20/03/2012

La politique des p'tits copains

 

L'élection partielle du 17 juin prochain pour le siège laissé vacant par le démissionnaire Mark Muller (PLR) nous fera au moins voir la politique genevoise sous son plus simple appareil ; et qu'il ne fait pas bon à voir !

Ils sont nombreux, les p'tits copains, à négocier des accords inter-partis pour s'assurer la conquête d'une place lors d'élections futures. Ils sortent même le grand jeu, et réclament manu militari des accords écrits pour en soutenir un, d'autres, des garanties pour un apparentement, bref, la totale.

Ce sont toujours les mêmes énergumènes, complaisants dans leur auto-satisfaction, qui jouent au poker menteur avec la population. L'électoralisme et la spirale du pouvoir plutôt que l'honnêteté envers le citoyen lambda, nous ne sommes plus surpris. À tel point qu'aujourd'hui, les relations incestueuses entre certains politiciens se font à la vue de toutes et tous. Qui donc osera remettre en doute leur comportement ? Qu'importe, d'autres p'tits copains les défendront. Genève reste, malgré sa place prépondérante au niveau international, un petit village où tous les grands pontes se connaissent, se côtoient et s'apprécient, pour autant que des intérêts soient en jeu.

De vrais Borgia, qui face au Peuple se donnent en spectacle, prêt à tirer l'épée du fourreau pour affronter l'un des leurs, et dans les coulisses déversent du poison dans les verres qu'ils serviront à boire à leurs électeurs. Mais ils oublient que dans la Grande et Valeureuse Genève, tout finit par se savoir, et que taire de telles informations n'est pas à la portée de tout le monde.

Pas grave, nous boirons un bon vin le samedi matin au Marché de Rive pour réfléchir à une stratégie nouvelle, qui permettra de berner les consciences naïves qui peuvent griffer quelques noms sur leur bulletin de vote. De toute façon, au pays de Calvin, toutes les solutions peuvent être trouvées, pour autant qu'un accord se fasse dans l'intérêt des acteurs politiques.

Quelques sourires, des poignées de main, et le tour est joué. Le jour d'après tombera un communiqué de presse haut en rebondissement, pour officialiser un accord dont le Peuple sera bien évidemment écarté, puisqu'il n'existe que lorsqu'il faut faire adouber les motions et les personnalités de ces messieurs-dames de la politique.

La politique genevoise vaut son pesant de cacahuètes en matière de spectacle. Chaque année, la R'vue nous en fait un, d'ailleurs, pour illustrer la piètre représentation qui nous est offerte trois cent soixante-cinq jours par an.

Bref, sur ce, il me faut conclure, je dois retourner à mes occupations politiques, et le Bourg-de-Four m'appelle pour y retrouver un adversaire avec lequel je trinquerai au salut des forces maçonniques qui nous offrent la décence du Pouvoir.
Ne soyez pas trop surpris, même moi j'y prends goût, à la politique des p'tits copains...

 

Grégoire Barbey

11:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, copinage, copains, accords, incestueuse, relation, inter-parti, mensonge, borgia |  Facebook | | | |

15/02/2012

Aux faux prophètes du journalisme

 

Qu'ils sont nombreux, les faux prophètes du journalisme ! « Vive la liberté de la presse », scandent-ils à qui veut bien prêter l'oreille à leurs élucubrations. Leurs lapalissades recouvrent des pages entières, que cela soit sur des blogs ou dans des journaux. Ils se prêtent volontiers une image. J'en connais un parmi tant d'autres qui prétend ne pas avoir d'amis, d'être libre et indépendant ! Eh, faut-il le croire ? Au gré du vent, il se laisse porter. Il prend la défense des opprimés, non pas de ceux qui meurent de faim ou qui agonisent dans l'injustice, mais de ceux qui récupèrent la monnaie de leur pièce, après avoir trop longtemps joué avec la confiance du Peuple. Ces mêmes personnages, lugubres, apathiques, qui se précipitent pour vanter leurs mérites et l'effort qu'ils font pour protéger les intérêts des leurs. Oui, mais encore faut-il faire partie de cette caste privilégiée.

Ces discoureurs de l'actualité qui n'ont foi qu'en la liberté érigent des temples à la gloire de ce mot, comme s'il était question d'un symbole sacro-saint. Ne blasphémez pas en leur présence, ils sont à l'affût du moindre mécréant, prêt à bondir sur leur proie tout en psalmodiant pour vous convaincre de rejoindre le cortège funèbre des hypocrites. Pas de Judas dans leurs rangs, ils sont tous à la solde d'un idéal inexprimé et pourtant palpable : l'opportunisme. Si vous osez vous opposer à leur idéologie universaliste, ils proféreront menaces, insultes, métaphores et anathèmes à votre encontre ! Certains, pas les plus futés, iront jusqu'à vous recommander d'ouvrir des cahiers pour y lire toute la propagande qu'ils veulent vous faire avaler, de préférence sans la moindre résistance. Soyez discrets, les murs ont des oreilles, et ces prêtes séculiers n'hésitent pas à se passer le mot.

Fuyez, où vous serez brutalement jeté en pâture aux lions de la cité de Calvin.

Ils n'auront aucun remord à s'essuyer les pieds sur vous, et si vous vous relevez, ils feront de vous un exemple à ne pas suivre.

Ne vous laissez pas tenter par le Diable, votre nom pourrait rapidement faire le tour des agences de presse ! Vous ne devez pas déranger ces contempteurs de la bienpensance, où vous serez sacrifié sur l'autel de la Liberté néolibérale. Ils parent leurs torchons de termes acerbes, usent de rhétoriques fallacieuses, de dialectiques éristiques et vous prouvent que deux et deux font cinq parce qu'ils l'ont voulu. Ils s'autoproclament « voix du peuple », celui-là même qu'ils méprisent en cirant les pompes des édiles engraissées sur le dos du contribuable.

Il faut les garder à l'œil, quitte à devoir les attaquer de front, car ce sont les faux prophètes du journalisme, et ils corrompront tout ce qui va à l'encontre de leurs principes. Tenez-vous le pour dit.

 

Grégoire Barbey

11/02/2012

Décaillet sur le vif, Mark Muller est en droit de nous cacher la vérité ?

 

À vif.

Pascal Décaillet défend Mark Muller dans un article publié sur son blog, considérant qu'il ne doit en aucun céder aux pressions du Conseil d'État qui demande à connaître le montant de sa transaction avec le barman du Moulin à Danses, qui je le rappelle, avait subi des attaques physiques de la part de Muller, ce dernier l'ayant reconnu après avoir obtenu le retrait de la plainte de la partie plaignante.

J'aimerais, en toute humilité, répondre à monsieur Décaillet, qui je pense occulte quelques menus détails. Mark Muller, en tant que conseiller d'État, a des impératifs. En privé, ses actes ne regardent que lui, c'est une évidence. Mais lorsqu'un comportement litigieux filtre aux oreilles du Peuple, l'affaire ne peut plus être considérée comme relevant de la sphère privée. Elle appartient, selon moi, à la chose publique, car les électeurs ont non seulement le droit, mais la nécessité de connaître le profil de leurs représentant-e-s. Monsieur Muller, fut-il le plus agréable ami, ou le père le plus dévoué, a en cela une responsabilité envers la République et ses habitant-e-s. Que son affaire soit médiatisée à outrance, c'est une réalité, et il faut sûrement le déplorer. Moi le premier. Cependant, que le conseiller d'État agisse, face à la Justice et sous les yeux du Peuple, à l'encontre de toute éthique, ça ne peut pas être excusé, ni étouffé. La lumière n'avait pas encore été faite sur les circonstances de l'affaire que monsieur Muller offre une compensation financière (dont personne ne sait actuellement l'exacte nature, et si pot-de-vin il y a) à la victime, avouant de surcroît avoir menti dans sa version des faits, pour obtenir le retrait de la plainte.

Que pensait-il en se comportant de la sorte ? Qu'il s'échapperait discrètement, sans avoir à répondre de ses actes ?

Je m'exprime ici en tant que simple citoyen. J'espère néanmoins que d'autres que moi considèrent que la démocratie impose à nos représentant-e-s de se comporter en exemple. Je n'ai pas l'impression de divaguer lorsque je réclame une transparence sans compromis à l'égard du Peuple, qui est le seul juge lorsqu'il s'agit de prendre une décision et d'élire quelqu'un. En fait, il m'apparaît même tout à fait antidémocratique de taire de pareils agissements. Il est évident que les citoyen-ne-s fondent leur avis sur un personnage politique d'après ses actes et non ses allégations. Du moins, il devrait en être ainsi. Mark Muller peut avoir toutes les bonnes raisons du monde, mais cette attitude mérite une réaction ainsi qu'un juste châtiment, et l'opinion publique n'est jamais tendre lorsqu'il s'agit de se prononcer sur une personne qui lui a sciemment caché la vérité. L'honnêteté paie davantage, et reconnaître avoir failli à ses responsabilités est tout à l'honneur de celui ou celle qui le fait. Je sais qu'aujourd'hui, le comportement humain ne fait pas bon ménage avec la politique. Affaire de carrière, ou d'image personnelle, je ne sais que penser. Pourtant, avoir l'humilité de se remettre en question devant le regard interloqué du Peuple est probablement la plus belle démonstration d'intégrité et d'intelligence. La sincérité devrait être une qualité essentielle, sinon indispensable pour s'engager en politique. Ce n'est pas parce qu'actuellement, les règles sont différentes, que nous ne devons pas nous attendre à mieux, et à faire en sorte que cela évolue. Pour ma part, je suis scandalisé par le comportement de monsieur Muller, qui n'a clairement aucune décence ni aucun égard pour celles et ceux qu'il représente. C'est, et j'assume mes propos, honteux que nous ayons de tels personnages pour veiller sur nos intérêts.

Revenons-en à Pascal Décaillet, « amoureux de politique », oui, mais l'éthique ne devrait-elle pas être aussi sinon plus importante que la politique ? L'une peut-elle aller sans l'autre ? Doit-on faire abstraction de son respect et de son éthique lorsqu'il faut s'intéresser à la « vie de la cité » ?

Ce journaliste est-il à ce point aveuglé pour ne pas apercevoir qu'au-delà de l'affaire Muller, c'est l'image même de la politique, de la démocratie eu égard à notre Constitution suisse, qui est en jeu ?

Pour moi, il va sans dire que la politique se doit d'être transparente, sans quoi, jamais je n'adhérerai à un parti quelconque. Et je réclame la démission de Mark Muller, pour fautes graves envers son devoir de représentant du Peuple. Genève ne sortira effectivement pas grandie de cette histoire.

Navré, mes intérêts passent après celui du Peuple. Pardonnez-moi de faire passer l'éthique avant mon hypothétique carrière dans le domaine politique. Je ne me soumettrai pas à des menteurs.

 

Grégoire Barbey

 

Sources : http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2012/02/10/politique-mais-illegale-la-pression-de-pfu.html

01:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : politique, décaillet, muller, éthique, transparence, respect, humanité, démocratie, mensonge |  Facebook | | | |