05/03/2012

La politique est à réinventer

 

Nous vivons une époque transitoire.

De nombreuses traditions perdent de leur superbe et sont remises en question perpétuellement. Nos idéaux issus de la génération précédente commencent gentiment à s'essouffler, sinon périr entièrement. Les pratiques du siècle dernier se heurtent à des obstacles difficilement franchissables tant la réalité de notre monde est différente aujourd'hui. Le conservatisme s'accroche désespérément à des valeurs désuètes, prétextant que ce sont les seules qui valent la peine d'être idolâtrées.

L'évolution exponentielle des technologies de communication dépasse les capacités d'adaptation d'une certaine portion de la population, nostalgique d'une ère qui a déjà cessé d'être. Les paradigmes d'innombrables institutions prennent la poussière depuis déjà longtemps. L'enseignement est en contradiction avec son temps ; les moyens de communication, qui ont un impact majeur sur le comportement des enfants, faussent l’arithmétique qui servait d'axiome au domaine de l'éducation scolaire. La nouvelle génération est confrontée à l'incroyable prolifération de l'information. Entre les téléphones portables qui permettent de surfer sur le web, les ordinateurs qui apportent chaque fois de nouvelles fonctions technologiques, les publicités omniprésentes, la télévision qui se propage dans les ménages à une vitesse fulgurante, il est évident que la situation ne peut être comparée à celle d'il y a vingt, trente, quarante voire cinquante ans !

Cependant, la pensée progressiste n'assimile pas non plus l'ensemble des enjeux actuels et à venir.

Certaines thématiques sont ignorées.

L'internet s'est démocratisé, et régit la vie de milliards d'êtres humains. Sa plus grande force, qui d'ailleurs déstabilise les représentants du siècle passé, est son incroyable capacité de transmission de la pensée à large échelle. De nos jours, il faut composer avec cette variable, qui impose de penser le monde tout autrement.

La démocratie, en Suisse, sera amenée à prendre en considération des facteurs sociologiques nouveaux. La connaissance est plus que jamais à la portée du plus grand nombre (avec toujours la réserve d'une minorité qui n'y a malheureusement pas accès) et peut avoir des conséquences inattendues sur le développement du courant idéologique majoritaire. Le web est à prendre comme un outil formidable de propagation, qui, bien utilisé, peut offrir des changements positifs et nécessaires.

La toile impose une nouvelle attitude, celle de la mise en commun des idées, ce qui implique évidemment des compromis pour laisser libre cours à l'ensemble des acteurs-pensants.

La politique doit désormais composer avec cette réalité. Internet pourrait être un lieu où les clivages sont mis de côté au profit de la circulation des pensées, ce qui favoriserait le partage et le consensus.

Il est impossible d'être totalement imperméable au monde d'aujourd'hui, il faut donc que chacun intègre les véritables défis, quelles que soient leurs appartenances idéologiques, qui attendent notre génération.

Rimbaud disait que « l'amour est à réinventer ». Je me permets de le paraphraser en ces termes : la politique est à réinventer. L'interconnexion des individus de notre société offre des possibilités jusqu'ici inespérées.

 

L'adaptation du monde politique au monde virtuel sera probablement un des enjeux majeurs de ce début de XXIe siècle, et celles et ceux qui ne profitent pas de cette opportunité seront rapidement marginalisé(e)s, sinon éliminé(e)s définitivement du circuit politique. C'est dès maintenant qu'il faut repenser toutes nos certitudes, quitte à devoir faire des concessions.

Toutefois, il ne serait pas judicieux de trop attendre, car tout va si vite... les choix doivent être faits rapidement. Tout se joue en ce moment-même. À nous de faire les bons choix.

 

Grégoire Barbey

13:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, internet, idéologie, réinventer, réformer, enseignement, évolution |  Facebook | | | |

01/03/2012

Internet, la nouvelle Agora

 

En vitesse.


Je remarque que la politique ignore, ou feint d'ignorer, l'essor impressionnant que prend l'internet.

C'est pourtant, selon moi, une erreur fondamentale. D'autant plus dans un pays qui se réclame démocratique. Le web 2.0, c'est structurellement la nouvelle Agora, les citoyens et les citoyennes s'y retrouvent, interconnectés, pour débattre de tous les sujets de la vie quotidienne. Non seulement, le potentiel politique de la toile ne fait aucun doute, mais de surcroît, cela offrirait aux politiciens une proximité encore jamais égalée avec la Vox Populi.

 

Pourquoi ne pas, par exemple, organiser régulièrement des débats, internet fait finalement très bien office de place publique. Le politique a tout intérêt de se mêler à la masse, de prendre la température auprès de ses semblables, et d'accorder une véritable importance à leurs opinions, qui divergent énormément selon les individus.

La polis selon Aristote, c'est la vie de la Cité. Tout est affaire de politique. Être à l'écoute des attentes de ses concitoyen-ne-s, n'est-ce pas le devoir de toute personne investie dans la politique ?

Les récents événements genevois qui ont déferlé la chronique impactent l'opinion publique. Il est déconseillé dans un système tel que le nôtre de fermer les yeux sur l'avis majoritaire. Je mentionnais dans un précédent article l'importance de la révocation, qu'il faudrait selon moi implémenter au sein des outils démocratique. Génération web, cela implique nécessairement de nouvelles mécaniques, notamment la vitesse phénoménale à laquelle transitent les informations. Cacher des non-dits devient beaucoup plus difficile pour toute organisation, qu'elle soit privée ou étatique. Il suffit de constater le projet de loi ACTA, sur lequel j'ai rédigé un article pour le site de Gauche Anticapitaliste*, qui démontre l'inquiétude des élites gouvernantes à l'égard de l'internet. C'est un formidable outil de propagation, où la transparence y est presque imposée.

La politique doit être connectée aux citoyen-ne-s. Prendre en compte le web est donc nécessaire.

Je le répète, c'est la nouvelle Agora. Ne passons pas à côté d'une telle opportunité !

 

Grégoire Barbey

 

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=5884

20:22 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, agora, athènes, démocratie, révocation, vitesse, internet, web, 2.0 |  Facebook | | | |