04/05/2012

Goodbye, mister President !

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy a tenu son dernier meeting. Dans une ultime exaltation, il s'en est pris aux médias, qui selon lui l'auraient discriminé, menant une campagne de désinformation à son encontre. Il a rappelé, une fois de plus, combien il était une victime de ce système et de ce pays. Lui, le chef de l'État français. Lui, l'homme aux grandes phrases. C'était petit, venant d'un tel personnage. C'était un au revoir déguisé. Une ultime invective envers un monde qui ne le comprend pas. Qui ne le comprendra jamais. Et c'est tant mieux !
Adieu, monsieur le Président.

Grégoire Barbey

17:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : présidentielle, 2012, sarkozy, nicolas, adieux, meeting, élections, votations |  Facebook | | | |

27/04/2012

François Hollande, le mauvais calcul électoraliste

 

francois-hollande-en-une-de-liberation-24-avril-2012-10686234jexqe_1861.jpgFrançois Hollande a décidé de tomber les masques et cherche désormais à récupérer des voix dans l'électorat frontiste de Marine Le Pen. Il a annoncé vouloir réduire l'immigration économique, rappelant d'ailleurs qu'il avait été favorable à l'initiative contre le port de la burqa. Cette attitude, purement électoraliste, pourrait davantage le desservir lors du verdict des urnes que lui faire obtenir quelques suffrages supplémentaires. Il s'agit vraisemblablement d'une erreur stratégique, à l'heure où son adversaire et prédécesseur Nicolas Sarkozy se fait l'apôtre des thèses extrémistes soutenues par certains pontes du Front National, François Hollande aurait eu un grand coup à jouer en se contentant de draguer l'électorat modéré du Président sortant, ne modifiant que très peu son image pour son propre camp politique, à savoir la gauche. Ici, il tente un grand écart pour le moins risqué. Non seulement, il prend le pari de se désolidariser de ses électeurs, mais de surcroît, il le fait pour un résultat qui ne sera sûrement pas significatif lors du dépouillement final. Le 6 mai, ce ne sera peut-être pas celui qui se présentait comme un futur président « normal » qui sera intronisé. Non, cette décision pourrait lui coûter un revirement décisif lors des dépôts des bulletins de vote.

Comment pourra-t-il assumer politiquement ce choix et cette tentative inconsidérée de récupérer des voix à l'autre extrême de l'échiquier ? Il s'est dit soucieux de s'occuper de celles et ceux qui « souffrent » en France. Ne pense-t-il pas qu'attiser les haines, c'est renforcer le climat délétère qui règne dans l'hexagone et dont le résultat du Front National en est l'expression patente ?

François Hollande, s'il pense être normal, le sera sûrement moins aux yeux de son électorat qui lira ou écoutera ses propos avec une oreille critique. C'est Mitterrand qui doit se retourner dans sa tombe. Et Jospin de s'écrier « pays de merde » !

 

Grégoire Barbey

23/04/2012

Marine Le Pen, un résultat représentatif du malaise identitaire et culturel français

 

Les résultats des votations pour le premier tour de la présidentielle française ont, semble-t-il, étonné certains médias, qui ne s'attendaient pas à voir sortir Marine Le Pen avec un score aussi élevé (entre 18 et 20% des suffrages). Pour ma part, je ne suis aucunement surpris de ce chiffre. Il suffit de regarder les sujets traités par les médias audiovisuels pour s'apercevoir du malaise qui règne en France. Une crise identitaire et culturelle ? Avec des articles quotidiens sur l'Islam radical qui envahirait le pays des Droits de l'Homme, les « intellectuels » régulièrement appelés au front pour décrire les risques qu'encourt la France face à l'immigration, l'instrumentalisation de certains drames, ce n'est ni inquiétant ni surprenant que des électeurs votent pour celle qui se revendique comme étant la voix des français de souche. Ce qui devrait néanmoins inquiéter, c'est la propension qu'ont les médias français à jouer la carte de l'hypocrisie. Ils sont majoritairement responsables de la représentation que se font les françaises et les français des problèmes structurels et institutionnels de leur pays. Les médias sont, comme l'a très bien fait remarquer Noam Chomsky, un excellent outil de propagande, et les politiques l'ont bien évidemment compris et en usent sans vergogne.

Si aujourd'hui, la Présidente du Front National peut rassembler un cinquième des électeurs français autour d'un programme d'exclusion, il s'agit d'une conséquence directe de l'image transmise par les médias. Pour inverser cette tendance qui, tant que perdurera ce climat au sein de la presse et des organes d'information, ne cessera de croître et s'affirmer, il est essentiel d'interroger la responsabilité des médias dans le résultat de ces votations et plus précisément réfléchir sur leur rôle en tant que médiateur entre l'information et les citoyens.

Marine Le Pen a su surfer sur cette vague et en ressort plus forte. Elle sera, à l'avenir, une sérieuse concurrente pour les partis « modérés ». Ce qu'il faut, pour lutter contre l'extrémisme, c'est de mettre un terme à l'ignorance. Les réponses faciles, en Suisse comme ailleurs, ont toujours eu le vent en poupe. Mais dès que tombent leurs épouvantails, la mascarade cesse. Il faut redonner confiance aux électeurs, aux citoyens, et leur donner de véritables réponses, sans les prendre pour plus bêtes qu'ils ne le sont, et en leur témoignant également une confiance dans leur libre-arbitre et leur réflexion.

 

Grégoire Barbey

09:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, présidentielle, marine le pen, malaise, identité, sécurité, islam, racisme, exclusion |  Facebook | | | |