11/08/2013

Politique et xénophobie: dangereux cocktail

Chronique, 11.08.13

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 Simonetta Sommaruga. La conseillère fédérale donne des explications relativement
peu convaincantes concernant les restrictions faites aux requérants d'asile en Suisse.


Totalement scandaleuses, les restrictions faites aux requérants d’asile à Bremgarten et à Vallorbe. Les communes font savoir à ces gens qu’ils ne sont pas «souhaités» dans certaines zones dites «sensibles». L’accès ne leur est pas formellement interdit pour des raisons de légalité et de respect des droits fondamentaux, selon les propos de la ministre socialiste Simonetta Sommaruga en page 6 du Matin Dimanche. Il convient tout de même de s’interroger sur une telle attitude. Comme le dit très justement la rédactrice en chef du même journal, Ariane Dayer, ces requérants d’asile sont dans ces centres parce qu’ils ne sont justement pas suspectés de délinquance. Or, justifie la conseillère fédérale en charge du dossier, les gens ont peur.

 

Et c’est justement là toute la problématique récurrente dans ce débat. La crainte. Viscérale, selon certains. Le rejet de l’autre, parce qu’on capitalise électoralement sur ce sentiment répugnant. Les citoyennes et les citoyens sont au pied du mur. Leurs représentants les inondent de statistiques tronquées pour qu’ils voient chez les étrangers le danger incarné. Le mal fait Homme. C’est tout bonnement inacceptable de distiller ainsi la peur dans l’esprit des individus. Et c’est surtout un pari risqué, qui peut conduire à des mesures extrêmes. Ces requérants d’asile en font déjà les frais. La vérité, c’est que le discours de ces communes traduit une réalité: les gens venus d’ailleurs, on n’en veut pas en Suisse. On préfère qu’ils se cachent.

 

Pourtant, notre pays a toujours été une terre d’accueil. Et ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, certains politiciens en mal d’idées font de la lutte contre l’immigration et les requérants d’asile leur fonds de commerce, qu’il faut commencer à inverser la tendance. Qu’une ministre socialiste puisse défendre de telles mesures est proprement ahurissant. C’est le comble de l’opportunisme politique. Nul n’ose se lever contre ce qui est en train de passer, parce que de plus en plus, les politiciens commencent à voir un ras-le-bol au sein de la population.

 

Mais ce sentiment, n’est-ce pas justement ces représentants qui jouent à manipuler les statistiques qui l’ont insidieusement répandu dans la tête des citoyens? C’est un véritable cercle vicieux, duquel on ne sortira jamais, à moins que des politiques courageux s’élèvent vertement contre un climat de haine qui tend à gagner l’ensemble de la population et de la classe dirigeante. Fatalement, lorsqu’il sera trop tard pour revenir en arrière, quand ces mesures auront conduit au désastre, l’adage qui dit que la victoire a de nombreux parents mais la défaite est orpheline prendra tout son sens. Parce qu’au fond, nul n’osera assumer un échec en la matière. Les chaises musicales pourront recommencer.

 

Grégoire Barbey

13:49 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, xénophobie, politique, simonetta sommaruga |  Facebook | | | |

28/06/2012

Nos différences ne doivent pas servir de terreau à la haine et la rancune !

 

Chronique, 28.06.12 14h54

 

Invraisemblable ! La Tribune de Genève de ce jour dévoile une motion proposée par l'UDC zurichoise, dont l'objectif était de séparer les suisses en deux catégories. Ceux ayant été naturalisés, afin de pouvoir déterminer leur importance au sein des statistiques de la Justice, et les suisses « de souche ». Cette volonté discriminatoire a reçu un soutien de la part des Vert'Libéraux zurichois. Sans rentrer dans les comparaisons extrêmes, une telle proposition a quelques points en commun avec des agissements perpétrés dans l'Allemagne des années trente... Pour l'UDC zurichoise, il semble de bon ton d'aborder des sujets qui fâchent. Et d'une façon pour le moins discutable, puisqu'il y a quelques jours, un membre de ce même parti proclamait la nécessité d'une « nuit de Cristal » contre les mosquées. Pour mémoire, la « Reichskristallnacht » fut un pogrom organisé contre les juifs du troisième Reich, commandité par Adolf Hitler. Oser réutiliser de tels souvenirs dans le but d'attaquer une population, quelle qu'elle soit, est écœurant.

 

Pire, c'est nier l'atrocité, la terreur et la cruauté de ces actes, en les banalisant. L'Histoire devrait nous servir d'exemple, et non être un puits dans lequel récupérer des idées répugnantes pour servir de fer de lance à une idéologie d'exclusion. Plus inquiétant encore, c'est l'indifférence avec laquelle ces propos abominables sont tenus. Le racisme et la xénophobie ne devraient plus exister de nos jours, dans un pays comme le nôtre du moins. Qu'encore maintenant certaines personnes se permettent d'en faire leur fonds de commerce est autrement plus préoccupant. Ce sont des peurs irrationnelles, qui n'ont pas lieu d'être. Chaque être humain, peu importe sa couleur de peau, ses coutumes, son langage, ses croyances, possède des défauts, certes, mais surtout des qualités. Quelques différences ne doivent pas constituer le terreau de la haine. Le rejet des autres, c'est une façon détournée de transposer son mal être sur autrui. Et ça n'est pas acceptable.

 

Il y a toujours mille raisons de se faire la guerre. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises n'a jamais été un critère qui ait servi à ne pas se battre inutilement. Mais ni l'orientation sexuelle, ni les croyances et l'origine ne doivent faire l'objet d'attaques frontales. C'est, en plus d'être mesquin et dégueulasse, une preuve d'ignorance crasse. Qu'il y ait encore aujourd'hui, en Suisse, des hommes et des femmes adultes, éduqué-e-s et vacciné-e-s pour rabâcher des paroles aussi effroyables devrait être une honte nationale. Je ne me l'explique pas. Affligeant, c'est tout ce que j'en retire. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à comprendre avec quelle facilité sont répandues de telles ignominies. Tant qu'il me restera un souffle de vie, je continuerai à me battre contre ces préjugés qui ont détruit l'existence de tant d'êtres innocents, malheureusement nés à des endroits inappropriés dans l'imaginaire de quelques illuminés.

 

Ça me fait mal au cœur pour toutes celles et ceux qui, naturalisés, immigrés ou suisses, ont passé leur vie à lutter pour que ce pays, petit mais plein de promesses, obtienne ses lettres de noblesses et voient ainsi leurs idéaux réduits à néant par des esprits insouciants. Il n'y a rien pour traduire ma tristesse face à cet ostracisme immérité. Tout ce qui me réconforte, c'est qu'à peine un livre d'Histoire ouvert, je retrouve les traces d'innombrables personnalités qui ont façonné l'image de la Suisse et qui, heureux qu'ils étaient, naquirent pourtant dans des contrées lointaines. S'ils voyaient ces quelques-uns professer de telles abominations, je suis persuadé qu'ils ressentiraient la même indignation que celle qui est mienne en ce moment-même. J'espère qu'il y aura toujours, dans le reste du Monde, des âmes valeureuses pour venir grandir notre Nation, et nous offrir la sagesse et le regard différent des cultures qui sont les leurs. Nonobstant nos divergences, rien ne nous empêchera de bâtir ensemble une humanité où le mot tolérance ne serait plus guère utilisé et où chacun accepterait les autres tels qu'ils sont. Idéaliste, me direz-vous. Mais moi, j'y crois.

 

Grégoire Barbey

15:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : racisme, xénophobie, exclusion, udc, zurich |  Facebook | | | |

17/04/2012

L'enfermement sclérosé de cerveaux incongrus

Coup de gueule.

À ces messieurs-dames qui prêchent la nationalité, s'égosillant à l'encontre des étrangers dès qu'ils le peuvent, oublient qu'en Suisse, nous sommes issus de nombreux mélanges, et que ces grands esprits qui nous représentent et fondent nos valeurs communes n'étaient bien souvent pas nés sur le sol helvétique, je leur témoigne tout mon dégoût. Eh oui ! Je l'avoue, je ne suis pas un enfant de l'immigration, mais je reconnais l'importance de ces échanges culturels, qui, à n'en pas douter, nous grandissent et nous mûrissent. Je ne laisserai jamais personne calomnier la nécessité d'une société multiculturelle sans mot dire. Je ne puis que maudire ces scélérats qui croient offrir des solutions en formulant des amalgames douteux pour se faire élire.

Ce soir, je m'attriste d'apprendre que la Constituante a évincé de ses textes la possibilité que les étrangers obtiennent davantage de droits civiques. Je ne puis adhérer à cette exclusion injustifiable. J'ai appris à aimer les êtres humains, peu importe la couleur de leur peau ou les coutumes dont ils ont hérité à la naissance - que personne ne choisit jamais. Je le répète, j'aime la diversification des traditions et des coutumes, et le partage des connaissances. Je déteste cependant tout ce qui a trait à l'enfermement sclérosé de cerveaux incongrus.

Grégoire Barbey

22:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coup de gueule, exclusion, xénophobie, constituante |  Facebook | | | |