12/03/2012

Propos homophobes de Stauffer relevés dans son article à l'encontre de Tornare : inadmissible !

 

Éric Stauffer s'illustre une nouvelle fois de par sa vulgarité et son manque cruel de respect pour ses pairs. En effet, dans un article publié récemment, nommé « Le seul manuel du PS rentre en lice », le président du MCG tient des propos sous forme de sous-entendus qui sont clairement homophobes, à l'encontre de Manuel Tornare, dont l'homosexualité est connue.

« Le seul manuel que le PS compte encore dans ses rangs sort donc du bois, pas de Boulogne, l'autre, celui de la forêt enchantée des belles promesses que ce parti affectionne, celui de la langue de bois. »

Comme c'est navrant de faire allusion aux bois de Boulogne, lieu réputé pour sa majorité de transsexuels et d'homosexuels, en parlant du candidat à l'élection partielle du Parti Socialiste. Cette attitude, propre à monsieur Stauffer, démontre une fois de plus à quel point ce personnage est indigne d'une place au conseil d'État, qui plus est à la sécurité.

« Il ne reste donc bien aux PS qu'un seul manuel, pas rouge certes, rose peut-être, BoBo certainement. »

Sous la plume staufferienne, les lieux communs vont bon train. Quelle tristesse d'avoir recours à des attaques aussi basses pour un prétendant à un poste gratiné et essentiel pour le bon fonctionnement de notre démocratie. La sexualité de monsieur Tornare ne doit en aucun cas faire l'objet de cible pour rabaisser sa candidature et ses capacités à siéger à la place laissée vacante par le démissionnaire Mark Muller.

Cet article est une atteinte que je qualifierai de grave envers l'intégrité d'une personne qui, peu importe ce qu'elle a pu faire de mal durant ses mandats politiques, mérite le minimum de respect qui fonde les valeurs de notre société.

Je demande donc à ce que soit sanctionné le blog du président du Mouvement Citoyen Genevois en conséquence et juste proportion de son non-respect de la charte de la Tribune de Genève, que ce monsieur a dû lire et accepter, au moins tacitement, lors de son inscription.

Je n'aime guère qu'un homme de sa trempe use de tactiques aussi désolantes et lâches. Un poste au conseil d'État se mérite, les faits d'arme ne sont pas la seule qualité requise, il faut être humble et respectueux, parmi tant d'autres vertus nécessaires pour siéger décemment au sein des Sept.

Le Peuple ne pardonnera pas, je l'espère face aux urnes, les comportements déviants – violence physique et verbale – d'Éric Stauffer lors des votations du 17 juin prochain.

Ayons à cœur d'élire des représentants dont les actes ne trahissent pas un manque de civilité et de maîtrise de soi. Il s'agit de notre démocratie.

 

Grégoire Barbey

 

 

29/02/2012

Contre l'homophobie de Gregory Logean, cité dans le 20 minutes du 29 février

 

À vif.

Le 20 minutes d'aujourd'hui nous gratifie d'un article pour le moins scandaleux.

Le titre est en lui-même révélateur : « Avec les parents homosexuels, l'enfant devient un objet ».

Les propos relevés sont ceux de Gregory Logean, un UDC valaisan.

« L’homosexualité est une affaire privée qui ne doit pas devenir une norme » nous dit-il. Il n'est nul besoin de faire remarquer la teneur homophobe que prennent les paroles de Logean. Peut-être ignore-t-il, perdu dans sa montagne, que le mariage hétérosexuel est en lui-même une forme très stricte de norme, socialement construite également. Que de nos jours, malgré toutes les atrocités que l'Histoire a fait subir aux homosexuels, des personnes un tant soit peu cultivées puissent tenir de telles horreurs me choque et m'indigne. Cette sacralisation de la famille relève de la pathologie, et cette mauvaise foi dont il fait usage n'a rien à envier à ses amis Blocher ou Freysinger.

Reconnaître l'homosexualité comme étant une part inhérente de l'être humain, et non pas selon la théorie freudienne, une névrose, me paraît être d'une importance capitale, ne serait-ce que par égard à toutes ces personnes dont la sexualité n'est pas socionormée.

« Un enfant a besoin de la double figure de l’homme et de la femme, d’un père et d’une mère, pour se développer de façon cohérente en sachant que seuls un homme et une femme peuvent concevoir un enfant dans l’ordre naturel. »

Je doute qu'un enfant ait nécessairement besoin à la fois d'une figure paternelle et maternelle. Cela relève une fois de plus d'une croyance populaire fondée sur des habitus très précis qui n'ont de justification qu'en tant que règles socialement adoptées. Ce qui est impératif pour le développement intellectuel et émotionnel d'un être humain, c'est des repères et des parents qui veillent sur son bien-être. L'enfant, lui, ne fera pas de distinction entre les sexes, son amour n'est pas « genré ».

« Remettre en cause la différence des sexes reviendrait ainsi à faire vivre l’enfant dans un monde où «tout» serait possible: que les hommes soient des «papas» et aussi des «mamans», les femmes des «mamans» et aussi des «papas». »

Monsieur Logean a probablement beaucoup de préjugés et oublie voire ignore que les rôles de « père » et de « mère » sont tout autant arbitraire que l'est son jugement à l'égard des homosexuels.

Invoquer la nature est une stratégie pernicieuse et célèbre des conservateurs de tous poils, toutefois ces personnes ne réalisent pas que la « nature humaine » n'est au fond que l'intégration de diverses normes, règles et autres schèmes qui régissent une société, c'est-à-dire la vie commune.

L'être humain possède une incroyable capacité d'adaptation, et le restreindre à des coutumes et des traditions séculaires serait une triste manière de se considérer en tant qu'être vivant. Ne soyons pas stupides au point de ne voir que les symptômes d'une lente superposition de multiples croyances.

« Dans le cadre de l’adoption par des homosexuels, l’enfant devient un objet au lieu d’être reconnu pour lui-même. Pour le bien de l’enfant et de notre civilisation, nous ne pouvons pas permettre aux homosexuels d’adopter des enfants. »

Une fois de plus, la réflexion – pour autant qu'il me soit possible de nommer cela ainsi – de Gregory Logean repose sur des a priori surprenants. L'enfant ne devient pas un objet parce qu'il est adopté par des parents homosexuels, il l'est parce que certains veulent l'instrumentaliser pour en faire une lutte contre la diversité des préférences sexuelles. Je me réjouirai davantage pour la construction psychique et physique d'un bambin qu'il soit choisi par un couple homosexuel désireux de fonder une famille plutôt que des parents hétérosexuels qui se retrouvent face au fait accompli et l'élèvent malgré eux, dans des conditions effroyables.

« Encore une fois, permettre aux homosexuels d’adopter, c’est mettre en danger le développement de l’enfant et l’exposer à différents risques. »

Qu'il nous parle de ces fameux dangers, car je n'en vois pas, sinon se faire rabaisser par des personnes comme monsieur Longean, dont l'ouverture d'esprit est inversement proportionnelle à son arrogance.

« Je n’entends pas me laisser impressionner par le lobby homosexuel qui, sous couvert de lutte contre la discrimination raciale, espère me museler et m’empêcher de défendre des principes élémentaires de la vie en société. »

Ces principes élémentaires, quitte à devoir me répéter, sont arbitraires et ne trouvent une justification réelle que par la croyance à laquelle ils sont rattachés.

Plutôt que promouvoir une haine farouche à tout ce qui sort de la norme communément admise, ne faudrait-il pas œuvrer pour qu'il y ait moins d'enfants maltraités dans les familles traditionnelles, par exemple ? Je vois nettement plus de risques pour le développement d'un enfant qu'il soit exposé à des parents hétérosexuels violents que des parents homosexuels dévoués.

Il suffit de voir le nombre d'êtres humains qui souffrent d'être régis par des normes strictes qui ne laissent que peu de manœuvre à des comportements différents pour se convaincre que le problème est ailleurs.

Mais Gregory Longean a probablement des raisons personnelles de vouloir combattre une réalité qui le dérange. J'espère pour lui qu'il comprendra que sa lutte est une erreur et qu'il y a beaucoup d'autres thèmes nettement plus urgents où il serait impératif de s'investir avec autant de verve.

 

Concernant le choix des images pour l'article du 20 minutes, c'est tout simplement honteux.

 

Grégoire Barbey

 

 

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/-Avec-les-parents-homos--l-enfant-devient-un-objet--20667872