05/08/2012

Des manipulations politiques en Ville de Genève

 

Chronique 03.08.12 15h27

 

Les médias, ces derniers temps, n'ont pas pratiqué l'analyse politique avec le même engouement que lors de la candidature de Pierre Maudet à l'élection partielle au Conseil d'État. Et pourtant, si cette nouvelle élection partielle, cette fois-ci dans le but de pourvoir le siège laissé vacant par le nouveau Ministre de la Sécurité, ne concerne que la Ville de Genève, elle n'en est pas moins cruciale. Genève est la première ville de Suisse romande, et la seconde au niveau fédéral. Comme le dit si bien Jean-Marc Froidevaux sur son profil Facebook, l'objectif d'un parti, quel qu'il soit, est de gouverner. C'est par essence sa raison d'être. Quel message instille à ses sympathisants et militants le parti Libéral-Radical en renonçant à partir à la conquête d'une place stratégique pour faire opposition à une gauche toute puissante ? Qu'au fond, se battre est vain ? Un signal qui pourrait être mal interprété au sein de la base.

 

Extrapolons quelque peu. Il y a l'année prochaine le Gouvernement cantonal à réélire. Le PLR a actuellement trois sièges, mais peut-on affirmer qu'il les conservera tous ? Eu égard à ses derniers résultats électoraux, en-dehors de celui de Pierre Maudet pour le Conseil d'État, nous pouvons légitimement en douter. Acceptera-t-il de sacrifier deux places sans plus de bataille ? Alors, qu'un certain personnage, fort de son statut de « prodige politique », ait manigancé quelques stratégies obscures en promettant à plusieurs personnes la place qui n'était d'ailleurs même pas au concours à l'époque où il mit en place son jeu, cela ne doit pas pour autant occulter la réalité politique, celle des rapports de force. Céder à des stratagèmes aussi crapuleux, irrespectueux des gens qui font vivre le parti, non pas celles et ceux qui en tiennent les rennes, et veulent se placer sur d'importants sièges, comme l'a récemment dévoilé Cyril Aellen à la presse, n'est pas digne d'un parti qui occupe actuellement la première place au sein du Gouvernement.

 

Ces manipulations, qui sont le fait de quelques-uns qui pensent être les meilleurs à même de choisir pour les autres, sont passées de date. Aujourd'hui, la politique doit être transparente. L'opacité de certains ne puis demeurer davantage. Et qu'untel veuille écarter ses rivaux pour son dessin de siéger au sein du Conseil Fédéral, ne doit aucunement influencer négativement l'ensemble d'une politique cantonale. Je me demande donc pourquoi des journaux comme la Tribune de Genève, si prompte à esquisser de longues analyses et autres éditoriaux sur la candidature de Pierre Maudet au Conseil d'État, font la sourde oreille concernant la conjoncture actuelle en Ville de Genève, et ne consacrent pas davantage d'articles sur les manigances de ces « grands pontes » du PLR, qui croient, du haut de leur tour d'ivoire, décider. Gouverner, ce n'est pas ça, et je les renvoie donc à Machiavel, qu'ils ont lu bien avant moi. Il faut choisir. Méprisez la base, mesdames et messieurs, et celle-ci finira par vous envoyer la facture. Dès lors, il ne faudra pas se plaindre. Pour ma part, je soutiens la candidature de Jean-Marc Froidevaux, qui a le mérite de poser le doigt là où ça fait mal. Et rien que pour ça, les médias devraient en parler.

 

 

Grégoire Barbey

11:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : jean-marc froidevaux, politique, plr, maudet, aellen, analyse, tribune de genève |  Facebook | | | |