20/04/2012

Grand Conseil : qu'elle est belle notre démocratie !

 

Étant particulièrement intéressé et concerné par la chose publique, j'assiste aux séances du Grand Conseil et du Conseil Municipal dès que l'occasion se présente. Depuis la tribune réservée au public, je suis aux premières loges pour voir ce qui s'y trame. Mon préféré est indubitablement le Grand Conseil. Entre le MCG qui monopolise la parole pour faire voter des motions qui font sourire tous les rangs de la gauche et de la droite modérée, un Président en la personne de Pierre Losio qui peine à garder une unité et un respect dans les rangs des députés, et des personnes qui semblent s'être trompées de lieu, il y a toujours quelque chose de solennel, un sentiment puissant émanant de cette salle qui voit réunir près d'une centaine de personnalités dévouées à la société. Surtout lorsqu'un député du MCG ou de l'UDC prend la parole : le brouhaha semble être automatique. Le spectateur, conscient de son devoir de bon citoyen, a bien souvent de la difficulté à entendre ce qui se dit, tant les discussions sont intenses, concernant les sujets à traiter. En général, les résultats des votations à l'égard des motions proposées par les partis d'extrême droite sont sensiblement les mêmes. Plus de deux tiers de l'assemblée s'y oppose systématiquement, quand bien même le projet peut sembler pertinent voire, plus rarement cependant, intelligemment proposé, évitant les habituelles tergiversations réactionnaires de ces partis symptomatiques.

Il est également fort intéressant de garder un œil quant au nombre de députés présents. Le chiffre fluctue au cours d'une même séance, lorsque certains s'expriment, d'autres préfèrent se rendre à la cafétéria, peut-être parce que les écouter leur donne soif. Il y en a qui sont connectés sur Facebook et suivent en temps réel les publications concernant la réunion en cours, participant parfois même aux discussions ! Et quelques individus profitent de ce temps « libre » pour vaquer à leurs occupations, notamment consulter la presse du jour, ou échanger quelques vacuités sur leur quotidien avec leurs amis et alliés.

Qu'elle est belle, notre démocratie !

Hier, à la mémoire d'un ex-député radical ayant récemment quitté notre monde, était rappelé l'un de ses propos : tout bon citoyen devrait au moins une fois dans sa vie siéger pour une législature. Comme je le comprends !

 

Grégoire Barbey

09:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : grand conseil, démocratie, genève, député, mcg, udc, gauche, droite modérée |  Facebook | | | |

22/03/2012

De gauche ET de droite

 

La politique genevoise, en l'état actuel, promulgue davantage des confrontations clivées que des solutions multiples. Il y a cet éternel combat, que mènent certains partis de droite, de s'allier non pas pour offrir une amélioration qualitative et quantitative aux citoyens, mais uniquement pour s'opposer à la gauche. Et vice versa, bien évidemment.

C'est cette attitude stérile qui conduit notre République à faire la une de journaux satyriques alémaniques de mauvais goût. Les Genferei sont un exemple criant de ce climat délétère dans lequel évolue notre population.

Les débats d'idée ne sont plus à l'ordre du jour. Non, il est plus calviniste de se tirer dans les pattes sans même penser à s'écouter mutuellement que de se témoigner un véritable respect. C'est « fashion ». C'est dans l'air du Temps. Toutefois, cela n'amène rien de positif.

Il faut, je le crois sincèrement, cesser ces vieilles querelles, et se mettre à table, toutes et tous, pour trouver des convergences, là où certains ne voient que des différences !

Lorsqu'une motion passe, il serait judicieux de ne pas se bloquer dans la contestation idéologique.

Les solutions, les vraies, ne comportent aucun clivage. Au contraire, elles doivent annihiler le dogmatisme que peuvent alimenter les plus belles idéologies.

Je désire m'engager pour une politique fédéraliste, une politique de gauche et de droite, une politique qui réunit les êtres humains autour d'une même table, d'un projet commun. Je veux bâtir.

Le fédéralisme suisse n'est pas né dans l'affrontement perpétuel. Il a offert aux différents acteurs de la scène politique une opportunité de se retrouver toutes et tous, ensemble, pour construire.

Nul doute qu'il faut parfois savoir dire « non ». S'opposer est une sainte réaction, je le pense.

Mais, de grâce, un peu de nuance ! Ni la droite, ni la gauche n'ont l'apanage de la justesse.

Il ne faut pas se détester. Donnons-nous la main, offrons à nos semblables des idées qui percutent, qui rassurent et qui fonctionnent. Cessons d'alimenter, d'un côté comme de l'autre, les peurs les plus primitives.

Mettons un terme à l'électoralisme marketing. Ayons à cœur de nous soutenir, même dans l'adversité ou le désaccord.

Le manichéisme est révolu. Rien n'est blanc ou noir. Il existe autant de nuance de gris qu'il y a d'êtres humains. Il ne tient qu'à nous d'en faire un tableau artistique.

La constellation des idées qui bâtit notre République ne doit pas être oubliée à des profits électoraux. Hommes et femmes du Peuple, écoutez-le !

Alors, pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore compris, je ne suis pas « ni de gauche, ni de droite », au contraire : je suis de gauche ET de droite.

Et ainsi des projets naîtront.

Déconstruire sans jamais oublier d'ouvrir les deux mains pour mieux rebâtir...

 

Grégoire Barbey

14:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : gauche, droite, clivage, réflexion, politique, république, fédéralisme |  Facebook | | | |