19/03/2012

Des distractions superficielles

 

Invraisemblance : la proportion affligeante du commun des mortels qui perd son temps à commenter des résultats sportifs et à défendre les couleurs de leur patrie. Non pas que je renie l'intérêt du sport – bien au contraire. Mais de grâce, soyons cohérents ! Si nos semblables dépensaient autant d'énergie à protéger et promouvoir leurs intérêts et la nécessité du bien commun, nul doute que le visage de la politique en serait drastiquement changé.

Mais il va de soi que certains préfèrent la passivité du spectateur à la difficulté des responsabilités de l'acteur.

Que je me prenne, une fois de plus, à espérer que la tendance s'inverse un jour, ne me surprend guère. Ce qui serait plus étonnant, c'est qu'il y ait un véritable changement en la matière.

Alors je retournerai, comme à l'accoutumée, à mes occupations, le cœur lourd d'une certaine déception, celle de voir que des événements sans grande importance concrète surpassent – et de loin – la propension qu'ont mes contemporains à s'occuper de ce qui devrait les animer, à savoir la prise en main de leur destinée, et l'implication qui va de paire avec un investissement inconditionnel pour la sauvegarde de ses droits, de ses intérêts et de ses valeurs.

Peut-être, et je dis bien peut-être, suis-je trop rêveur pour prendre conscience que la vie est suffisamment courte pour ne pas devoir de surcroît perdre en temps précieux des années à débattre en politique ?

Il est tout-à-fait possible que cela soit moi qui me fourvoie, à vouloir croire dur comme fer qu'il y a plus important que les distractions superficielles. Pour un épicurien, cela paraît pourtant contradictoire.

Aller, je cesse d'être de mauvaise augure, ne serait-ce qu'un instant...

 

Grégoire Barbey

11:54 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : interrogation, réflexion, politique, intérêt, bien commun |  Facebook | | | |