24/05/2017

Les TPG doivent se rapprocher des Genevois

TPG, Genève, Luc Barthassat, transports publics genevois, politique,

Les Genevois ont à nouveau refusé dimanche une augmentation des tarifs des transports publics. La hausse des recettes aurait dû permettre d'étoffer l'offre. Si je n'ai pas immédiatement réagi à ce résultat, c'est pour prendre le temps d'observer le discours des victorieux et des perdants au lendemain de la votation.
 
Bref, les Transports publics genevois (TPG) et le Conseil d'Etat ont échoué à défendre leur vision. Nombreuses sont les analyses qui pointent la satisfaction des usagers pour justifier ce résultat. Selon cette logique, on pourrait interpréter ce camouflet comme le signal que les Genevois sont globalement satisfaits de l'offre actuelle.
 
Espérons que cette appréciation inique de cette votation soit ironique... Je pense pour ma part que le problème est plutôt à chercher dans la relation qu'entretiennent les Genevois avec les TPG. Ces derniers ne font pas beaucoup d'efforts pour se faire apprécier de la population, c'est le moins que l'on puisse dire.
 
Pour l'heure, l'essentiel de la classe politique prend le problème à l'envers, exigeant des Genevois qu'ils acceptent d'augmenter les tarifs de leurs transports publics pour améliorer l'offre. Mais quelle est l'image de marque des TPG dans tout ça? S'y intéresse-t-on vraiment?
 
Il y a sans doute une part importante du corps électoral genevois qui a voté non par défiance envers les TPG. A vrai dire, on peut les comprendre: que font-ils, si ce n'est assurer le service minimal? Voit-on, à la gare, des employés des TPG aiguiller les arrivants pour se repérer dans la jungle des lignes de bus et de tram? Nombreuses sont les villes où cela existe.
 
Quels liens les TPG entretiennent-ils avec les Genevois? Quand il s'agit de répression, la régie autonome n'a aucun problème à mobiliser des contrôleurs dont la manière d'intervenir dans les transports semble parfois un peu... excessive? Mais que font les TPG pour se rapprocher des Genevois? Pratiquement rien.
 
Il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour voir à quel point l'image de marque est importante: les Transports lausannois (TL) pourraient bien inspirer les stratèges des TPG. Une fois, une femme a été obligée d'accoucher dans une station de la ligne du métro lausannois: les TL ont offert à son enfant un abonnement à vie.
 
Une communication simple, peu coûteuse et qui a été largement relayée dans la presse. Les réactions étaient largement positives. Voilà une entreprise qui sait gérer son image. Encore faut-il s'intéresser à ce qui se fait ailleurs, car la communication positive des TL ne s'arrêtent pas à cet exemple.
 
Le but de mon propos, c'est de mettre le doigt sur la relation ambigüe entre les Genevois et les TPG. Pour que la population accepte de payer davantage, il faudrait peut-être commencer par l'essentiel: s'intéresser à l'image qu'ils ont de l'offre actuelle. Qu'est-ce que la régie peut améliorer?
 
On pourrait tout à fait envisager que le directeur des TPG organise une opération où il prend les transports plusieurs fois un matin et interroge les gens sur leur expérience. Le conseiller d'Etat Luc Barthassat pourrait tout-à-fait le faire également. Bref, rapprocher les Genevois de cette régie qui ne leur donne pas vraiment l'impression de s'intéresser à leur confort.
 
Ce n'est en tout cas pas en réduisant l'offre de 2% après le rejet de la hausse des tarifs que les TPG trouveront grâce dans le cœur des Genevois. A ce niveau, le Conseil d'Etat a marqué un autogoal. Mais pour changer la situation, peut-être encore faut-il accepter de sortir de sa tour d'ivoire et de s'intéresser... aux Genevois!
 
Grégoire Barbey

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13/06/2012

Pourquoi je voterai OUI à la nouvelle Constitution genevoise !

 

Chronique, 13.06.12 17h32

 

Jeudi dernier, le 7 juin, je me suis rendu dans la commune de Collonge-Bellerive dans le cadre des débats ouvert au public concernant la nouvelle Constitution genevoise. Le Peuple sera appelé à se prononcer sur le projet le 14 octobre prochain. La discussion portait sur une thématique brûlante : les droits politiques et l'éligibilité des étrangers à l'échelle cantonale. En effet, les différents représentants de la gauche avaient obtenu un consentement de la droite pour inscrire durablement dans cette Constitution de nouveaux droits pour la communauté étrangère. Mais, coup de théâtre habituel en politique, lors de la troisième lecture, cette réforme progressiste s'est vue retirée du projet, la droite revenant alors sur sa parole, affirmant qu'un tel changement fragiliserait l'ensemble de la Constitution lors de sa présentation au suffrage universel. Un argument qui ne tient visiblement pas la route, comme nous l'a fait remarqué Murat Julian Alder, constituant de Radical ouverture, en souhaitant pourtant démontrer la viabilité de sa position, à savoir que le Peuple s'opposerait à cette révision des droits politiques. Il nous a fait l'historique des dernières initiatives qui soumettaient au Souverain une nouvelle version de l'article constitutionnel concerné. Oui, depuis 1992, les votes ont lentement mais sûrement progressé vers une acceptation populaire. Dernier en date, un timide « NON » à 51%, en 2005. Sept ans plus tard, donc, cela laissait augurer une décision favorable quant à cette volonté d'accorder davantage de droits aux étrangers. Sauf que, argumentait le jeune politicien du PLR, il était convenu de respecter la volonté du Peuple des 25 dernières années. Dommage pour un nouveau projet.

 

Bref, ce sujet a suscité une levée de boucliers de la part de multiples associations, accusant volontiers certains constituants à gauche de s'être honteusement alliés à une droite renfermée sur de vieux principes et une identité nationale érigée en religion. Cet appel à la révolte est pertinent, et je le soutiens, tout comme j'étais moi-même particulièrement attaché à cette idée d'octroyer de nouvelles possibilités dans le domaine politique aux étrangers. Cependant, je voterai « OUI » à ce projet et espère que mes concitoyennes et concitoyens en feront de même. Non par gaieté de cœur à l'égard de ce blocage effectué par une droite conservatrice, mais parce qu'il s'agit-là, sur de nombreux points, d'une avancée importante pour Genève, qui rappelons-le, conserve la même Constitution depuis sa mise en application par le Radical James Fazy en 1847. Moi qui partage avec d'autres personnes une vision centriste de la politique, je suis toujours réjouit à l'idée de favoriser des progressions, même timides, de nos valeurs, lorsque celles-ci se font du bon côté.

 

Par exemple, l'apparition d'un but auquel la République et canton de Genève est tenue d'aspirer parce qu'inscrit dans la Constitution me semble être une réforme majeure. À bien des égards, même si l'article peut paraître obscur, il pourra servir d'exemple ainsi que d'un outil pour faire pression en cas de non-respect de cet objectif, à savoir : « [protéger] les droits fondamentaux et s'[engager] en faveur de la prospérité commune, de la cohésion et de la paix sociales, de la sécurité et de la conservation durable des ressources naturelles ». C'est un engagement qui devrait être inscrit dans toutes les constitutions à l'échelle planétaire et qui devrait être respecté avec rigueur et sincérité. De fait, et parce que je trouve cela fantastique, je ne saurais m'opposer à ce projet, qui ancre des principes auxquels j'aspire depuis toujours.

 

L'article 21, aussi, mérite d'être cité :

1. L'enfant a droit au respect de ses droits fondamentaux dans les limites de

sa responsabilité et de son âge.

2. L'intérêt supérieur de l’enfant et son droit d’être entendu sont garantis

pour toute décision ou procédure le concernant.

3. L'enfant est protégé contre toute forme de maltraitance, d’exploitation, de

déplacement illicite ou de prostitution.

Il me touche personnellement, et avec une telle réforme au sein de la Constitution, j'ose espérer que les institutions censées appliquer la Loi mettront tout en œuvre pour respecter ce nouvel article constitutionnel. Un devoir qui n'a pas toujours été rempli de la part de notre Justice.

 

Enfin, pour conclure, il est impératif que chaque citoyenne et chaque citoyen se fasse sa propre idée de ce projet en le comparant avec la version précédente. À juste titre, et après une lecture attentive, cette nouvelle Constitution sera bien évidemment accueillie positivement par le Peuple, qui ne manquera pas, dans sa grande sagesse, de noter les changements effectués par nos constituantes et constituants depuis plus de trois ans. Plus que nécessaire, cette réforme marquera d'une pierre blanche l'avenir de notre canton, et pourquoi pas, de notre pays tout entier. Alors je vous invite toutes et tous à vous plonger dans cette lecture, peut-être fastidieuse mais Ô combien essentielle, afin de voter le 14 octobre prochain en pleine connaissance des enjeux à la clef et du devoir qui sera le vôtre.

 

Grégoire Barbey

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11/06/2012

Genève, capitale du Monde

 

Chronique, 11.06.12 11h58

 

Genève par-ci, Genève par-là. Rousseau par-ci, Rousseau par-là. Oui, au bout du lac Léman, certaines personnalités ont les chevilles qui enflent lorsqu'elles parlent de leur canton. À vrai dire, il semble qu'une majorité de genevois se comportent ainsi. Un nombrilisme qu'ailleurs en Suisse l'on qualifie volontiers de calvinisme. Une attitude qui pèse lourd dans nos rapports avec les autres. Une culture de soi qui déplaît en-dehors de la Cité de Calvin. Et c'est compréhensible.

 

Genève, ce n'est pas la capitale du Monde. Ni, d'ailleurs, de la Suisse, fut-il nécessaire de le rappeler. Pourtant, à écouter certains politiciens, ce fait avéré n'est pas de notoriété publique. Alors, faute de pouvoir compter sur la lucidité de nos édiles, enseignons-leur quelques valeurs. Notamment l'ouverture, qui manque tant dans nos contrées. Oui, nous ne sommes pas les seuls à vivre et à diriger ce pays. En théorie comme en pratique, nous vivons dans un système fédéraliste. Ce qui implique quelques notions pour permettre à la politique nationale de ne pas se bloquer. Vouloir renégocier la péréquation intercantonale, c'est bien joli. Mais commençons déjà par nous intégrer véritablement dans la politique sur le plan fédéral. Actuellement, nous nous contentons d'être une ex-croissance qui cause plus de problèmes qu'elle n'en résout.

 

Nos déboires à l'échelle cantonale ont des répercussions directes dans l'ensemble du territoire. Ne serait-ce qu'en terme d'image que nous renvoyons à nos compatriotes. Oui, Genève est une ville internationale, me direz-vous. Zurich aussi, néanmoins son ego ne parvient pas jusqu'à nous avec autant d'insistance... Dans le reste de la Suisse, les genevois sont objectivement mal perçus. À raison, probablement, puisqu'il nous est impossible de nous remettre en question. Nous voulons tout faire à notre façon, sans même regarder ce qui fonctionne ailleurs. La fierté genevoise, quelle blague ! Au final, tout est bloqué. Le logement, les emplois, la mobilité, et la sécurité. Une crise institutionnelle, n'est-ce pas ? Mais qu'importe, continuons sur notre lancée, à ce rythme, d'ici quelques années, nous pourrons demander à devenir une province autonome, et définitivement nous scléroser sur notre propre nombril. Ainsi vont les choses, dans notre petite Genève, qui se plaît à s'octroyer quelques airs de grandeur là où, vraisemblablement, il ne devrait y avoir que du vide...

 

Grégoire Barbey

12:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : politique, genève, genferein, calvinisme |  Facebook | | | |

08/06/2012

La tolérance zéro, oui mais pas pour Éric Stauffer !

 

Chronique, 08.06.12 16h19

 

Aujourd'hui, la Tribune de Genève nous apprend que le député libéral Pierre Weiss s'est fendu d'une interpellation au Grand Conseil concernant l'un de ses collègues, Éric Stauffer, qui prend des libertés qui ne sont pas du goût de tous. En effet, ce dernier semble apprécier de se parquer devant l'Hôtel-de-Ville, ce qui n'est bien évidemment pas permis. Mais qu'importe, lui, le grand agitateur des masses, le « dard » de la République, comme il s'est lui-même qualifié jeudi 07 juin lors du débat à Forum RTS la 1ère, n'en a que faire. D'ailleurs, j'étais moi-même présent le mardi 05 juin dernier, devant la tour de la télévision RTS. Le même individu est venu dans son 4x4 et s'est garé sur le trottoir en face. Aux remarques bien avisées, il a haussé les épaules et s'est contenté de dire qu'il n'y avait de place nulle part ailleurs.

 

C'est fort de café pour celui qui prône dans son programme une tolérance zéro à l'égard des criminels. Et les incivilités, elles, faut-il qu'elle restent impunies lorsque l'on se nomme Éric Stauffer ? Je me le demande bien. Quant à savoir s'il faut ou non être d'accord avec la démarche de Pierre Weiss, je n'aborderai pas cela ici, je n'y vois guère d'intérêt. Ce qu'il faut néanmoins savoir, c'est ce non-respect des valeurs essentielles de notre Cité de la part d'un homme qui brigue un poste aussi important que celui de conseiller d'État. Au département de la Sécurité. Un comble ! Nous verrons le 17 juin ce que pensera le Peuple de sa candidature. En tout cas, la tolérance zéro du tribun MCG est à géométrie variable, comme la morale de son compère Mauro Poggia. Enfin, tout le monde le savait.

 

Grégoire Barbey

16:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : genève, politique, stauffer, parking, mcg, weiss |  Facebook | | | |

20/04/2012

Grand Conseil : qu'elle est belle notre démocratie !

 

Étant particulièrement intéressé et concerné par la chose publique, j'assiste aux séances du Grand Conseil et du Conseil Municipal dès que l'occasion se présente. Depuis la tribune réservée au public, je suis aux premières loges pour voir ce qui s'y trame. Mon préféré est indubitablement le Grand Conseil. Entre le MCG qui monopolise la parole pour faire voter des motions qui font sourire tous les rangs de la gauche et de la droite modérée, un Président en la personne de Pierre Losio qui peine à garder une unité et un respect dans les rangs des députés, et des personnes qui semblent s'être trompées de lieu, il y a toujours quelque chose de solennel, un sentiment puissant émanant de cette salle qui voit réunir près d'une centaine de personnalités dévouées à la société. Surtout lorsqu'un député du MCG ou de l'UDC prend la parole : le brouhaha semble être automatique. Le spectateur, conscient de son devoir de bon citoyen, a bien souvent de la difficulté à entendre ce qui se dit, tant les discussions sont intenses, concernant les sujets à traiter. En général, les résultats des votations à l'égard des motions proposées par les partis d'extrême droite sont sensiblement les mêmes. Plus de deux tiers de l'assemblée s'y oppose systématiquement, quand bien même le projet peut sembler pertinent voire, plus rarement cependant, intelligemment proposé, évitant les habituelles tergiversations réactionnaires de ces partis symptomatiques.

Il est également fort intéressant de garder un œil quant au nombre de députés présents. Le chiffre fluctue au cours d'une même séance, lorsque certains s'expriment, d'autres préfèrent se rendre à la cafétéria, peut-être parce que les écouter leur donne soif. Il y en a qui sont connectés sur Facebook et suivent en temps réel les publications concernant la réunion en cours, participant parfois même aux discussions ! Et quelques individus profitent de ce temps « libre » pour vaquer à leurs occupations, notamment consulter la presse du jour, ou échanger quelques vacuités sur leur quotidien avec leurs amis et alliés.

Qu'elle est belle, notre démocratie !

Hier, à la mémoire d'un ex-député radical ayant récemment quitté notre monde, était rappelé l'un de ses propos : tout bon citoyen devrait au moins une fois dans sa vie siéger pour une législature. Comme je le comprends !

 

Grégoire Barbey

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18/04/2012

Pour une politique non de spectacle mais d'acte, révoquer les élus en cours de mandat doit-il être un droit civique ?

Suite de mes entretiens avec le journaliste Pascal Décaillet, portant aujourd'hui sur le thème de la révocabilité des élus en cours de mandat. Bonne lecture !

GB - Cher Pascal, vous qui y êtes, si je ne m'abuse, profondément démocrate - et d'après ce que j'ai pu lire et entendre de vos positions, je serais tenté de vous assimiler, au moins en théorie, au PDC -, que penseriez-vous d'une initiative demandant à instaurer comme droit civique la possibilité de révoquer les élu-e-s en cours de mandat ? Bien évidemment, les contours d'une telle initiative devront être dûment dessinés pour être cohérents. Ces politiciens qui parlent de transformer la politique sont nombreux, mais ils n'apportent rien. Pour une politique non pas de spectacle, mais bel et bien d'acte, offrons au Peuple le droit d'influer sur ses représentant-e-s !

PaD - A la bonne heure, me voilà PDC ! Divine surprise. Sur le fond de votre proposition : la démocratie, c'est, par exemple, le pouvoir pour le peuple d'élire ses représentants. Pour une période donnée : quatre ans, cinq ans. Cela ne doit pas être le pouvoir, pour le peuple, de harceler continuellement ses élus, en cours de mandat, par des menaces de révocation. Il faut laisser à nos autorités le temps de l'action. Et la meilleure sanction, c'est, le terme venu, la non réélection. En cas de crise aiguë, les intéressés, de toute manière, sont soumis à une telle pression (de leurs pairs, souvent !) qu'ils finissent spontanément par démissionner.

GB - Dans « le Matin » du 6 avril, le Conseiller national (PLR/VD) Fathi Derder parlait justement de cette peur qu'ont les élus de ne pas être réélus, allant jusqu'à affirmer que certains préféraient agir le moins possible pour s'éviter la foudre de leurs électeurs. Cette proposition de pouvoir révoquer les élus en cours de mandat devraient au contraire les pousser à écouter les doléances du Peuple plutôt que de sombrer dans des mascarades théâtrales pour faire passer la pilule...

PaD - Je ferais volontiers la connaissance de ce Monsieur ! Rappeler continuellement à nos élus leur devoir de diligence et d'efficacité, oui. C'est le rôle de l'opinion publique. Les attaquer éditorialement, oui. Leur rappeler qu'ils sont au service de la collectivité. Mais la révocation, ou l'impeachment (cf. Nixon, 1974), cette épée de Damoclès, ne me semble pas une bonne solution. En les élisant, on leur donne un certain pouvoir pour une certaine durée. Exemple : Sarkozy a eu cinq ans pour agir. Le 6 mai à 20h, il sera peut-être poliment prié d'aller voir ailleurs. Il aura eu sa chance.

GB - Oui, il aura eu sa chance. Et à quel prix ? Tous, ou presque, s'accordent pour dire que son bilan est catastrophique. Combien de françaises et de français ont ardemment désiré de le voir se retirer avant l'heure ? Nous ne pouvons pas seulement élire puis nous contenter d'attendre, la bouche ouverture, que vienne l'heure des comptes. Diriger un pays, participer à son fonctionnement, incombe des responsabilités, mais avant tout des devoirs ! Et nos représentants, démocratiquement élus, n'échappent pas à cette règle !

PaD - Certes. Mais je ne suis pas d'accord de soumettre nos élus à la dictature, au demeurant si versatile, de l'opinion. Tout mandat a des hauts et des bas, tout président doit se heurter à des grèves, des crises. Et c'est justement à lui de les résoudre. Dans une enveloppe de temps donnée. Et puis, il faut parfois prendre des décisions impopulaires : hausses d'impôts, allongement des durées de cotisation. Sous les huées, il faut tenir. C'est très dur, mais ça fait partie du jeu. Et c'est pour cela qu'il faut élire des gens avec du format.

GB - Tout doit être une question de juste mesure. Laisser le champ libre durant plusieurs années à une personne, au demeurant humaine et capable de se tromper et ainsi en faire pâtir la population toute entière, je n'y suis que moyennement favorable. Je ne veux pas d'un diktat de l'opinion publique, mais je ne veux pas non plus d'une aristocratie politique ! Dès lors, il faut pouvoir instaurer des garde-fous pour sauvegarder nos institutions et le bien-être de nos semblables.

PaD - En l'espèce - et en attendant mieux - il y a déjà un jouissif garde-fous : la non-réélection. Et un autre, en cours mandat, qui n'est pas moindre : la liberté absolue de s'exprimer, critiquer, brocarder, vilipender. Elle ne s'use, celle-là, que lorsqu'on ne s'en sert pas.

Grégoire Barbey + Pascal Décaillet

16/04/2012

À Mauro Poggia

 

Cher Monsieur Poggia,

 

Je découvre avec stupeur et effroi que vous êtes fait du même bois que votre idole et maître Éric Stauffer. Quoi que votre verbe fut plus acéré et mieux ressenti, vos méthodes sont sensiblement les mêmes, et ne dérogent point à la règle d'exclusion que votre parti a si souvent érigé en leitmotiv électoral. Il apparaît comme une évidence que vous n'acceptez pas les critiques acerbes à votre encontre, or en homme politique et médiatique, vous devriez plutôt savoir qu'elles sont communes et n'y pouvez rien, sinon les accepter et avoir l'humilité de les prendre en compte, quand bien même elles s'avéreraient infondées. Comme votre Seigneur, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour nettoyer les taches qui viendraient salir votre blog. Admireriez-vous votre image au point de n'en tolérer aucune atteinte ?

 

Je ne suis guère étonné – plutôt conforté dans mes positions – de voir qu'il n'y a rien qui puisse filtrer sur votre blog et celui de vos comparses sans une méticuleuse observation. Ah ! Je vous tiens, pris sur le fait ! Vous vous réclamez du Peuple, mais cela n'est que du vent, une musique sans profondeur pour charmer les serpents. Vous ne tolérez aucunement que ce Peuple dont vous vous faites le soi-disant porte-parole défie vos discours et médise à votre endroit. Dès lors, vous préférez succomber à la facilité, et censurez les propos qui ne vous caressent pas dans le sens du poil. Est-ce ainsi que vous agiriez si vous étiez élu pour un mandat à l'exécutif ?

Que le Peuple craigne de vous voir vous profiler à l'horizon, vous et votre bande d'arrogants personnages, me paraît être le garant que nos concitoyens et concitoyennes ont encore suffisamment de lucidité pour ne point sombrer dans les amalgames ridicules qui vous servent de marketing pour augmenter votre électorat.

 

C'est toujours plus aisé de cacher la poussière sous le tapis que de la nettoyer. C'est pour cela qu'existe votre parti : pour ne point cacher l'horreur susceptible de traverser certains esprits en période de crise. Et je le dis, heureusement qu'il existe, ainsi nous pouvons prendre la température de la population et savoir à quel point elle se sent trahie par ses représentant-e-s. Mais de grâce, soyez plus digne de votre statut de racoleur des foules, cher Monsieur Poggia. Je vous lis toujours avec attention – comme je lis d'ailleurs toutes celles et ceux qui font de la politique sur la plate-forme de la Tribune de Genève – et prends parfois la peine de vous témoigner mes appréciations quant à vos diatribes. Celles-ci sont toujours polies et agréablement rédigées, vous en conviendrez, je l'espère. Néanmoins, étrangement, elles n'apparaissent point sur votre blog. Je vous imagine Ô combien grimaçant à la lecture de mes commentaires, qui vous posent visiblement des questions auxquelles vous préférez ne pas répondre.

 

Ainsi, j'use de mes droits démocratiques et publie cette petite lettre pour ouvrir un dialogue qui peine, lorsque vous êtes derrière les manettes, à faire sa place. Vous me pardonnerez bien évidemment ce culot qui me pousse à vous alpaguer au-delà de vos terres, que vous gardez vaillamment pour qu'aucune salissure ne puisse témoigner d'un quelconque relâchement de votre part. J'aime à penser que vous prendrez la peine de répondre à mes interrogations, qui même si elles ne vous plaisent point, sont légitimes et méritent une attention similaire aux agréables commentaires envoyés par vos militants, toujours flatteurs et délicats à votre égard. Alors, par-delà la censure et la présence médiatique, qu'avez-vous à proposer pour nous, citoyens et citoyennes de la République et Canton de Genève, cher Monsieur Poggia ?

 

Grégoire Barbey

09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : mauro poggia, blog, politique, lettre, censure, genève, citoyens, république, démocratie |  Facebook | | | |

11/04/2012

Votez Stauffer pour un retour en 1933 !

 

Le dernier billet d'Éric Stauffer est pour le moins convaincant. Je lui proposerai donc un slogan : « votez Stauffer pour un retour en 1933 ». Je regarde les images qu'il a publiées pour sa campagne électorale en vue de l'élection partielle du 17 juin prochain et me pose une question : vivons-nous bien, lui et moi, à la même époque ?

Tout d'abord, constatons la pauvreté des montages. Rien à dire, c'est moche. Aucun goût, ni subtilité. Pire, l'amalgame. Monsieur Stauffer stigmatise les étrangers à travers la photo d'un homme tenant un panneau sur lequel est inscrit : « Salamovitch S. Multirécidiviste, vol avec agression sur une personne âgée ! ». Il est évident qu'un bon suisse ne saurait se salir les mains dans la criminalité, contre laquelle le tribun du MCG a entamé sa croisade. Mais Stauffer n'est-il pas lui-même étranger ? Il contribue également à former dans notre République et Canton de Genève un climat pour le moins délétère. Nous devrions nous aussi le stigmatiser.

Nous n'avons pas besoin d'un retour en arrière vers des périodes de l'Histoire que toutes et tous préféreraient oublier.

Ces manipulations politiques pour instaurer la peur de l'autre au sein de la population genevoise sont un scandale et ne devraient en aucun cas être tolérées sans s'y opposer vivement !

Monsieur Stauffer, nous ne sommes pas aveugles. Nous ne nous laisserons pas submerger par des peurs que vous contribuez à exacerber. La politique n'est pas une affaire de simplification à outrance pour se faire élire et fédérer autour d'une peur commune. Il ne faut pas empirer la situation, mais l'améliorer.

Vous n'avez pas la trempe d'un homme capable de changer le Conseil d'État, et encore moins l'analyse nécessaire pour vous occuper de problèmes sociétaux aussi importants que la criminalité et la justice.

Restez bien sagement dans votre commune d'Onex, monsieur Stauffer. Nous nous passerons aisément de vous et de vos railleries à l'encontre des frontaliers et des étrangers. Je comprends mieux pourquoi Amaudruz vous a apporté son soutien. À vomir, vous dis-je...

 

Grégoire Barbey

03/03/2012

Maudet, l'homme qui n'était d'aucun lobby, au sein d'un parti lobbyiste !

Pierre Maudet, lors de sa conférence de presse du vendredi 2 mars 2012 relayé sur le site de la Tribune de Genève, a annoncé sa candidature à l'élection partielle pour briguer un siège au Conseil d'État et remplacer ainsi la place laissée vacante suite au départ de Mark Muller.

« Je ne suis l'homme d'aucun lobby » a-t-il assuré. Si tel est le cas, que fait-il des membres de son propre parti, qu'il représentera bien évidemment si ce mandat lui est accordé ?

Je me propose d'énumérer quelques noms parmi les plus connus, cela constitue donc une liste non-exhaustive :

 

  • Jacques Jannerat, député du Parti Libéral-Radical, Directeur de la Chambre du Commerce et de l'Industrie.

  • Nicolas Aune, Secrétaire Général de l'Union Industrielle genevoise, membre du Parti Libéral-Radical.

  • Blaise Matthey, ancien député Libéral, Directeur de la Fédération des Entreprises Romandes.

  • Gabriel Barillier, député du Parti Libéral-Radical, ancien Secrétaire Général de la Fédération des Métiers du Bâtiment.

 

Alors si Monsieur le Maire est persuadé lui-même de n'être l'homme d'aucun lobby, peut-être devrait-il changer de famille politique, ou faire le ménage devant la porte de son parti ?

Accordons-lui tout de même le bénéfice du doute, par éthique plus que par conviction, et voyons ce qu'il dira face à cette réalité.

Pour ma part, je n'ai pas peur d'affirmer que le Parti Libéral-Radical constitue un lobby en lui-même, tant ses relations avec des syndicats patronaux, entreprises immobilières et tant d'autres sont étroites sinon incestueuses.

Il est évident que je ne donnerai pas mon vote à Maudet. Mon pronostic va pour l'élection d'un(e) membre du Parti Socialiste, à moins qu'un autre candidat se déclare. Un Vert Libéral pourrait avoir ses chances, en l'occurrence.

Nous verrons si le Parti Libéral-Radical soutient son jeune poulain la semaine prochaine. Si tel est le cas, espérons qu'il répondra à cette interrogation.

 

Grégoire Barbey

 

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Montage effectué par Marcel Chombier

02/03/2012

L'infernale spirale du Pouvoir

Enfin ! Pierre Maudet a répondu aux sirènes de l'échec. Il est le seul radical susceptible de prendre un siège aux Libéraux... Mais pas en 2012 !

C'est son goût du Pouvoir nourri par une ambition légitime qui a facilité sa décision, sans doute après avoir consulté ses mentors, GOG et le Régent de Martigny.

Et ce calcul est imparable : l'élection d'un socialiste le 17 juin lui sera pardonnée. Il a eu le courage de défendre sa famille ! Probablement qu'elle lui en aurait voulu s'il n'avait pas pris cette initiative. Mais Maudet restera à son poste de Maire de la Ville de Genève, en tout cas pour l'instant.

Et ainsi, le Super Gouverneur pourra se délester de l'OCE sur un socialiste...

Grégoire Barbey

(L'idée de cet article était initialement parue sur un autre blog, du fait de sa supression, je le publie ici, en accord avec l'auteur.)

19:03 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, plr, pierre maudet, libéraux, maire, genève, ville, élections |  Facebook | | | |