04/04/2012

La manchette du Matin : honteux !

 

Aujourd'hui, j'ai lu par malheur la triste manchette du quotidien Le Matin. « Un transsexuel veut devenir Miss Univers. »

En quoi cette information est-elle capitale ? Pourquoi la mettre en valeur à ce point ?

Où débute le journalisme et où finit-il ? Est-ce acceptable de discriminer ainsi une proportion de la population, même « infime » ?

Je ne connais personnellement aucun-e transsexuel-le. Mais il ne me viendrait pas à l'idée de pointer du doigt le choix, individuel, qui revient à tout un chacun d'être en mesure de changer de sexe. Pourquoi rendre sa décision publique et en faire la Une ? Je ne comprends vraiment pas. J'exècre ce journalisme abrutissant. Il ne s'agit pas d'un métier, dans ce domaine, mais d'une nuisance. C'est une forme d'intolérance et de ségrégation des plus malsaines. Cette attitude est hautement révélatrice de la déontologie de certains médias. Que quelqu'un veuille être Miss Univers, ça nous fait une belle jambe. Et qu'il ou elle ait changé de sexe ne nous regarde en rien. Dans quel but utiliser cette information ? Afin de catégoriser celles et ceux qui font ce choix, sûrement très difficile dans une société où les médias peuvent parfois être aussi cruels et stupides ?

Sincèrement, aiguillez-moi sur une piste de réflexion décente, c'est à n'y rien comprendre. Et ça vend des journaux ?

 

Grégoire Barbey

19:28 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : honte, scandale, journalisme, déontologie |  Facebook | | | |

12/03/2012

Propos homophobes de Stauffer relevés dans son article à l'encontre de Tornare : inadmissible !

 

Éric Stauffer s'illustre une nouvelle fois de par sa vulgarité et son manque cruel de respect pour ses pairs. En effet, dans un article publié récemment, nommé « Le seul manuel du PS rentre en lice », le président du MCG tient des propos sous forme de sous-entendus qui sont clairement homophobes, à l'encontre de Manuel Tornare, dont l'homosexualité est connue.

« Le seul manuel que le PS compte encore dans ses rangs sort donc du bois, pas de Boulogne, l'autre, celui de la forêt enchantée des belles promesses que ce parti affectionne, celui de la langue de bois. »

Comme c'est navrant de faire allusion aux bois de Boulogne, lieu réputé pour sa majorité de transsexuels et d'homosexuels, en parlant du candidat à l'élection partielle du Parti Socialiste. Cette attitude, propre à monsieur Stauffer, démontre une fois de plus à quel point ce personnage est indigne d'une place au conseil d'État, qui plus est à la sécurité.

« Il ne reste donc bien aux PS qu'un seul manuel, pas rouge certes, rose peut-être, BoBo certainement. »

Sous la plume staufferienne, les lieux communs vont bon train. Quelle tristesse d'avoir recours à des attaques aussi basses pour un prétendant à un poste gratiné et essentiel pour le bon fonctionnement de notre démocratie. La sexualité de monsieur Tornare ne doit en aucun cas faire l'objet de cible pour rabaisser sa candidature et ses capacités à siéger à la place laissée vacante par le démissionnaire Mark Muller.

Cet article est une atteinte que je qualifierai de grave envers l'intégrité d'une personne qui, peu importe ce qu'elle a pu faire de mal durant ses mandats politiques, mérite le minimum de respect qui fonde les valeurs de notre société.

Je demande donc à ce que soit sanctionné le blog du président du Mouvement Citoyen Genevois en conséquence et juste proportion de son non-respect de la charte de la Tribune de Genève, que ce monsieur a dû lire et accepter, au moins tacitement, lors de son inscription.

Je n'aime guère qu'un homme de sa trempe use de tactiques aussi désolantes et lâches. Un poste au conseil d'État se mérite, les faits d'arme ne sont pas la seule qualité requise, il faut être humble et respectueux, parmi tant d'autres vertus nécessaires pour siéger décemment au sein des Sept.

Le Peuple ne pardonnera pas, je l'espère face aux urnes, les comportements déviants – violence physique et verbale – d'Éric Stauffer lors des votations du 17 juin prochain.

Ayons à cœur d'élire des représentants dont les actes ne trahissent pas un manque de civilité et de maîtrise de soi. Il s'agit de notre démocratie.

 

Grégoire Barbey

 

 

29/02/2012

Contre l'homophobie de Gregory Logean, cité dans le 20 minutes du 29 février

 

À vif.

Le 20 minutes d'aujourd'hui nous gratifie d'un article pour le moins scandaleux.

Le titre est en lui-même révélateur : « Avec les parents homosexuels, l'enfant devient un objet ».

Les propos relevés sont ceux de Gregory Logean, un UDC valaisan.

« L’homosexualité est une affaire privée qui ne doit pas devenir une norme » nous dit-il. Il n'est nul besoin de faire remarquer la teneur homophobe que prennent les paroles de Logean. Peut-être ignore-t-il, perdu dans sa montagne, que le mariage hétérosexuel est en lui-même une forme très stricte de norme, socialement construite également. Que de nos jours, malgré toutes les atrocités que l'Histoire a fait subir aux homosexuels, des personnes un tant soit peu cultivées puissent tenir de telles horreurs me choque et m'indigne. Cette sacralisation de la famille relève de la pathologie, et cette mauvaise foi dont il fait usage n'a rien à envier à ses amis Blocher ou Freysinger.

Reconnaître l'homosexualité comme étant une part inhérente de l'être humain, et non pas selon la théorie freudienne, une névrose, me paraît être d'une importance capitale, ne serait-ce que par égard à toutes ces personnes dont la sexualité n'est pas socionormée.

« Un enfant a besoin de la double figure de l’homme et de la femme, d’un père et d’une mère, pour se développer de façon cohérente en sachant que seuls un homme et une femme peuvent concevoir un enfant dans l’ordre naturel. »

Je doute qu'un enfant ait nécessairement besoin à la fois d'une figure paternelle et maternelle. Cela relève une fois de plus d'une croyance populaire fondée sur des habitus très précis qui n'ont de justification qu'en tant que règles socialement adoptées. Ce qui est impératif pour le développement intellectuel et émotionnel d'un être humain, c'est des repères et des parents qui veillent sur son bien-être. L'enfant, lui, ne fera pas de distinction entre les sexes, son amour n'est pas « genré ».

« Remettre en cause la différence des sexes reviendrait ainsi à faire vivre l’enfant dans un monde où «tout» serait possible: que les hommes soient des «papas» et aussi des «mamans», les femmes des «mamans» et aussi des «papas». »

Monsieur Logean a probablement beaucoup de préjugés et oublie voire ignore que les rôles de « père » et de « mère » sont tout autant arbitraire que l'est son jugement à l'égard des homosexuels.

Invoquer la nature est une stratégie pernicieuse et célèbre des conservateurs de tous poils, toutefois ces personnes ne réalisent pas que la « nature humaine » n'est au fond que l'intégration de diverses normes, règles et autres schèmes qui régissent une société, c'est-à-dire la vie commune.

L'être humain possède une incroyable capacité d'adaptation, et le restreindre à des coutumes et des traditions séculaires serait une triste manière de se considérer en tant qu'être vivant. Ne soyons pas stupides au point de ne voir que les symptômes d'une lente superposition de multiples croyances.

« Dans le cadre de l’adoption par des homosexuels, l’enfant devient un objet au lieu d’être reconnu pour lui-même. Pour le bien de l’enfant et de notre civilisation, nous ne pouvons pas permettre aux homosexuels d’adopter des enfants. »

Une fois de plus, la réflexion – pour autant qu'il me soit possible de nommer cela ainsi – de Gregory Logean repose sur des a priori surprenants. L'enfant ne devient pas un objet parce qu'il est adopté par des parents homosexuels, il l'est parce que certains veulent l'instrumentaliser pour en faire une lutte contre la diversité des préférences sexuelles. Je me réjouirai davantage pour la construction psychique et physique d'un bambin qu'il soit choisi par un couple homosexuel désireux de fonder une famille plutôt que des parents hétérosexuels qui se retrouvent face au fait accompli et l'élèvent malgré eux, dans des conditions effroyables.

« Encore une fois, permettre aux homosexuels d’adopter, c’est mettre en danger le développement de l’enfant et l’exposer à différents risques. »

Qu'il nous parle de ces fameux dangers, car je n'en vois pas, sinon se faire rabaisser par des personnes comme monsieur Longean, dont l'ouverture d'esprit est inversement proportionnelle à son arrogance.

« Je n’entends pas me laisser impressionner par le lobby homosexuel qui, sous couvert de lutte contre la discrimination raciale, espère me museler et m’empêcher de défendre des principes élémentaires de la vie en société. »

Ces principes élémentaires, quitte à devoir me répéter, sont arbitraires et ne trouvent une justification réelle que par la croyance à laquelle ils sont rattachés.

Plutôt que promouvoir une haine farouche à tout ce qui sort de la norme communément admise, ne faudrait-il pas œuvrer pour qu'il y ait moins d'enfants maltraités dans les familles traditionnelles, par exemple ? Je vois nettement plus de risques pour le développement d'un enfant qu'il soit exposé à des parents hétérosexuels violents que des parents homosexuels dévoués.

Il suffit de voir le nombre d'êtres humains qui souffrent d'être régis par des normes strictes qui ne laissent que peu de manœuvre à des comportements différents pour se convaincre que le problème est ailleurs.

Mais Gregory Longean a probablement des raisons personnelles de vouloir combattre une réalité qui le dérange. J'espère pour lui qu'il comprendra que sa lutte est une erreur et qu'il y a beaucoup d'autres thèmes nettement plus urgents où il serait impératif de s'investir avec autant de verve.

 

Concernant le choix des images pour l'article du 20 minutes, c'est tout simplement honteux.

 

Grégoire Barbey

 

 

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/-Avec-les-parents-homos--l-enfant-devient-un-objet--20667872

 

26/02/2012

Stauffer doit démissionner pour le bien du Grand Conseil et de la République

 

24 février 2012, le président du MCG Éric Stauffer s'illustre une fois de plus par son attitude indigne d'un député au sein du Grand Conseil. Que Pierre Weiss se soit mal comporté en l'accusant à tort, c'est un fait, et je ne défendrai pas son geste que je trouve tout-à-fait inadéquat. Nonobstant cette provocation gratuite, l'attitude d'Éric Stauffer est inadmissible et dénote clairement le vrai visage de l'intimé. La réaction du député est symptomatique. Le PLR Pierre Weiss lance des accusations à son encontre, et Stauffer tape du poing sur la table tout en se levant brusquement. Peu de temps après, il se saisit de son verre et en vide le contenu sur Weiss, ce qui crée instantanément une réaction hostile des membres du Grand Conseil. Non-content de son action totalement inadaptée en ces lieux, le président du MCG invite ses acolytes à le rejoindre et se dirige avec véhémence dans la direction de son adversaire, passant ses mains derrière le dos, comme pour se retenir d'une pulsion violente.

Cette description de la scène (visible sur le lien présent à la fin de cet article) permet de constater le populisme archaïque dont fait usage Éric Stauffer. Plutôt qu'essuyer avec intelligence et retenue les critiques de Pierre Weiss pour ensuite y répondre de manière civilisée, il préfère se livrer à l'expression de ses pulsions animales, découvrant sa vraie nature, celle d'un rustre incapable de se contenir ! Parce qu'il n'obtient pas ce qu'il veut, à savoir renvoyer le projet de loi du CEVA en commission, il perd les pédales. N'y a-t-il pas des problèmes plus importants que la construction de cette ligne ferroviaire ? Qui, effectivement, pourraient donner envie de se lâcher tel un taureau enragé ?

Ce comportement est à l'image de son parti, qui joue sur la peur des gens, acclamant des mesures xénophobes, comme ce récent soutien à la préférence nationale pour les travailleurs des HUG.

Pire, un communiqué de presse s'en est suivi, prenant la défense inconditionnelle du président MCG. Dans une interview donnée à la TSR, Stauffer confie qu'il n'agirait pas autrement si cela devait se reproduire. Quid d'un tel député ? Lui qui a demandé la démission de plusieurs élus dans divers secteurs, n'est-ce pas finalement quelque peu culotté de sa part ?

Et ce n'est pas tout. Sur son profil Facebook, il publie le lien de l'article parut dans Le Matin, comme par satisfaction. Je lui ai adressé un commentaire, respectueux, dans lequel je lui faisais part de mon désaccord sur son attitude, et ai également appuyé sur mon désir de le voir démissionner.

Monsieur Stauffer, en grand républicain qu'il est, amoureux des valeurs de la démocratie, a supprimé mon intervention et m'a par la même occasion bloqué l'accès à son profil.

Pour un homme qui se dit proche des citoyen-ne-s genevois-es, cette anecdote met à mal son image.

Qui sait, si je le croise, peut-être me versera-t-il le contenu de son verre sur la tête ?

En tout cas, cet énergumène n'a rien à faire au Grand Conseil, et il doit être destitué de ses fonctions.

En tant que Citoyen, je requiers sa démission.

 

Grégoire Barbey

 

http://www.youtube.com/watch?v=X_33KRtYZr8&context=C3...

 

Une image créée par un ami, la Politobox, l'alternative pour jeter les politicien-ne-s qui oublient les intérêts du Peuple !

 

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22:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : stauffer, politique, mcg, weiss, plr, scandale, inacceptable, censeur, rustre |  Facebook | | | |

07/02/2012

Les indigné-e-s en deuil, Maudet jubile à chaud, mais tombe sous l'échafaud

Aujourd'hui, la Tribune de Genève publie un article au sujet d'un décès survenu à proximité du camp des indigné-e-s. .

Il y a quelques jours, j'avais rédigé un billet à l'encontre des propos tenus par Michel Chevrolet, afin d'y répondre de façon constructive, pour défendre la cause des indigné-e-s et leur droit d'occuper le parc des Bastions. Voici une nouvelle démonstration des déboires d'une certaine portion des représentants politiques genevois.

Je précise ne pas faire partie des indigné-e-s, je suis en contact avec certain-e-s d'entre eux/elles mais n'y ai jamais pris part, à l'heure où j'écris ces lignes.

« Il s’agit là d’une véritable tragédie. Il n’est pas question aujourd’hui de pointer du doigt des responsables. Ce lieu était devenu un aimant, pour les marginaux et les sans domicile fixe. »

Ces propos, relevés par la Tribune de Genève, sont de Pierre Maudet, Maire de la ville de Genève. En somme, il ne désire pas explicitement pointer du doigt des responsables (sic) parce qu'il se considère indirectement comme étant responsable de cette tragédie. Je m'explique.

Il souligne le fait que le camp des indigné-e-s est devenu un repère à marginaux et sans domicile fixe. Les indigné-e-s ne sont pas coupables de cette réalité. J'aimerais quand même comprendre les références de monsieur Maudet, qui catégorise une proportion de la population avec des considérations péjoratives. Qu'est-ce qu'un marginal ? Faut-il considérer que toutes celles et ceux qui participent aux actions des indigné-e-s rentrent dans cette catégorie simpliste et peu représentative de la réalité ? Toute personne qui dévie, même de façon involontaire ou irrégulière, aux normes – qui sont très restrictives et inadéquates face à la pluralité des personnalités que compte l'humanité – institutionnalisées par quelques-uns doit-elle en conséquence être qualifiée de ce terme ? Je suis interloqué qu'un magistrat, Maire de la Ville de Genève, emploie des mots aussi catégoriques à l'égard la population dont il est le représentant en tant qu'élu. Eu égard aux actuelles affaires qui ont éclaboussé la sphère politique ces derniers temps en ville de Calvin, je pense qu'il faudrait inclure certains de ses collègues dans l'appellation « marginale ».

Les récentes implications dévoilées par la presse de différents représentants politiques, issus de partis très populaires, comme le Parti des Libéraux-Radicaux ou de l'Union Démocratique du Centre, dans des altercations violentes, laissent à penser qu'une certaine éthique manque désormais à nos élus. Et ceux-ci continuent d'exercer leurs fonctions visiblement sans remords.

Monsieur Maudet continue, toujours dans l'article de la Tribune de Genève : « j’en ai marre de passer pour le vilain petit canard de droite. J’étais bien conscient qu’un jour ou l’autre, il allait se passer quelque chose. C'était irresponsable de laisser ce campement en place» ».

Le Maire semble bien sûr de lui. Peut-être est-ce dû au fait que le camp des indigné-e-s accordait aux sans domicile fixe un lieu où discuter et se sentir écouté ? Et qu'il craignait que ces gens, oubliés par notre État, tentent de mettre fin à leurs jours pour y dénoncer leurs conditions de vie, tant et si bien qu'il leur faille en recourir à l'ultime sacrifice, celui de leur propre vie ?

Lisons les faits énoncés dans l'article : « la personne décédée, âgée de 31 ans, était connue pour avoir des problèmes sociaux. « il était toxicomane et avait fait plusieurs tentatives de suicide», explique Stéphane, un indigné de la première heure, qui poursuit : «Nous l’avions déjà redirigé vers les institutions. Il a fait trois mois à Belle-Idée puis est revenu au camp.» Xavier, un indigné proche de la victime précise qu’«il n’était pas intégré au campement. Il venait juste pour la nuit car il avait nulle part où aller». ».

Il apparaît comme évident que Pierre Maudet tente de reprendre ce décès et de l'instrumentaliser en la faveur d'une idéologie politique précise, celle de la droite genevoise, qui voulait démanteler ce camp (voir mon article à ce sujet : il n'est pas acceptable de s'indigner à Genève, selon certains représentants politiques). Celui-ci n'est pas survenu, malgré ce qu'il souhaite nous faire croire, à cause de la présence de ce camp des indigné-e-s. Non, la véritable source de ce drame vient de l'incapacité de nos institutions à veiller sur l'intérêt des opprimé-e-s de notre société. Trois mois à Belle-Idée ne l'ont pas aidé. Pourquoi a-t-il pu en sortir et se promener librement ? Sa toxicomanie, avérée, n'aurait pu s'être estompée en ce court laps de temps. Pourquoi Maudet se lance des fleurs en faisant remarquer qu'il savait qu'une tragédie allait survenir au camp des indigné-e-s, alors qu'en tant que Maire de la Ville de Genève, il n'a apparemment pas suffisamment axé son action sur l'aide pour les personnes opprimé-e-s par ce système ?

Comment ne pas voir, justement, la démonstration explicite de l'importance qu'a le camp des indigné-e-s dans une société comme la nôtre ? Un être humain y est mort. Ceci s'apparente étrangement à une tentative de suicide, même si le légiste affirme que le froid est la cause de sa mort ce qui est sûrement tout à fait exact. Mais il avait déjà essayé, par le passé. Il le souhaitait, sûrement désabusé par ce monde. En proie au sentiment de l'absurde, pour reprendre l'expression d'Albert Camus dans son mythe de Sisyphe. L'absurdité immanente d'un système qui laisse mourir celles et ceux qui ne lui apportent rien, matériellement. Oui, les qualités humaines ne suffisent pas, de nos jours, pour avoir un droit à la vie. Il faut accumuler, enrichir, et se conformer. Maudet nage dans son autosuffisance, mais je suis persuadé que celles et ceux qui lisent entre les lignes, comme moi et beaucoup d'autres, apercevront le hurlement sous-jacent à cet acte terrible, qui ne méritait nullement d'être bafoué par un désir avide, celui d'être repris par des personnalités qui n'y voient pas le tragique qui s'en échappe, mais un intérêt pour prêcher leurs idéologies...

Une âme s'est éteinte, tourmentée par les assauts répétés d'une élite qui ne laisse aucun répit aux affaiblis. Mais c'est le décès d'une pensée, également, en terres calvinistes, celle qui a voulu cacher les ténèbres avec d'obscurs mensonges, et la naissance d'une certitude : nous ne pouvons ignorer que des gens souffrent, et ce même face aux lapalissades de nos députés, qu'ils se nomment Michel Chevrolet, Pierre Maudet, ou Alexis Barbey. En parlant de ce dernier, j'ose une petite digression, au sujet d'une conversation émanent de Facebook sur son profil officiel, où il s'est exprimé en ces termes (je vous fais grâce des fautes, parce que les nœuds papillons ne protègent visiblement pas de l'analphabétisme) : « Si vous saviez lire et écouter: j'ai dit lors de mon intervention, qu'il fallait les évacuer pour des raisons sanitaires. (Voir le mémorial à venir). Bien sûr, il est plus facile de faire ses plénières sur Facebook. La politique est une affaire d'hommes, pas de personnes qui restent planquées derrière les réseaux sociaux. Vous êtes à l'image de cette polémique: pitoyables. »

Monsieur Barbey professe-là des pensées qui devraient en révolter plus d'un-e. Oui, il semble penser que la politique est « une affaire d'hommes ». Aucun doute, il ne parle pas des êtres humain-e-s dans leur ensemble, mais bel et bien du mâle. Au vingt-et-unième siècle, c'est difficile à croire. Et il siège pourtant au Conseil Municipal en compagnie de femmes. Qu'en pensent-elles ?

Manifestement, le beau verbiage dont se pare l'intimé n'est qu'un atour pour se donner l'allure du stéréotype de l'aristocratie, celle qui s'est vue décapitée en 1789.

Il assure également que les réseaux sociaux ne sont pas favorables à la politique. Il en fait toutefois partie. Qui polémique, en réalité ? Je laisse cette question ouverte.

Conclusion : le comportement de ces personnalités qui sont censées se soucier des intérêts de leurs concitoyen-ne-s et prochain-e-s plonge dans la gadoue. La manipulation d'un événement aussi triste à des fins politiques force à l'indignation.
Le bilan de l'actuel Maire de la ville de Genève serait-il à ce point négatif pour qu'il se compromette ainsi médiatiquement afin d'embrigader quelques esprits endoctrinés dans son idéologie intolérante ?

Le vilain petit canard de droite, à n'en pas douter, ce titre lui va comme un gant.

Laissons ce diablotin dans son coin, et rendons hommage à l'être humain qui nous a laissé-là, ce soir, avec un sentiment de profonde tristesse et de révolte. Que sa mort puisse grandir le mouvement des indigné-e-s, et lui offrir un nouveau départ. La neige recouvre encore les tentes qui partiront bientôt. Une page se tourne, un deuil est à faire, mais tout reste à bâtir.

Nous ne pourrons pardonner, nous toutes et tous, les êtres humain-e-s qui fondent cette ville, ce pays, et cette terre.

Une phrase afin de marquer un point final à ce réquisitoire, professée par une indignée.

Respect existence or expect resistance.

 

Grégoire Barbey

 

SOURCES : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Un-homme-decede-au-camp-des-indignes/story/10216038