02/02/2012

Réflexion sur la non-violence : la résistance

 

Résister, oui, mais pas n'importe comment !

Pour ma part, il est impératif de respecter une éthique précise, et celle-ci trouve son terreau dans la non-violence. J'ai souvent entendu des discours grandiloquents qui tentaient de me faire adhérer à l'idée que la brutalité, c'est la nature de l'être humain. Bien essayé, cependant pour ma part, je ne suis pas sûr que l'être humain soit réduit à un quelconque « état de nature », duquel il serait incapable de s'extraire. Je suis même persuadé du contraire, pour être franc. Considérer qu'il existe un prototype humain dont il est impossible de s'émanciper me semble être une pensée saugrenue. Je ne comprends pas très bien la portée d'une telle conclusion, sinon de justifier toutes les pires atrocités qui soient.

S'il fallait absolument étiqueter une « nature humaine », je la définirais comme étant versatile, impropre à la stagnation et par essence en constante évolution. C'est cette qualité unique qui a permis à l'être humain d'évoluer sur le plan intellectuel. L'adaptation est, à tout point de vue, son meilleur outil.

Les comportements varient d'un individu à un autre. La violence n'est ni une fatalité, ni une nécessité. Par le passé, j'ai déjà tenté d'apporter quelques éléments de réponse dans une entreprise visant à déconstruire la violence. L'essai s'intitule « questionnement sur la violence ».

J'aimerais compléter celui-ci par un petit traité de résistance non-violente. Je me suis toujours considéré comme étant quelqu'un de pacifique. Cependant, ce terme n'est pas assez fort, et même, il est flou. Être pacifique ne signifie pas adopter une attitude de cloisonnement à l'égard de soi-même, et de tous comportements violents. Or, mon désir est très exactement de ne jamais recourir à la violence. C'est pourquoi j'adopte cela sous la dénomination de « non-violence ».

Il est important d'en définir les contours.

Mon implication dans ce rapport non-violent s'étend jusque dans mon assiette. J'ai décidé de ne plus consommer de viande pour des raisons évidentes. Premièrement, afin d'être en accord avec ma prétention d'égalitarisme envers les êtres humains et les animaux, et deuxièmement, pour ne plus consommer de la nourriture issue de la brutalité.

Dans ma conception de la non-violence, concéder à consommer de la nourriture qui implique la mise à mort d'un être vivant sensible, quel qu'il soit, c'est-à-dire un animal ou un humain, est une forme, même passive, de violence. Le fait de tuer relève évidemment d'un acte violent. Je n'emploierai pas le terme de cruauté, car il serait malavisé d'en faire l'usage dans un cas comme celui-ci.

Cette volonté de ne pas accepter la violence, sous ses formes les plus habituelles, part d'un constat personnel : si dans mon comportement, j'ai recours à la violence, comment pourrais-je souhaiter ne pas en être victime ?

Concernant ce qui nous intéresse, à savoir la résistance, j'applique l'attitude non-violente comme étant un point d'ancrage de toute forme de contestation, de protestation et d'opposition. Je pars du principe qu'un mouvement, quel qu'il soit, se doit de ne céder à la violence sous aucun prétexte, sous peine d'en être victime également. Même face à une agression quelconque, la violence ne doit jamais être une réponse. Elle ne saurait être favorable à quiconque. En fait, la violence engendre la violence. Une phrase d'Albert Einstein me semble très appropriée pour défendre mes propos : « on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré ».

Résister à l'oppression peut s'avérer coûteux en utilisant le cours à la violence. L'oppresseur peut, à tout moment, empirer la situation de ceux qui s'opposent à lui. La résistance non-violente permet à la fois de faire passer un message, d'agir et de ne pas s'attirer les foudres de l'oppresseur. Bien sûr, ce dernier peut utiliser la brutalité à sa guise. Combattre le feu par le feu ne le fera sûrement pas déposer les armes. Les conséquences peuvent parfois être catastrophiques. Dans un pays comme le nôtre, en Suisse, appliquer cet impératif de non-violence est probablement beaucoup plus facile qu'ailleurs, dans des nations où règne la dictature et la violence en permanence.

Il serait difficile pour moi de dogmatiser la non-violence. Personnellement, je n'ai envie d'utiliser la violence en aucune façon, mais l'imposer comme nécessaire relève peut-être d'un fantasme.

Je n'ai pas encore d'avis définitif à ce propos. Je crois malgré tout qu'adopter un comportement non-violent apporte beaucoup de bien-être pour celui qui s'investit. Cela permet aussi de se sentir libéré d'un joug qui ne nous correspond pas forcément. L'essentiel est d'agir tout en ne faisant pas aux autres ce que nous n'aimerions pas qu'ils nous fassent.

Être cohérent avec soi-même.

22:44 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : non-violence, réflexion, pensée, résistance, protestation, contestation |  Facebook | | | |