01/04/2012

« J'ai trop envie de vivre »

 

« J'ai trop envie de vivre. »

Cette phrase, je l'ai entendue pour la première fois aujourd'hui, émanant de la bouche de quelqu'un d'autre que moi. Et cela m'a fait réfléchir sur une question cruciale : qui pense souvent à cela ?

Ce désir incommensurable d'exister, je l'entretiens depuis des années. Il m'a été d'un secours inimaginable dans les plus durs moments, lorsque tout allait de mal en pis et que la douleur était trop profonde pour être soignée rapidement.

Ardent, il a rallumée une à une chaque bougie qui s'éteignait dans mon cœur et m'a fait tendre vers le « mieux » en toutes circonstances. Je ne savais jamais vraiment si cet optimisme naturel était une bonne chose, mais je m'y attelais quotidiennement. Les déceptions, pourtant nombreuses, n'ont point eu raison de moi. Désormais, je réalise avec le recul que cette pulsion vitale m'a été salvatrice.

Et qu'elle continue à me porter, avec toujours plus d'intensité, dans les projets et les rêves de ma vie.

Cela ne fut pas tous les jours facile, et les obstacles furent pléthores (et le seront encore!), néanmoins rien ne pourra freiner mon élan, cette irrépressible passion pour l'existence, qui me pousse jour après jour dans tous les sens, et ne m'empêchera d'embrasser mes ambitions.

Quand bien même la fatigue psychique semble s'emparer de moi, il me faut impérativement retrouver cette sensation, fugace et intense, grâce à laquelle je m'efforce de ne pas abdiquer face à la tournure des événements.

J'ai également saisi toute l'importance de la « volonté », concept puissamment mis en valeur dans les philosophies schopenhauerienne et nietzschéenne. La volonté, selon moi, s'oppose à l'espérance. Synthétiquement, la première est pratique tandis que la seconde n'est que théorique. Espérer, c'est se limiter à l'attente, et être donc dans l'inaction. Or, vouloir, c'est se donner les moyens d'obtenir l'objet de nos désirs en s'offrant tout entier dans l'action. Cela permet aussi de se projeter dans les événements, et les préparer. Échafauder des stratégies, par exemple. Le bien-être provient essentiellement de notre état d'esprit. Il faut vouloir aller bien, moralement, pour bien aller.

Peut-être le « vouloir-vivre » de Schopenhauer n'était pas si loin de la réalité...

Quoi qu'il en soit, j'ai trop envie de vivre !

 

Grégoire Barbey

19:27 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : philosophie, vivre, vouloir-vivre, schopenhauer, nietzsche, réflexion |  Facebook | | | |