24/05/2012

Initiative de l'ASIN : trop de démocratie ne tue pas la démocratie

Interrogation, 24.05.12 15h38

 

Je suis partagé quant à l'initiative de l'ASIN. Il me semble délicat de dire que trop de démocratie tue la démocratie. Ce slogan m'apparaît honteux. En somme, trop de pouvoir au Peuple, tuerait le pouvoir du Peuple ? Ce sophisme n'est pas recevable. La véritable peur derrière cette votation, c'est d'offrir à des partis conservateurs tels que l'UDC la possibilité de faire dire non à la population des initiatives qui favoriseraient notre adhésion à l'Union Européenne ou en tout cas permettraient davantage de négociations. Mais de là à prétendre des énormités pareilles, il ne faut pas exagérer.
J'ai lu des arguments qui m'ont fait peur, affirmant que nos droits démocratiques sont les plus développés au monde et qu'il faut s'en contenter. Je ne suis pas favorable à cette votation car je ne veux pas donner des armes à l'extrême droite pour renfermer notre pays sur lui-même, néanmoins je ne puis souscrire à cette rhétorique. Ce n'est pas parce que nous sommes privilégiés par rapport à d'autres nations dans le monde que nous devons nous contenter de notre système.
C'est aberrant et inexact. Je me battrai toujours pour renforcer l'assise du Peuple dans son exercice démocratique, car je préfère la décision de la multitude plutôt que celle d'un petit nombre.

 

Grégoire Barbey

15:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : asin, udc, politique, initiative, démocratie, pouvoir, peuple, décision |  Facebook | | | |

19/05/2012

Le 17 juin, opportunité d'un vote anti-PLR

 

Analyse, 19.05.12 16h00

 

Le 17 juin prochain, lors de l'élection pour le poste vacant au Conseil d'État, il s'agira non seulement d'un vote important, car il faut remplacer un magistrat au sein de notre gouvernement cantonal, mais aussi d'un message adressé aux instances politiques par le Peuple au travers des urnes. Il sera donc primordial de faire le meilleur choix pour Genève, tout en gardant à l'esprit les récents événements qui ont défrayé la chronique.

 

Notamment les frasques du Parti Libéral-Radical, qui a multiplié sur les terres genevoises d'innombrables erreurs qui ont eu des résultats catastrophiques pour l'ensemble de la population. Ce parti, première force politique de notre Canton, doit aujourd'hui payer l'addition, certes salée, de ces derniers mois. Entre Mark Muller, qui a perdu de par son attitude inqualifiable son poste au DCTI, et François Longchamp qui s'est empressé de mettre la main sur le département de son collègue afin, probablement, d'y faire le ménage, le constat est plutôt lugubre.

 

Tout comme nos voisins français, qui ont le 6 mai dernier fait le choix de ne pas réélire le Président sortant Nicolas Sarkozy, il va falloir donner le ton au PLR, dont l'arrogance n'a eu de cesse de s'illustrer bien tristement par des choix et des comportements indignes d'un parti de sa trempe. Rappelons qu'ils ont déjà perdu leur troisième siège au sein du Conseil national lors des votations du mois de novembre passé. Non content de cet échec cuisant, les membres du PLR ont continué la débandade. Trop, c'est trop. Et le Peuple n'est pas dupe. Dès lors, le 17 juin, il s'agira d'un vote anti-PLR, qui s'illustrera par la nomination, probable, de la candidate Anne Emery-Torracinta, favorite de cette élection. Mais ce n'est pas tout.

 

En aucun cas François Longchamp ne doit conserver le poste du DCTI, ce n'est pas acceptable. Il est, plus que jamais, l'heure des comptes. À force d'entasser des cadavres dans ses placards, le PLR a perdu sa légitimité au sein de notre gouvernement, ainsi que sa crédibilité. Je ne doute pas que le moment venu, l'arrogance et les déboires de ceux qui le composent seront justement taxés par la décision du Peuple souverain. Et tant mieux, car ça ne peut plus durer.

 

Grégoire Barbey

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16:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plr, votation, 17 juin, conseil d'état, mark muller, françois longchamp, peuple |  Facebook | | | |

18/04/2012

Pour une politique non de spectacle mais d'acte, révoquer les élus en cours de mandat doit-il être un droit civique ?

Suite de mes entretiens avec le journaliste Pascal Décaillet, portant aujourd'hui sur le thème de la révocabilité des élus en cours de mandat. Bonne lecture !

GB - Cher Pascal, vous qui y êtes, si je ne m'abuse, profondément démocrate - et d'après ce que j'ai pu lire et entendre de vos positions, je serais tenté de vous assimiler, au moins en théorie, au PDC -, que penseriez-vous d'une initiative demandant à instaurer comme droit civique la possibilité de révoquer les élu-e-s en cours de mandat ? Bien évidemment, les contours d'une telle initiative devront être dûment dessinés pour être cohérents. Ces politiciens qui parlent de transformer la politique sont nombreux, mais ils n'apportent rien. Pour une politique non pas de spectacle, mais bel et bien d'acte, offrons au Peuple le droit d'influer sur ses représentant-e-s !

PaD - A la bonne heure, me voilà PDC ! Divine surprise. Sur le fond de votre proposition : la démocratie, c'est, par exemple, le pouvoir pour le peuple d'élire ses représentants. Pour une période donnée : quatre ans, cinq ans. Cela ne doit pas être le pouvoir, pour le peuple, de harceler continuellement ses élus, en cours de mandat, par des menaces de révocation. Il faut laisser à nos autorités le temps de l'action. Et la meilleure sanction, c'est, le terme venu, la non réélection. En cas de crise aiguë, les intéressés, de toute manière, sont soumis à une telle pression (de leurs pairs, souvent !) qu'ils finissent spontanément par démissionner.

GB - Dans « le Matin » du 6 avril, le Conseiller national (PLR/VD) Fathi Derder parlait justement de cette peur qu'ont les élus de ne pas être réélus, allant jusqu'à affirmer que certains préféraient agir le moins possible pour s'éviter la foudre de leurs électeurs. Cette proposition de pouvoir révoquer les élus en cours de mandat devraient au contraire les pousser à écouter les doléances du Peuple plutôt que de sombrer dans des mascarades théâtrales pour faire passer la pilule...

PaD - Je ferais volontiers la connaissance de ce Monsieur ! Rappeler continuellement à nos élus leur devoir de diligence et d'efficacité, oui. C'est le rôle de l'opinion publique. Les attaquer éditorialement, oui. Leur rappeler qu'ils sont au service de la collectivité. Mais la révocation, ou l'impeachment (cf. Nixon, 1974), cette épée de Damoclès, ne me semble pas une bonne solution. En les élisant, on leur donne un certain pouvoir pour une certaine durée. Exemple : Sarkozy a eu cinq ans pour agir. Le 6 mai à 20h, il sera peut-être poliment prié d'aller voir ailleurs. Il aura eu sa chance.

GB - Oui, il aura eu sa chance. Et à quel prix ? Tous, ou presque, s'accordent pour dire que son bilan est catastrophique. Combien de françaises et de français ont ardemment désiré de le voir se retirer avant l'heure ? Nous ne pouvons pas seulement élire puis nous contenter d'attendre, la bouche ouverture, que vienne l'heure des comptes. Diriger un pays, participer à son fonctionnement, incombe des responsabilités, mais avant tout des devoirs ! Et nos représentants, démocratiquement élus, n'échappent pas à cette règle !

PaD - Certes. Mais je ne suis pas d'accord de soumettre nos élus à la dictature, au demeurant si versatile, de l'opinion. Tout mandat a des hauts et des bas, tout président doit se heurter à des grèves, des crises. Et c'est justement à lui de les résoudre. Dans une enveloppe de temps donnée. Et puis, il faut parfois prendre des décisions impopulaires : hausses d'impôts, allongement des durées de cotisation. Sous les huées, il faut tenir. C'est très dur, mais ça fait partie du jeu. Et c'est pour cela qu'il faut élire des gens avec du format.

GB - Tout doit être une question de juste mesure. Laisser le champ libre durant plusieurs années à une personne, au demeurant humaine et capable de se tromper et ainsi en faire pâtir la population toute entière, je n'y suis que moyennement favorable. Je ne veux pas d'un diktat de l'opinion publique, mais je ne veux pas non plus d'une aristocratie politique ! Dès lors, il faut pouvoir instaurer des garde-fous pour sauvegarder nos institutions et le bien-être de nos semblables.

PaD - En l'espèce - et en attendant mieux - il y a déjà un jouissif garde-fous : la non-réélection. Et un autre, en cours mandat, qui n'est pas moindre : la liberté absolue de s'exprimer, critiquer, brocarder, vilipender. Elle ne s'use, celle-là, que lorsqu'on ne s'en sert pas.

Grégoire Barbey + Pascal Décaillet