brave homme rempli d’une bonne foi à toute épreuve !

Enfin, l’important ici est de constater la portée scientifique quasiment inexistante (pour ne pas dire entièrement).

À ce propos, soyez sûr que les adeptes de la secte psychanalytique m’attaqueront sur mon inexpérience en ce domaine. Parce que si vous n’avez pas une carte de membre tamponnée par l’un des gourous de cette discipline, vous n’avez aucun droit à vous exprimer à son encontre.

Avec une politique aussi cléricale, ne soyons pas étonnés que ceux qui la pratiquent aient une telle propension au sectarisme.

Néanmoins, je ne cherche pas à généraliser l’ensemble des praticiens de cette discipline, quand bien même je serais tenté de le faire. Ce n’est pas le but de mon propos. Je cherche simplement à démontrer l’inconsistance des théories psychanalytiques, leurs tendances mal assumées à prolonger la pensée patriarcale et leur inefficacité clinique.

 

Le féminisme contre la pensée phallocratique colportée par les enseignements psychanalytiques

Alors qu’aujourd’hui, de plus en plus nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui s’engagent dans la lutte féministe, la psychanalyse continue, de son côté, d’exprimer des positions honteusement patriarcales, comme c’est le cas pour le conglomérat des psychanalystes français, actuellement en guerre contre la réalisatrice du film « Le Mur », dont j’ai tiré l’amorce de mon article. Ce documentaire1, je le recommande d’ailleurs à chacune et chacun de mes lectrices-lecteurs.

Les patriciens qui ont participé à la mise en forme de ce film se sont rendus compte qu’une fois le montage effectué, la cohérence de leurs propos était balayée, laissant place à un visage totalement démasqué, celui de la psychanalyse. Son côté patriarcal est implacablement mis à nu, si magistralement d’ailleurs qu’après le visionnement du documentaire, la nausée nous submerge. En tout cas pour ma part.

Il y a des phrases qui valent leur pesant de cacahuètes d’ailleurs, comme celle-ci, exprimée par une psychanalyste : « l’inceste paternelle, ça ne fait pas tellement de dégâts. Ça rend les filles un peu débiles. Mais l’inceste maternelle, ça fait de la psychose. »

De tels propos, émanant qui plus est d’une femme, m’ont scotché sur ma chaise de spectateur.

Comment peut-on arriver à un point où la maternité, et plus généralement, l’image de la femme, se trouve dépréciée avec autant d’acharnement ?

Pour ma part, je pense qu’il est dès lors impératif pour le mouvement féministe de lutter contre les axiomatiques réducteurs et machistes de la psychanalyse, car ils contribuent très clairement à corrompre les esprits avec des principes patriarcaux.

Ce n’est sûrement pas parce qu’un enfant est autiste que sa mère est coupable, d’autant plus que cela ne se justifierait pas avec la pensée magique qu’induisent ces cliniciens, selon laquelle un enfant autiste serait la victime d’un désir trop fort de la mère pour le phallus de l’homme. Rejeter incidemment tous les maux de la psyché humaine sur la femme est un outrage très grave à son encontre.

Tenir de tels propos devrait relever d’une atteinte à la « nature humaine », comme ce fut le cas pour l’artiste Damien Saez qui avait fait faire une affiche dénonçant la marchandisation du corps féminin pour la promotion de son album « J’accuse », celle-ci ayant été condamnée par l’association des publicitaires français…

D’ailleurs, en parlant de « nature humaine », selon-moi, là où la psychanalyse fait encore une erreur fondamentale, c’est de croire que l’être humain est une mécanique psychique immuable, et qu’elle ne saurait évoluer. Je considère ce paradigme comme éminemment mensonger et incohérent. Au contraire même, la transformation psychique de l’être humain est en constante évolution, et change au fil des générations, autant qu’individuellement. Considérer l’être humain comme Descartes considérait les animaux, c’est-à-dire des machines soumises à des comportements inaltérables et instinctifs relève de l’ineptie et de la mauvaise foi intellectuelle la plus complète !

Des généticiens ont même mis en exergue la capacité de certains de nos gènes à se modifier selon les stimuli environnementaux, ce qui démontre bel et bien l’incroyable versatilité de l’être humain dans sa faculté d’adaptation aux divers milieux auxquels il peut être confronté.

La femme n’est pas plus coupable qu’un homme de l’état de son enfant, sauf cas exceptionnels, qui ne sont d’ailleurs aucunement liés à une quelconque prédestination de genre.

Il me semble de prime importance dans le domaine de la pensée par rapport à notre condition humaine de nous extraire de ces carcans réducteurs qui tentent d’asseoir la domination d’un genre sur un autre, tout aussi bien que d’une race sur une autre et d’une espèce sur une autre.

Ce sont des visions de l’esprit, inculquées à travers des prismes qui restreignent une perception globale des tenants et aboutissants de l’évolution psychique des femmes et des hommes.

C’est quand même atterrant d’observer que cette lutte des genres persiste sous la forme d’une discipline à prétention scientifique, cherchant à enfermer la femme (et l’homme aussi, d’ailleurs) dans des rôles spécifiques, sans espoir d’en sortir durablement. Comme si nous n’étions rien de plus qu’un ordinateur, dont les réactions sont liées à ses composantes, et à rien d’autres.

C’est nier que l’être humain n’est pas déterminé qu’intérieurement. Comme je tentais de le démontrer dans deux de mes articles précédents, sur le déterminisme et la liberté restreinte, nous sommes aussi, pour ne pas dire fondamentalement, conditionnés par le milieu environnemental, et que selon certaines situations, nos réactions seront tout-à-fait différentes.

Je suis convaincu qu’il y a des recherches bien plus intéressantes à faire que de vaines tentatives d’aliéner l’humanité à des symboliques univoques et indélébiles. Un autre exemple : le langage.

Chaque langue est unique, et témoigne d’une fabrication de la pensée propre à chaque peuple. Il est d’ailleurs possible pour celles et ceux que cela intéressent de lire les ouvrages linguistiques du professeur Noam Chomsky, dont les théories sur le sujet s’avèrent très intéressantes.

La théorie de l’inconscient universel, qui serait donc exactement similaire pour chaque individu (comprenez déjà le truisme), pensée par Freud, inculque l’idée que la symbolique humaine est quelque chose de métaphysique, d’impalpable, et pourtant commune à chacune et chacun d’entre nous.

C’est difficile de soutenir une telle théorie, d’autant plus qu’elle est la porte ouverte à toutes les dérives totalitaires des praticiens de cette discipline.

Je persiste et signe donc, pour conclure, que la lutte féministe se doit de combattre les bonshommes de paille, fervents adorateurs de la secte psychanalytique.

Il est impératif de ne pas laisser passer de telles théories, d’autant plus lorsqu’elles se réclament de la science, car elles contribuent à maintenir la femme en esclavage, et à alimenter l’imaginaire masculin de fantasmes dominateurs.

Femmes et hommes du monde, ne vous laissez pas manipuler par la pensée magique !

 

 

1Disponible en accès libre sur : http://www.autistessansfrontieres.com/lemur-site-officiel...

Attention cependant, la polémique liée au film est si importante que la désactivation sur ce site n’est pas improbable. Je suis donc navré si vous ne pouvez y accéder lors de votre lecture.