19/05/2012

Le 17 juin, opportunité d'un vote anti-PLR

 

Analyse, 19.05.12 16h00

 

Le 17 juin prochain, lors de l'élection pour le poste vacant au Conseil d'État, il s'agira non seulement d'un vote important, car il faut remplacer un magistrat au sein de notre gouvernement cantonal, mais aussi d'un message adressé aux instances politiques par le Peuple au travers des urnes. Il sera donc primordial de faire le meilleur choix pour Genève, tout en gardant à l'esprit les récents événements qui ont défrayé la chronique.

 

Notamment les frasques du Parti Libéral-Radical, qui a multiplié sur les terres genevoises d'innombrables erreurs qui ont eu des résultats catastrophiques pour l'ensemble de la population. Ce parti, première force politique de notre Canton, doit aujourd'hui payer l'addition, certes salée, de ces derniers mois. Entre Mark Muller, qui a perdu de par son attitude inqualifiable son poste au DCTI, et François Longchamp qui s'est empressé de mettre la main sur le département de son collègue afin, probablement, d'y faire le ménage, le constat est plutôt lugubre.

 

Tout comme nos voisins français, qui ont le 6 mai dernier fait le choix de ne pas réélire le Président sortant Nicolas Sarkozy, il va falloir donner le ton au PLR, dont l'arrogance n'a eu de cesse de s'illustrer bien tristement par des choix et des comportements indignes d'un parti de sa trempe. Rappelons qu'ils ont déjà perdu leur troisième siège au sein du Conseil national lors des votations du mois de novembre passé. Non content de cet échec cuisant, les membres du PLR ont continué la débandade. Trop, c'est trop. Et le Peuple n'est pas dupe. Dès lors, le 17 juin, il s'agira d'un vote anti-PLR, qui s'illustrera par la nomination, probable, de la candidate Anne Emery-Torracinta, favorite de cette élection. Mais ce n'est pas tout.

 

En aucun cas François Longchamp ne doit conserver le poste du DCTI, ce n'est pas acceptable. Il est, plus que jamais, l'heure des comptes. À force d'entasser des cadavres dans ses placards, le PLR a perdu sa légitimité au sein de notre gouvernement, ainsi que sa crédibilité. Je ne doute pas que le moment venu, l'arrogance et les déboires de ceux qui le composent seront justement taxés par la décision du Peuple souverain. Et tant mieux, car ça ne peut plus durer.

 

Grégoire Barbey

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16:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plr, votation, 17 juin, conseil d'état, mark muller, françois longchamp, peuple |  Facebook | | | |

19/04/2012

La Suisse est un pays d'arriérés

 

En Suisse, nous votons contre les minarets, l'augmentation des semaines de vacances, le prix unique du livre, nous permettons la répression de certains droits fondamentaux et constitutionnels, nous voulons interdire l'apprentissage de la sexualité aux enfants, renégocier les accords de Schengen, expulser les criminels étrangers, opter pour la préférence nationale, stigmatiser les frontaliers sans qui notre économie serait au plus mal, et à côté de cela, nous nous voulons être des citoyens du Monde.

Alors je le dis, oui, la Suisse est un pays d'arriérés.

 

Grégoire Barbey

09:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (42) | Tags : suisse, votation, arriérés, monde |  Facebook | | | |

05/02/2012

De la liberté d'expression au droit de manifester

 

La liberté d'expression est pour moi un droit fondamental dans toute démocratie qui se respecte.

Il est essentiel de la défendre et de l'encourager. Contrairement à ce que pensent bon nombre de nos concitoyen-ne-s, elle n'est pas encore acquise dans nos pays occidentaux. À ma connaissance, seuls les États-Unis ont véritablement intégré la liberté d'expression d'un point de vue juridique et politique. Encore que, les récents événements qui se sont déroulés autours des Indignés de Wall Street tendraient à démontrer une régression en la matière. La question que je me pose en cette période de crise, tant financière qu'idéologique (que j'avais d'ailleurs dénoncé auparavant dans un précédent article), est : doit-on craindre pour notre liberté d'expression ?

Il me faut faire intervenir Diderot, avec une assertion qui me permettra d'approfondir ma réflexion : « la liberté d'écrire et de parler impunément marque, soit l'extrême bonté du prince, soit le profond esclavage du peuple. On ne permet de dire qu'à celui qui ne peut rien ». Or, dans une situation d'intenses changements structurels, et nous sommes en plein dedans actuellement, ceux qui maintiennent un contrôle, exercent une domination ou possèdent des privilèges particuliers se sentent menacés. Quelques ouvrages fournissent à ce propos des analyses d'excellentes qualités, comme « la fabrication du consentement » de Noam Chomsky et Edward Herman ou « la stratégie du choc » de Naomi Klein. Je tiens à clarifier ma position par rapport aux théories conspirationnistes, ou dites « du complot ». Pour ma part, je suis totalement réfractaire à l'idée d'intégrer dans mes réflexions quelques obscures théories qui induisent l'idéologie que des sociétés secrètes agissent dans l'ombre depuis des siècles afin de mener les êtres humains par le bout du nez. C'est, selon moi, une erreur de considération. Toujours à l'aide d'analyses structurelles, l'ensemble des institutions, des comportements et des décisions prises par les élites peuvent être compris-e-s et déconstruit-e-s de façon pertinente et probante. Certes, il s'agit bien évidemment d'un ensemble complexe qui demande un long travail de déconstruction et de réflexion. C'est pour cela que j'invite le lecteur à se référer aux ouvrages susmentionnés, qui répondront à ces questions d'importance mieux que je ne saurais le faire. Là où je désire en venir, c'est qu'en pareilles situations, les gouvernements en profitent très souvent pour faire voter des lois qui sont liberticides et antinomiques à l'idée même de démocratie. Pourquoi vouloir museler le Peuple à ces moments plutôt qu'à d'autres ? La raison est simple : l'impact que les individus peuvent prendre est exacerbé et menacent la légitimité des pouvoirs en place. Ils ont diverses possibilités pour s'opposer à l'oppression et à la manipulation. La liberté d'expression est le moyen par excellence. Le droit de s'exprimer, de se réunir et de manifester sont essentiels dans une démocratie accomplie. Cependant, laisser aux esclaves le droit de contester leur condition de serfs est bien la dernière chose qui viendrait à l'esprit des élites ! Et je puis les comprendre – bien que je ne cautionne pas pour autant. Elles ne veulent en aucun cas renoncer à leurs privilèges. Elles attaquent donc les droits fondamentaux et constitutionnels en arguant des arguments tronqués pour obtenir un consensus sur des questions qui ne sont finalement qu'un écran de fumée à la véritable stratégie sous-jacente, celle de faire taire à tous prix les esprits échauffés.

Toujours structurellement, Immanuel Wallerstein nous apprend dans son livre « Le capitalisme historique » que les périodes de crise se succèdent en moyenne dans le capitalisme historique tous les cinquante ans. Cela engendre une délocalisation des industries, notamment, des restructurations importantes, une passation des pouvoirs économiques entre diverses nations, etc. Ce qui bien sûr n'est pas sans conséquence. Le pouvoir en place se bat pour conserver sa légitimité.

 

 

Loi répressive à l'égard des manifestations

J'en viens maintenant au but de cette introduction. Prochainement, en Suisse, nous allons être appelés à voter, notamment sur une loi qui s'oppose au droit de manifester. Pour mémoire, ce droit essentiel avait déjà été mis à mal il y a quelques années par une loi interdisant purement et simplement toute manifestation non-autorisée. Il est nécessaire de demander une autorisation trois jours avant au plus tard, et une personne doit répondre de la manifestation en cas de débordements, auquel cas elle pourra être forcée à payer une amende de 10'000CHF. La nouvelle loi serait encore plus restrictive et permettrait une amende se soldant jusqu'à 100'000CHF. Il est de surcroît interdit de faire usage de mégaphones ou de hauts-parleurs. Je suis déjà personnellement consterné de l'actuelle législation genevoise sur les manifestations, mais cette tentative de restreindre plus encore la pratique démocratique de la réunion et de la manifestation, qui je le rappelle est un droit constitutionnel, relève d'une véritable atteinte à nos libertés citoyennes. C'est également la démonstration d'une classe dominante qui réclame haut et fort la nécessité de faire taire les bonnes gens du Peuple. Par ailleurs, cela permet de faire un parallèle à l'article intitulé « S'indigner à Genève n'est pas acceptable selon certains représentants politiques » où le discours pamphlétaire d'un politicien y était déconstruit. Genève doit être une ville modèle, propre, débarrassée de la « racaille », des Indignés qui ne servent qu'à se plaindre, des manifestants qui font du bruit et causent des dégâts, des personnes qui revendiquent des droits, bref, il ne doit y avoir aucune tache, même microscopique, à ce tableau idyllique d'une ville qui n'a plus guère d'âme sinon celle que lui octroie son Peuple.

Genève se meurt, c'est un fait. Elle s'asphyxie lentement, mais sûrement. Ce n'est pas une nouvelle, tout le monde – excepté ceux qui font la sourde oreille face aux râles d'agonie d'une ville internationale – le constate. Alors qu'une certaine classe dominante tente, vainement, de la peindre haute en couleur, les jeunes s'y sentent de plus en plus à l'étroit. Oui, les rares endroits qui leur sont destinés pour des sorties nocturnes coûtent de l'argent. Pour beaucoup, trop d'argent. Une somme qu'ils n'ont pas ou ne veulent pas dépenser pour une entrée dans un club et une boisson. La jeunesse, celle qui est à bout de cette situation, s'exile en-dehors des remparts de la ville de Calvin. Je ne pourrais leur en tenir rigueur. Bon vent ! La république et canton de Genève n'est plus ce qu'elle était. Il faut y tenir son bon Peuple en laisse, de peur qu'il se soulève, de peur qu'il conteste, qu'il refuse, qu'il descende dans les rues. Non, il n'est pas aveugle. La propagande se devine, la volonté de fermer Genève à la citoyenneté se laisse gentiment apprivoiser, et certains magistrats s'en frottent déjà les mains. Où sont nos droits ? Celui de dire « non ! », de le crier, de le hurler sans en demander l'autorisation, celui de se réunir et se tenir main dans la main pour protester contre des atrocités, celui de refuser l'atteinte à nos libertés, celui de ne pas être un mouton. Nous, le Peuple, avons l'obligation de nous intéresser à nos intérêts, quand bien même l'élite bien-pensante affirme le contraire et qu'elle seule serait en mesure de savoir ce qui est bien pour nous.

Devons-nous nous laisser museler par des personnes malintentionnées qui invoquent des arguments fallacieux ? Devons-nous renoncer à nos droits fondamentaux pour une idéologie sécuritaire qui laisse imaginer que brimer nos libertés nous offrirait une sécurité accrue ? Faut-il se taire, et ne plus rien devoir dire sous peine de subir l'anathème ? Reculer, encore et toujours, face aux assauts d'une élite qui veut contrôler les faits et gestes d'une classe déjà aliénée à un système injuste ? Pouvons-nous seulement tolérer que les textes fondateurs de notre Constitution soient réduits au silence et délégués à l'oubli pour des idéologies extrémistes ?

Car, lecteurs, ne vous trompez pas de cible, le vrai problème, c'est ces tentatives de lier les pieds et les mains de nos concitoyen-ne-s, de les empêcher de s'exprimer librement, de leur donner la crainte de penser en-dehors des carcans des courants dominants, de les faire pointer du doigt un homme de paille, alors que les véritables intérêts, ceux qui nous concernent, nous sont incidemment violés ?

Genève se meurt, c'est un fait. Parce qu'elle n'est plus dirigée par son Peuple, mais bel et bien par des intérêts privés, des entreprises particulières, et des privilèges économiques. Il ne fait jamais bon vivre d'habiter à proximité de résidents qui ne veulent voir déambuler dans les rues que des prototypes du consumérisme. Et c'est exactement ce qui est en train de se passe, sous nos yeux, dans le silence le plus complet. Ce sont nos droits, citoyen-ne-s, qui nous sont retirés, un à un, lentement mais sûrement, pour nous réduire à l'oubli. Nous devons, pour notre bien, pour celui des générations à venir, qui devront elles aussi se battre pour leurs droits, refuser ces tentatives liberticides. Il n'est pas acceptable en territoire helvétique de céder sous la pression d'une élite à la pensée fascisante.

La ville de Genève appartient au Peuple, elle appartient à tous, nous y exerçons nos droits, nous y vivons, nous la faisons subsister. Ne nous laissons pas berner.

Le 11 mars, votez un grand NON à cette loi. Sauvez nos droits. Protégez nos libertés. Libérez la démocratie.

Oui, nous en sommes – déjà – là.

 

Grégoire Barbey

18:44 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, liberté d'expression, votation, liberté, démocratie, genève, manifestation |  Facebook | | | |